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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 23:55

Les textes

L’eucharistie est le sommet de la vie sacramentelle de l’Église et le sommet de l’Église elle-même. Elle en est également la base, le mot « corps » désignant à la fois le contenu du sacrement de la communion et l’assemblée entière des baptisés sous la tête du Christ Seigneur.

Quatre textes décrivent dans les mêmes termes le grand mystère : Prenez, mangez, buvez, dit le Seigneur, en désignant le pain et la coupe de vin ; ceci est mon corps et mon sang (Matthieu 26, 26-29 ; Marc 14, 22-25 ; Luc 22, 15-20 et 1 Corinthiens 11, 23ss).

Dans les Actes des apôtres (2, 42) et en Jean 13 (le lavement des pieds), il est question du repas eucharistique.

Le rite

La forme de ce repas suprême est claire. Elle reprend celle du repas juif. Elle repose sur la bénédiction. Le mot « eucharistie » signifie l’action de grâces. Le repas en commun définit la qualité des relations humaines et divino humaines, le mystère de l’unité, celui de la communion interpersonnelle…

On nous rappelle souvent qu’il est fondé sur l’écoute de la Parole, sur la réconciliation entre frères et avec le Père, sur la gratitude, sur le repentir. Mais certains saints nous invitent à aller plus loin et à découvrir l’Eucharistie comme expérience bouleversante.

Le Pain de Vie

Le discours de Jésus Christ se désignant lui-même comme le Pain de vie (Jean 6, 23, 27, 35, 47-58) indique qu’il s’agit de plus qu’un rite. L’Eucharistie est une mystique.

Saint Syméon le Nouveau Théologien et saint Nicolas Cabasilas insistent avec réalisme sur l’expérience saisissante que peut faire le baptisé d’une connaissance personnelle du Sauveur bien-aimé.

L’union au Sauveur commence par l’accomplissement des commandements de vie, parce que, si nous aimons quelqu’un, nous voulons nous approcher le plus possible de cette personne en faisant ce qu’elle aime.

Nous voulons suivre le Maître en faisant sa volonté : c’est déjà une forme de communion. Nous voulons rompre avec tous les péchés de notre vie : c’est déjà une expérience profondément ressentie que celle de la miséricorde.

On voit des personnes verser des larmes de repentir, vivant ce dont parle David en son psaume, le sacrifice intérieur du cœur brisé d’amour et de douleur de s’être séparé de l’Amour en personne.

Le ressenti

Ces grands saints de l’Église souligne l’importance du ressenti. Nous pouvons avoir une conscience saisissante de la communion au Corps précieux et au Sang très pur de celui qui est le Pain de Vie.

Sans une telle conscience, dont les larmes peuvent être le signe, nous finirions par communier sans communier, nous avertit saint Syméon : « alors nous avons reçu un pain pur et simple et non pas Dieu en même temps » (Éthique, 10).

Le même saint recommande la communion fréquente à condition qu’elle soit accompagnée d’une telle conscience ; c’est celle-ci qui rend le baptisé digne du Banquet. 

Autrement, dit saint Basile (2ème prière avant la communion), « je suis coupable et je mange et je bois ma condamnation en ne discernant pas le Corps et le Sang de mon Christ et mon Dieu ».

Le sens des grandes quarantaines

L’expérience eucharistique est réelle. Pour cette raison, nous essayons, sans pouvoir la provoquer – car le monde divin n’est pas conditionné – de la préparer.

L’enseignement des Pères orthodoxes tend précisément à éviter l’écueil de la banalisation de la communion et de l’insensibilité.

Les grandes périodes de carême ont pour enjeu principal de restaurer en nous une authentique expérience eucharistique.

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 23:56
La sublime Orchidée du Saint-Esprit ou Orchidée Colombe ou encore fleur du Saint-Esprit.
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L'orchidée colombe (Habenaria radiata) surpasse tout ce qui peut exister dans le règne végétal.

Sa floraison légèrement parfumée imite à s'y méprendre un vol de colombes, tant chaque fleur, d'un blanc immaculé, s'épanouit comme un oiseau prend son envol.

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 23:58
L’autre ne m’appartient pas

L’énigme que nous ne résoudrons jamais, qui nous forme et nous déforme, est celle de la sexualité.

Notre dignité ne tient que si nous acceptons de vivre entre nous en respectant cette énigme.

Nous semblons dire à l’autre : te désirer est le mystère que je veux partager avec toi.

Mais on ne viole ni on ne force un mystère, sous peine de l’abîmer et de le détruire.

Nous devons alors imaginer d’autres rapports entre nous que ceux de la domination.

Je relis ainsi aujourd’hui le célèbre verset biblique : « Il n’est pas bon que l’Adam soit seul, je vais lui faire une aide semblable à lui » (Gn 2, 18).

Littéralement : « quelqu’un à son secours en face de lui ».

Le mot `ezèr en hébreu désigne celui qui vient à notre secours (Dieu ou son envoyé). Le mot est associé à l’expression kenegdô, un hapax dans la Bible, qui peut vouloir dire : « qui fait face, qui est à l’opposé ». Rachi, au XIe siècle, commentait ainsi : « Si l’adam le mérite ce sera une aide, s’il ne le mérite pas ce sera son adversaire. »

Frédéric Boyer
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