Vous trouverez ici des textes extraits de mes écoutes et lectures "spirituelles". Si un mot, une phrase, une
pensée, touche votre coeur c'est que Dieu vous a fait signe par les mots de ceux qu'Il inspire.
Alors qu’il s’agissait, au Moyen-âge, de savoir si le chrétien avait le droit de rire, nous pourrions aujourd’hui affirmer qu’il s’agit, pour l’Eglise de savoir si elle peut vivre et survivre sans humour !
L’humour est en effet devenu une sorte de qualité exigée .
Il ne rejette rien mais se moque de tout . Il abolit la lourdeur et la gravité vers une banalisation relax .
Il semblerait même qu’il puisse sauver ! À tel point qu’il existe même des stages qui vous initient “à la puissance magique de l’humour” en quatre jours.
Jésus a-t-il ri ?
« Ils ont la bouche pleine de méchanceté mais toi Seigneur tu te mets à rire d’eux ». (Ps 59.9).
Nous ne savons pas si Jésus a ri mais nous constatons effectivement que les évangélistes n’ont pas signalé d’éclat de rire, alors qu’ils ont évoqué les larmes de Jésus, sa colère, sa compassion et sa tristesse.
Pouvons-nous, pour autant, imaginer un Jésus triste et constamment solennel ? N’oublions pas qu’il transforme de l’eau en vin lors d’un mariage .
Aux tristes pharisiens il répond que ses disciples ne peuvent être tristes puisqu’ils sont en présence de l’époux (Mt 9 .15) .
D’autre part, le fait que Jésus n’ait pas ri ne veut pas dire qu’il n’avait pas d’humour .
Jésus a parlé, tantôt avec l’ironie mordante des prophètes, tantôt avec l’humour d’un rabbi (en reprenant des thèmes risibles présents dans les écrits talmudiques) et toujours avec l’autorité du Père .
Il ne s’agit pas de faire de Jésus un humoriste, mais nous pouvons reconnaître que sa parole était assaisonnée de sel et qu’il était à la fois piquant et souriant . Enfin, qui pourrait affirmer que Jésus n’a jamais ri ou plai- santé avec certains de ses disciples ou avec des enfants ?
Peut-on rire de tout ?
« On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ». (Pierre Desproges)
Même les pères de l’Église, qui ont souvent condamné le rire, ont certainement ri en privé . Certains ont même cherché à faire rire .
Synésios de Cyrène écrit (en 414) un éloge de la calvitie.
Tertullien, si sévère vis-à-vis du théâtre et du rire, écrit: « Si l’on rit parfois, c’est le sujet qui le méritera .
Bien des idées doivent être combattues de cette façon : le sérieux les valoriserait .
La vérité peut rire car elle est heureuse, elle peut se moquer de ses rivales car elle ne craint rien .
Attention sans doute à ce que son rire ne soit pas ridicule en perdant sa dignité . Mais partout où il ne conviendrait pas à la dignité, le rire est un devoir » .
Quant à Clément d’Alexandrie (au second siècle), Il précise, concernant le rire, qu’il ne s’agit pas de supprimer ce qui est naturel à l’homme mais bien de le maîtriser .
Plus tard, les « fous de Dieu » décident de communiquer le sérieux sous des apparences folles et dérisoires et Bernard de Clairvaux réhabilite (au 12ème siècle) le rire honnête en condamnant aussi bien l’incapacité à s’amuser que le rire excessif .
“ Même les pères de l’Église, qui ont souvent condamné le rire, ont certainement ri en privé.”
Enfin Erasme dédie son Éloge à la folie à Thomas More, et se défend d’être trop léger ou trop mordant : « Ces délassements, nécessaires à l’homme d’étude, ne sont pas tant des morsures que des conseils, puisqu’ils critiquent la vie des hommes sans nommer quiconque » .
N’est-ce pas ce que font la plupart des proverbes bibliques et n’est-ce pas ce qui manque à la plupart de nos caricatures contemporaines ?
Ainsi ce n’est peut- être pas tant le sujet abordé que le type de rire et la motivation du « faiseur de rire » qui comptent . . .
Rire et humour bibliques
« Qu’avez-vous eu de moins que les autres églises sinon que je ne vous ai point été à charge ? Pardonnez-moi cette injustice » (L’apôtre Paul aux Corinthiens, 2 Cor 12.13).
En hébreu biblique, il existe deux termes qui nous permettent de distinguer le rire joyeux et positif (sahaq) du rire de moquerie (lahaq) .
Pour le grec, distingue aussi rire (gelan) et se moquer (katagelan : rire contre) .
Mais dans la Bible, il est surtout question du rire des insensés et de celui des justes .
Autrement dit, ceux qui se moquent de Dieu et de ses serviteurs peuvent bien rire (Jer 20 .7-8; 2 Chr 30 .10 et Lc 23 .35) . Ils ne riront pas les derniers !
Dieu ne se laisse pas narguer (Gal 6 .7) et le croyant, comme la femme de valeur, pense à l’avenir en riant (Prv 31 .25).
Enfin, nous croyons qu’il est possible de repérer, au fil des textes, de nombreuses traces d’humour dans la Bible .
Comment pourrait-il en être autrement puisque les auteurs, inspirés par Dieu, ont mis tant d’eux-mêmes dans ces textes ?
Du détail amusant (Gn 24 .30 et Act 12 .14-16) aux personnages risibles (Lc 19 .1-10 et les pharisiens hypocrites), aux livres construits comme des comédies dramatiques (Jonas et Esther), en passant par le rire correcteur des proverbes (Prv 11 .22, 19 .24; 26 .14; 27 .15), les paraboles savoureuses (2 Sam 14 .1-24; Jg 9 .7-15; 1 Cor 12 .17) et les jeux de mots (la plupart du temps malheureusement «perdus» dans les traductions), pour finir par l’ironie mordante des prophètes (1 Roi 18 .27; Am 4 .4; Es 46) . . .
Et si Dieu nous invitait aujourd’hui à retrouver l’humour des prophètes, la verve des sages et le sou- rire du Christ ?
Croire à nouveau en la vérité tout en redécouvrant nos limites ! Car il ne peut y avoir d’humour chrétien sans amour .
C’est comme si Dieu nous disait : même si tu arrivais à faire rire les anges, sans amour, tu ne serais qu’une cloche !
Tout est permis mais tout n’est pas utile !
« Ils ne sont pas tous libres ceux qui rient de leurs chaînes » (Lessing).
Que Dieu nous vienne en aide et qu’il nous évite la pauvreté et la richesse (Prv 30 .8-9), autrement dit, l’incapacité à nous amuser et le rire excessif !
Que nos paroles soient assaisonnées de sel, pleines de grâce (Col 4 .6), sans propos grossiers, stupides ou scabreux (Eph 4 .2) .
Le plus important, ce n’est pas de savoir rire de nos chaînes mais bien d’être libérés de ces chaînes et de trouver la vraie joie.
Pasteur Pascal Gonzalez
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C'est la plus grande enquête jamais réalisée sur le profil, les pratiques et les attentes des nouveaux chercheurs spirituels.
En dressant le profil type de ces personnes en quête de sens, le travail mené auprès de 6000 personnes par le Gerpse, de l'université de Strasbourg, ouvre des perspectives pour l'avenir du christianisme. Le sociologue Jean-François Barbier-Bouvet présente une synthèse de l’étude.
Il est clair que beaucoup de ces chercheurs ont quitté les rives de l’orthodoxie religieuse, de la même manière que nos contemporains se sont éloignés des grands modèles explicatifs uniques que sont les idéologies politiques constituées.
Ils peuvent associer plusieurs traditions, ou au sein d’une seule tradition n’en retenir qu’une partie. Non pas « ce qui les arrange », comme on le dit trop souvent, mais ce qui leur paraît essentiel, ce qui est tout à fait autre chose et implique un discernement (le mot ou la notion sont d’ailleurs souvent évoqués).
Les chercheurs spirituels distinguent clairement ce qui pour eux est au centre et ce qui est à la périphérie, ce qui relève du fondamental et ce qui relève de l’accessoire.
Cette démarche, qu’on peut qualifier de « recomposition spirituelle » et non de syncrétisme, se caractérise donc à la fois par une ouverture et par une convergence : même ceux qui ne puisent plus à une source unique sont fondamentalement à la recherche de ce qui fait unité.
Quitte à faire cohabiter des choses éloignées. Loin d’un monde spirituel où il faut être ou dedans ou dehors, ils peuvent être à la fois dedans et dehors ; loin d’un univers religieux où il faut être ou d’une appartenance ou d’une autre, ils peuvent être simultanément chrétiens et bouddhistes par exemple ; loin d’une représentation psychologique où les tempéraments s’excluent, ils peuvent être en même temps préoccupés de leur moi et soucieux de partager.
L’enquête fait apparaître que la grande majorité des chercheurs spirituels ne viennent pas de « nulle part », si on peut dire. Ils ont été élevés pour l’essentiel dans le christianisme.
Et les deux tiers d’entre eux se reconnaissent encore explicitement comme chrétiens.
Même ceux qui ont pris leurs distances avec les dogmes et qui ne se sentent plus tenus de suivre les rites.
Leur quête, en les faisant passer par la connaissance d’autres filiations spirituelles et par l’expérience d’autres formes de recherche personnelle, leur fait souvent réinvestir leur tradition d’origine, mais d’une manière qui leur est propre, enrichie et reformulée.
Profil socio-démographique : une grande majorité de femmes
La présence des hommes peut certes varier selon les activités, entre 20 % (pratiques artistiques, pratiques corporelles et énergétiques) et 30 % (spiritualité taoïste, spiritualité soufie) mais elle reste toujours minoritaire.
La sur-représentation des femmes n’est pas propre à ces lieux. On la retrouve à l’œuvre dans deux univers à l’intersection desquels nous nous situons : le travail sur soi et le monde religieux.
De manière générale les pratiquants des disciplines corporelles (yoga, gymnastique douce, assise, etc.) et ceux qui suivent des parcours d’auto-investigation psychologique sont plus souvent des femmes.
Et toutes les enquêtes de sociologie religieuse font apparaître un décalage de même nature dans la sphère religieuse – en France essentiellement chrétienne – tant au niveau de la pratique rituelle (autour de 60 % de femmes et 40 % d’hommes) que des engagements pastoraux ou militants (autour de 70 % / 30%).
Il est probable que les tendances de ces deux espaces sociaux, la sphère du travail sur soi et la sphère du religieux, se cumulent et se renforcent ici.
Un âge moyen élevé
L’âge moyen des chercheurs spirituels, du moins de ceux qui ont accompagné leur démarche spirituelle par une participation à des stages ou des sessions de développement personnel et spirituel, est relativement élevé : 55 ans.
Au total, les jeunes générations, comme les plus âgées, sont assez peu présentes : une personne sur 10 seulement (11 %) a moins de 40 ans, et une personne sur 10 (9%) a plus de 70 ans.
Un niveau socio-culturel élevé
Le niveau de diplôme du public des chercheurs spirituels est impressionnant : 84% ont poursuivi des études au delà du baccalauréat.
Et parmi eux, ceux qui ont fait des études supérieures longues sont particulièrement bien représentés.
Les membres des classes supérieures sont proportionnellement deux fois plus nombreux que la moyenne (29,4 % contre 14,0 %) et ceux des classes moyennes le sont près de deux fois et demi plus (47,3 % contre 20,3 %), tandis que les membres des classes populaires - employés et ouvriers - sont près de six fois moins nombreux (8,2% contre 47,3 %).
Particularité de ce public : la surreprésentation d’un secteur particulier : les professions de santé, corporelle, mentale et psychologique (médecins, infirmières, psy, thérapeutes divers) : 19,4 %, soit une personne sur cinq.
Pour caractériser cette double distribution de notre public, selon le diplôme et selon la catégorie socio-professionnelle, on pourrait dire que le travail sur soi et la poursuite de son chemin d’intériorité, quand ils empruntent les voies de la recherche personnelle et spirituelle et trouvent à s’exercer dans un cadre collectif encadré, recrutent plus particulièrement dans les classes moyennes sur-diplômées.
Ce qui a déclenché la recherche spirituelle
Quatre types de démarche
On peut distinguer quatre grands types de démarches de cheminement intérieur : spirituelle, religieuse, thérapeutique et de développement personnel.
En tête vient la démarche de développement personnel.
Elle est revendiquée par la majorité (74 %), mais avec une intensité relative où les réponses « tout à fait » (43 %) sont supérieures aux réponses « assez » (31 %).
En seconde position la démarche thérapeutique est évoquée par un peu moins de la moitié des personnes interrogées (47 %, dont 22 % « tout à fait »).
En dernier, loin derrière, on trouve la démarche explicitement qualifiée de religieuse : 30 % seulement des personnes interrogées assument cette dimension, pour moitié « tout à fait » et pour moitié « assez ».
Croyance en Dieu et représentations du divin
Certes les catholiques sont plus nombreux que tous les autres à se représenter Dieu comme un être ou une personne (29 % contre 17 % en moyenne, soit près du double), mais cette conception reste minoritaire, du moins comme conception « principale » puisque telle était la formulation de la question.
En revanche la majorité d’entre eux parlent de Dieu en termes de présence intérieure.
Les mots définissant Dieu :
Le terme le plus fréquemment utilisé est l’Amour. Deuxième terme souvent invoqué est Vie. Troisième association, par ordre de fréquence : le Tout. Le mot Conscience apparaît enfin relativement souvent
Les croyances de l’après-mort
Fait remarquable : au sein du public des chercheurs spirituels, seule une toute petite minorité (2 %) répond clairement qu’il n’y a rien après la mort.
Il faut savoir que dans l’ensemble de la population française se chiffre s’élève de 40 à 55 % selon les enquêtes.
C’est là un des points de dissonance majeurs entre le public des chercheurs spirituels et le « grand public ». Et aussi un des points de ressemblance majeurs des chercheurs spirituels entre eux, quelle que soit la nature de leur quête.
L’idée centrale est celle de la continuité. Elle s’oppose à la conception dominante, dans nos sociétés, de la mort comme rupture, ou de la mort comme fin. Cette continuité de la vie s’effectue sous une autre forme, dans une autre dimension.
Les trois mots clés employés le plus souvent sont énergie, conscience et âme
Dieu est rarement nommé. Alors que les personnes interrogées parlent volontiers de retour et d’amour : Retour à « la Source », à « l’Unité », à « la Lumière », à « l’Origine », … Invocation d’ « un amour infini », « un océan d’amour », « Rien que de l’Amour » .
Au fond la croyance en une forme d’immortalité, si elle ne faiblit pas, change aujourd’hui de nature.
Elle renvoie de moins en moins à un corps de doctrine précis ou conceptualisé. La fonction de jugement par exemple est devenue secondaire.
La conviction qu’il existe quelque chose après la mort exprime peut-être aujourd’hui un désir de survie plus qu’un désir de salut : éviter que la mort soit mortelle…
Cette attitude, que l’on retrouve aussi dans une partie de la population, semble d’autant plus vraie pour ces chercheurs spirituels qu’ils s’appuient non seulement sur des croyances, mais sur leurs expériences, parmi lesquelles celle de l’amour, abondamment citée.
Des chercheurs spirituels de tradition chrétienne
Deux tiers des chercheurs spirituels se disent chrétiens, ce qui ne veut pas dire qu’ils sont catholiques pratiquants, mais qu’ils reconnaissent et assument leur filiation chrétienne.
8 % se disent bouddhistes (alors que cette « religion » est presque inexistante en France).
Et 80 % disent s’y intéresser, ce qui est considérable.
Les doubles références ne sont pas incompatibles.
Certains se définissent comme « âme bouddhiste et cœur chrétien », « catho ascendant bouddhiste », « cathos (racines) avec branches bouddhistes », « née catholique, pratique bouddhiste ».
Un certain nombre introduisent leur propre définition de la religion, faute de se retrouver dans celles qu’on leur propose : « Ma religion, c’est l’amour » ; « La religion du cœur » ; « Je suis de toutes les religions » ; « La foi en la vie »…
La moitié sont pratiquants (ils assistent au moins une fois par mois à la messe), ce qui est considérable, mais cependant deux sur dix ne vont à l’église que pour les grandes fêtes et trois sur dix n’y mettent jamais les pieds.
Ils font l’économie des lieux de culte et des rites institués. Ou ils y introduisent leur rythme propre, qui ne recoupe pas forcément celui du calendrier rituel ou cérémonial de l’« offre religieuse ».
Exercices spirituels, retraites, prière, lecture des Écritures, les activités liées à la spiritualité chrétienne arrivent très haut, à la quatrième position du classement des activités suivies (46 %) : ce score n’est pas surprenant.
Nos chercheurs creusent leur chemin spirituel dans le contexte familier d’une société de culture chrétienne. Derrière, on trouve le bouddhisme (30 %).
Plus surprenante est la place du chamanisme. L’intérêt pour cette forme singulière de rapport spirituel au monde et à la vie, très loin des traditions occidentales et de la modernité technique dominante, est relativement récent,
Comment l’expliquer ? L’anthropologue Bertrand Hell répond : « Dans la possession et le chamanisme prévaut… une conception totale de l’homme, où il n’est pas qu’un intellect, il a aussi un corps, des émotions puissantes…
Les lieux de culte officiels se vident et là où le sacré sauvage permet une communion des consciences, on s’aperçoit que les gens affluent… »
La spiritualité est ce que n’est pas, ou n’est plus, ou n’est pas assez, la religion, bref son contre-type inversé
La spiritualité contre la religion
La religion se voit associée à un certain nombre d’attributs négatifs, dont la spiritualité serait le positif inversé. La religion comme division, la spiritualité comme unité La religion comme fermeture, la spiritualité comme ouverture La religion comme institution, la spiritualité comme aspiration La religion comme contrainte, la spiritualité comme épanouissement personnel La religion comme forme primitive, la spiritualité comme forme aboutie Enfin, par un retournement paradoxal, le mot relier, pourtant source étymologique du mot religion, est attribué par certains à la spiritualité et dénié à la religion (croyance)
La spiritualité comme dépassement de la religion
La religion comme matrice, comme étape pour progresser vers la spiritualité La religion comme moyen, comme prix à payer pour accéder au spirituel considéré comme fin Enfin le thème de l’unité du spirituel et de la convergence des religions est souvent invoqué
La spiritualité en soi
La spiritualité est un chemin. Elle ne se définit pas par un but mais par sa progression même. La spiritualité est une construction personnelle propre à chacun La spiritualité passe par une connaissance profonde de soi, condition d’une libération personnelle La quête spirituelle se passe d’intermédiaires entre soi et le divin ou la transcendance (une Église, un maître, une communauté). Elle est fondée sur l’expérience personnelle subjective, l’expérimentation intérieure qui permet l’accès direct au sacré. Il ne s’agit plus de « croire » parce qu’une religion l’enseigne, mais de croire parce qu’on l’a senti ou éprouvé dans son être personnel Enfin la spiritualité est ce qui relie au monde, à l’univers, au grand tout
L’ensemble de ces représentations s’inscrit dans le mouvement général de désinstitutionalisation du sentiment religieux - et non pas de sortie du religieux - qui traverse notre société.
Conditions de la recherche spirituelle
Le classement de la présence d’une communauté en dernière position de la liste des conditions propices à la démarche spirituelle interroge.
La sécularisation du religieux - qui en fait une affaire personnelle qui ne doit pas empiéter sur la vie sociale -, est progressivement devenue la norme.
Elle se double d’une privatisation du spirituel. Elle consiste à chercher sa voie sinon seul, du moins sans investir nécessairement sur l’appartenance à une communauté spirituelle particulière, fut-elle constituée sur les mêmes bases affinitaires que sa propre démarche.
Ou alors une communauté de circonstance, provisoire (par exemple à l’occasion d’une session) mais pas permanente.
L’individualisation contemporaine est à l’œuvre ici comme dans d’autres domaines, nous l’avons déjà évoquée.
Elle n’est pas absence des autres, mais les rend optionnels si on peut dire : chacun sa voie, chacun son histoire.
Les 12 auteurs les plus cités (par plus d’une centaine de personnes chacun)
sont, par ordre décroissant:
- Eckhart Tolle (essentiellement : « Le pouvoir du moment présent »), loin devant tous les autres.
- Thich Nhat Hanh (« Il n’y a ni mort, ni peur », « Conversations intimes avec le Bouddha », « Le miracle de la pleine conscience », etc.)
- Arnaud Desjardins (« A la recherche du soi », « Les chemins de la sagesse », « La voie du cœur », « Pour une vie réussie », etc.)
- Annick de Souzenelle (« Le symbolisme du corps humain »)
- Matthieu Ricard (« Chemins spirituels », « L’art de la méditation », « Plaidoyer pour le bonheur », etc.)
- Frédéric Lenoir (« L’âme du monde », « La guérison du monde », « Petit traité de la vie intérieure », etc.)
- Krishnamurti (« Se libérer du connu », « Le sens du bonheur », etc.)
- Jean-Yves Leloup (ses commentaires des Evangiles en particulier)
- Dalai Lama (« L’art du bonheur », « L’harmonie intérieure », « Comment pratiquer klle bouddhisme », « Transformer son esprit », etc.)
- Lytta Basset (« Aimer sans dévorer », « Au delà du pardon », « La joie imprenable », etc.)
- Karlfried Graf Durckheim (« Le centre de l’être », « Pratique de la voie intérieure », etc.)
- Christiane Singer (« Derniers fragments d’un long voyage », « Où cours-tu, ne sais-tu pas que le ciel est en toi », etc.)
A quoi s’ajoutent deux livres phare, cités par leur titre mais presque toujours sans nom d’auteur tellement la mémoire s’est accrochée à ce qui est devenu une expression familière pour leurs lecteurs : « Dialogues avec l’ange » (Gitta Mallasz, qui dit avoir recueilli une parole dont elle n’est pas l’auteur) et « La petite voix » (365 méditations quotidiennes d’Eileen Caddy).
L’ouverture aux autres spiritualités et religions
Le christianisme, qui est la culture d’origine de notre société et dont se recommandent peu ou prou encore les deux tiers des personnes interrogées est évidemment particulièrement bien placé : 42 % des chercheurs spirituels s’y intéressent beaucoup et 30 % assez, soit au total 72 %.
Beaucoup plus paradoxal est le score du bouddhisme, qui n’est d’ailleurs pas à proprement parler une religion. On pouvait s’attendre à le trouver à un niveau élevé, mais pas en tête.
Parmi les autres traditions religieuses ou spirituelles que l’on pourrait elles aussi qualifier de « lointaines » on découvre que celle qui suscite le plus d’attention est le chamanisme (49 %).
On peut faire l’hypothèse que cet intérêt pour le chamanisme tient à la conjonction de deux aspirations : d’une part l’aspiration écologique, qui veut donner sa place à la nature, la laisser parler, l’écouter ; d’autre part la recherche de la signification symbolique des choses, des faits des événements, signification qui a été occultée par leur réduction contemporaine au seul plan de la rationalité.
L'enquête sur les chercheurs spirituels (à lire en intégralité sur le site du Gerpse) contredit bien des clichés. On entend ainsi souvent parler d'égocentrisme, voire de nombrilisme pour qual...
Mgr René Laurentin entre avec Marie dans la joie éternelle
Aujourd'hui, c’est une grande âme qui nous quitte : Mgr René Laurentin, personnalité très chère à tous les enfants de la Vierge Marie, qui aurait eu 100 ans le 19 octobre prochain, s’en est allé rencontrer Dieu. Après avoir été expert au Concile Vatican II et après l'œuvre magnifique et fondamentale qu'il a réalisée sur les apparitions de Lourdes, qui a permis d'asseoir définitivement la crédibilité de ce grand sanctuaire, Mgr René Laurentin a été amené à connaître quantité d'autres lieux importants pour la Vierge Marie, en publiant plus de 150 livres sur de nombreux sujets.
C'est par exemple grâce à lui que s'est développée rapidement la notoriété de Medjugorje, où il se rendit de si nombreuses fois avec Edmond Fricoteaux, et dont les fruits sont aujourd’hui à l'échelle du monde.
Il a accompagné de ses conseils, de sa prière, de sa présence et de ses comptes rendus toute l'aventure de Notre-Dame de France, des Vierges pèlerines, de Marie de Nazareth, de Baillet-en-France à Bethléem, en passant par le Puy-en-Velay, Reims, Lorette, etc.
Il nous a beaucoup aidé, et de 1000 manières. Ces dernières années, ses yeux qui progressivement s’éteignaient, s’ouvraient sur la Lumière intérieure et ses oreilles, en faiblissant, n’écoutaient plus que les paroles du Ciel. Il avait confié à son ami François-Michel Debroise sa certitude que Marie qu’il a tant chantée et contemplée l’accueillerait à l’heure de sa mort pour le conduire à la vie éternelle en plénitude et en sérénité.
Ses obsèques seront célébrées vendredi 15 septembre prochain à 10h30 en la cathédrale d’Évry par Mgr Michel Dubost, ancien évêque d’Evry, actuellement administrateur apostolique du diocèse.
Nous vous proposons de venir nombreux rendre un dernier hommage à Mgr René Laurentin ou de vous associer à ce moment par une prière toute spéciale !
Toute l’équipe d’Une minute avec Marie et de l’Association Marie de Nazareth
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.
Mémoire éternelle,
Qu'il repose dans la paix!
Né en 1917 — l’année des apparitions de Marie àFatima— l’abbé Laurentin a rejoint la maison du père ce dimanche 10 septembre 2017, deux jours après la fête de la Nativité de la Vierge Marie. Avec lui, c’est une grande figure de l’histoire contemporaine de l’église de France qui s’est éteinte. Ordonné prêtre en 1946, sous Pie XII, il s’est retrouvé engagé dans certains des débats les plus complexes qui ont traversé le monde catholique au cours des dernières décennies.
Auteur de plus de 160 ouvrages et 2.000 articles de presse, René Laurentin — qui est le frère de la célèbre journaliste Ménie Grégoire (1919-2014) — prépare le sacerdoce au séminaire des Carmes à Paris. Il y étudie notamment sous la direction du philosophe Jacques Maritain. Fait prisonnier par les Allemands en 1940, il part cinq ans en captivité dans un oflag et en forteresse. Libéré, ordonné, il achève ses études et commence à se spécialiser sur la figure de la Vierge Marie.
Expert des apparitions mariales
Celui qui sera nommé expert durant le concile Vatican II travaille particulièrement sur la question des apparitions mariales. Ses travaux sur les miracles deLourdeslui confèrent une réputation internationale. Mais l’abbé Laurentin est également connu pour ses publications surMedjugorjeet ses travaux surMère Yvonne-Aimée de Malestroit. Le 30 avril 2009, il avait été promu « prélat d’honneur » par le pape Benoît XVI et avait reçu en conséquence le titre honorifique de monseigneur. Le recteur de Lourdes, l’abbé André Cabes, lui a rendu un vibrant hommage surle site du sanctuaire, soulignant « la solidité du théologien, le sérieux de l’historien, l’agilité du journaliste, (…) la ferveur du croyant ».
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