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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 23:55
Les Eglises d’Orient, une histoire longue et plurielle
Les Eglises d’Orient, une histoire longue et plurielle

Les chrétiens dits d’Orient sont très majoritairement catholiques ou orthodoxes. Ils sont répartis en de nombreuses Églises différentes, nées de querelles doctrinales aujourd’hui souvent apaisées. Après la conquête musulmane au VIIe siècle, ils se sont rapidement trouvés en situation minoritaire.

Pourquoi les chrétiens d’Orient se sont-ils rapidement divisés ?

Les Églises d’Orient sont issues des grandes querelles autour de la définition de la nature du Christ, qui ont divisé l’Église durant l’antiquité chrétienne.

Ainsi, au début du Ve siècle, l’Église assyrienne, qui rassemble les chrétiens vivant en Mésopotamie, estime qu’il faut dissocier, dans la personne du Christ, les natures humaine et divine, alors que les évêques réunis au concile d’Éphèse (431) affirment le contraire.

Quelques années plus tard, Eutychès (v. 378-454), moine à Constantinople, développe à l’inverse une doctrine affirmant que la nature divine du Christ a absorbé sa nature humaine.

Il est condamné par le concile de Chalcédoine (451) dont les conclusions sont, par contre, rejetées par les Églises d’Égypte et de Syrie – qui forment depuis les Églises copte-orthodoxe et syrienne-orthodoxe – ainsi que par l’Église arménienne.

Ces Églises qui se sont séparées aux conciles d’Éphèse et de Chalcédoine (aujourd’hui Kadiköy, sur la rive asiatique d’Istanbul) sont dites « pré-chalcédoniennes ».

Comment Rome et Constantinople se sont-elles séparées ?

La rivalité a été permanente entre les deux grands pôles du christianisme, Rome et Constantinople, jusqu’à la chute de l’Empire byzantin, en 1453. Au début, aucune controverse théologique ne les sépare et tous les deux acceptent les résolutions des conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) qui fixent le Credo. Celui-ci affirme notamment la foi des chrétiens dans le Père, le Fils et « l’Esprit Saint, (qui) procède du Père ».

En 589, un concile local à Tolède (Espagne) modifie cette définition et enseigne que « l’Esprit procède du Père et du Fils ». Cet ajout de « et du Fils » (en latin : Filioque) se généralise dans l’Église latine au IXe siècle. Les Carolingiens, qui disputent aux Byzantins l’héritage de l’Empire romain, en tirent prétexte pour mettre en doute l’orthodoxie doctrinale de Constantinople. En riposte, le patriarche Photios de Constantinople qualifie en 867 l’adjonction du Filioque de « blasphème ».

La rupture sera définitive au XIe siècle, lorsqu’en 1054, le cardinal Humbert de Silva Candida, légat de Léon IX, part à Constantinople et y excommunie le patriarche Michel Ier Cérulaire. Le sac de Constantinople par les croisés en 1204 ruinera pour longtemps toute chance de réconciliation.

Pourquoi des Églises orientales sont-elles unies à Rome ?

À partir du XVe siècle, des tentatives ont lieu pour réunir Églises d’Orient et d’Occident. En 1439, le concile de Ferrare-Florence (Italie) adopte une union entre Latins et orthodoxes, que ces derniers dénoncent ensuite, invoquant un chantage à l’aide militaire au moment où Constantinople est menacée par les Turcs – elle tombera en 1453.

Dans les siècles suivants, sous l’influence des missionnaires latins au Proche-Orient et dans les pays slaves, des parts plus ou moins importantes des Églises orientales vont s’unir à Rome, sur la base de ce qui avait été décidé à Florence. De son côté, l’Église maronite (présente en majorité au Liban) a toujours proclamé ne s’être jamais séparée de Rome.

Lexique

Araméen

Selon la Bible, la Mésopotamie aurait été peuplée par les descendants d’Aram, cinquième fils de Sem, qui donnera son nom au territoire du centre de l’actuelle Syrie. La langue araméenne, qui appartient à la branche sémitique, apparaît au Ier millénaire av. J.-C. et devient, jusqu’au VIIe siècle apr. J.-C., la principale langue du Proche-Orient, avant d’être supplantée par l’arabe.

Diaspora

Mot grec signifiant « dissémination » (de speiro, semer). La diaspora a d’abord désigné la dispersion des juifs autour du bassin méditerranéen puis à travers le monde. Par analogie, il s’applique, surtout depuis le XXe siècle, à tous les groupes ethniques dispersés par l’histoire.

Rite

Comme l’explique le code des canons des Églises orientales, « le rite est le patrimoine liturgique, théologique, spirituel et disciplinaire qui se distingue par la culture et les circonstances historiques des peuples et qui s’exprime par la manière propre à chaque Église » (canon 28).

Syriaque

Dérivé de l’araméen, le syriaque apparaît à Édesse (aujourd’hui Sanliurfa, en Turquie) à la fin du Ier  millénaire av. J.-C. et devient la langue des chrétiens qui lui donnent un véritable statut littéraire. Il est aujourd’hui l’héritage de tous les chrétiens syriaques, du Proche-Orient au sud de l’Inde : syriens-orthodoxes et syriens-catholiques, assyriens et chaldéens, maronites, malabars et malankars. Le syriaque est aujourd’hui parlé à travers plusieurs dialectes en Syrie (syriaque occidental), au sud de la Turquie (turoyo) et en Irak et Iran (syriaque oriental ou soureth).

Le casse-tête des chiffres

La collecte de chiffres précis et actuels concernant les chrétiens d’Orient est une entreprise malaisée. Les instances religieuses, qui tiennent notamment les registres des baptêmes, ont en effet tendance à en gonfler le nombre. À l’inverse, les États de la région cherchent parfois à le minimiser, pour des motifs politiques, territoriaux ou économiques. En tout cas, aucun recensement fiable n’a été réalisé dans ces pays depuis plusieurs décennies. Les conflits en cours ont par ailleurs provoqué de très importants mouvements de population, qui ont notamment touché les chrétiens. Une émigration économique est aussi à l’œuvre, qu’il est parfois difficile de quantifier car elle s’accompagne de fréquents allers-retours. Pour toutes ces raisons, la carte ci-dessus ne prétend donner que des estimations, en s’appuyant sur les données fournies par L’œuvre d’Orient.

Nicolas Senèze

Frise chronologique

43

À Antioche, les disciples du Christ reçoivent pour la première fois le nom de « chrétiens », d’après les Actes des Apôtres. L’appellation se répand ensuite, notamment lors des premières persécutions.

313

Un édit de tolérance promulgué par les empereurs Constantin Ier et Licinius accorde la liberté de culte à toutes les religions. Commence l’âge d’or des Pères de l’Église, souvent orientaux, et de débats théologiques passionnés. Le concile de Nicée, en 325, affirme que le Christ est « de même nature que le Père ».

451

Vingt ans après le concile d’Éphèse, qui affirme que « la Sainte Vierge est Mère de Dieu » – ce qui sous-entend la nature à la fois humaine et divine du Christ –, le concile de Chalcédoine confesse que « le Christ est une seule personne en deux natures ». Les Églises d’Égypte et de Syrie refusent cette conclusion.

637

Jérusalem, la ville où le Christ est mort et ressuscité selon la tradition chrétienne, est prise aux Byzantins par le deuxième calife de l’islam, Omar Ibn Al Khattab. Déjà sainte pour les juifs et les chrétiens, Jérusalem devient la troisième ville sainte des musulmans. Les croisés en prendront le contrôle de 1099 à 1187.

1915-1916

Entre 1,2 et 1,5 million d’Arméniens d’Anatolie meurent lors de massacres et de déportations décidés par le gouvernement ottoman. Cent ans plus tard, de nombreux pays parlent à ce sujet d’un « génocide ». Des centaines de milliers de chrétiens d’autres confessions, notamment assyriens, furent également tués.

1948

Création en Palestine de l’État d’Israël, qui se définit à sa naissance comme un État juif et démocratique et qui garantit la liberté de conscience. Depuis 1967, Israël contrôle la Vieille Ville de Jérusalem, où se trouvent des lieux saints du christianisme, comme le Saint-Sépulcre, et le siège de plusieurs patriarcats.

1975-1990

Une guerre civile ravage le Liban, seul pays arabe où chrétiens et musulmans étaient en nombre équivalent. Le conflit, aux ramifications complexes, fait 150 000 morts et des centaines de milliers d’exilés. En 1989, les accords dits de Taëf instituent une nouvelle répartition du pouvoir entre chrétiens, chiites et sunnites.

2014

Au nord de l’Irak, le groupe terroriste Daech s’empare de Mossoul et de la plaine de Ninive, où vivent de nombreux chrétiens, provoquant un exode massif vers la région kurde, la Turquie et l’Occident. La région sera libérée à l’automne 2016 et Mossoul à l’été 2017 mais les dévastations rendent les retours précaires.

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 23:57
De retour de l'au-delà
De retour de l'au-delàDe retour de l'au-delà
DE RETOUR DE L'AU-DELA

« Les personnes non-religieuses disent souvent que personne n'est jamais revenu de l'autre monde. Ils impliquent que personne ne sait ce qui nous attend après la mort. Ils impliquent que personne ne sait ce qui nous attend après la mort. Cependant, l'histoire de notre invité réfute cette déclaration. »

(Dialogue entre Vasily Lazarev et le prêtre George Maximov du Patriarcat de Moscou dans la vidéo ci-dessous)
 

Prêtre George Maximov:
Bonjour! Vous regardez « Mon cheminement vers Dieu. » Je vous dis tout de suite que l'invité du programme d'aujourd'hui a connu des événements très dramatiques dans sa vie qui l'ont conduit à Dieu.

Les personnes non-religieuses disent souvent que personne n'est jamais revenu de l'autre monde. Ils impliquent que personne ne sait ce qui nous attend après la mort.

Cependant, l'histoire de notre invité réfute cette déclaration. Avant de commencer à parler de sa mort et de revenir à la vie, parlons de ses antécédents.

Vasily, est-ce que je devrais supposer que, comme beaucoup de gens de votre génération [en Russie], vous avez grandi dans un environnement non religieux et que vous ne saviez rien de la foi?
 

Vasily Lazarev:
Oui. Je suis né et j'ai grandi durant une ère différente.

Après avoir servi dans l'armée - c'était en 1989 - un paradigme totalement nouveau apparut. L'Union soviétique a éclaté. Je devais gagner ma vie de quelque façon. J'avais récemment commencé une famille et nous avions un bébé.

Après l'armée, j'ai travaillé dans une usine pendant un certain temps et j'ai trouvé un emploi dans une entreprise de sécurité privée.

Aujourd'hui, la société est un peu différente, mais à ce moment-là, elle fournissait des agents de sécurité qui agissaient comme des bandits pour collecter de l'argent auprès des débiteurs.

J'ai fait beaucoup de choses terribles. Je n'ai pas de sang sur mes mains, mais j'ai été impliqué dans quelques mauvaises choses. J'ai toujours honte de ce que j'ai fait, même si je me suis repenti.

Beaucoup de gens dans mon environnement sont morts. Certains ont été emprisonnés. Après la naissance de ma fille, j'ai décidé d'abandonner cette voie.

Peu à peu, sans trop de pertes, j'ai réussi à en sortir. Je me suis simplement déplacé vers un nouvel endroit et j'ai complètement coupé mes connexions précédentes.

J'ai essayé de mettre ma vie en ordre mais comme je n'avais pas d'argent, je devais faire toutes sortes de petits boulots, vendre des objets sur le marché ou conduire un taxi clandestin.

J'ai rencontré des gens sur le marché qui participaient à un jeu de société, et j'ai travaillé avec eux pendant trois ans sur les marchés de Moscou et de la région du Grand Moscou. C'est alors que j'ai été accro à la drogue.
 

Père George:
Comment cela s'est-il passé? Vous étiez alors un adulte et vous saviez probablement combien les drogues sont dangereuses.

 

Vasily Lazarev:
À cette époque, j'avais eu une querelle avec ma femme et je me suis rendu dans un appartement partagé où je faisais des fêtes pour un grand groupe de toxicomanes.

Je regardais leurs visages satisfaits après avoir pris le médicament, en me disant: "Tu n'as pas besoin de cela."

Cela sonnait plus comme "Ne prends pas ma dernière dose de paradis", alors je voulus essayer. Au début, c'était effrayant. J'ai reniflé l'héroïne, mais je n'ai rien ressenti de spécial.

Ensuite, j'ai eu une injection, puis la seconde, la troisième... C'est ainsi que ça a commencé. Je pense que deux fois c'est tout ce qu'il faut pour former une dépendance.

L'héroïne est un démon très persistant. Il attrape une personne et ne la laisse jamais tomber.

Beaucoup de gens ont pris des traitements et ont essayé de s'abstenir d'une façon ou d'une autre, mais seulement quelques-uns d'entre eux ont réussi.

Je connais une seule fille qui a arrêté, mais cela a pris beaucoup d'efforts et lui a coûté la capacité d'avoir des enfants. D'autres sont morts.

Les gens ont subi une décès clinique par surdosage, mais ils ont continué à recevoir une nouvelle dose après cela.

Je me souviens de ce qui est arrivé à un de mes amis. Lui, sa petite amie et moi étions assis dans la cuisine. Nous avons reçu des injections et il est tombé. Il s'est senti mal, alors nous avons appelé une ambulance.

Ils sont arrivés rapidement, l'ont emmené dans le vestibule, ont ouvert sa poitrine et ont effectué un massage cardiaque direct... Ce n'était pas un spectacle pour des êtres faibles, je dois vous le dire. Ils l'ont ressuscité.

Pourtant, cela ne l'a pas aidé du tout et seulement deux mois plus tard, il est mort d'un surdosage. C'est terrible. J'ai été accro pendant environ un an.

Il s'agit d'une période relativement courte. La dépendance affecte les gens différemment. Certains toxicomanes en héroïne vivent depuis 10 ou 15 ans, je ne sais pas pourquoi, mais généralement un toxicomane vit pendant 5-6 ans maximum....
 

Père George:
Votre mort a-t-elle également été causée par un surdosage?

Vasily Lazarev:
Pas exactement. Il y avait une croyance populaire alors que si vous buviez de la vodka et de l'alcool, cela vous aiderait à cesser d'utiliser de l'héroïne. Cela s'est avéré faux.

C'était pendant les vacances de mai, alors j'ai continué à boire pour arrêter d'utiliser l'héroïne. Cela n'a pas aidé. J'ai continué et le 11 mai, mes amis et moi nous nous sommes fait des injections dans le hall d'un immeuble d'appartements.

C'était le soir, après 10 heures. La vodka et l'héroïne sont une combinaison mortelle. Je ne sais pas qui influence qui, mais la mort est pratiquement immédiate.

J'étais encore ivre par l'alcool. Je me souviens de l'obscurité alors que ma conscience s'arrêtait d'une certaine manière. Mes yeux se sont refermés et j'ai entendu des cloches me sonner dans les oreilles.
 

Père George:
Avez-vous subi un décès clinique?

 

Vasily Lazarev:
C'était le moment même de la mort. Je n'ai ressenti aucune douleur. Mes yeux se refermaient silencieusement et je me suis glissé vers la goulotte d'ordures. Je suis resté là.

Je me souviens seulement qu'un instant plus tard, j'ai vu comme à travers de l'eau et au ralenti que la fille qui était avec nous courait et frappait à la porte en criant et en demandant d'appeler l'ambulance.

Il n'y avait pas de téléphones portables à cette époque. Mon ami Sergey a essayé de faire une RCR*, mais probablement sans vraiment savoir comment faire.

Ensuite, je me souviens d'avoir été étendu devant l'entrée. L'ambulance est arrivée. J'ai vu mon corps depuis le côté. Les médecins faisaient quelque chose, mais ce n'était pas grave pour moi. Absolument.

Je sentais que quelque chose me tirait vers le haut et vers la droite, plus vite et plus rapidement. J'ai entendu un bruit désagréable.

Tout a commencé à tourbillonner et j'ai été transporté à travers une sorte de gros tuyau. Mes processus de réflexion ne se sont pas arrêtés un instant.
 

Père George:
Avez-vous été effrayé quand vous avez réalisé que vous étiez mort?

 

Vasily Lazarev:
Au début, je ne me suis pas rendu compte que j'étais mort. La réalisation est venue plus tard.

La traction est devenue de plus en plus rapide. A une vitesse croissante, je traversai un tunnel avec des murs semi-transparents.

Il y avait des images autour de moi qui pouvaient être comparées aux photographies d'étoiles prises par le télescope Hubble. Une lumière brillante était devant. C'était extrêmement brillant.

Cela ressemblait à l'attraction du parc aquatique lorsque vous faites une spirale dans le bassin d'eau chaude. J'ai entendu un accord d'une sorte de musique éthérée.

C'est alors que je me suis regardé. C'est seulement alors que je me suis rendu compte que j'étais mort. Je n'ai pas ressenti de regret.

Au lieu de cela, j'ai ressenti de la joie, du calme et du plaisir. Je me suis regardé et j'ai vu mon corps couché dans l'ambulance. D'une façon ou d'une autre, je ne m'en souciais pas... absolument pas. Je n'ai ressenti aucun mépris ni haine envers lui, je l'ai simplement regardé.
 

Père George:
Comme si c'était quelque chose d'étranger (le corps)?

 

Vasily Lazarev:
Oui. Tout comme une pierre qui se trouve dans une rue lorsque vous la dépassez. Vous ne vous souciez pas si c'est là ou non.

Ensuite, quelque chose m'a poussé, vous savez, comme si une main chaude m'avait soulevé. J'ai senti des vagues de bonheur et de calme absolu. Une protection absolue.

Tout autour de moi, c'était plein d'un amour tellement fort que je ne sais même pas comment le décrire. J'ai été attiré par une sorte de nuage.

Je me sentais comme sur un avion ascendant qui allait de plus en plus haut. Puis j'ai vu une silhouette dans une lumière brillante.

Elle était vêtue de longs vêtements comme une tunique. Vous savez, je n'ai jamais ouvert la Bible avant cela et je n'ai jamais pensé à Dieu ou au Christ, mais à cette époque, j'ai compris par chaque fibre de mon âme que c'était Lui.

Il était comme un vrai père. Il m'a rencontré, moi Son fils prodigue, avec un amour que vous ne pouvez pas trouver sur Terre.

Personne ne m'a jamais parlé comme ça. Il ne me fit pas de reproche, ne me rassura pas ou ne me réprimanda pas. Il m'a seulement montré ma vie.

Nous avons communiqué par télépathie et chacune de Ses paroles ressemblait à une loi. Il n'y avait aucun doute à ce sujet.

Il parlait calmement et affectueusement, et il est devenu de plus en plus clair pour moi que mon attitude non seulement envers moi-même, mais aussi envers mes parents et tous les autres, était très fausse.

J'ai pleuré très fort, et tandis que mon cœur était en train de se briser et de se purifier, je me sentis de mieux en mieux.

Vous savez, la comparaison suivante me vint à l'esprit: quand un potier fait un pot et qu'il tombe, il commence à le réparer avec ses mains... Donc, comme un potier, Il corrigea mon âme qui était si impure...

Il a montré ma vie comme un éclair devant mes yeux, comme si c'était un film.

Cela est connu, plus tard, j'ai lu cela dans les livres écrits par Moody et d'autres personnes ayant au des expériences similaires. Il n'y a rien de nouveau. Je n'invente pas ces choses.

Les gens mentent afin d'atteindre un certain but, je pense, alors que je veux simplement raconter ce que j'ai vu pour que les gens l'entendent. Je suis habitué au fait que beaucoup de gens ne me croient pas et pensent parfois que je suis fou.

Quoi qu'il en soit, il pouvait arrêter la vie à n'importe quel moment. C'était comme une sorte de film. Mais la chose la plus intéressante était que, à tout moment, je pouvais marcher et me regarder et ressentir la situation du point de vue de tous ceux qui m'entouraient.

Père George:
Et comprendre ce qu'ils pensaient à ce sujet?

Vasily Lazarev:
Oui. J'ai compris comment vous pouviez blesser les gens par des mots.

C'est comme... par exemple, les coups de couteau et de balle que j'ai eu ne peuvent même pas être comparés à la douleur causée par un seul mot.

C'est ce dont vous vous souvenez pour le reste de votre vie. J'ai compris les conséquences de cela. J'ai compris comment vous devriez faire attention à vos actions.

Beaucoup de gens pensent qu'il n'y a que cette vie et qu'après cela il n'y a que les ténèbres et le néant. Non, mes amis, tous devront répondre pour les choses qu'ils ont faites. Tous.

Donc, Lui et moi avons examiné ces situations. Puis Il a pris ma main et nous avons marché...

Je me souviens que sous mes pieds il y avait une substance brumeuse chatoyante. La lumière la plus lumineuse. Il n'y avait aucune ombre, mais ici il est difficile de visualiser.

Je sentais que j'étais semi-transparent, comme dans le film de l'Homme Invisible où vous ne pouvez voir que les contours de son corps. Il m'a pris par la main, m'a mené, et a m'a brillamment éclairé de cette lumière.

Ensuite, nous étions à l'endroit où nous nous sommes rencontrés. Je ne me souviens pas de ce qu'Il m'a demandé, mais je me suis rendu compte que je devais revenir à ma vie terrestre.

Les images de ma femme et de mon enfant ont surgi devant mes yeux. Soit dit en passant, c'était après notre rupture. À cette époque, nous vivions séparément depuis environ un an.

Quoi qu'il en soit, j'ai compris que je devais revenir. Je Lui ai promis de purifier ma conduite et de devenir une meilleure personne. J'ai senti un très grand chagrin, mais en même temps, il m'a été indiqué que nous nous reverrions.

Je vis par cet espoir depuis lors. Pour dire la vérité, je veux retourner là-bas. Je suis prêt à y retourner à chaque instant.

Bien sûr, même si mon expérience était merveilleuse, cela pourrait être aussi mauvais pour ceux qui seraient en enfer. Je n'étais pas au paradis; C'était probablement une sorte de vestibule du paradis.

Je ne sais pas comment expliquer... Ce sentiment était probablement plus puissant que toutes les drogues du monde multipliées par l'éternité.

L'explosion de l'omniscience m'a frappé littéralement. La vérité n'a fait que m'effleurer, mais je me suis rendu compte de l'immense potentiel que nous avions en nous-mêmes.

Savoir tout... Il n'y a aucun moyen de l'expliquer, croyez-moi sur parole: c'est génial, on ne s'ennuiera pas là-bas. C'était si merveilleux, chaleureux et confortable avec Lui.

Je sentais qu'Il était le père. Le vrai père. Contrairement à mes pères terrestres... Je n'ai pas eu de chance avec mon père biologique ou mon beau-père.

Pour raccourcir cette histoire, je revenais, comme si le film se rebobinait. Le soleil se couche tard en mai... Je me souviens que c'était encore au coucher de soleil et je descendis à travers les feuilles de l'arbre, le toit de l'ambulance et je fus de nouveau dans mon corps.

Ma conscience revint sur terre. Je respirai profondément, je ressentis une forte douleur dans mes côtes, et je pris la main de l'infirmier. Il tenait une montre, des clés et de l'argent dans la main.
 

Père George:
Est-ce que c'était à vous?

 

Vasily Lazarev:
Oui, cela avait été dans mes poches. Mes poches avaient été retournées. Je ne veux rien dire de mal sur les ambulanciers paramédicaux. Mes parents étaient médecins. Ma soeur travaillait comme ambulancière paramédicale.

J'ai appris plus tard que j'avais été mort pendant 14 minutes. Bien sûr, ils n'ont plus essayé de me ressusciter et ont simplement conduit mon corps à la morgue.

Eh bien... Alors, j'ai juste saisi sa main. Vous auriez dû voir ses yeux quand je l'ai fait. Je n'ai jamais vu quelqu'un aussi horrifié.
 

Père George:
Je parie qu'après cela, il ne risquait pas de fouiller les affaires des morts (rires).

 

Vasily Lazarev:
il n'y avait pas beaucoup d'argent... Je lui ai donné la moitié de ce que j'avais, juste assez pour acheter une bouteille de bière. J'ai utilisé l'argent restant pour acheter une bouteille de bière pour moi-même, je me suis assis là-bas et j'ai commencé à penser.

Le lendemain, j'ai été réveillé par la sonnette de la porte. Je ne comprenais toujours pas ce qui m'était arrivé. Il m'a fallu plusieurs semaines pour le réaliser.

Alors, j'ouvris la porte et je vis mon épouse. Nous ne nous étions pas vus pendant à peu près un an. Nous avons parlé pendant environ une heure. J'ai laissé tout ce que j'avais dans cette pièce.

Je l'ai refermée et nous sommes allés chez elle. Je ne suis jamais revenu. J'ai coupé tous mes liens avec le passé d'un seul coup.

Le manque [de drogue] est une douleur terrible. Vous ne pouvez pas supporter, vous allonger ou trouver le repos.

J'étais toujours accro à l'héroïne. À la fin de la journée, je me sentais très mal.

Pendant les deux mois et demi suivants, je vivais avec le régime alimentaire suivant: une bouteille de vodka, Dimedrol, Tazepam, Phenazepam, toutes prises afin que je puisse simplement survivre au délai de manque.

Ma femme fut vraiment une sainte. Elle prit soin de moi. Elle travaillait et achetait de la vodka pour moi. Je restais à la maison.

Lorsque vous prenez des médicaments lourds, vous ne pensez pas à ce qui se passera ensuite. Vous vous sentez bien et le reste peut attendre.

Mais quand vous voulez arrêter de fumer, vous vous rendez compte que le démon ne vous permet pas de partir. Vous n'avez pas de veines parce que vous avez déjà «brûlé» celles que vous aviez. Vous vous sentez pourri, tremblant et littéralement effondré.

Le manque est une douleur terrible. Il ne peut pas être comparé à la douleur que vous ressentez lorsque vous vous êtes coupés ou que vous avez heurté quelque chose.

Cela ressemble davantage à la douleur rhumatismale, lorsque vos articulations vous font très mal, mais beaucoup plus forte. De plus, cette douleur est à l'intérieur et vous ne pouvez pas bander l'endroit qui fait mal.

Vous êtes tordu de douleur. Vous ne pouvez pas supporter cela, être allongé ou trouver du repos. Tout cela s'accompagne de divers cauchemars. C'est terrible.

Et il est très facile d'arrêter cela, tout ce que vous avez à faire est de lancer un appel et en une demi-heure, vous recevrez l'injection et tout sera de retour à la normale. Mais j'avais promis d'arrêter [la drogue].

Il est extrêmement difficile de surmonter le manque [de drogue] par vous-même, il est donc très important d'avoir le soutien d'amis et de parents et, bien sûr, le désir de cesser de fumer. Mais le plus important est l'aide de Dieu.

Maintenant, je comprends que c'est Dieu qui l'a fait pour que ma femme prenne soin de moi et me donne des forces. Je ne l'aurais pas fait tout seul.

Ce fut un été terrible. Mais finalement, j'y suis arrivé.

Ensuite, j'ai arrêté de boire. Je ne peux pas dire que je l'ai fait tout seul. Après tout ce «traitement de la vodka», ma peau a été très jaune un jour.

L'ambulance est venue et ils m'ont dit: "Vous avez l'hépatite C. Si vous continuez à boire, vous aurez une cirrhose et ce sera la fin pour vous."

J'ai donc commencé à boire de la bière au lieu de la vodka. Cela a rendu les choses encore pires. Il semblait que ma fin approchait - causée par l'alcool cette fois, plutôt que par la drogue.

Nous sommes allés à une clinique où ils utilisent la méthode de codage de Dovjenko *. Je suis sobre depuis 17 ans maintenant. Et je ne veux pas boire.

Je regarde les gens et ça me semble drôle, comme si j'étais dans un cirque. Les gens ne comprennent pas ce qu'ils font. Après avoir été abstinent, être à toutes ces fêtes où l'on boit est devenu ennuyeux pour moi.

J'ai cessé de me droguer et de boire de l'alcool après ce qui m'est arrivé. J'ai eu une sorte de directive interne.

Maintenant, je comprends que tout cela est lié à Dieu. Il vous met sur le bon chemin. Je suis allé travailler et j'ai cessé de tromper ma femme tout de suite.

Ensuite, peu à peu, étape par étape, j'ai cessé de fumer et de jurer. J'ai demandé à Dieu de m'aider dans tous mes efforts.

J'ai simplement demandé silencieusement et Il m'a toujours aidé.

Soit dit en passant, un mois après que ma peau ait été jaune, j'ai repris le test sanguin et le diagnostic initial n'a pas été confirmé.

J'ai effectué plusieurs tests plus tard et les résultats ont montré qu'il n'y avait pas d'hépatite. Elle a tout simplement disparu.
 

Père George:
Pourtant vous n'avez pas rejoint l'Église tout de suite?

Vasily Lazarev:
Non. Ce fut un long parcours. C'était comme si je devais d'enlever d'abord toutes les choses inutiles, puis joindre l'Église, c'était comme un perfectionnement pour atteindre la perfection.

Se débarrasser de toutes les addictions mentionnées ci-dessus était, je pense, juste un accord grossier, et maintenant je dois affiner.

Ce réglage finira avec mon dernier souffle. C'est beaucoup plus important et infiniment plus difficile que la première étape.

Arrêter de fumer est beaucoup plus facile que de cesser d'être jaloux, et il est plus facile de cesser de fumer que d'arrêter de haïr quelqu'un ou de pardonner à quelqu'un.

Je n'ai pas accepté l'Église tout de suite.

Au début, j'ai beaucoup lu à propos des expériences proches de la mort. J'ai étudié quelques enseignements farfelus, comme Blavatsky, Roerich...

Je cherchais la vérité. Je l'ai trouvée seulement lorsque j'ai lu dans la Bible que "Dieu est amour" (1 Jean 4: 8). C'est ce que l'Orthodoxie nous enseigne. Je ne l'ai pas trouvée dans d'autres enseignements.

J'étais là-bas pendant mon expérience de la mort, je savais que Dieu était amour. L'amour absolu. C'est là-bas que je l'ai compris.

J'ai été protégé, aimé et compris. Comme un fils qui a trouvé son père. Le christianisme enseigne cela: " Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu" (Jean 1:12): "Ainsi tu n'es plus esclave, mais fils; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu. "(Galates 4: 7).

Suite à cette idée, j'ai rejoint l'Église, je me suis confessé et j'ai reçu la Communion pour la première fois après mon baptême. J'ai été baptisé en 1980.

Nous étions à Vladimir parce que c'était le moment où ils faisaient les Jeux Olympiques à Moscou et ils avaient envoyé beaucoup de gens à l'extérieur de la ville.

Pendant que nous étions là, ma mère m'a emmené à l'église pour être baptisé, même si elle et mon père étaient communistes et médecins …

Père George:
Ils l'ont fait [le baptême]simplement pour des raisons de tradition, je suppose?

Vasily Lazarev:
Oui. À cette époque, je n'avais attaché aucune importance à cela.

Franchement, je ne pensais pas à Dieu ou à son existence jusqu'à l'âge de 20 ans. Nous vivions, c'est tout.

Probablement six ans se sont écoulés après ce qui m'est arrivé, avant d'aller à l'église...

J'ai commencé à aller à la Communion une fois toutes les trois semaines. Je suis allé à la confession, j'ai reçu la Communion.

Quand j'ai reçu la communion pour la première fois, c'était quelque chose d'étranger à ce monde. Je suis une personne brutale et parfois je peux être grossier, mais à cette époque, je me suis simplement détendu et tout le monde semblait être de gentils anges pour moi.

Cela a duré environ un jour, je pense. C'était très semblable au sentiment que j'éprouvais là-bas. Le sentiment de bonheur.

Lorsque nous participons au Corps et du Sang du Christ, nous devenons apparentés à Lui. Et après ma première communion, j'ai été surpris, "Comment cela se pouvait-il? J'avais les mêmes sentiments que j'avais là-bas. "Cela ne se produit pas à chaque fois, mais cette fois-ci, c'était quelque chose...J'en suis presque tombé à la renverse dans l'église.

J'ai compris de nombreuses choses intéressantes lorsque je pensais à ce que j'avais vu.

Les gens qui finiront en enfer seront jetés dans les ténèbres extérieures. Les gens qui arrivent après leur mort, ils sont ... Leurs âmes sont si pécheresses qu'elles s'éloignent de Dieu. Ils se condamnent eux-mêmes.

Plus vous êtes pécheur, plus vous êtes loin de Dieu et de Sa Lumière.

Vous ne pouvez pas L'approcher lorsque vous êtes couvert par la terreur de vos pensées et de vos actes. Vous êtes encore plus loin dans les ténèbres, où toutes vos peurs vous attendent; tandis que près de Lui il n'y a pas de peur, seulement le bonheur.

La vie se termine de façon inattendue et lorsque vous vous présentez devant Lui et que tous vos actes sont exposés, rien ne peut être changé.

Vous vous condamnez et vous ne vous permettrez pas de vous rapprocher de la Lumière, car sa brûlure serait insupportable.

Seules des choses similaires peuvent être ensemble. Ce n'est pas comme le Jugement Dernier tel qu'il est souvent décrit...
 

Père George:
Eh bien, vous n'avez pas réellement vécu pour voir le Jugement Dernier. Le Jugement Dernier sera à la fin des temps, lorsque les morts ressusciteront.

Les âmes se joindront aux corps des morts, et les gens avec leurs corps se tiendront devant le Terrible Tribunal. Le ciel et l'enfer viendront après le Jour du Jugement.

Avant cela, selon saint Marc d'Éphèse, les âmes seront dans l'attente du Jugement Dernier.

Selon l'état de leur âme, les gens souffriront en attendant leurs tourments futurs ou éprouveront le bonheur en anticipant les bénédictions futures.
 

Vasily Lazarev:
Peut-être, était-ce un pré-jugement. Ma propre condamnation. Je suis passé par beaucoup de choses, mais je ne veux même pas penser à colère de Dieu en aucune façon. Je n'ai pas une seule pensée comme ça.

J'avais l'habitude de faire des choses folles. Maintenant, en sachant tout ce qui pourrait être là-bas... À quel point cela peut être bon ou mal... Je ne peux même pas y penser.

Plus tôt, je ne pouvais pas imaginer ma vie sans cigarettes et je pensais: "Si tu n'as pas fumé de drogue ou eu une injection aujourd'hui, tu as perdu un jour."

Après tout ce que j'ai appris, j'ai tout quitté. Je ne suis pas lâche, mais j'ai mon meilleur comportement maintenant. Je ne veux pas y aller [en enfer]. C'est effrayant.

Père George:
Vous voulez dire dans les ténèbres extérieures?

Vasily Lazarev:
Oui. Surtout, parce que c'est pour toute l'éternité. J'ai également compris que, d'une certaine manière, nous avons deux naissances.

Tout d'abord, lorsque nous sommes nés, et la seconde c'est quand nous mourrons. Dans cette vie, alors que nous sommes dans ce monde, nous devons décider qui nous sommes et quelles actions nous faisons.

Je suis très chanceux d'avoir eu une seconde chance. Dieu m'a donné une nouvelle vie afin que je comprenne ce qu'est l'amour. Il vous suffit de purifier votre comportement à temps.

Comme saint Séraphim de Sarov l'a déclaré: "Nous devons acquérir l'Esprit Saint".

Père George:
Nous devons le faire ici sur terre, car la-bas, il n'y aura plus de choix. Vos paroles sur la naissance m'ont rappelé les paroles de Grégoire du Sinaï qui dit: "Ici sur la terre, les gens portent l'embryon de leur vie future qui sera soit une agonie éternelle, soit un bonheur éternel avec Dieu." En fait, dans la mort, les gens ont l'éternité qui était déterminée par leur action envers Dieu ou le péché.

Vasily Lazarev:
C'était en fait ce qui m'a poussé à raconter mon histoire. Tout cela est très personnel...

Ce n'est pas tout le monde qui parlerait de lui-même. Je tiens à attester que la personnalité est indestructible. Je suis resté conscient tout le temps.

Cela confirme que nous ne sommes pas morts. Je dis cela pour les athées, pour ceux qui rejettent Notre Seigneur. Ici, ils espèrent quelque chose, peut-être que le prince de ce monde les aide; mais il ne les protégera pas là-bas. Là-bas, ils obtiendront ce qu'ils méritent. C'est absolument vrai.

Vous ne devriez pas seulement croire, vous devriez également faire de bonnes actions. Pensez-vous, à la raison pour laquelle vous êtes né?

Est-ce que l'organisme biologique le plus compliqué de la planète a été créé juste pour passer le temps à l'improviste? Notre vie sur Terre est un court moment, mais c'est un moment très important, car c'est ici que nous décidons si nous allons vers Lui ou non.

Il n'y aura pas d'autre moment comme ça et vous ne pouvez rien changer après votre mort. Essayez d'éviter de faire du mal, alors que vous avez encore du temps et demandez pardon pour les gens que vous avez blessés. Et consacrez toutes vos actions à la gloire de Dieu.

Je vous rappellerai deux commandements que Jésus-Christ nous a donnés: "Et tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit..." et "Tu aimeras ton prochain comme toi-même."(Marc 12:30, 31).

Si tous les gens suivaient ces deux commandements, toute la Terre serait protégée par l'amour.

À cet égard, l'Église orthodoxe est le navire amiral. Je pense que c'est le seul véritable enseignement qui nous conduit à l'au-delà. J'ai connu l'au-delà personnellement.

Peut-être, mon histoire aidera-t-elle certaines personnes à réfléchir à leurs actions et à reconsidérer leurs manières de vivre.

Beaucoup de gens m'ont dit: "Vous avez seulement eu des hallucinations sous l'influence de la drogue. Une sorte de délire qui survient lorsque le cervelet fait quelque chose...

Père George:
Mais le fait que votre vie a changé d'une manière aussi radicale, est déjà une preuve que cela n'aurait pas pu être de simples hallucinations.

Les toxicomanes voient des hallucinations tout le temps, mais ils ne changent pas leurs vies. La vie ne peut être modifiée que par une expérience réelle.

Je pense que Dieu vous a montré par avance les choses qui pourraient arriver, car tout dans votre vie passée vous a conduit à un endroit différent, dans ces ténèbres extérieures.

Par son amour, Dieu a montré ce qui vous attend, afin que vous puissiez faire le bon choix. Remerciez Dieu d'avoir bien utilisé votre deuxième chance.

Merci beaucoup pour votre récit. Dieu vous bénisse!
 

Version française Claude Lopez-Ginisty d'après Pravoslavie.ru
http://orthodoxologie.blogspot.fr/ 

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23 novembre 2017 4 23 /11 /novembre /2017 23:55
La règle de Saint Augustin
La règle de saint Augustin

Malo Tresca

Quelle est la genèse de cette règle ?

C’est, chronologiquement, la première règle monastique d’Occident. Converti tardivement au catholicisme, dans sa 32e année, saint Augustin (354-430), l’un des quatre Pères de l’Église occidentale, aurait principalement commencé à la rédiger alors qu’il venait d’être nommé évêque de la ville d’Hippone, au nord est de l’actuelle Algérie, en 395. La genèse de sa règle reste encore difficilement retraçable, mais elle puiserait aussi ses origines dans d’autres écrits augustiniens, dont notamment une authentique lettre datée de 423, adressée à des jeunes filles et des veuves chrétiennes de la région.

« Son attribution historique au philosophe chrétien, qui a pu être discutée par le passé, est aujourd’hui tranchée et fait autorité en la matière », confirme le père François-Marie Humann, abbé de Mondaye et auteur de l’ouvrage Règle de saint Augustin, texte intégral et commentaire (1).

Sans appeler explicitement à la fondation d’un nouvel ordre monastique, la règle augustinienne entend alors prodiguer des conseils pour guider la vie religieuse de communautés d’hommes et de femmes pieux de l’époque.

Quelles sont ses caractéristiques ?

Nette et précise, la règle de saint Augustin, qui se décline en huit chapitres, est très pratique.

En prônant un modèle de vie inspiré de celui de la première communauté chrétienne de Jérusalem telle qu’elle est décrite dans le livre des Actes des Apôtres (4, 32), elle insiste sur la charité fraternelle, qui se concrétise principalement au quotidien par la pauvreté personnelle et par la mise en commun des biens, pour parvenir à l’unité communautaire : « Avant tout, Vivez unanimes à la maison, Ayez une seule âme et un seul cœur tournés vers Dieu. N’est-ce pas la raison même de votre rassemblement ? Et puis, qu’on n’entende pas parler parmi vous de biens matériels, mais qu’au contraire tout vous soit commun » (Règle, chapitre I, 2-3).

Cet idéal de désappropriation, qui s’accompagne d’un partage des compétences et des talents de chaque membre de la communauté – tout en acceptant ses différences ou ses infirmités –, ne prône cependant pas une égalité absolue : « Votre frère prieur doit distribuer à chacun de vous de quoi se nourrir et se couvrir, non pas selon un principe égalitaire, puisque vos santés sont inégales, mais plutôt à chacun selon ses besoins » (Règle, chapitre I, 3).

Rappel de l’importance de l’assiduité aux offices quotidiens (chapitre II), du jeûne alimentaire (chapitre III), de la chasteté dans la vie consacrée – « Soyez les uns pour les autres les gardiens de la pureté » – (chapitre IV), de la concorde et de la convivialité au sein de la communauté – « N’ayez pas de disputes, ou du moins, venez-en à bout le plus tôt possible » – (chapitre VI)…

De chapitre en chapitre, le souci « pragmatique » de la règle l’emporte sur les grandes considérations théologiques. « Elle constitue ainsi une sorte d’itinéraire spirituel ; elle part des choses les plus matérielles, les plus concrètes du quotidien pour tendre vers un même but : l’unité communautaire dans le désir d’accomplir, ensemble, la volonté de Dieu », résume le père Humann.

Qui la suit aujourd’hui ?

« La lucidité de la pensée (augustinienne), sa pertinence, la profondeur de sa vie spirituelle continuent d’attirer largement et offrent une réponse convaincante aux besoins spirituels, de façon renouvelée, des institutions aujourd’hui encore naissantes », expliquait en 2016 le père Jean-François Petit, augustin de l’Assomption, et professeur de philosophie à l’Institut catholique de Paris (ICP), lors d’une rencontre de l’Académie catholique du Val-de-Seine. « Elle est aujourd’hui suivie par plus de 50 000 religieux et religieuses, dans plus de 130 instituts de vie consacrée, organisés dans des communautés », estimait encore le spécialiste (2).

La règle de saint Augustin a connu un fort regain d’intérêt à partir du XIe siècle, alors que les chanoines réguliers des temps féodaux commençaient à l’adopter.

Depuis, des dominicains aux trinitaires, des mercédaires aux assomptionnistes – ou augustins de l’Assomption –, des servites aux camilliens, elle est restée le document de référence de nombreux ordres et congrégations.

Et parmi ces derniers, tous, ou presque, ont leur pendant féminin. Il existe ainsi plusieurs communautés de chanoinesses de Saint-Augustin, dont beaucoup ont été regroupées en une fédération (dite « de Malestroit »).

Quant à l’appellation d’augustines, elle est généralement réservée aux religieuses hospitalières, desservant les hôtels-Dieu ; en France, elles officieraient actuellement dans une vingtaine de communautés diocésaines.

En quoi cette règle monastique peut-elle aussi guider des laïcs ?

Dans la mesure où cette règle, très accessible, décrit comment vivre ensemble dans une communauté, son propos peut aussi « intéresser et inspirer tout chrétien laïc – voire un lecteur non religieux – dans l’apprentissage de la vie commune, qu’elle soit à l’échelle conjugale, familiale, dans les relations au sein d’une paroisse, d’un diocèse, d’une association ou même dans le monde professionnel », affirme le père Humann.

Concrètement, la méditation augustinienne promeut l’abnégation, incitant aussi les fidèles à la persévérance dans la charité. « En prônant la mise en commun des biens et leur redistribution selon les besoins de chacun, elle soulève la question d’une différence qui n’est pas nécessairement synonyme d’injustice : pourquoi jalouser le bien d’un autre, dès lors que l’on a ce qu’il nous faut ? », ajoute le spécialiste, précisant que « ce principe gagnerait à être davantage observé, dans une société parfois égalitariste à outrance ».

(1) Salvator, 154 p., 13,90 €. (2) Il est notamment l’auteur de Saint Augustin notre contemporain. Lectures du XXe siècle, Éd. Bayard, 418 p., 24,90 €.

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