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Qu’est ce que la croix de Sainte Brigitte ?
Saint Brigitte, également connue sous le nom de « Marie du Gaël », fut une abbesse et une sainte catholique qui vécut au 5ème siècle. Elle est notamment connue pour être la fondatrice du premier monastère d’Irlande, situé dans le comté de Kildare.
Née à Dundalk en 450 après JC, Sainte Brigitte est également connue pour avoir créé un modèle de croix porte-bonheur très populaire dans les campagnes irlandaises.
Formé de quatre faisceaux de joncs, la bien nommée « croix de Saint Brigitte » est accroché aux murs des maisons depuis des siècles pour les protéger des démons et des malédictions. Ceux qui croient au pouvoir de cette croix disent qu’elle empêche le mal de pénétrer là où elle se trouve, mais également qu’elle peut éloigner la faim et les incendies des foyers placés sous sa protection. Autant vous dire que les pouvoirs de la croix de Sainte Brigitte sont immenses !
Mais en fait, d’où viennent ces pouvoirs ? Quelle est l’origine de la croix de Sainte Brigitte ?
Répondre à ces questions n’est pas facile. Les sources sont confuses et plusieurs pistes s’offrent rapidement à nous. Quoi qu’il en soit, nous allons vous livrer les deux hypothèses les plus répandues…
Sainte Brigitte selon la tradition chrétienne
Sainte Brigitte est sans aucun doute la figure féminine la plus emblématique de la culture irlandaise.
De nombreuses légendes à son sujet ont vu le jour, au point tel qu’il est aujourd’hui compliqué pour les historiens de discerner le folklore de la réalité, à l’instar de celles liées à Saint Patrick.
Souvent, Sainte Brigitte est représentée tenant une lampe, une croix et une crosse d’évêque. Elle est également la patronne de l’Irlande et de tous ses habitants aux côtés de saint Patrick et de saint Colomba.
La tradition chrétienne insiste notamment sur les capacités de guérison de Sainte Brigitte, sur son affinité avec les animaux et la nature, et sur sa compassion pour les plus démunis.
D’un point de vue théologique, elle est l’une des saintes les plus proches des anciennes déesses païennes. Ses pouvoirs évoquent en effet parfois plus la magie des anciens que les miracles de Dieu.
Toutefois, cela n’empêche pas Sainte Brigitte d’être reconnue pour avoir aidé à l’évangélisation de l’Irlande, principalement par la création de son monastère et par l’aide constante qu’elle apporta aux communautés religieuses qui cherchaient à s’y développer.
Cette place prédominante de la sainte se retrouve d’ailleurs jusque dans la langue locale. En effet, certains Irlandais se saluent entre eux en disant « Brid agus Muire dhuit », ce qui signifie littéralement « Que Brigitte et Marie soient avec toi ».
Lors de votre séjour en Irlande, vous pourrez découvrir des lieux dédiés à Sainte Brigitte ou portant son nom. Par exemple, juste à côté des falaises de Moher, se trouve un lieu de pèlerinage dédié à la sainte.
Bref, aussi populaire qu’elle soit, la croix de Sainte Brigitte n’est qu’une partie de l’héritage énorme qu’elle a laissé au peuple irlandais.
Sainte Brigitte selon la tradition celte
Comme nous l’avons dit, Sainte Brigitte possédait certaines caractéristiques des dieux païens du passé… et cela n’a rien d’étonnant.
Certains historiens nous disent, en effet, qu’elle n’aurait tout simplement jamais existé. Selon eux, sa figure serait plutôt une réinterprétation à la sauce chrétienne d’une divinité autrefois très vénérée en Irlande : la déesse Brigid ou Bríd. Également connue sous les noms de Bridget, Brigit, Brid (en Écosse), Brig (en Gaule), nous parlons ici de l’une des divinités les plus importante du monde celte. Brigid est de ces divinités qui sont si vénérées qu’elles finissent par connaitre des variations locales d’une région à l’autre. Très clairement, toutes les figures mythologiques ne peuvent pas se targuer de posséder autant de noms…
Il existe d’ailleurs une légende populaire qui expliquerait la création de la croix de Sainte Brigitte, mais qui nous montre en plus le basculement du peuple irlandais du paganisme vers le christianisme. En voici une version…
Un jour, alors que le vieux chef de la tribu de Kildare était mourant, il se mit à délirer dans son lit. Inquiètete, sa famille et ses amis ont alors invoqué la déesse Brigid en espérant qu’elle puisse lui venir en aide, ou tout du moins apaiser son esprit agité.
Il est alors dit que Brigid apparut et s’assit près de son lit, consolant et réconfortant le malade. C’est alors qu’elle ramassa des joncs qui trainaient au sol et se mit à les tisser pour former une croix.
Alors qu’elle tissait, elle expliqua au malade le sens de la figure de la croix. Elle lui parla notamment de Dieu et du Christ. Elle lui dit en plus que cette croix protégera toujours l’âme des Chrétiens, peu importe où elle se trouve. Touché par ses mots, le vieux chef décida de se faire baptiser avant de mourir.
Depuis ce jour, il est de coutume d’accrocher des croix de Sainte Brigitte dans les maisons.
Cette histoire nous montre bien comment les figures païennes populaires ont pu être récupérées par l’Église chrétienne pour les mettre en accord avec son message. Plutôt malin.
En réalité, l’histoire du pays est faite de ce type d’histoires plus intéressantes les unes que les autres.
Et donc ? Qu’en est-il de la croix de Sainte Brigitte ?
Les pouvoirs qui lui sont attribués dépendent fortement d’une région à l’autre, et parfois même d’une famille à l’autre.
Il y a toutefois quelques éléments que l’on peut entendre plus souvent que les autres. Voici donc que cette croix pourrait faire :
Empêcher le mal d’entrer dans la maison qu’elle garde
Protéger des incendies et des inondations
Assurer qu’il y ait toujours de quoi manger
Aider aux conversions
Dans certaines régions d’Irlande, il est de coutume de tisser une croix en jonc le 1er février, jour dédié à la sainte.
Une fois fait, il faudra l’accrocher au-dessus de la porte d’entrée de la maison ou au dessus de la porte de la pièce de vie principale pour l’en protéger. Pour que cela reste efficace, le rituel devra être reproduit chaque année. La croix de l’année précédente est parfois également brûlée, symbolisant ainsi une sorte de renouveau.
Concrètement, le tissage demandera de prendre une quinzaine de roseaux de joncs que vous plierez en leur centre pour former une sorte de croix. Il faut ensuite répéter le processus jusqu’à ce la croix vous paraisse suffisamment solide.
Vous pouvez ensuite attacher les extrémités de chaque branche avec de la ficelle pour finalement découper les brindilles qui dépasseraient.
Si vous n’avez pas le temps d’en fabriquer chez vous, pas de souci : des croix sont vendues tout au long du mois de février dans la rue, comme on vend du muguet chez nous.
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En breton, on la nomme Brec'hed ou Berhet. D'origine irlandaise, elle fut convertie par saint Patrick. Elle refusa tous les prétendants qu'attirait sa grande beauté. Elle se retira à quelques ...
https://nominis.cef.fr/contenus/saint/538/Sainte-Brigitte-de-Kildare.html
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Selon le courant auquel il appartient, le fidèle musulman insistera plus ou moins sur l’une ou l’autre des dimensions de l’islam. Contre des courants qui survalorisent le respect des normes religieuses, les nouveaux penseurs appellent à retrouver l’éthique et la spiritualité.
Quels sont les différents discours musulmans ?
L’islam donne parfois l’impression à l’observateur extérieur d’être très préoccupé par la manière de se vêtir, de manger ou de prier. Internet regorge de forums sur lesquels des soi-disant « savants » musulmans répondent aux questions de fidèles comme « L’épilation des sourcils est-elle autorisée en islam ? » ou encore « Dois-je permettre à ma fille de dormir chez son amie non musulmane ? ».
Signe de leur appartenance à la mouvance salafiste, les réponses s’appuient le plus souvent sur des hadiths, ces courts récits censés rapporter des propos ou des gestes de Mohammed et ses compagnons.
D’autres fidèles – appartenant notamment aux différentes écoles soufies – insistent sur la dimension spirituelle, voire mystique, de leur religion.
Les structures proches des Frères musulmans, quant à elles, vont présenter l’islam comme un moteur de « citoyenneté » et d’engagement en vue de la construction d’un « ordre social » musulman.
Enfin, pour certains jeunes musulmans – même Français depuis plusieurs générations – l’islam sert d’« identité refuge ».
« À défaut de trouver une place digne dans la République, certains d’entre eux, déçus et amers, se réfugient dans un “patriotisme religieux” qui se construit en opposition à la société dominante », relève l’islamologue Rachid Benzine (1).
Que dit la tradition musulmane ?
Dans la tradition musulmane, la révélation coranique se présente comme une rupture radicale avec l’ère de l’ignorance (jâhiliyya) qui prévalait jusque-là, une ignorance associée à « l’humiliation, la pauvreté et l’égarement ».
« La ”descente” du Coran a été mythifiée comme une recréation du monde, une réitération du geste créateur originel de Dieu lorsqu’il a créé le monde », explique le philosophe Abdennour Bidar, qui y voit la raison profonde pour laquelle l’islam « réclame le droit de réglementer strictement tous les aspects de la vie humaine » (2).
Plus que le Coran lui-même, c’est la Sunna – ces milliers de courts récits censés rapporter des propos ou des gestes de Mohammed et de ses compagnons et à l’historicité souvent douteuse – qui a multiplié les prescriptions destinées aux fidèles dans tous les domaines de la vie, y compris les plus intime (l’allaitement, les menstruations, la taille de la barbe, etc.), faisant de l’islam une « législation » (charia) pour l’existence entière.
Les cinq prières quotidiennes, les interdits alimentaires comme les règles vestimentaires sont vus par la grande majorité des musulmans comme des lois émanant de Dieu lui-même et avec lesquelles ils ne peuvent transiger sans compromettre leur salut.
Contesté par certains penseurs musulmans à partir de la fin du XIXe siècle, ce discours normatif a repris une nouvelle vigueur depuis la fin des années 1960 avec la diffusion du wahhabisme saoudien et du courant des Frères musulmans.
Aujourd’hui, le discours musulman dominant présente les règles fixées par la tradition comme « intemporelles », applicables en tout lieu et en tout temps.
Quelles pistes pour avancer ?
L’historien et philosophe Mohammed Arkoun (1928-2010) a, le premier, remis dans son contexte historique l’élaboration de la tradition prophétique. Remarquant qu’elle coïncide avec la structuration de l’empire omeyyade (661-750) puis abbasside (750-1258), il l’analyse comme le moyen pour ces pouvoirs naissants de légitimer leur pouvoir temporel.
« En désobéissant aux pouvoirs temporels (garants et interprètes de ces lois), les peuples musulmans désobéissaient à Dieu même », résume le philosophe Abdennour Bidar.
C’est ce lien entre temporel et spirituel que les nouveaux penseurs de l’islam cherchent à dénouer.
Face à un « pôle identitaire » aujourd’hui dominant dans l’islam, « il faut que les instances, partout, encouragent, et surtout protègent la pensée musulmane critique qui introduit l’usage de la raison et de ses outils – philosophie, histoire, linguistique… – dans l’étude de la religion », affirme Rachid Benzine.
« Et il faut que les musulmans puissent s’attacher davantage à la visée éthique de l’islam, pour en tirer les enseignements qui leur permettent de rejoindre les autres (leurs concitoyens non musulmans NDLR).
Pour peu que ces autres, de leur côté, soient aussi prêts à leur donner leur place. »
Anne-Bénédicte Hoffner
(1) « L’islam est devenu une identité refuge, dans laquelle on va chercher sens et dignité », sur Telerama.fr, 22 octobre 2020.
(2) « L’Islam englobant, réalité et mort d’un mythe », dans Les Cahiers de l’Orient, 2013.
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