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7 juillet 2024 7 07 /07 /juillet /2024 19:30
Georges Muller, un saint évangéliste

George Müller a lu la Bible plus de 200 fois, dont 50 à genoux et avant sa mort, lorsqu'il est demandé par un journaliste ce qu'il aimerait encore faire, il, à genoux, répondit : ′′ Lire plus la Bible, Car je connais encore peu, de l'excellence du Christ ".

Müller a fondé plusieurs orphelinats et s'est occupé de plus de 10.000 enfants orphelins, basé sur la promesse de Dieu du Psaume 68:5 ′′ Dieu est le père des orphelins ".

Ses proches racontent des histoires intéressantes à son sujet. Parmi elles, une que quand Müller priait dans sa chambre et que sa célébrité était déjà remarquable.

La reine d'Angleterre est venue chez lui et sa serveuse a frappé à la porte de sa chambre et a dit : ′′ M. Müller la reine est dans le salon, voulant vous parler ".

Et il répondit : ′′ Dites à Madame Reine que je ne peux pas maintenant, car je parle au ROI des rois et je ne vais pas la recevoir ".

À une autre occasion, son orphelinat  manquait de nourriture pour plus de 1000 orphelins. Et le désespoir avait atteint tous les fonctionnaires, mais Müller dit : Je ne demande rien à l'homme, mon alliance est avec Dieu. Il est entré dans sa chambre et a prié : ′′ Le père des orphelins manque de pain.

Au nom de Jésus Amen ". Quelques minutes plus tard, plusieurs chariots avec des pains sont passés à la porte de l'orphelinat et l'homme qui conduisait le chariot a dit : ′′ M. Müller nous sommes allés livrer ces pains à la famille royale au château, et ils ont dit que les pains étaient trop rôtis et pour ne pas le jetter , nous avons décidé de donner à l'orphelinat ". Müller a dit : ′′ Ce n'est pas les pains qui ont dépassé la limite de la cuisson, mais Dieu qui a répondu à notre prière et a eu pitié de nous ".

Müller était un grand évangéliste. Il a eu une communion enviable avec le Christ et a prouvé à de nombreuses reprises la puissance de la prière avec foi.

Müller avait un cahier où il avait noté plus de 50.000 prières qui ont été répondues par DIEU.

Goerge Müller passait des heures en prière chaque jour et lisait également la Bible, qu'il lisait dans son intégralité quatre fois par an. Il priait à propos de tout et espérait que chaque prière soit exaucée.

Il a relaté différentes expériences à l'appui de sa croyance : *Lors d'une traversée de l'Atlantique, son navire se retrouva dans un brouillard épais. Il expliqua au capitaine qu'il avait absolument besoin d'être au Québec le lendemain après-midi, mais le capitaine lui dit qu'il ralentissait le navire pour des raisons de sécurité et que le rendez-vous de Müller ne serait pas possible. Müller a demandé d'utiliser la chambre des cartes en vue de prier pour la dissipation du brouillard.

Le capitaine le suivit vers le bas, affirmant que ce serait une perte de temps. Après que Müller ait prié, le commandant de bord commença à prier, mais Müller l'arrêta, en partie à cause de l'incrédulité du capitaine, mais surtout parce qu'il croyait que la prière avait déjà reçu sa réponse. Lorsque les deux hommes retournèrent sur le pont, ils notèrent que le brouillard s'était dissipé. Le capitaine se convertira au christianisme peu de temps après.

  • Un autre fois, l'une des chaudières de la maison des orphelins était tombée en panne ; Müller avait besoin qu'elle soit réparée. En effet c'était un problème, parce que la chaudière a été imbriquée et la temps se détériorait de jour en jour. Il pria donc pour deux choses : d'une part que les travailleurs qu'il embaucherait aient envie de travailler toute la nuit et d'autre part que le temps s'améliore. Le mardi avant que le travail ait commencé, un vent du nord souffla le matin avant l'arrivée des ouvriers, un vent du sud se mit à souffler et il était si doux qu'aucun feu n'était nécessaire pour réchauffer les bâtiments. Cette soirée-là, le contremaitre de la société contractés se rendit sur les lieux pour voir comment il pourrait accélérer les choses et ordonna les hommes de reprendre le travail très tôt le matin. Le chef d'équipe dit qu'ils préféreraient travailler toute la nuit. Le travail fut terminé en 30 heures.
  • En 1862 il a été découvert que l'un des égouts était bouché. Étant quelque 11 pieds sous terre, les ouvriers étaient incapables de trouver le blocage malgré plusieurs tentatives. Müller pria à propos de la situation et les ouvriers ont trouvé en un coup l'endroit où le problème se trouvait.
  • Le , des vents violents ont causé des dégâts considérables dans la région de Bristol et ont endommagé les toitures des orphelinats en une vingtaine d'endroits. Environ une vingtaine de fenêtres ont également été brisées ainsi que deux cadres endommagés lors de la chute des ardoises de la toiture. Les couvreurs généralement employés avaient déjà engagé leur personnel à d'autres travaux si bien que rien ne pouvait être fait avant le lundi. Si les vents et surtout les fortes pluies avaient continué ainsi, les dommages causés à l'orphelinat auraient été majeurs. Après avoir prié énormément, le vent s'est arrêté dans l'après-midi et aucune pluie n'est tombée jusqu'au mercredi, date à laquelle la plupart des dommages ont été réparés.

Müller déménage à Bristol en 1832 et il fonde avec Henry Craik un groupe de prière dans le mouvement des Assemblées de Frères, qui est organisé en des sous-groupes selon les âges [3]. En 1834, il fonde l'Institution des Connaissances Bibliques pour la Maison et à l'Étranger, dans le but d'aider les écoles chrétiennes et les missionnaires, la distribution de la Bible et tracts sur le christianisme, et fournir un fondement biblique aux écoles régulières, aux écoles du dimanche et aux écoles pour adultes[4].

À la fin février 1835, il y a cinq écoles de jour - deux pour les garçons et trois pour les filles.

Ne recevant pas le soutien du gouvernement mais uniquement les dons non sollicités, cette organisation reçoit et débourse 1 381 171 de livres Sterling - environ l'équivalent de 90 millions de livres Sterling aujourd'hui - au moment de la mort de Müller, principalement pour soutenir les orphelinats et de distribuer environ 285 407 bibles, 1 459 506 Nouveaux Testaments et 244 351 autres textes religieux, qui sont traduits dans une vingtaine d'autres langues. L'argent est également utilisé pour soutenir d'autres "missionnaires" dans le monde entier tel que Hudson Taylor.

Chaque matin après le petit déjeuner il y avait un temps de lecture biblique et de prière, et chaque enfant recevait une Bible à la sortie de l'orphelinat avec un coffret d'étain contenant deux vêtements de rechange. Les enfants étaient bien habillés et bien éduqués - Müller employa même un inspecteur d'école afin de maintenir un haut niveau d'études.

Selon sa propre autobiographie, il aurait, au cours de sa vie, pris en charge plus de 10 000 orphelins. Il s'est fait connaître pour avoir fourni une excellente éducation aux enfants confiés à sa garde, au point d'être accusé d'élever les pauvres au-dessus de leur situation naturelle dans la vie.

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4 juillet 2024 4 04 /07 /juillet /2024 19:30
Qu'est-ce que la foi ?

Ce dimanche est intitulé : « La Foi secourue » et d’ans l’évangile d’aujourd’hui Jésus affirme quelque chose d’extraordinaire : Tout est possible à celui qui croit !

Ce à quoi le père de l’enfant possédé répond : Je 'crois, mais, viens au secours de mon peu de foi.

Mais qu’est-ce que la foi ?

Il faut d’abord se mettre d’accord sur la définition du mot pour éviter les malentendus.

La foi est un mot qui vient du latin fides, traduisant le grec pistis. Or fides veut dire au premier sens de ce terme : confiance !

Il désigne le fait d’avoir confiance en quelque chose ou en quelqu’un’ avec un aspect de fidélité, de loyauté et aussi d’engagement !

Ce n’est donc pas, comme on le croit souvent, d’abord un mot du vocabulaire religieux, ni du vocabulaire de la croyance.

Avoir la foi c’est d’abord avoir confiance !

Dans le monde antique, avant le christianisme, pour parler de ce qu’on appelle aujourd’hui communément la foi,’ on utilisait plutôt le mot de religio qui insiste sur l'observance des rites, l'obéissance aux commandements et le respect scrupuleux des coutumes.

Mais pour caractériser la relation dû croyant à Dieu, la Bible, elle, n'utilise pas ce mot ! Elle utilise le mot « foi », qui revient 300 fois dans L' Ancien et le Nouveau Testament’ pour décrire l'attitude de l'homme devant Dieu.

La foi biblique est donc une affaire de confiance en Dieu, de fidélité et d’engagement.

C’est tout à la fois une attitude et une relation. Et ça ça change tout !

Le croyant n'est pas celui qui croit que Dieu existé et en tire quelques conséquences pratiques pour s’assurer de ne pas avoir de problèmes avec Lui !

Mais c’est celui qui, ayant la foi, met sa confiance en Dieu’ et par conséquent s’engage avec fidélité envers Lui.

Bien sûr ! cette foi va se vérifier dans la vie quotidienne, d’une part par l'observation des commandements, mais surtout par une relation personnelle.

La foi biblique, c’est l’expérience vivante d’une relation intérieure et extérieure’ avec Celui qui est au-delà de tout,’ mais qui est aussi... l’au-delà au fond de nous-mêmes ! ..

C’est pourquoi, pour parler de la foi, la Bible nous propose des récits de relation entre un homme et son Dieu, de relation de confiance !

Et ici, le modèle de l’homme de foi, c’est bien sûr Abraham, le père des croyants, qui quitte son pays et part sur les routes, mené par sa foi.

Il a confiance en la promesse d’une terre,’ en la promesse d’une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel,’ alors' qu’il est nomade et n’a pas d’enfants.

Sa femme,’ d’abord stérile,’ enfantera ! et sa foi le conduira à être tellement dans cette fidélité et cette confiance en Dieu’ qu’il sera prêt, sur la parole de Dieu, à sacrifier ce fils, son Unique, ce fruit de la promesse, son Isaac. Quelle foi !

Dans la lm lecture nous avons vu Moïse, ce géant de la foi,’ frappant le rocher et en faisant sortir de l’eau !

De l’élément, le plus dur, le plus dense, le plus statique’ son l’élément le plus fluide, le plus mouvant’ et cela’ par la confiance en la Parole que Dieu donne !

Dans l’épître,’ saint Paul nous appelle à avoir en main le bouclier de la foi’ pour lutter contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal !

La foi nous engage donc dans le grand combat spirituel' et nous en donne les moyens.

On ne peut parler de la foi sans parler de celui qui manifeste une foi archétypale, Job. Job est béni de Dieu !

Il a tout reçu et c’est un juste. Quand le malheur va s’abattre sur lui en cascades, qu’il va tout perdre, enfants, biens, santé, il va conserver la foi’ malgré cette souffrance injuste, incompréhensible dont il est victime.

Son épouse lui dit alors : « Tu demeures ferme dans ton intégrité ! Mais maudis Dieu et meurt ».

Cependant Job reste fidèle,’ dans une confiance gratuite qui portera des fruits extraordinaires’ puisqu’il sera restauré dans sa santé,’ dans sa richesse,’ dans sa postérité !

On ne peut, non plus, passer sous silence l’exemple de celle qui posera,’ en notre nom,’ l’exemple le plus élevé de la foi, Marie, la mère de Jésus, la mère de Dieu.

Elle a eu foi et avec une totale confiance en la réalisation de la promesse qui lui était faite par l'ange Gabriel : avoir un fils sans connaître d’homme ; puis elle a eu foi en son fils et son Dieu’ que ce soit dans la persécution qui la fait partir en Egypte sur les routes, puis plus tard aux noces de Cana,’ et en suivant Jésus sur les routes de Palestine et cela jusque sous la croix’ en le tenant mort dans ses bras,’ et en embrassant la mort’ elle a eu foi dans la Résurrection.

Dans l’Evangile, Jésus compare l’homme qui a la foi’ à un homme qui construit sa maison sur le roc et qui ainsi lui confère un caractère vraiment indestructible.

Il faut s’ancrer avec détermination dans cette relation au Tout Autre.

Cette relation ne peut pas être épisodique,’ quand j’ai le temps,’ après le reste,’ non ! elle doit être prioritaire’ dans ma vie de chaque jour,’ avec des temps réservés à elle et rien qu’à elle Je crois, 'mais viens au secours de mon peu de foi.

C’est cette relation à Dieu qui va nourrir notre foi, la développer. Pour cela il y a’ notamment’ la prière du Nom de Jésus,’ qui nourrit et développe notre foi,’ que l’on peut déposer avec foi sur les autres,’ sur les activités des hommes,’ sur la nature,’ sur l’histoire qui se déroule,’ sur les souffrances,’ sur les joies.

L’homme ne peut vivre sans la foi ! sans être dans la confiance,’ sinon il se suicide !

L’homme ne peut vivre sans cette relation intime avec sa Source.

Avoir la foi,’ c’est avoir quelqu’un dans sa vie avec lequel on partage tout et en qui on a une confiance totale.

Pour un chrétien, c’est Jésus Christ, mort et ressuscité, pleinement Dieu et pleinement homme.

A Lui soit l’honneur, la puissance et la gloire aux siècles des siècles.

Père Pascal Sauvage

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28 juin 2024 5 28 /06 /juin /2024 19:30
Un saint archevêque orthodoxe et médecin décoré par Staline

L'ampleur de la personnalité de l'archevêque Luc était telle qu'au cours de sa vie, il a même été admiré par son ennemi idéologique, Staline. Après sa mort, il a été canonisé.

Valentin Voïno-Iassenetski est devenu docteur en médecine en 1915 et docteur en théologie en 1959. Il a été jeté en prison et a travaillé comme chirurgien durant plusieurs guerres. Parmi le peuple, il est mieux connu sous le nom d'archevêque Luc. Une dignité qu’il a reçue en 1946, l’année même où il est devenu lauréat du prix Staline...

Comment Valentin Voïno-Iassenetski est devenu médecin

Valentin Voïno-Iassenetski
Archives d'État de la région de Iaroslavl

Voïno-Iassenetski est né en 1877 dans la ville de Kertch, en Crimée, dans l'Empire russe. Son père travaillait comme pharmacien et descendait d'une famille noble polonaise russifiée. Plus tard, la famille a déménagé à Kiev, où Valentin a obtenu son diplôme d'études secondaires. Hésitant entre l'art et la médecine, il a choisi cette dernière, qu’il considérait comme plus utile socialement.

En 1904, dans le cadre de la Croix-Rouge, il se rend comme médecin sur le front de la guerre russo-japonaise, où il opère des soldats blessés. Plus tard, il a travaillé comme médecin dans des hôpitaux de toute la Russie et a mené parallèlement des activités scientifiques - il s'est rendu à Moscou et à Saint-Pétersbourg pour travailler dans des bibliothèques, a écrit des articles et donné des conférences. Il a défendu sa thèse et est devenu docteur en sciences médicales alors qu’il avait déjà une femme et des enfants.

Valentin Voïno-Iassenetski (à gauche) lors d'une opération
Archives d'État de la région de Iaroslavl

En 1917, Valentin et sa famille sont envoyés à Tachkent (actuel Ouzbékistan) pour y mettre en place un hôpital - sa femme avait attrapé la tuberculose et il espérait que le climat du sud l'aiderait à se rétablir. À Tachkent, Voïno-Iassenetski a été témoin de la révolution et de la guerre civile. Il opérait des blessés et en même temps enseignait au département de chirurgie opératoire de l’université du Turkestan, nouvellement créée.

Comment Valentin est devenu Luc

Valentin avec ses fils à Tachkent
Domaine public

Valentin a été élevé dans la tradition orthodoxe, mais un véritable bouleversement spirituel est survenu chez lui en 1919 après la mort de sa femme. Les hiérarques de l'Église lui ont proposé de devenir prêtre - il a accepté et est devenu moine, prenant le nom de Luc. Désormais, en soutane et avec une croix autour du cou, il faisait en plus du reste des allées et venues jusqu’à l’église. À l'hôpital, avant l'opération, il se signait toujours lui-même et le patient. En 1923, on lui a proposé de diriger le diocèse de Tachkent, après que l'évêque de l’époque a été contraint de quitter son poste sous la pression des agences de sécurité de l'État.

L'archevêque Luc, 1923
Domaine public

À partir de ce moment, Luc a commencé à avoir des problèmes avec les autorités soviétiques. Il a été arrêté pendant une messe et convoqué à Moscou, pour un interrogatoire, durant lequel il a dit en toute sincérité que « le pouvoir des travailleurs est la meilleure et la plus juste forme de pouvoir » et que les idées du communisme lui étaient proches, mais qu’il rejetait catégoriquement les méthodes et la violence révolutionnaires.

Dans son autobiographie, Luc a rappelé que l’agent de la police politique essayait de comprendre s'il était un ami ou un ennemi du régime soviétique.

« À la fois un ami et un ennemi, lui a répondu Luc. Si je n'avais pas été chrétien, je serais probablement devenu communiste. Mais vous avez mené des persécutions contre christianisme, et donc, bien sûr, je ne suis pas votre ami ».

L'archevêque Luc en prison, 1939
Domaine public

Après avoir hésité, les autorités envoient Luc en exil en Sibérie pendant deux ans. Dans la province de Touroukhansk, il était le seul médecin de l'hôpital, malgré le fait que ses travaux scientifiques sur la chirurgie aient été publiés dans des revues étrangères.

Comment un prêtre a reçu le prix Staline

Éparchie de Krasnoïarsk de l'Église orthodoxe russe

Déjà pendant la guerre russo-japonaise de 1905, soit bien avant la découverte des antibiotiques dans les années 1920, Voïno-Iassenetski a commencé à étudier comment il était possible de contrer par des méthodes chirurgicales le processus de purulence, dont mouraient de nombreux blessés et personnes opérées.

Valentin a continué à étudier et à chercher des réponses pendant la guerre civile, et dans son exil sibérien, il a finalement commencé à écrire l'œuvre principale de sa vie - Essais sur la chirurgie de la purulence. Cette monographie est devenue la première encyclopédie dans son domaine et l'auteur y mentionnait de nombreux exemples concrets tirés de la pratique.

Illustrations de l'auteur pour Essais sur la chirurgie de la purulence
Domaine public

Luc ne dirigeait aucune chaire d'église, mais a continué à servir et à prêcher. En 1937, lorsque la grande terreur de Staline a éclaté, Luc a été arrêté pour la troisième fois - pour activités religieuses. Par un heureux concours de circonstances, il a été condamné à une peine plutôt légère - un exil de cinq ans en Sibérie.

Voïno-Iassenetski a commencé à travailler dans un hôpital militaire et, au début des années 1940, il est devenu consultant en chef de tous les hôpitaux du territoire de Krasnoïarsk, tout en assurant les fonctions d’archevêque de cette ville sibérienne. Il a demandé à aller sur le front pendant la Seconde Guerre mondiale, mais malgré sa grande expérience, il a été maintenu en exil. Il a alors commencé à collecter des fonds pour soutenir le front.

Voïno-Iassenetski pendant son exil sibérien, 1941
Domaine public

En 1946, il est devenu le seul prêtre à avoir reçu l'une des plus hautes récompenses de l'URSS - le prix Staline. Il lui a été décerné pour ses Essais sur la chirurgie de la purulence et d'autres travaux scientifiques. Voïno-Iassenetski a fait don aux orphelinats des importantes sommes d'argent qui accompagnaient la récompense.

Après l’obtention du prix, le patriarche a envoyé Luc servir en Crimée, à Simferopol - il a commencé à y être consultant pour un hôpital militaire, mais en 1955, il est devenu aveugle et ne pouvait plus pratiquer la chirurgie. Toutefois, il a continué à prêcher. Après avoir voyagé dans toute la Russie, il est décédé en 1961, là où il était né - en Crimée.

Funérailles de l'archevêque Luc à Simferopol, 1961
Archives du conseil de l'Église orthodoxe russe

Comment Luc est devenu un saint

En 1921, à Tachkent, Voïno-Iassenetski a été appelé en tant qu'expert au sujet du « complot des blouses blanches », un dossier fabriqué de toutes pièces dans le cadre duquel des médecins étaient accusés d'avoir délibérément provoqué des abcès chez des soldats durant la guerre civile.

Le biographe de Voïno-Iassenetski Mark Popovsky, dans son livre La vie de Voïno-Iassenetski, archevêque et chirurgien,  cite un dialogue incroyable qui a eu lieu pendant l'interrogatoire.

L'accusateur a demandé : « Comment se fait-il que vous priiez la nuit et que vous découpiez les gens le jour ? » La réponse de Luc a provoqué des rires et des applaudissements : « Je découpe les gens pour les sauver, mais au nom de quoi découpez-vous les gens, vous, citoyen procureur ? »

Ce dernier a tenté le tout pour le tout et demandé: « Comment cela, vous croyez en Dieu, prêtre et professeur Voïno-Iassenetski ? L'avez-vous vu, votre Dieu ? »

À cela, Luc a rétorqué avec beaucoup d’esprit : « Je n'ai effectivement pas vu Dieu, citoyen procureur. Mais j'ai beaucoup opéré le cerveau, et quand j'ai ouvert le crâne, je n'y ai jamais vu d’esprit. Et je n'ai trouvé aucune conscience non plus ».

Une icône représentant Saint Luc dans une église de Moscou
Alexandra Gouzeva

« Le professeur-évêque qui tenait une croix et un scalpel entre ses mains », a écrit Popovsky à son sujet. La personnalité de cet homme a tellement captivé le biographe qu'au cours des 20 années d'écriture de son livre, Popovsky, un athée qui avait déjà écrit sur des scientifiques et la science, a fini par croire en Dieu.

« Je ne l'ai jamais vu en colère, irascible ou même irrité, a écrit Lev Ochanine, qui a travaillé comme médecin sous ses ordres à Tachkent.

Il n'y avait jamais d'agacement sur son visage, d'insatisfaction d'avoir été dérangé pour des bagatelles (du point de vue d'un chirurgien expérimenté). Au contraire, il avait une volonté totale d'aider. Même assis emprisonné, il n'était pas anxieux quant à son sort futur ».

Saint-Luc
Église Saint-Luc d'Ekaterinbourg

Luc était toujours honnête et courageux - il priait et prêchait ouvertement, accrochait des icônes - même dans les années les plus terribles des persécutions visant l'Église. « Un homme à la foi désintéressée, à la volonté inflexible et dévoué au devoir », a écrit l'archiprêtre et dissident soviétique Alexandre Men à propos de son « collègue ».

Après l'effondrement de l'URSS, il a été reconnu en 1995 comme un saint vénéré localement en Crimée et à Krasnoïarsk, et cinq ans plus tard, comme un saint au niveau russe qualifié de « nouveau martyr et confesseur ».

Monument au médecin et archevêque Saint-Luc érigé sur le territoire de l'Université médicale d'État de Krasnoïarsk


ALEXANDRA GOUZEVA

ACATHISME A SAINT LUC DE SIMFEROPOL

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