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20 octobre 2018 6 20 /10 /octobre /2018 22:55
Expérience de mort imminente
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19 octobre 2018 5 19 /10 /octobre /2018 22:55
Lire la Bible dans le judaïsme
Quelle place occupe l’étude de la Bible dans le judaïsme ?

La Bible hébraïque est une collection de livres généralement répartis en trois parties : la Torah (que les chrétiens connaissent sous le nom de Pentateuque, correspondant aux cinq premiers livres de l’Ancien Testament), les Prophètes et les Écrits. L’étude de ces textes occupe une place centrale dans le judaïsme. « Mais lire la Bible ne suffit pas : il faut l’interpréter », précise Gilbert Werndorfer, auteur d’un récent ouvrage de vulgarisation sur cette religion (1).

Pour Philippe Haddad, rabbin de la synagogue de la rue Copernic à Paris, l’exégèse juive nourrit trois visées différentes : « Tirer de la Bible un mode de vie, en tirer des rituels… et l’étude pour l’étude ! » Ce rabbin affirme en effet que l’étude d’une parole considérée comme ayant été inspirée par Dieu revêt une valeur en soi : « Avec les bonnes actions et la prière, l’étude de la Bible est l’une des trois principales manières de servir Dieu. »

L’exégèse est-elle réservée à quelques-uns ?

Nul besoin d’être rabbin pour se risquer à des interprétations de la Torah. Hommes et femmes, jeunes et vieux, savants et ignorants, juifs et non-juifs peuvent étudier la Bible hébraïque, qui s’adresse à l’ensemble de l’humanité – contrairement à la Loi (« Halakha »), que seul le peuple d’Israël est tenu d’appliquer. 

« Tant qu’elle reste dans la cohérence de la Bible, toute interprétation est légitime ! », insiste Philippe Haddad, membre du courant libéral du judaïsme français.

Quand on pense à l’exégèse juive, vient souvent à l’esprit l’image de ces « yeshivot », nombreuses en Israël, où seuls des hommes de plus de 13 ans étudient les textes sacrés du judaïsme, sous la direction d’un maître. Or dans ces centres, ce n’est pas tant la Torah qui est étudiée que le Talmud, compilation de commentaires rabbiniques sur la Bible.

Qu’est-ce que le Talmud ?

Pour les sages juifs, à côté de la Torah écrite existe aussi une ­Torah orale, révélée par Dieu à Moïse puis transmise à travers les générations. Celle-ci a été mise par écrit vers 220 av. J.-C. à Tibériade : c’est la Mishna (« répétition » en hébreu).

Ensuite, jusqu’au VIIe siècle, elle fut enrichie de la Guemara (« complément » en araméen). La Mishna et la Guemara donneront naissance au Talmud (« étude »), compilé sur plusieurs siècles et en deux lieux principaux : la Galilée (Talmud dit « de Jérusalem », terminé au IVe siècle) et la Mésopotamie (Talmud dit « de Babylone », terminé au VIe siècle).

Mettant à mal le principe selon lequel la Bible, texte sacré, ne saurait être touchée, le Talmud constitue l’une des premières entreprises d’herméneutique moderne. Dialectique permanente, faisceau de discussions entre des sages ayant parfois des avis contradictoires, cette œuvre monumentale n’a rien d’un texte normatif qui donnerait une interprétation univoque de la Loi.

Qu’est-ce que le midrash ?

Issu de la racine drsh en hébreu (« examiner »), ce terme recouvre deux réalités différentes : l’une des plus libres des méthodes d’exégèse du judaïsme, et un ensemble de commentaires rabbiniques de la Bible, à distinguer du Talmud. Cette littérature s’étend depuis la chute du second Temple (en 70) jusqu’au XIVe siècle.

Au début du Moyen Âge, le midrash se divise en deux branches : le midrash halakha (qui scrute les versets des textes législatifs de la Torah, et a une portée plutôt juridique) et le midrash haggada (de portée plus morale, et dont le style est parfois qualifié « d’improvisation poétique »).

Car, au-delà de la législation, les rabbins s’attachent à forger l’âme du peuple juif et développent toute une littérature faite de maximes, de légendes et d’enjolivements du récit biblique : c’est la haggada (« récit »).

Quelle marge de liberté pour interpréter la Bible ?

« Les sages ne considéraient pas seulement la Bible comme un récit de la Révélation divine dans le passé, mais comme un texte s’adressant aux hommes du temps présent avec leurs interrogations et leurs préoccupations », énonce le Dictionnaire encyclopédique du judaïsme (Cerf).

Autrement dit, si la Loi reste la Loi et que nul ne peut la changer, on peut la comprendre différemment selon l’époque à laquelle on vit.

Une telle appropriation du texte relève presque du devoir du croyant. « Tout ce que Dieu donne, dans la foi juive, n’est pas voué à être maintenu tel quel, mais travaillé, bonifié, rappelle le rabbin Philippe Haddad. Le texte biblique se doit d’être questionné, voire critiqué, à l’aune de la subjectivité et de la culture de chacun. »

Pour le philosophe Emmanuel Levinas, qui était aussi talmudiste, le sens profond du texte se trouve toujours « au-delà du verset », et l’on ne peut enfermer le texte dans une seule interprétation : c’est ce qu’il a appelé la « lecture infinie ».

« L’interprétation de la Torah ne peut être qu’insolente et impertinente, ce qui ne veut pas dire irrespectueuse », renchérit Gilbert Wern­dor­fer, paraphrasant le Talmud. Cet « esprit » de l’exégèse juive a participé de la vitalité du judaïsme rabbinique autant que de ses divisions : celles-ci sont souvent nées de désaccords d’interprétation.

Quel regard l’Église porte-t-elle sur l’exégèse juive ?

Au cours de l’histoire, et en particulier au Moyen Âge, le Talmud a fait l’objet de nombreuses condamnations de l’Église catholique, en raison de commentaires perçus comme blasphématoires sur Jésus et le christianisme.

Ainsi, en 1242, le premier procès du Talmud s’est conclu par la crémation de 24 charrettes remplies de manuscrits talmudiques sur la place de Grève, à Paris.

Mais de nos jours, « le principe de la possibilité d’un éclairage des textes évangéliques par les traditions rabbiniques n’est guère mis en doute », estime le père Michel Remaud (2).

Depuis la deuxième partie du XXe siècle, après la déclaration du concile Vatican II Nostra aetate sur les rapports entre l’Église catholique et les autres religions, le recours à des sources juives est de plus en plus fréquent pour l’exégèse et la théologie chrétiennes.

Mélinée Le Priol

 

(1) Le Petit Guide du judaïsme, Cerf, 216 p., 18 €. (2) « Jean et les traditions juives anciennes sur l’Exode : dépendances et oppositions », dans la Nouvelle Revue théologique, avril 2005.

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18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 22:54
Saint François d’Assise prêchant aux oiseaux, de Giotto, prédelle du retable Saint François d’Assise recevant les stigmates (vers 1300).

Saint François d’Assise prêchant aux oiseaux, de Giotto, prédelle du retable Saint François d’Assise recevant les stigmates (vers 1300).

La spiritualité issue du mouvement franciscain va pousser l’art chrétien à avancer sur de nouveaux chemins : Giotto en est le grand précurseur.

Du fond d’or au paysage
C’est un petit panneau de bois préparé comme l’aurait été une icône. Le cadre et l’emplacement pour l’image y sont unis par le fond doré, élément essentiel des images chrétiennes depuis des siècles pour évoquer le monde divin. Ce fond lumineux arrête le regard et fait comprendre à l’homme que l’horizon de Dieu est au-delà de tout ce qu’il peut imaginer : il n’a rien à voir avec les réalités terrestres. Grâce à ce fond, l’œil ne peut s’égarer, il est conduit directement vers les figures du Christ, de la Vierge ou de quelques saints qui seules, jusqu’à cette époque, sont jugées dignes d’y être représentées.

Mais, avec Giotto, on perçoit qu’une révolution commence à s’opérer dans l’image chrétienne. Si la peinture change, c’est aussi parce que la foi et la religion sont en train de changer. Giotto est nourri de la spiritualité franciscaine : une vision de la foi qui redécouvre l’importance de l’humanité du Christ et qui perçoit les réalités terrestres comme un lieu où Dieu continue de se révéler.

Dans cette petite prédelle, même s’il le fait discrètement, Giotto remet en cause le « règne absolu » du fond d’or. Il le fait reculer pour qu’il laisse la place à des réalités d’ici-bas : une prairie, un arbre, des oiseaux et deux personnages. Pour nous parler de Dieu, le peintre nous fait revenir sur terre. Son tableau n’est plus seulement une image à contempler, c’est un récit qu’il nous convie à écouter, à regarder : celui de saint François prêchant aux oiseaux.

Fioretti
La tradition franciscaine (que l’on retrouve dans les Fioretti) raconte qu’un jour François, accompagné de quelques frères, passait près d’un arbre sur lequel étaient perchés une multitude d’oiseaux de toutes sortes.

Poussé par l’Esprit, le Poverello commença à leur annoncer la Parole. Au lieu de s’effrayer, les oiseaux se posèrent au sol et écoutèrent attentivement le saint qui les invitait à ne jamais cesser de louer Dieu. Il termina sa prédication en traçant sur eux le signe de la croix, et les oiseaux s’envolèrent alors en quatre groupes vers les quatre directions qu’indiquait la croix.

On a vu dans cet épisode une image de la mission souhaitée par François pour ses frères : comme les oiseaux qui n’ont rien qui leur appartiennent, ses disciples sont invités à louer Dieu et à porter aux quatre coins du monde le message de la croix.

Un autre regard
À l’approche de François, les oiseaux ont quitté le chêne qui leur servait de perchoir et se sont regroupés devant lui. Comme les feuilles de l’arbre, les oiseaux sont facilement identifiables (des pies, des oies, des chardonnerets, un coq, etc.). Giotto cherche à peindre ce qu’il voit.

Alors que le frère à gauche a un geste d’étonnement ou de recul, François se penche vers les volatiles et tend la main pour tracer sur eux le signe de la croix. Pour renforcer l’impression que le saint communique vraiment avec eux, le peintre a dirigé tous les corps des oiseaux selon un axe qui rejoint la main ou les yeux de François.

Le regard du Poverello est intense. Cette nouvelle façon de peindre permet aux visages de traduire des émotions et de rejoindre plus facilement celui qui regarde.

Le chemin pour trouver Dieu passe par la terre et par les hommes : c’est ce que chante la peinture de Giotto.

Dominique Pierre

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