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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 23:59
La mort dans l'esprit des français
La mort, très présente dans l’esprit des Français
Loup Besmond de Senneville
Selon un sondage que publie La Croix en exclusivité, deux tiers des Français pensent régulièrement à leur propre mort ou à celle de leurs proches.

Les chiffres sont pour le moins surprenants.

Un sondage OpinionWay (1) réalisé pour le Service catholique des funérailles et dévoilé par La Croix révèle que les Français sont nombreux à penser à la mort.

Loin de l’image du tabou souvent véhiculée, cette enquête montre que 65 % des Français pensent « souvent » ou « de temps en temps » à la mort de leurs proches, 59 % à la mort de manière générale et 57 % à leur propre mort. Ils sont davantage encore à penser régulièrement à leurs proches décédés, puisque c’est le cas de 8 Français sur 10.

« Ces chiffres conduisent à relativiser l’idée selon laquelle la mort est un tabou absolu dans nos sociétés. La mort est acceptée, les gens y pensent souvent et c’est un sujet qui compte », commente Pascal Hintermeyer, sociologue qui travaille sur cette question depuis de nombreuses années et dirige, à Strasbourg, l’École doctorale des sciences humaines et sociales.

Il relève en particulier la place qu’occupent dans nos esprits les défunts qui furent nos proches : 61 % des personnes interrogées disent que ceux-ci jouent un rôle important dans leur existence. « Ils font partie de la vie des Français, et lorsque ceux-ci pensent à la mort, c’est souvent à travers eux. La mort, c’est avant tout la séparation d’avec les proches. »

La finitude n’occupe pas seulement les pensées : on en parle. 72 % des sondés estiment qu’il est positif de parler de ses proches décédés, et 63 % que c’est le cas pour la mort en général.

Et un peu plus d’un Français sur deux (58 %) affirme qu’il lui est facile de parler de proches décédés.

Ceux qui, en revanche, sont plus réservés évoquent pour beaucoup (64 %) la pudeur, ou le fait que les morts n’ont, selon eux (28 %), pas de place dans notre société.

Autre élément important de ce sondage : les sentiments associés à la disparition d’un être connu ou cher. Un tiers des Français lient spontanément la mort à la tristesse et un quart à la peur. Seuls 15 % d’entre eux relient la mort et « le désir de vivre plus intensément ».

De même, le souvenir de proches décédés est majoritairement, pour les sondés, une source de nostalgie et de tristesse.

Des éléments qui s’expliquent, selon Christian de Cacqueray, le directeur du Service catholique des funérailles, par une sécularisation croissante de la société.

En témoignent les réponses à une autre question de cette étude, qui montrent que les Français croyant à l’existence d’une vie au-delà de la mort sont nettement minoritaires (lire encadré). « L’homme a longtemps été stimulé par la conscience de sa finitude, analyse-t-il. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. »

Pour ce spécialiste, qui a fondé il y a près de vingt ans le Service catholique des funérailles à la demande de l’archevêque de Paris, le cardinal Jean-Marie Lustiger, notre société réduit sa vision de la mort à une forme d’« obscénité »« La seule manière de voir la mort dans notre société est de l’associer à la peur et à la tristesse. Or mécaniquement, si un sujet suscite la tristesse, c’est qu’il nous fait mal, et donc nous allons avoir tendance à vouloir nous en protéger », poursuit-il. Il plaide activement pour que la mort soit d’abord vue comme un élan vital, qui « apporte à l’homme une sagesse de vie ». Une manière selon lui de « l’apprivoiser » pour « être en paix avec elle ici et maintenant, tous les jours de sa vie ».

(1) Sondage réalisé les 11 et 12 octobre par OpinionWay pour le Service catholique des funérailles, selon la méthode des quotas, par questionnaire auto-administré en ligne auprès de 1 024 personnes.

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 23:51

Je ne suis pas un Chrétien d’Orient. Je suis un Oriental chrétien.

La différence est fondamentale.

On dit Chrétien d’Orient comme on dirait, par exemple, Français du Liban ou Libanais de France.

C’est une erreur grossière. Je n’appartiens pas à une communauté étrangère à l’Orient que le hasard de l’histoire a poussé à vivre sur une terre lointaine. 

Mon christianisme n’est pas importé. Je suis né sur la même terre que le Christ. Nous avons les mêmes racines, les mêmes ancêtres, ces Cananéens si méconnus, et les mêmes valeurs de justice, de générosité et de partage.

L’Orient fut chrétien avant qu’il ne devienne musulman. Et après qu’il fut juif et païen.

Moi, Oriental chrétien, j’ai plus en commun avec mon voisin sunnite ou chiite qu’avec un coreligionnaire du Minnesota.

J’ai plus en commun avec un Juif de Wadi Abou Jmil à Beyrouth qu’avec un fils d’immigrant irlandais installé à Brooklyn. 

L’Oriental chrétien n’a pas besoin d’être protégé comme une espèce en voie de disparition par ceux-là mêmes qui ont causé son naufrage.

Il a besoin qu’on ne se mêle plus de ses affaires et de ceux de ses voisins musulmans, juifs et athées.

Il a besoin qu’on le laisse vivre en paix dans une région que les convoitises venues d’ailleurs ont mise à feu et à sang.

Il n’a pas sa place derrière le char d’un matamore exotique. Ni dans un mini-état sectaire, paranoïaque et belliqueux. 

C’est avec les Orientaux musulmans, juifs et athées que l’Oriental chrétien doit trouver, à l’intérieur des états souverains qui divisent la région, la meilleure formule sociétale et politique pour vivre ensemble, le plus harmonieusement possible.

Ce vivre ensemble, si inhérent à l’Orient, particulièrement au Levant, n’est pas une idéologie comme elle l’est actuellement en Occident.

Elle n’a pas son politiquement correct et son Inquisition. Elle ne fonctionne pas par diktats et anathèmes.

C’est une façon d’être. Aussi naturelle que la brise d’automne qui caresse la joue d’un enfant. Aussi imparfaite que les créatures, trop souvent douées de déraison, que nous sommes tous.

L’Oriental chrétien a pour vocation de vivre avec ses compatriotes musulmans, juifs et athées. Non par universalisme, mais simplement par la naissance et la géographie.

Et tant mieux si cette coexistence mène à l’universalisme.

Le monde en a bien besoin en ces temps où le communautarisme et la haine de l'autre prennent le dessus sur notre humanité commune.

Claude El Khal

Né à Beyrouth en juin 1967, Claude El Khal s’installe à Paris à l’âge de 10 ans. Il fait du théâtre et, en 1986, joue dans «L’Assemblée des Femmes» d’Aristophane. En 1989, Il travaille comme assistant de production sur «La Marseillaise» de Jean-Paul Goude. En 1991, à Beyrouth, il écrit et dessine dans un mensuel pour enfants : «Chtok». La même année, il se lance dans la publicité. Sa carrière le conduit de Chypre à Dubaï, puis à Londres, en 1996, où il devient réalisateur de films publicitaires dans l’écurie Tony Kaye. En 1998, il écrit, réalise et produit son premier court-métrage, «Bloody Mary Afternoon». De retour au Liban en 2003, il écrit, produit et réalise son second court métrage, «Beau Rivage» et une comédie conceptuelle : «Left Foot Right Foot». En 2005, il publie un roman : «Flemme», puis, en 2009, écrit et réalise un troisième court-métrage : «Ecce Hommos». Actuellement, il travaille sur son premier long-métrage : «So Long City».

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 23:54

La crosse (ou plus significativement bâton pastoral) est l'insigne du rôle de pasteur qu'exercent les évêques et certains abbés auprès du peuple chrétien qui leur est confié.

La crosse avait initialement la forme d'un tau grec (T), puis son extrémité supérieure a pris la forme recourbée qui est aujourd'hui la plus répandue, en volute. Cette forme est aussi celle de la houlette du berger, image très emblématique.

Bâton de celui qui dirige, conseille, et secourt, la houlette du bon pasteur marchant à la tête du troupeau des fidèles est le signe d'une autorité paternelle.

Les trois symboles de la crosse sont : solide pour soutenir les faibles, recourbé pour rattraper ceux qui s'égarent et pointue pour piquer ceux qui hésitent.

« Le Seigneur est mon berger » (Jn 10,1-18 & 27-30)

La crosse se compose de diverses parties nommées la douille, le nœud et le crosseron, autrefois artistiquement décoré, par exemple d'un agneau avec une croix.

Le crosseron (volute au sommet de la crosse) est tourné vers l'assistance lorsque l'évêque célèbre dans son propre diocèse et vers lui-même dans le cas contraire ou bien s'il ne possède pas de droits sur le lieu de culte au sein de son diocèse où il participe au culte.

wikipedia

Le tau de saint Loup (5ème siècle),

conservé à Briennon-l’Archevêque (Yonne), serait le plus ancien bâton pastoral connu, s’il est bien authentique, comme on le croit ; la hampe de bois se termine par un barillet allongé en cristal de roche, enchâssé dans une douille d’argent et surmonté d’un cabochon dans une bâte. 

Bachuil Mor (6ème siècle)

Le Bachuil Mor semble être l'un des plus anciennes crosse connue ayant appartenu à un saint celtique irlandais évangélisateur de l'Ecosse, St Moluag, qui au moment de sa mort en 592 avait fondé plus de 120 monastères.

Crosse de Clonmacnoise (6ème - 11ème siècle)

Crosse du monastère de Clonmacnoise dont on pense qu'elle est la copie de la crosse de saint Kieran de Clonmacnoise, né en Irlande, en 515. Kieran descendrait de la lignée royale d'Eremon. Il fut barde et berger. Kieran vient du gaélique Ciarán (noir, brun).

Il a été un élève du légendaire St. Finnian.
Il a fondé ce qui allait devenir l'une des communautés religieuses les plus florissantes d'Irlande qui a survécu jusqu'en 1552 à Clonmacnoise, sur la rivière Shannon dans le comté de Meath.

La crosse est un exemple éblouissant de l'art celtique, montrant des styles païens appliqués à un objet chrétien.

L'ornement animal sur les côtés est une version du style Scandinave Ringerike du milieu du XIe siècle qui a été popularisé en Irlande par les Vikings.

 

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La crosse de Saint Fillan (8ème siècle)

St Fillan et est arrivé à Glendochart vers 730 venant d'Irlande
C'est un moine irlandais du viie siècle, fils de sainte Kentigerne et neveu de saint Comgan, ermite à Glendochart, près de Perth.

Son nom provient sans doute du gaélique faol signifiant loup suivi d'un diminutif.

La crosse appelée «quigrich» était le bâton pastoral de Saint Fillan et il est l'un des mieux conservés et documentés.

Il est recouvert d'une enveloppe extérieure d'argent doré. Il ne reste que la tête du quigrich.

De nombreuses générations d'artistes y ont ajouté des décorations dans des actes de dévotion.

La crosse date d'environ 730 et a été conservé par la famille Dewars pendant plus de 900 ans

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La crosse de Kells (9ème siècle)

A l'origine elle aurait été vénérée comme une relique d'un saint dans l'église primitive en Irlande

La crosse aujourd'hui est le résultat d'au moins deux périodes d'ornementation.

Le noyau est un bâton de bois d'if, maintenant coupé en deux. Celui-ci fut d'abord encastrée dans du bronze à la fin du IXe ou au Xe siècle, lorsque le bâton fut décoré de boutons en fonte (ou «nœuds») et de bandes en forme de croix.

Les bords surélevés divisent les nœuds en panneaux couverts d'entrelacs d'animaux, une fois recouverts d'une feuille d'argent brillant. L'enveloppe en bronze d'origine du crosseron avait une grille de motif de diamant et un ornement animal.

Au XIe siècle il reçut une enveloppe extérieure en feuille d'argent et une nouvelle crête doré ajourée d'oiseaux liés entre eux. Une nouvelle douille décorée de nielles noires et d'incrustations d'argent dans le style Scandinave Ringerike a remplacé une précédente au sommet du manche.

L'extrémité du crosseron est une caractéristique des premières crosses irlandaises, et comme beaucoup d'autres il a été modifié pour former une boîte creuse avec une tête humaine au-dessus, pour contenir une sainte relique. Sur la face inférieure du crosseron, une bande d'argent gravée en irlandais demande une prière pour Cúduilig et Maelfinnén qui ont participé à sa rénovation.

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La crosse de Lismore (7ème - 11ème siècle)

La crosse de Lismore a été trouvée cachée dans les murs du château de Lismore en 1814.

L'inscription indique qu'il a été fait pour Niall Mac Mic Aeducan, évêque de Lismore, 1090-1113, par l'artiste Neclan.

La plupart des ornements sont richement dorés, entrecoupés d'autres ornements d'argent et de nielle, et d'émaux colorés.

Cependant, il est tout à fait possible que l'ornementation recouvre la crosse originelle de Saint-Carthage.

Saint Carthage le Jeune, Abbé (aussi connu sous le nom de Carthach, Mochuda) a fondé un monastère, connu dans les Annales Irlandaises comme Lismore Mochuda, en 635. Il était un contemporain de Saint Moluag étudiant à Bangor auprès de Saint Comgall - comme Moluag - mais environ trente ans plus tard.

Carthage s'installa pour un temps à Rahan à Offaly, et en 595 il y fonda un monastère important et gouverna plus de 800 moines.

Lismore Mochuda deviendra l'une des écoles monastiques irlandaises les plus célèbres. L'un de ses étudiants était Saint Cathal, élu évêque de Tarente, en Italie, lors de son retour de Terre Sainte.

Crosse de Saint Germain (7ème siècle)

Saint Germain, abbé de Moutier Grandval (Jura suisse), assassiné en 666 sur ordre du duc d’Alsace Etichon

Cloisonné d'or et d'argent, pierres de couleurs vertes disposées en S, taille 119 cm, Ø 23 cm, VIIe s. Les ornements en filigrane ont été ajoutés après la mort du saint, selon la coutume irlandaise et dans un style typiquement mérovingien. (Musée jurassien, Delémont).

Cette remarquable pièce d’orfèvrerie mérovingienne est la plus ancienne crosse décorée connue au monde

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La crosse de Saint Denis (8ème siècle)

Sur une gravure d'André Felibien du trésor de la basilique Saint-Denis.
La vénération de Saint-Denis s'est répandue en Europe par le pape Etienne II (752) qui venait de France.
L'ornementation peut être comparé avecles dessins du livre de Kells. La fleur de lis a probablement été ajoutée plus tard.

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