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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 21:31


Photos Aurore (cliquer pour agrandir)

 

Chers amis,


Si nous n’avons pas encore l’expérience concrète de Dieu dans notre vie, peut-être est-ce parce que la musique n’y trouve pas sa vraie place ? Dans le principe est le Verbe, dit saint Jean. Le Verbe est son. C’est avec lui et par lui que tout est créé. Cela nous est révélé dès le début de la Bible : Dieu dit et tout surgit de ce son, du Verbe primordial (Gn 1,3). Tout ce qui existe, le moindre grain de poussière, s’origine dans le son, est tissé par le son formé par lui, à commencer par l’homme lui-même.


A en croire le résultat des expériences d’un laboratoire d’acoustique californien, le son et la lumière seraient identiques C’est un même phénomène vibratoire, uniquement distinct parce qu’il se manifeste à partir de supports différents. Cela est proprement prodigieux ! En effet, nous ne sommes pas loin de comprendre le rôle initiatique du son sur l’illumination d’un être, à quel forage mystique peuvent nous conduire les grands chefs-d’œuvre de la musique !


Si on chante et fait de la musique dans tous les temples spirituels de l’humanité, c’est que l’on a toujours éprouvé, depuis les origines de l’histoire, l’impact puissant et mystérieux du son sur l’homme. La science nous apprend maintenant que le cosmos tout entier est un Temple et que nous vivons littéralement « dans un bain acoustique » où le silence lui-même est la modulation d’une harmonie inaudible.


Saint Maxime le Confesseur, au VIIème siècle, parlait déjà d’une véritable « liturgie cosmique ». Le son primordial est un incessant producteur d’énergie. Comme manifestation du Verbe, il travaille toujours (Jn 5,17) : constamment les forces créatrices, qui animent le cosmos, traversent l’homme sous forme de fluides pour l’informer et le structurer.

 

Tout l’univers est construit par ces vibrations, mais seul l’être humain, grâce à sa conscience, peut entrer avec elles dans une relation de réciprocité. Quand on parle de conscience ici, il ne s’agit pas du mental, mais d’une conscience sensorielle, où le corps tout entier est impliqué comme expression de la totalité de l’homme, inséparablement corps-âme-esprit.


L’écoute est donc l’attitude fondamentale de l’homme, elle est ontologique, c’est-à-dire elle fait qu’un homme soit un homme. S’il est vrai que le son tisse l’homme à chaque instant, ce n’est que par l’écoute de ce qui est ancré ainsi au tréfonds de son noyau vital qu’il entre en communication avec la Source de son être. Vivre c’est écouter. L’écoute et la conscience sont une et même réalité. Là se trouve le Chemin de l’homme et sa capacité de métamorphose.


Nous sommes ainsi devant l’évidence que l’écoute est l’acte spirituel par excellence de l’homme. L’oreille perçoit le Son qui est au-delà de tout son et expérimente alors la dimension non conditionnée. Cette écoute est un recueillement dans les profondeurs de l’être, où l’on accueille ce qui est entendu pour s’en laisser pénétrer. La pénétration réciproque est le propre de l’amour. Quand je suis toute oreille et que j’écoute avec mon corps entier, je laisse pénétrer Dieu en moi, et mon tréfonds le plus secret entre mystérieusement en résonance avec Lui. Là est mon refuge personnel où je suis réellement « chez moi », un avec mon être et Celui qui m’engendre. Je me situe à mon point de jaillissement.


Il n’y a rien qui donne à l’homme, même le plus areligieux ou ignorant tout, autant de bonheur que la musique. Ne faisons pas de différence entre musique et chant ici, car le chant est une musique où l’homme lui-même se fait instrument, et inversement la musique est une voix : elle est la voix de l’univers sonore, la voix de l’humanité, partie intégrante de notre existence.


Là où il y a musique se concentre l’harmonie de l’univers entier. La musique relie les fréquences qui nous habitent avec celles qui vibrent dans le cosmos à des millions d’années lumière. Le son pénètre directement dans notre corps, puisque la matière est elle-même vibration ; rien ne peut toucher autant notre vie intérieure que ce dont est capable l’ouïe.


Celui qui, un jour, a été touché par une telle expérience de l’Etre en gardera à jamais les traces et la nostalgie, il n’en finira plus de se laisser conduire par la musique là où personne ne l’a encore conduit. Il sait désormais que l’Invisible est audible et qu’Il se manifeste au fond de lui par un royaume de Lumière.


Il faut faire l’apprentissage du mystère musical : d’abord traiter un morceau comme un mantra, en l’écoutant de nombreuses fois. Cette musique va alors se frayer un chemin, traverser les couches de notre conscience, descendre dans le subconscient et l’inconscient. De là on peut l’entendre, où que l’on soit, et fredonner la mélodie.


Lorsque nous accorderons à la musique autant d’intérêt qu’à la lecture d’un livre sérieux, si nous acceptons de nous offrir à elle et de nous y investir, elle cessera de n’être qu’un divertissement marginal et fera sa percée jusqu’au lieu où elle naît à chaque instant : notre être profond. La puissance de la musique exerce donc un immense travail de purification, sur l’univers de nos passions, précisément, toutes ces dépendances qui mettent l’homme en exil et lui font porter les masques de son esclavage.


Progressivement une transparence se crée en nous et nous devenons de plus en plus sensibles à cette Présence qui est l’arrière-plan de toute musique véritable. Nous assistons à l’éveil d’une nouvelle conscience, qui est en réalité une réciprocité des consciences divine et humaine : en nous conduisant jusqu’au noyau de notre être, au mystère de notre identité, la musique nous plonge en Dieu, d’où notre personne jaillit à chaque instant comme le ruisseau d’une source. Les sonorités se taisent, la musique a atteint son but : nous sommes dans le grand « Je suis » silencieux, qui englobe tout et révèle le contenu de notre propre profondeur. Nous avons découvert nos racines d’éternité en nous et sentons comment, autour de nous, l’infini s’inscrit dans le fini des choses.


Cela montre bien, comme les Pères l’ont toujours considéré, que la musique est d’essence divine et qu’elle propose à l’homme un chemin de divinisation. Pourquoi cette puissance de la musique ? La réponse à cette question constitue la trame sous-jacente à toute la Bible. C’est parce que « au milieu même » de la joie, à l’intérieur même de la louange et de la jubilation, se révèle la Face de Dieu.

 

L’expérience des ténèbres et de la joie dans l’écoute de la musique n’est autre que le Christ mort et ressuscité qui nous entraîne dans son sillage. Puisse chacun faire cette fabuleuse découverte qui change une vie…


Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

 

La suite de la lettre ici
http://www.centre-bethanie.org/lettre_84.htm

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 22:11

 

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Extrait du blog d'Edmond Prochain.

Une BD réunissant ces strips a été éditée

http://edmondprochain.wordpress.com/2011/07/05/les-disciples-arrivent-bientot/

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 22:20

Le texte ci-dessous est tiré d'un manuel d'instruction civique pour les écoles chrétiennes au début du XIXième siècle. La démonstration pourrait sembler d'une grande naïveté et faire rire les esprits forts. Mais en résumé la question posée est celle-ci : est-il imaginable que l'on puisse expliquer la création, la vie et l'ensemble des vivants dans leur immense complexité comme le seul fait du hasard (littéralement "le doigt de dieu" dans l'origine du mot arabe soit-dit en passant) et de l'évolution? Pour se convaincre qu'il est légitime de se poser cette question lisez les ouvrages de deux scientifiques que l'on peut difficilement taxer de naïfs et d'imbéciles  "La science et la foi" d'Hubert Saget et la "Lettre aux savants qui se prennent pour Dieu" de Jacques Vauthier. Leurs écrits sont par contre moins simples à lire...Néanmoins quand on sait que la probabilté d'existence d'un système aussi complexe qu'une simple plume d'oiseau confine à zéro on doit se poser des questions. Cette simple constatation si elle enfonce une porte ouverte pour le croyant qui voit la présence de Dieu en tout, est pourtant apte à interpeller l'intelligence de tout homme à l'esprit critique et lui permettre ainsi une possible rencontre avec le Tout Autre..

 

Ceux qui osent nier l'existence de Dieu s'appellent des athées. Ils sont heureusement rares. Voltaire lui-même leur infligeait cette flétrissure : « L'Athéisme est le vice des sots. »

 

Mais il en est beaucoup qui prétendent ignorer Dieu, parce qu'ils trouvent commode de vivre comme si Dieu n'existait pas. Ceux-là ne sont pas plus raisonnables que les athées.

 

La croyance en Dieu est un acte de foi. Mais c'est aussi une attitude dictée par la raison, car Dieu se fait connaître à nous, avec certitude, par les lumières de la raison, au moyen des choses créées qui nous entourent.

 

Prenons quelques exemples. Voici une horloge ou une locomotive. Les ressorts de cette horloge ou les rouages de cette locomotive se seraient-ils assemblés d'eux-mêmes et par le pur effet du hasard ? Personne ne le niera.


Pour fabriquer une horloge, il a fallu un horloger ; pour la faire marcher, il faut une main qui l'a remonté; pour construire une locomotive, il a fallu des ouvriers, pour la faire avancer il faut un chauffeur. Plus un objet est parfait, plus l'ouvrier qui l'a fait est habile. Nous le comprenons tous.

 

Eh bien ! demandons-nous qui a fait cette immense et magnifique machine qui s'appelle l'Univers ? Qui donc lui a imprimé son mouvement incessant et toujours régulier?

 

Regardons la terre qui nous porte, considérons, la succession des jours et des nuits, la régularité des saisons, qui tantôt favorisent et tantôt arrêtent la végétation.

 

Admirons un autre chef-d'oeuvre, qui nous touche encore de plus près: le corps humain. Réfléchissons à la perfection avec laquelle nos poumons respirent, notre sang circule sous l'impulsion du coeur, notre estomac digère, nos yeux voient, notre langue articule des sons, nos oreilles entendent, nos pieds nous portent, etc., etc.

 

N'est-il pas évident que tant et de si belles choses n'ont pu être créées que par un Etre. tout-puissant et infiniment intelligent.

 

Les libres penseurs ont une réponse toute prête: « L'Univers, disent-ils, obéit aux Lois de ta nature ». Mais la nature n'est pas autre chose que l'Univers. Si donc ils prétendent que la nature a mis de l'ordre dans l'Univers, c'est comme s'ils disaient que l'horloge s'est mise elle-même en ordre. Ce qui est absurde d'une horloge l'est également de l'Univers. Il lui faut un horloger qui est Dieu, créateur du ciel et de la terre.

 

Comment aussi, sans un Être éternel, source féconde de vie et d'existence, expliquer l'apparition de tant d'êtres qui se succèdent dans le temps, les générations ininterrompues de vivants qui naissent, meurent et sont remplacés par d'autres?

 

Et comment expliquer encore que l'homme, les animaux, les plantes puissent se développer, progresser, se perfectionner s'il n'y avait pas, au-dessus d'eux, un être absolument parfait qui leur dispensât, au fur et à mesure, les qualités et les beautés dont ils manquaient.

 

Donc le raisonnement suffit à prouver l'existence de Dieu créateur, éternel, parfait et toujours agissant.

 

Mais Dieu a fait plus encore que de se manifester à notre raison. Nous verrons plus loin qu'au Ier siècle de notre ère, il s'est montré aux hommes, sous une forme sensible et humaine. Ceux qui vivaient alors ont pu le voir, l'entendre, lui parler, l'approcher. C'est Notre Seigneur Jésus-Christ.

G. de la Guillonnière

MANUEL D'INSTRUCTION CIVIQUE.

1910

 

Les auteurs cités

Hubert Saget

http://www.ecrivains-haute-marne.com/auteurs_49.php

Jacques Vauthier

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Vauthier

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