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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 23:59
Vassily Kandinsky. — « Bild XVI. Das Grosse Tor Von Kiew » (Tableau XVI. La Grande Porte de Kiev), vers 1928

Vassily Kandinsky. — « Bild XVI. Das Grosse Tor Von Kiew » (Tableau XVI. La Grande Porte de Kiev), vers 1928

Quelle voie pour l’Europe ?

Anna Gichkina, depuis sa double culture, détaille pour nous les ressorts d’un éloignement et explore les particularités des deux filles de l’Eglise que sont la Russie et l’Europe occidentale.

Comment naviguer sereinement vers l’avenir sans perdre de vue notre port d’attache ? La patrie de Tolstoï, entée sur l’Évangile, a su conserver ce qu’un Occident amputé de lui-même, par souci d’universalisme, s’est consacré à déconstruire , donc à annihiler. Selon l’auteur, la Russie nous révèle nos maux à travers son mystère, pour peu que l’on prenne la peine de tourner notre regard vers lui.

La première partie de l’essai montre qu’en Occident, le Temps a pris le pas sur l’Éternité. Abandon de l’héritage chrétien, religion des droits de l’homme : notre civilisation s’abîme dans la perpétuité d’une chute où l’homme lui-même se trouve sacrifié sur l’autel de l’eugénisme. La deuxième partie propose, en miroir, de scruter l’âme russe comme manifestation de l’éternité supérieure au temps. Le mystère ne se comprend pas : il se contemple à travers le chaos historique, la force de l’orthodoxie, la profondeur de la littérature.

Cet essai d’Anna Gichkina est une semonce : il nous faut sortir le nez de notre buzz , s’extraire de notre présentisme, et renouer avec ce désir d’éternité qui fait l’homme.
Anna Gichkina

Russe devenue bilingue, Anna Gichkina est aujourd'hui docteur ès lettres diplômée de l’Université Paris-Sorbonne, auteur de nombreux articles sur la crise européenne actuelle et sur des sujets russes, auteur de l'ouvrage Eugène-Melchior de Vogüé ou comment la Russie pourrait sauver la France (L'Harmattan, 2018), Président d'un cercle de réflexion franco-russe à Strasbourg "Cercle du Bon Sens" , membre du comité de lecture dans la revue universitaire française "Academos".

Préface de Jacques de Guillebon

    Ce livre est précieux et brûlant comme l’est sans aucun doute le cœur de son auteur, Anna Gichkina, jeune femme russe installée en France par amour des deux littératures, la nôtre et celle du pays de Pouchkine.

    Ce livre est précieux en ce qu’il révèle quelle inquiétude peut susciter dans le reste du monde l’infidélité de l’Europe en général et de la France en particulier à leurs vocations initiales et non-pareilles, celles de l’infusion et de la diffusion du christianisme dans l’humanité par son accord, co-hérité de Rome et d’Athènes, avec la raison. C’est la perte de cet Occident que l’auteur décrit ici, déplorant à juste titre que depuis plus de deux siècles nous soyons passés du côté obscur de la rationalité, celle qui défait les âmes et partant les peuples et leurs patries.

Dressant ce dur constat de notre mort à venir, si nous n’y prenons garde, l’auteur, par ailleurs spécialiste de l’ académicien français du XIX e siècle, russophile et apologiste du christianisme, Eugène-Melchior de Vogüe - qui fut l’ambassadeur du grand roman russe ici - ne voit qu’un remède : le recours à la Russie.

    Et c’est ici que ce livre est brûlant, quand Anna Gichkina célèbre l’histoire, le destin et la mystique de son pays : « La Russie ne tombera jamais. Elle sera toujours fidèle à son orthodoxie et à son Histoire. Donc elle sera toujours. », affirme-t-elle sans l’ombre d’un doute.

Car, plus que sur l’Occident, qui lui sert de miroir-repoussoir, c’est bien sur la Russie et sa littérature que porte cet ouvrage. On y retrouve les grands accents slavophiles du siècle de Pouchkine, la foi sans faille d’un Dostoïevski dans le rôle sotériologique de son pays, l’adhésion d’un peuple entier et immense à sa propre identité.

Ce pays dont la profondeur stratégique n’a d’égale que la profondeur de sa croyance et dont l’orthodoxie s’est constituée comme l’autre poumon du christianisme, à côté de Rome.

    Car la Russie est pour nous, Français et Européens de l’ouest, le vrai autre , celui qui nous est semblable autant qu’il est différent, celui qui est un écho temporel comme il est un écho spatial.

    Et contre la tentation transhumaniste, contre le gouffre technique et matériel qui guette nos pas, Anna Gichkina rappelle qu’il est une autre voie, celle de l’âme et de l’esprit, celle de la vraie liberté christique. C’est le véritable développement de ce livre, et c’est le vrai secours qu’il apporte.

    Certes, Anna Gichkina est une ardente patriote et elle ne saurait concevoir d’autre voie de salut de la France et donc du monde que celle de sa Sainte Russie. On ne saurait cependant lui reprocher ces accents enthousiastes qui ont la véridicité d’un cœur qui aime.

    Et c’est en quoi on lui sait gré de nous donner ces magnifiques pages.

    Jacques de Guillebon

Extrait 2

    Les Droits de l’Homme dépassent aujourd’hui le cadre d’un simple concept et prennent la forme d’une nouvelle religion, religion de l’Homme nouveau, religion sans éternité où le pouvoir ne vient pas de Dieu mais de l’Homme. Le remplacement des religions par la nouvelle idéologie procurerait l’égalité totale de tous les êtres humains sans différences culturelles. Pour l’Europe en particulier, il s’agit non seulement de l’effacement des frontières économico-politiques et culturelles entre les nations, mais aussi de l’éradication de la pierre angulaire de la civilisation européenne - le christianisme. « Le christianisme fut le début de l’Europe de la même façon que la fin du christianisme désignera la fin de l’Europe. », écrira Merezkovky dans son Règne de l’Antéchrist.

    La religion des Droits de l’Homme qui se cache sous « l’humanisme » signifie paradoxalement la déshumanisation de l’être humain. « On oublie aujourd’hui les vérités aussi durables que l’homme. », écrira Vogüé. L’humanisme a toujours eu une double nature, estime le professeur au MGIMO Olga Tchetverikova. D’un côté, il s’agit d’un humanisme civilisateur orienté vers le grand public et se présentant sous un emballage scientifique. De l’autre côté, il s’agit des sciences occultes des loges secrètes qui ne sont accessibles qu’aux élus. C’est cette deuxième nature, selon Tchetverikova, qui est à la base du projet idéologique mondial.

Extrait 3

    L’Europe vit aujourd’hui une très grave crise spirituelle due à son rejet de la tradition et de la morale chrétiennes. Pourquoi, dans le contexte de cette crise, faut-il à tout prix parler de la littérature ?

    Parler du pays, c’est avant tout parler de l’homme et de son âme. Qu’est-ce qui reflète et capture le mieux l’âme humaine si ce n’est la littérature ? « La littérature est l’expression de la société. », dira Lanson. Elle forme notre personnalité et organise notre vie. Souvenez-vous, chez Lotman : « Ce n’est pas la vie qui crée l’art, c’est l’art qui crée la vie. ». La littérature, surtout les belles lettres , existera toujours parce que l’homme en aura toujours besoin. Aujourd’hui, la France, selon l'étude World Culture Index publiée en juin 2013, est un des pays du monde qui lit le plus. Dans la liste établie, elle occupe la huitième position.

    Le monde des belles lettres exerce depuis toujours un pouvoir, une influence. Tout message idéologique passe également par l’acte littéraire. Dans le cadre du présent ouvrage, il importe de parler surtout du message spirituel, ce qui impose et explique le sujet de la littérature russe du XIXe siècle considérée à juste titre comme gardienne de l’Évangile.

Anna Gichkina est née à Arkhangelsk, une région grande comme trois fois la France – « où se trouve l’Archipel du Goulag »… Après des études de civilisation française et de linguistique en Russie postsoviétique, elle arrive en 2005 dans une famille d’accueil de la vallée du Florival : « J’ai commencé par enseigner le russe.

L’Europe faisait alors rêver, il y avait alors une promesse de progrès humain qui n’a pas été tenue alors que la Russie était europhile…

Mes parents rêvaient pour moi d’une vie en France. Je voulais juste avoir un diplôme européen en plus de mes diplômes russes et puis rentrer… Finalement, mon rôle est de porter la Russie aux Français, c’est sans doute le plus honorable des destins… »

Elle reprend des études de littérature comparée qu’elle finance en travaillant notamment à la filature de Mulhouse.

Elle soutient sa thèse (Le Roman russe d’Emile-Melchior de Vogüé dans l’histoire intellectuelle, spirituelle,  politique et culturelle de la France, 2014) et crée en 2017 son Cercle du Bon Sens, un groupe de travail franco-russe d’inspiration chrétienne.

Son objet ? Oeuvrer à une cohérence de long terme pour défendre « cette nécessité d’amitié » entre la France et une Russie désormais gardienne d’une tradition civilisationnelle dans un monde bel et bien revenu d’une « globalisation » qui dérobe le sol sous les pas de ses habitants

Son action a été récompensée par un diplôme d’amitié franco-russe : « Tout le monde connaît la phrase de Dostoevski : « la beauté un jour sauvera le monde ». Il s’agit bien de porter cette beauté qui manque si cruellement aujourd’hui. Ce sont les pays en dehors du globalisme et des discours droitsdelhommistes qui détiennent cette sensibilité aux vérités essentielles et peuvent transmettre le véritable humanisme, celui qui ne dénature pas l’homme mais le remet sur la voie vers l’essentiel. »

L’Europe face au mystère russe
L’Europe face au mystère russe
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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 23:59
Le jeûne de Noël dans la tradition de l'Eglise

La deuxième longue période de jeûne après le Grand Carême est le jeûne de Noël. Il dure aussi quarante jours, mais n’a pas le même caractère d’austérité que le jeûne d'avant Pâques. Il commence le 15 Novembre et se termine le 24 Décembre.

La célébration de la naissance dans la chair de notre Seigneur Jésus-Christ est la deuxième fête majeure des chrétiens.

Histoire

C’est vers le milieu du quatrième siècle qu’elle a été instituée dans les Églises d'Orient... On y célébrait jusque là le même jour  –   le 6 janvier –   la naissance et le baptême du Christ. Ce n’est que vers la fin du IV° s. qu’on a introduit, en provenance d’Occident, la fête de Noël le 25 décembre.

Originellement donc les fêtes de la nativité, de la circoncision et du baptême du Christ étaient célébrées ensemble. Désormais la Nativité se fête séparément le 25 décembre tandis que l’on a conservé la simultanéité de la circoncision et du baptême le 6 janvier.

La grande importance qu’ a prise cette nouvelle célébration de la Nativité, mise à part, chez les fidèles comme chez les moines, a eu pour conséquence que l’on a institué également pour cette fête un jeûne important selon le modèle du Grand Carême précédant Pâques.

Ce jeûne préparant à la célébration de l’anniversaire du Christ s’est d’abord appelé "jeûne de St Martin" en Occident, vu sa proximité avec la fête du Saint Apôtre des Gaules tandis qu’en Orient on l’a souvent appelé "jeûne de St Philippe" puisqu’il commençait après la célébration de la fête du Saint Apôtre également.

C’est au V°s que nous trouvons des traces de ce jeûne avant Noël en Occident et au VI°s. en Orient. Des auteurs comme Anastase du Sinaï, le patriarche de Constantinople Nikiforos le Confesseur, saint Théodore le Studite, ainsi que le patriarche d'Antioche Théodore Balsamon le mentionnent dans leurs écrits.

Le jeûne au début, semble-t-il, était de courte durée. Théodore Balsamon, auteur du XIIe siècle nous apprend qu’il ne durait que sept jours à son époque – puisqu’il l’appelle le « jeûne des sept jours ». Mais sous l'influence du jeûne du Grand Carême de Pâques, il a été étendu à quarante jours, sans toutefois avoir la rigueur de celui-là.

En quoi consiste le jeûne 

Pendant quarante jours, on s’abstient de toute viande, produits laitiers et œufs. En revanche on peut manger du poisson tous les jours – sauf bien sûr le mercredi et le vendredi et ceci jusqu’au 17 décembre. On peut aussi manger du poisson le jour de la fête de la Sainte Mère de Dieu quel que soit le jour. Du 18 au 24 décembre, la veille de la fête, vin et huile sont permis sauf le mercredi et le vendredi. L’abstinence de viande ne concerne pas le 15 novembre et la veille de la fête à moins que cela ne tombe un samedi un dimanche où il faut s’abstenir de tout péché .

« Nous devons non seulement respecter les consignes du jeûne concernant l’alimentation mais également nous abstenir de tout péché, de sorte qu’au jeûne du ventre nous devons ajouter celui de la parole en évitant le mensonge, les polémiques, les moqueries, la colère et tout péché que nous pourrions commettre avec la parole.

Nous devons également pratiquer le jeûne du regard et nous abstenir de regarder des choses vaines.

En fait c’est de tout notre être, quels qu’en soient les mouvements et expressions, que nous devrions jeûner et nous abstenir de tout mal, par tous nos sens, par un saint jeûne agréable à Dieu pour devenir dignes de communier aux saints mystères. »

« Le jeûne de l'Eglise » par l'Archimandrite Siméon Koutchma, article de Dorothée Gazis

Conseils supplémentaires

La veille de Noël, on ne mange que le soir, et on prend seulement des céréales et des fruits. Le jour de Noël, quel qu’il soit, on rompt l’abstinence et le jeûne après la célébration.

Le renoncement concerne également les envies et les pensées, les paroles vaines, les formes de dépendance (télévision, ordinateur, Internet, etc.), la sexualité... Dans un monde de surconsommation, le jeûne n’est pas seulement alimentaire !

Le jeûne uni à la prière et à l’écoute de la Parole (lisons surtout le prophète Isaïe, lisons également en famille le saint Évangile !) est, non une frustration, mais le renoncement libre selon l’Esprit. Le chrétien acquiert ainsi la pureté de l’âme et du corps, et la disponibilité spirituelle en vue de l’illumination

Pendant cette période, nous pouvons lire davantage la Parole de Dieu (par exemple le prophète Isaïe). Nous pouvons prier davantage. Nous pouvons nous confesser plus souvent.

Nous pouvons nous exercer à être miséricordieux (à l’image du Bon Samaritain, de saint Martin et de saint Nicolas) envers notre prochain et avec toutes les créatures.

Nous préparons ainsi le grand mystère de Noël : Dieu devenu un être humain parmi d’autres, assumant tout ce qui est humain, et habitant parmi les humains pour changer son monde de l’intérieur et le sauver. La générosité divine et l’aumône, caractéristiques de l’Avent, seront enseignées aux enfants ; elles contribuent à la transfiguration de la société civile.

La vigilance

Mais, l’abstinence corporelle ne suffit pas : plus important encore est le jeûne des pensées vaines et des paroles faciles ; l’enjeu de ce temps est l’acquisition de la générosité divine.

Moins axé que le carême pascal sur le repentir, celui de Noël a pour thème principal la veille, dans l’attente de la lumière qui resplendira dans les ténèbres croissantes. Pendant cette période, nous pouvons lire davantage la Parole de Dieu, prier davantage, nous confesser et communier plus souvent.

Nous pouvons nous exercer à être miséricordieux avec notre entourage humain et avec toutes les créatures. Se prépare ainsi le grand mystère : Dieu devenu un être humain parmi d’autres, assumant tout ce qui est humain, et habitant parmi les humains pour changer son monde de l’intérieur et le sauver.

La Parole

Le carême de Noël a comme esprit fondamental l’accueil de la Parole. Celle-ci – le Christ Dieu, le Fils unique et Verbe de Dieu – invisiblement présente dans son monde pendant la gestation de Marie, se manifeste clairement en paroles et en actes. C’est pourquoi l’ensemble de ce temps pourrait être consacré à redécouvrir la sainte Écriture, notamment les prophètes, par exemple Isaïe.

A méditer

Nous ne pouvons pas être sûrs qu’il y aura d’autres carêmes de Noël. Tentons de vivre celui-ci comme le dernier et l’unique. Quarante jours nous sont offerts généreusement comme un temps de renouvellement et de progrès de notre vie dans le Christ.

Anticipons cette belle carrière qui commence le 11 avec saint Martin ou le 14 au soir avec le saint apôtre Philippe et saint Grégoire de Thessalonique. Comme pour le grand Carême, celui de Pâques, trouvons un pré carême, notamment dans les lectures évangéliques que nous donne le lectionnaire de l’Église.

L’évangile selon saint Luc est le seul des quatre synoptiques à rapporter la parabole de Lazare et du mauvais Riche, lue précisément un des dimanches qui précède l’Avent. Nous trouvons dans cette histoire juive des pistes pour, nos enfants et nous-mêmes, parcourir avec fruit le temps de préparation à Noël.

Le premier conseil qui nous est donné est de regarder les pauvres, de les considérer comme des personnes à part entière. Qu’est-ce que considérer quelqu’un comme une « personne » ? – c’est voir en lui le Christ présent par le saint Esprit. Le statut de personne vient du sceau de l’image de Dieu en l’homme. Sans cela, il n’est qu’un individu parmi d’autres, ou une personnalité. Regardons les pauvres dans les yeux, asseyons- nous pour parler avec eux, demandons-leur leur prénom, intéressons-nous à leur histoire. A défaut d’argent et d’autres solutions matérielles, offrons-leur un moment d’humanité.

Un deuxième conseil se trouve dans cet évangile : lire la Bible ! « Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent », dit Abraham – probablement à notre intention… Lisons la Parole à la maison, seul, avec nos enfants, en couple. Lisons-la en écoutant ce que le Seigneur nous dit.

Que lire ? Toute la Bible ? C’est peut-être beaucoup, même en 40 jours… Certains reliront, ou liront le saint Évangile ; d’autres, les psaumes ; d’autres la passionnante Genèse ; d’autres encore choisiront un prophète, par exemple Isaïe, parce que c’est lui qui a dit « voici : la vierge enfantera et donnera un fils ! » (Is. 7, 14).

Une maman enceinte lira la Bible à son petit, parce que l’embryon entend tout, mémorise, assimile à sa façon la belle parole du Seigneur portée par la voix maternelle, ou paternelle. Parents, lisez la Parole à vos enfants, pendant la grossesse et dès la naissance : celle-ci constituera leur culture de base pour toute la vie. Ils seront immergés en elle et elle s’immergera en eux !

La troisième proposition divine que nous entendons dans la parabole de Lazare consiste à se réjouir pour les saints, pour les justes, et avec eux. Faisons ce que ne fit pas le mauvais Riche : s’il s’était réjoui du bonheur de Lazare au Paradis, il serait sorti immédiatement de l’enfer où l’ont plongé son égoïsme et son orgueil. Se réjouir pour le bonheur des saints, et en général pour la joie des autres, est le remède à la mauvaise tristesse, cette tristesse psychique qui vient de la frustration. Nous pouvons prier ainsi : « Gloire à toi pour tes saints, Seigneur Jésus, gloire à toi ! » ; « gloire à toi pour ta Mère très pure… » ; « … pour ton saint et juste serviteur Lazare ! ». Nous pouvons également nous réjouir avec les saints en partageant leur joie quand nous leur rendons hommage, quand nous saluons leur joie :

« Réjouis-toi, Vierge Mère de Dieu, réjouis-toi ! » ; « réjouis-toi, saint Père et pontife Nicolas, réjouis-toi ! »

En vivant en profondeur cette belle période du carême de la Nativité nous apportons au monde une lumière, une bienveillance, une qualité de vie et d’humanité qu’il n’a pas et qui rayonneront de notre personne et de notre foyer sur notre entourage.

Et aussi

Attention jeûne ne veut pas dire privation !

Il s’agit d’une direction à prendre et à reprendre et le jeûne, la prière et le partage nous aident à incarner toujours plus notre vie dans le moment présent , c’est à dire en Christ , qui est le Présent éternel dans le temps.( avant qu’Abraham fut , Je Suis !)

Il s’agit d’une préparation spirituelle , pour un combat qui est celui de la vie en plénitude promise par notre Seigneur :
« Je suis venu pour qu’ils aient la vie en surabondance ! »

Il s’agit de nourrir davantage l’esprit en nous par la présence vigilante au Seigneur qui nous accompagne à chaque instant et de « consacrer » du temps à notre relation avec Lui.

Rappel :
– le jeûne chrétien consiste à n’avoir qu’un seul repas important dans la journée, le repas du soir, que l’on prend seulement après l’office de vêpres.
– l’abstinence consiste à s’abstenir de consommer certaines catégories d’aliments.
 
Compte tenu de nos modes de vie actuels (travail, déplacements, coutumes générales etc.), il est difficile de pratiquer le jeûne. Nous adapterons notre pratique en simplifiant un repas sur deux par jour (celui du soir par exemple) en ne consommant qu’un seul plat.
 
Pour l’abstinence : on supprimera de notre alimentation tous les produits d’origine animale (y compris les corps gras et les laitages) et le vin pendant les jours ordinaires de la semaine.
 
Il n'y a aucun jeûne pour les malades, les femmes enceintes, les enfants et pour ceux qui sont en voyage.

Ceci étant posé rappelons que le jeûne du carême ou de Noël a pour but la purification intérieure et non seulement extérieure ; il est nécessaire que le jeûne alimentaire s’accompagne aussi d’un jeûne plus spirituel comme la diminution du bavardage, l’accroissement de la vigilance et de l’attention aux autres, l’augmentation du temps de lectio divina et de la prière.
 
A chacun de trouver ses passions les plus importantes et mortifères pour sa vie spirituelle et de les remplacer par une ascèse adéquate afin d’éveiller et de faire croitre en nous le désir de Dieu.
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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 23:57

Psaumes jour après jour

Les psaumes ont une place centrale dans la Bible.

Ils sont intemporels, universels.

Ils disent une expérience personnelle et collective où se bousculent la souffrance et le bonheur, mais aussi la mémoire, le désir et l’espérance.

On peut se retrouver dans chacun d’eux.

Cette éphéméride spirituelle propose des versets à méditer chaque jour.

Ouvrage réalisé par mes amies Anne Ducrocq, Valérie Servant et Soeur Barbara

Textes extraits de la traduction des psaumes par les moines du monastère Saint-Michel de Bois-Aubry

Un livre pour les fêtes : J'ai fait de toi mon refuge
Un livre pour les fêtes : J'ai fait de toi mon refuge
Un livre pour les fêtes : J'ai fait de toi mon refuge
Un livre pour les fêtes : J'ai fait de toi mon refuge
Un livre pour les fêtes : J'ai fait de toi mon refuge
Un livre pour les fêtes : J'ai fait de toi mon refuge
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