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22 octobre 2023 7 22 /10 /octobre /2023 19:15
Qu’est-ce qu’être juste ?

Dans sa chronique, parue dans La Croix L’Hebdo du vendredi 20 octobre, l’écrivain Frédéric Boyer revient sur l’affrontement entre Israël et le Hamas, et souligne que « notre tâche éthique est de ne pas céder à la manipulation de l’horreur ».

C’est une chose très difficile à écrire. Existe-t-il une raison à l’horreur ? Le désespoir peut-il, sinon justifier, du moins expliquer le pire ?

Je ne suis pas parvenu à me détourner de cette question devant les massacres commis par le Hamas en Israël les 7 et 8 octobre. Je ne crois pas que le désespoir ait été le déclencheur d’une telle abomination, planifiée et exécutée froidement.

Je pense plutôt que le désespoir des Palestiniens n’est que l’alibi monstrueux de telles attaques, qui furent programmées pour à leur tour devenir l’alibi terrifiant d’une riposte dévastatrice.

L’horreur n’est pas la conséquence extrême d’une histoire injuste ni ne se justifierait par cette histoire.

Les massacres ont été commis pour nier toute histoire possible.

Pour que l’histoire de la violence parmi nous ne parvienne plus à s’énoncer.

Qu’il n’y ait plus d’histoire possible et qu’il ne reste que ce pourrissement généralisé qui dure au moins depuis 80 ans, de guerres civiles plus ou moins larvées où des frères tuent leurs frères, et d’oppressions.

Une situation où chaque effort de paix a été sabordé à l’intérieur de chaque camp et par les luttes d’influences des puissances étrangères.

Le tout sur une terre démembrée, avec des territoires confettis, et défigurée par les murs de séparation.

Je sais bien qu’en écrivant ces mots je n’aide en rien la résolution des conflits.

Mais je voudrais faire entendre que notre tâche éthique est de ne pas céder à la manipulation de l’horreur.

Sinon c’est faire de l’espèce humaine une espèce aveugle, frappée de cécité spirituelle, au point de sacrifier ses semblables et de se jeter elle-même dans le gouffre.

Il existe bien des espèces animales privées du sens de la vue, comme l’araignée sans yeux du Laos, quelque salamandre cavernicole, des écrevisses d’eau douce.

Ces créatures passent une grande partie, sinon la totalité, de leur temps dans l’obscurité.

Mais contrairement à ses sœurs et frères araignées ou serpents dont l’absence de vue requiert de savoir apprivoiser l’ombre pour s’y protéger, l’humanité convoque ses propres ténèbres non pour s’y réfugier mais pour s’y détruire !

Jusqu’à commettre l’impensable en refusant de vivre les uns parmi les autres, et pour les autres.

Je pense à toutes celles et ceux, de Tel-Aviv à Gaza, qui n’ont plus à présent qu’à « crier la vie dans l’ombre de la guerre » (Euripide).

Un cri dérisoire et tragique au cœur d’un aveuglement terrifiant.

Massacrer des civils, des familles, des enfants, ce n’est pas se révolter ou se défendre, c’est substituer l’horreur à la justice.

Répondre à l’injustice par la terreur, ce n’est pas combattre l’injustice, c’est semer la terreur.

Et nul ne peut prétendre savoir ni contrôler ce qui germe d’une telle semence, jusque dans le propre cœur de ceux qui l’auront semée.

C’est pourquoi le recours à la violence aveugle est toujours un déni de justice, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire.

Il convient d’ajouter avec la même force que refuser, depuis des années, de reconnaître l’injustice que l’on commet chaque jour envers autrui, un autre peuple, c’est se jeter tête baissée dans le gouffre et y précipiter son propre peuple.

La justice veut-elle que l’on rende meurtre pour meurtre ?

Voici la question, la seule. Je n’ai pas la réponse. Mais chacun devrait tenter de se représenter, avec lucidité, l’image que nous nous faisons de la justice parmi nous.

La justice couverte et aveuglée du sang des crimes qu’elle prétend justifier, ou la justice horrifiée par le sang versé et qui cherche en elle une autre voie possible.

Être juste, par-delà l’irréparable, par-delà l’injustifiable, est sans doute le dernier effort que nous aurons à faire si nous voulons rester humains « sous le soleil ».

Frédéric Boyer

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17 octobre 2023 2 17 /10 /octobre /2023 19:27
Lettre de Béthanie N° 203 Mère Gabrielle (Avrilia Papayannis)

Gorze, Octobre 2023

Chers amis,

Ce mois d’octobre a commencé par une grande joie pour l’Eglise : le 3 octobre le patriarcat de Constantinople a décidé de procéder à la canonisation de Mère Gabrielle (Avrilia Papayannis).

Un nouvel intercesseur devant Dieu, une nouvelle sainte officiellement proposée à la vénération des fidèles, c’est toujours un moment important dans la vie de l’Eglise.

Mais je vous en parle particulièrement, c’est que nous avons affaire à une figure relativement atypique dans l’Eglise orthodoxe contemporaine et que Carole et moi avons eu la grâce de la rencontrer sur l’île d’Egine en Grèce, l’île de saint Nectaire, en 1989 lors de notre voyage de noces quelques années seulement avant sa naissance au ciel !

Lorsque nous sommes ressortis de cette rencontre dans son petit ermitage, nous étions dans le monde, mais autrement, dans une qualité de présence et de rapport au monde complètement différente, dans un silence intérieur rare.

Cette rencontre est restée gravée dans notre cœur, dans notre mémoire, comme un moment intense de « numineux ».

Elle nous dit alors et c’est la seule parole que nous avons retenue : « Quand je commence ma journée, je prends une page blanche et tout en bas de la page je signe. Puis je dis à Dieu, à Toi de l’écrire, je souscris à tout ! » Toute sa vie est ici résumée !

Mère Gabrielle est née à Constantinople le 2 octobre 1897, quatrième enfant d’une famille aisée de commerçants.

Elle apprend le français et l’anglais toute jeune, et après ses études au collège, part en Suisse à l’École de botanique d’Estavayer-Le-Lac.

Au retour, elle suit des études universitaires de philosophie à Thessalonique. En 1932, à l’âge de 35 ans, elle a une si forte expérience spirituelle devant une icône du Christ qu’elle décide de s’éloigner de sa famille.

Elle travaille à Athènes comme infirmière et gouvernante, puis en 1938 elle part pour la France et l’Angleterre.

Bloquée en Angleterre par la guerre, elle travaille comme gouvernante et aide-soignante et fait des études en chiropraxie, discipline proche de la physiothérapie.

De plus en plus sa vocation se dessine : secourir les détresses humaines, physiques, psychiques et spirituelles, partout où l’on fait appel à elle, à la fois par la présence, le toucher et la parole.

La guerre terminée, elle retourne en Grèce, où elle travaille comme enseignante puis comme directrice d’une école d’agriculture fondée par les Quakers américains.

En 1947 elle ouvre un cabinet de physiothérapie à Athènes.

Elle donne aux pauvres presque tout ce qu’elle gagne par ce travail.

Souvent elle se rend en Angleterre accompagner des malades ou des orphelins, puis en 1949 et 1950 elle va en Amérique, où elle rencontre Martin Luther King. En 1954, âgée de 56 ans, une nouvelle expérience spirituelle la décide à partir pour l’Inde.

Empêchée par un refus de visa de s’y rendre immédiatement, elle commence un long périple : l’Autriche, la Suisse, l’Italie, Israël, le Liban, la Jordanie…

Et c’est là qu’enfin, elle obtient son visa pour l’Inde.

Elle reste cinq ans en Inde au service de tous et de chacun, travaille au dispensaire de l’ashram du maître indien Sivananda (connu en Occident par les centres de yoga suivant son enseignement) puis dans une léproserie fondée par Baba Amte, le grand militant indien contre la pauvreté qui devient un de ses amis ; elle enseigne la physiothérapie à divers endroits ; elle parcourt l’Inde répondant à des appels d’aide du nord au sud de ce vaste pays.

En 1958-1959, elle passe onze mois dans l’Himalaya, en pleine solitude, près des sources du Gange et d’un grand monastère de moines hindous.

Elle entend alors l’appel à la vie monastique, quitte l’Inde et entre au monastère orthodoxe de Marthe et Marie à Béthanie, alors en Jordanie, et devient moniale.

Elle y reste jusqu’en 1966, avec plusieurs interruptions pour accomplir des missions à l’étranger.

Ainsi en 1962 elle fait une longue tournée aux États-Unis et au Canada pour parler de la vie ascétique orthodoxe à l’invitation d’un ami protestant.

En 1963 elle repart en Inde afin de témoigner auprès des chrétiens occidentaux en quête spirituelle.

Elle y reste trois ans, mais, comme toujours, elle répond aux appels qu’on lui lance : accompagner des malades, prononcer des discours, témoigner de sa foi, tant en Inde, qu’en Europe, en Grèce, à Jérusalem, en Iran.

En 1979, on lui cède un appartement à Athènes, qui devient « la Maison des anges ».

C’est là que pendant onze années mère Gabrielle reçoit les visiteurs en quête de Dieu.

Son amour, sa prière, son mot de consolation, son conseil, touchent au cœur les personnes les plus diverses qui viennent à elle : jeunes et vieux, hommes et femmes, évêques, prêtres, moines, moniales, laïcs, grecs et étrangers, orthodoxes, non-orthodoxes, non-croyants, disciples de Saï Baba, francs-maçons, artistes, scientifiques, astrologues...

En même temps, elle maintient une vaste correspondance et prolonge sa " diaconie " au téléphone.

Après le dernier visiteur le soir, puis la nuit et le matin, mère Gabrielle entre dans un temps d’hésychia, de recueillement, de prière.

En 1989, mère Gabrielle se retire dans un ermitage dépendant du monastère de saint Nectaire sur l’île d’Égine.

Atteinte d’un cancer, elle est hospitalisée à Athènes en 1990 : après les quarante jours de carême et la Semaine sainte, le cancer disparaît durant la célébration de la Divine Liturgie de Pâques.

Elle se retire alors dans un ermitage à l’île de Léros. Enfin, à l’âge de 95 ans, le 28 mars 1992, elle part pour son dernier voyage cette fois vers la patrie céleste.

Toute sa vie, cette feuille blanche qu’elle laissait Dieu écrire et qu’elle signait chaque matin, montre son abandon total à la divine Providence.

Engagée dans le dialogue interreligieux, elle témoignait de sa foi chrétienne sans faille, tout en discernant la présence du Christ dans les religions non-chrétiennes.

Elle n’a rien écrit, sauf des lettres à ses amis et à ses enfants spirituels !

Son enseignement était oral et spontané mais certains l’ont enregistré sur cassette ; d’autres paroles mémorables ont été transcrites par ses visiteurs et ses proches.

Ses paroles, simples, directes, remplies de compassion et d’amour témoignent de sa grande foi et de son « Ascèse de l’amour » : c’est le titre de la biographie écrite par sa fille spirituelle, sœur Gabrielle.

Nous y trouvons le récit de sa vie, des transcriptions d’enregistrements de ses enseignements, des " apophtegmes " recueillis par ses amis et enfants spirituels, des extraits de ses lettres et des témoignages d’amis.

Je ne peux que vous inciter à le lire afin de rencontrer cette femme hors du commun et qu’elle vous transmette le feu divin qui l’habite.

Avec toute mon affection en Christ !

Père Pascal

Prière
 

Quand nous prions et disons 

" Que ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel ", 

si vraiment nous croyons, elle se fera. Pas seulement en ce qui nous concerne, mais pour tous. C’est notre prière. Et non pas : " Je le veux pour l’autre, car je crois que c’est juste ainsi.

Seul Dieu sait ce qu’il lui faut. Aussi, " Que ta volonté soit faite pour un tel, pour un autre "... C’est aussi notre prière.
          

Mère Gabrielle Papayannis (1897-1992)


Texte à méditer

L’amour nous est donné par Dieu.

Car Dieu est Amour. L’amour que nous portons aux autres vient de la Source, va vers eux et retourne de nouveau à la Source.

Mais l’amour ne peut avoir de limites. Il est infini.

Et comme dit l’apôtre Paul : " L’amour excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.

L’amour ne disparaît jamais " (1 Co 13,7-8). Quand tu donnes tout ton amour à quelqu’un qui ne l’accepte pas, cet amour retourne en toi.

Le Seigneur dit : " Donne la paix à la maison où tu te rends. Si elle n’est pas acceptée, la paix te reviendra " (Mt 10,12-13). C’est ainsi dans la vie...

C’est pareil pour le mal. C’est pour cette raison que nous devons faire très attention.

Nous ne devons jamais avoir la moindre pensée négative ou contraire, car nous nous nuirons. Tu as compris ?

Quant à l’ingratitude, oublie-la. La reconnaissance que les autres peuvent éprouver ne doit pas nous préoccuper.

C’est à toi de la ressentir envers Dieu d’abord et ensuite envers tout le monde.

Attendre de la reconnaissance est trop mesquin. Tu dois même te réjouir de l’ingratitude des autres !

Mère Gabrielle Papayannis (1897-1992)

Pour aller plus loin

Sœur Barbara a écrit une courte biographie dans les numéros 84 et 85 de la revue Le Chemin toujours disponible à Béthanie.

Le livre « L’Ascèse de l’amour » de sœur Gabrielle, bibliographie officielle, est aussi disponible à Béthanie ou en ligne sur le site du monastère Saint Antoine le Grand : https://monastere-saint-antoine.fr/librairie

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15 octobre 2023 7 15 /10 /octobre /2023 19:24
Le pouvoir maléfique de la langue mauvaise

Aimez-vous comme je vous ai aimés.
(Jean 13, 34)
Quiconque accueille un « petit » en mon nom,
c’est moi qu’il accueille.

(Mt 18, 5)

 

Il est certain que ce n’est pas la première fois que ce thème est abordé dans ces pages mais, malheureusement, quoique nous fassions, il reste toujours d’actualité et il est bon d’y  revenir.

Nous veillons souvent sur nos actes car ils se voient, mais nous laissons toute liberté à notre langue, peu conscients du mal qui peut être fait par ce minuscule appendice.

On parle;  on dit n’importe quoi; on répète bêtement les cancans et les potins que l’on a pu entendre,  sans même savoir si ce qu’on nous a dit est vrai et, si cela était, la plus élémentaire charité  nous commanderait de nous taire.

Mais c’est plutôt le contraire qui se passe; on répète à  d’autres : « Savez-vous que... ? », « Avez-vous entendu dire... ? », « On m’a assuré que... »,  « Savez-vous ce que m’a dit untel ou unetelle... ? ».

La balle est partie et on ne sait où elle  s’arrêtera, amassant beaucoup de boue en roulant et devenant dix fois sa taille avant de se  fracasser en éclaboussant tout le monde !

Il est étonnant que l’on se complaise à colporter si facilement les ragots, lesquels, la plupart du temps, n’ont aucun fondement ou, tout au plus, sont fondés sur un malentendu ou  une incompréhension, quand la jalousie ou le dépit ne jouent pas leur rôle.

Tous cela est très grave sous des aspects que l’on croit anodins.

La moindre parole « coup d’épingle » devient facilement « épée acérée » qui peut provoquer de très profondes  blessures, longues à cicatriser.

Dans les cas extrêmes, ces paroles inconsidérées peuvent même  détruire des réputations. Et quand bien même ce qui a été dit serait vrai, la charité ne nous  commande-t-elle pas d’être remplis de compassion plutôt que de jugement ?

Comme il sied à des élus de Dieu, saints et bien-aimés, ayez un cœur plein de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience.

Supportez-vous mutuellement et pardonnez-vous l’un à l’autre si vous avez entre vous quelque différent.

Comme le Seigneur vous a pardonné, vous aussi, pardonnez.  

Mais, par dessus tout, revêtez-vous de la charité qui est le lieu de la perfection (Col 3, 12-14).

Ainsi la charité ne nous commande-t-elle pas de venir en aide à notre prochain par l’amour, la bienveillance et la compréhension plutôt que de l’enfoncer encore plus profondément par un jugement sans appel ?

Et charité ne signifie pas seulement s’abstenir de dire du mal, mais la charité en acte est l’accueil de l’autre, accueil par ses gestes de sympathie, accueil dans sa maison, son foyer, et  accueil du pauvre par le sourire et l’aide matérielle.

Nous ne sommes pas riches nous-mêmes ?  Faux !

Nous avons toujours quelque chose à donner et la vraie charité n’est pas de donner  chichement de son superflu, mais de partager l’essentiel.

Il est certain, cependant, que  déblatérer sur son prochain est tout le contraire de la charité et de l’accueil, car c’est,  purement et simplement, le rejet et la condamnation de l’autre, souvent sans appel.

N’oublions pas que nous sommes trop facilement les « pharisiens » de la parabole !

Il est certain que, souvent, on parle par inconscience (mais peut-être pas tant que cela !) sans se rendre compte du mal que l’on fait ou que l’on contribue à propager.

C’est pourquoi il faut se souvenir de la sagesse du vieux dicton qui nous dit : Tourne ta langue sept fois dans ta  bouche avant de parler ! ce qui veut dire qu’il ne faut jamais parler sans réflexion.

Une parole  inconsidérée peut être mortelle, sinon physiquement, du moins spirituellement et la personne  blessée par le glaive de notre langue a souvent du mal à s’en relever.

C’est là un aspect de la vie spirituelle beaucoup trop négligé car on y attache tellement  peu d’importance... et une parole est si vite lâchée !

Cela me rappelle la pénitence donnée par un confesseur à une personne habituée à clabauder sur son prochain.

Il lui dit : « Vous allez  prendre un oreiller de plumes; vous allez monter au clocher, crever l’oreiller et répandre  toutes les plumes au vent. Quand vous aurez fait cela, revenez me trouver. »

Sitôt fait, la  personne retourne chez son confesseur qui lui dit : « Maintenant vous allez ramasser toutes les  plumes et les remettre dans l’oreiller. »

« Mais ce n’est pas possible; elles sont toutes  dispersées par le vent ! »

« Et bien, dit le prêtre, il en est de même de vos paroles  inconsidérées : le mal est fait et vous ne pourrez jamais le rattaper entièrement ! » Cela se  rapproche du dicton : Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose !

Nous qui prétendons au titre de chrétien, c’est là un point capital sur lequel nous devons  être plus que vigilants.

Il est certain que la langue est vite embauchée au service du Malin qui sait si bien s’en servir !

N’a-t-il pas convaincu Ève de se détourner de Dieu ?

Alors, pour nous aider à combattre ce fléau destructeur de l’entente et de l’harmonie, redisons souvent, avec REPENTIR, la prière du psalmiste :
Seigneur, mets une garde à ma bouche;  veille sur la porte de mes lèvres.  Ne laisse pas dévier mon cœur  à des paroles malicieuses, pour servir d’excuses aux œuvres d’iniquités.

(Ps 140-141)

Mgr Maël

L’assassin ne tue qu’une personne mais celui qui dit  de la médisance en tue trois :

celui qui médit,

celui qui entend,

et la personne visée.

Ce qu'en dit la Bible


«  Si quelqu’un, en effet, veut aimer la vie Et voir des jours heureux, Qu’il préserve sa langue du mal Et ses lèvres des paroles trompeuses, Qu’il s’éloigne du mal et fasse le bien, Qu’il recherche la paix et la poursuive; «  (1 Pierre 3 : 10)

« Celui qui veille sur sa bouche garde son âme; Celui qui ouvre de grandes lèvres court à  sa perte.  » (Proverbes 13:3)

« O Eternel ! qui séjournera dans ta tente ? Qui demeurera sur ta montagne sainte ?  Celui qui marche dans l’intégrité, qui pratique la justice Et qui dit la vérité selon son coeur. Il ne calomnie point avec sa langue, Il ne fait point de mal à  son semblable, Et il ne jette point l’opprobre sur son prochain. »  (Psaumes 15 : 1-3)

 « Car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour. Prenez donc garde à  la manière dont vous écoutez; car on donnera à  celui qui a, mais à  celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir.  » (Luc 8 : 17-18)

 « Ne parlez point mal les uns des autres, frères. Celui qui parle mal d’un frère, ou qui juge son frère, parle mal de la Torah et juge la Torah. Or, si tu juges la Torah, tu n’es pas observateur de la Torah, mais tu en es juge. »  (Jacques 4:11)

«  Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront […] hautains, blasphémateurs  […]  insensibles, déloyaux, calomniateurs  […] ennemis des gens de bien,  traîtres […]  ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Eloigne-toi de ces hommes-là . »  (2 Timothée 3)

« Et Dieu dit au méchant : Quoi donc! tu énumères mes lois, Et tu as mon alliance à  la bouche […]  Tu livres ta bouche au mal, Et ta langue est un tissu de tromperies. Tu t’assieds, et tu parles contre ton frère,  Tu diffames le fils de ta mère.  Voilà  ce que tu as fait, Et je me suis tu. Tu t’es imaginé que je te ressemblais; mais je vais te reprendre, et tout mettre sous tes yeux. Prenez-y donc garde, vous qui oubliez Dieu, De peur que je ne déchire, sans que personne délivre. »  (Psaumes 50.16-20)

Les trois filtres de Socrate

Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute opinion de la sagesse. Quelqu’un vient un jour trouver le grand philosophe et lui dit :

"Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ? - Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes, j’aimerais te faire passer un test, celui des 3 filtres :

Les 3 filtres ?
Mais oui, reprit Socrate. Avant de me raconter toutes sortes de choses de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire.

C’est ce que j’appelle le test des 3 filtres. Le premier filtre est celui de la vérité.

As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?

Non. J’en ai simplement entendu parler...

Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité.

Essayons de filtrer autrement en utilisant un deuxième filtre, celui de la bonté.

Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?

Ah non ! Au contraire.

Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es même pas certain si elles sont vraies.

Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste un filtre, celle de l’utilité. Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ?

Non. Pas vraiment.

Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?"

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