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17 septembre 2023 7 17 /09 /septembre /2023 19:30
Comment faire l'expérience de l'amour de Dieu

Cette expérience de l'amour de Dieu s'enracine dans notre capacité à être aimés.

C'est la grande qualité d'un enfant que de vouloir être aimé.

C'est la chose la plus naturelle ; être aimé est peut-être la seule chose qu'un enfant désire de tout son être.

C'est cette capacité enfantine à être aimé que nous retrouvons par la méditation, notre identité la plus profonde et la plus vraie d'enfant de Dieu.

C'est cette connaissance de soi en tant qu'enfant de Dieu - voulant être aimé et acceptant la pauvreté, la vulnérabilité d’avoir besoin d'être aimé - qui nous guérit.

Cette connaissance de soi, cette vision de la réalité nous guérit dans notre personne tout entière, y compris notre réalité psychologique d'enfant de nos parents, de mari ou de femme, d’ami, de frère ou de sœur, etc.

Cette réalité psychologique à laquelle nous consacrons la majeure partie de notre temps à penser et à combattre est une partie réelle de nous-même, mais n'est pas notre personne tout entière.

C’est là la différence fondamentale entre la voie de l'esprit et la voie de la psychologie.

Notre identité la plus profonde est notre identité d'enfant de Dieu, et c'est en la découvrant et en la connaissant que nous libérons les pouvoirs cosmiques de guérison et de renouveau. 

Laurence Freeman OSB, Aspects of Love 3

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10 septembre 2023 7 10 /09 /septembre /2023 19:30
Le Coran, sacré pour les musulmans ?

Pierre Lory Islamologue et directeur d’études à l’École pratique des hautes études (EPHE) Le spécialiste de mystique musulmane explique pourquoi le Coran est considéré par les musulmans comme sacré, dans sa matérialité même.

Que représente le Coran pour les musulmans ?

Pierre Lory : Le Coran est pour eux la parole de Dieu, réellement.

Les musulmans disent que c’est une parole « incréée », c’est-à-dire qu’elle existait éternellement auprès de Dieu.

Quand un ­musulman récite le Coran, c’est le verbe de Dieu qui pénètre en lui, de manière presque physique.

Cela revêt une dimension presque ­sacramentelle, pour parler dans un langage catholique.

On a pu dire d’ailleurs que le Coran était en quelque sorte l’équivalent du Christ chez les musulmans : c’est le Verbe divin qui est offert aux hommes.

C’est pour cela que le texte coranique est beaucoup plus sacré chez les musulmans que la Bible ne l’est pour les ­chrétiens.

Son langage et l’agencement de ses mots sont donc sacrés…

P. L. : Oui, et quand il est écrit sur du papier, l’écriture elle-même devient profondément sacrée, imprégnée de parole divine.

Le Coran n’est pas seulement un message, c’est une théophanie.

À tel point que par la récitation du Coran, on s’élève vers Dieu, puisqu’on assimile les paroles mêmes que Dieu a données aux hommes.

Dans les courants mystiques par exemple, la méditation sur le Coran compte beaucoup : à force de s’imprégner de ses mots, nos qualités ­humaines deviennent progressivement des qualités divines.

C’est ce que disent les soufis.

Y a-t-il une sacralité de l’objet lui-même ?

P. L. : Bien sûr.

Pour les musulmans, il ne faut, par exemple, jamais mettre le Coran dans un lieu impur, sale.

Dans une bibliothèque, il est toujours placé dans un lieu élevé, pour qu’il ne soit pas en dessous des autres…

Il est relié, isolé, manié avec beaucoup de soin.

L’histoire de l’édition du ­Coran en témoigne : le Coran imprimé est très récent !

L’édition date des années 1920, bien après ­Gutenberg.

­Auparavant, elle était manuscrite : le Coran était recopié par des gens pieux, qui mettaient beaucoup de foi dans leur tâche.

L’hésitation fut longue avant d’imprimer de façon automatique le texte ­sacré. ­

Aujourd’hui, la question ne se pose plus.

Lorsque les pages du Coran sont brûlées ou déchirées, comment comprendre le sentiment d’un musulman ?

P. L. : À titre de comparaison, il faudrait imaginer le sentiment d’un catholique traditionaliste face à des hosties piétinées.

Bien sûr, la violence qui peut s’ensuivre est injustifiable.

Mais cela blesse profondément beaucoup de ­musulmans, c’est certain.

Cela a aussi des conséquences sur l’interprétation qu’on peut avoir du texte coranique…

P. L. : Du fait que le Coran est considéré comme la parole éternelle de Dieu, beaucoup de musulmans traditionnels estiment qu’il faut l’interpréter dans un sens complètement littéral.

C’est tout un débat – qui remplit des ­bibliothèques ! – pour savoir comment l’interpréter et dans quelle mesure il faut l’historiciser.

Le texte coranique peut être lu de deux manières : soit on considère que le Coran est une parole divine, éternelle, auquel cas elle ne dépend pas de l’histoire.

Mais c’est un peu gênant, parce que le Coran fait allusion à des événements historiques.

Comment ces événements sont-ils à comprendre dans l’éternité ?

Cela reviendrait à dire que tout a été décidé par Dieu de toute éternité.

En d’autres termes, affirmer que le Coran est un livre éternel implique la prédestination, parce que tout ce qui y est raconté était déjà prévu dans la prescience divine.

L’autre interprétation considère que le Coran a été révélé à des hommes libres : il apporte des ­lumières pour éclairer les choix.

Si les hommes sont libres, ils peuvent décider par eux-mêmes.

Toute la pensée musulmane est travaillée par cette question-là.

Recueilli par Marguerite de Lasa
La Croix

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6 septembre 2023 3 06 /09 /septembre /2023 19:39
 Les anges interviennent concrètement dans nos vies

Croire aux anges, n’est-ce pas passé de mode ?

Anne Bernet : C’est une croyance que l’on a délaissée à une époque, sans se rendre compte que si l’on oubliait « l’univers invisible » du Credo, on sapait une partie de la révélation chrétienne.

Aujourd’hui l’Église parle à nouveau des anges parce que, dans les années 1990, certains courants du new age s’en sont emparé.

Ces courants tiennent sur les anges des discours ésotériques qui n’ont rien de chrétien et qui, pour l’Église, frôlent même le satanisme.

Il est donc ­nécessaire qu’elle propose une vision des anges théologiquement juste.

Pourquoi croire aux anges ? Croire au Christ ne suffit-il pas ?

A. B. : Sans les anges, qui sont de purs esprits mais ne sont pas Dieu, il manquerait un degré entre le matériel, qui caractérise l’humain, et le spirituel, propre à Dieu.

Cela creuserait un fossé entre le divin et ­l’humain.

Certes, le Christ est vrai Dieu et vrai homme, mais il est une des trois personnes divines.

D’autre part, même si elle se suffit à elle-même, la trinité a le désir de créer et de se communiquer, et seuls les anges sont capables de répondre pleinement à l’amour de Dieu par leur louange permanente.

Selon l’Église, interviennent-ils dans notre monde ?

A. B. : Oui, sans cesse, discrètement, par petites touches, par suggestions.

L’Église enseignait autrefois qu’ils empêchaient les planètes de se télescoper.

Je ne suis pas sûre qu’il n’y ait là qu’une vision poétique de leur action.

Je crois qu’ils interviennent concrètement, en nous protégeant d’une foule de malheurs.

Le père Lamy, curé de La Courneuve au début du XXe siècle, disait qu’ils sont « nos grands frères très aimants ».

C’est une vraie consolation de penser qu’ils sont à nos côtés dans un monde qui engendre tant de souffrance et de solitude.

Pourquoi croire en l’existence de mauvais anges ?

A. B. : Dieu leur a laissé la même liberté de choix qu’aux êtres humains : la possibilité de lui préférer autre chose que lui-même.

Certains anges se sont préférés à Dieu.

Ils ont cherché en eux-mêmes un bonheur et une liberté qu’ils ne pouvaient en réalité pas y trouver.

Ne pouvant plus communier dans l’amour divin, ils se sont retrouvés emplis d’une haine à la mesure de l’amour qui les emplissait avant.

Ils cherchent à semer le mal en séparant la création de son créateur, pour empêcher les ­humains d’atteindre le bonheur dont eux-mêmes se sont privés.

La foi catholique les tient-elle pour responsables du mal que font les humains ?

A. B. : On ne se laisse jamais influencer par le démon si on ne lui a pas ouvert la porte.

La responsabilité humaine est là.

Ce qui ouvre la porte au diable, c’est le péché grave, ou certaines imprudences consistant, par exemple, à invoquer des esprits que l’on croit ­bénéfiques, mais qui ne le sont pas et peuvent vous faire tomber sous leur emprise.

Avons-nous tous un ange gardien ?

A. B. : Oui, et il n’est pas besoin d’être chrétien pour cela.

Tout être humain reçoit à la naissance un ange qui a pour mission de veiller sur lui, afin qu’il échappe au mal et entre un jour dans le Royaume de Dieu.

Il veille à notre croissance spirituelle, mais il arrive aussi qu’il nous protège d’accidents concrets.

Peut-on percevoir son existence et entretenir une vraie relation avec lui ?

A. B. : Saint Camille de Lellis, au XVIe siècle, fut sollicité un soir par un jeune homme dont la grand-mère, lui dit-il, était mourante.

Camille se rendit au chevet de la vieille femme.

Après avoir reçu les derniers sacrements, celle-ci lui apprit qu’elle vivait seule et n’avait pas de petit-fils.

Elle avait simplement prié son ange gardien…

Padre Pio, Françoise Romaine ou Don Bosco ont eux aussi perçu leur présence.

Mais, pour la plupart, nous devons croire, sans le savoir, que notre ange gardien est là.

Ce qui n’empêche pas d’entretenir avec lui une relation de respect et d’affection.

Et, si l’on recourt à lui, on s’apercevra souvent que son aide est incontestable et qu’il est toujours là au bon moment.

Faut-il croire aux anges ? Selon Anne Bernet, autrice d’Enquête sur les anges (Artège)

Recueilli par Christel Juquois
La Croix

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