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28 septembre 2023 4 28 /09 /septembre /2023 19:30

 

La présence divine dans nos vies est à la fois la chose la plus subtile mais aussi la plus concrète à saisir. Nous attendons tous et toutes un évènement grandiose voire tonitruant. L’héritage judéo-chrétien nous dit, à travers d’innombrables témoignages, que celui-ci est rarissime voire tout à fait exceptionnel. Le prophète Élie nous l’exprime dans son langage intemporel.  Il arrive au sommet du Mont Carmel car Dieu lui a demandé en vision d’y venir. Il se tient à l’entrée d’une grotte attendant la manifestation divine. Il entend une tempête  puis subit un tremblement de terre et pour finir voit un feu d’incendie.  Mais Dieu n’était ni dans l’un ni dans l’autre. Puis il ressentit un fin silence ou une très légère brise, suivant les traductions, et la Shekina hébraïque ou la présence divine était bien là pour s’adresser à lui. Il se couvrit alors le visage car nul ne peut voir Dieu sans mourir nous enseigne la Bible car Il dépasse toute compréhension humaine.

C’est quoi la Présence de Dieu ?

L'Evangile de Jean est d’une clarté éblouissante quand il nous dit, à la fin de son prélude, que « Nul n’à jamais vu Dieu, le Fils-Engendré qui est dans le sein du Père lui l’a fait connaître. » C’est bien en ce sens que les spirituels chrétiens évoquent une présence permanente de Dieu dans leurs vies. Quoiqu’ils ou elles fassent, tout leur être est orienté vers sa source souvent nommé le Père ou Dieu ou plus particulièrement le Christ. La Bible nous le dit dès le départ de son texte inspiré et au tout début de la création, au chapitre 4 de la Genèse, quand les hommes commencèrent à invoquer le Nom du Seigneur autrement dit sa Présence.

Cette Présence

est en quelque sorte une prière permanente au rythme du cœur et ou du souffle. Depuis les premiers Pères et Mères du désert du quatrième siècle, cette pratique s’est perpétuée massivement en Orient pour s’effacer, sans disparaître pour autant, dans l’occident chrétien. Que faisaient-ils d’autre que de vivre dans leur quotidien le verset du Psaume 27 4 « Je demande à Dieu de vouloir habiter dans sa maison ».

Présence de Dieu, Présence à Dieu

Mais pour que Dieu apporte sa présence, encore faut-il que l’être humain assure sa propre présence et d’abord à lui-même. Dans le brouhaha et le bavardage mondialisé  de nos sociétés dites modernes, il est primordial d’être attentif profondément à soi-même et aux autres.  Cela revient aussi à remettre au cœur de nos journées l’écoute au sens biblique du « Écoute Israël ». Pour entendre le message, quelque soit son origine, il faut d’abord ouvrir ses propres oreilles en se décentrant de notre nombrilisme ambiant. Et alors la mystérieuse rencontre peut s’établir  identique à celle du papillon voletant autour de la lumière d’une chandelle allumée.

L’âme papillon et la Présence

L'héritage chrétien nous a légué, entre bien d’autres,  le symbole du papillon tacheté  de couleurs multiples qui sont autant d’archétypes porteurs de sens. La peinture qui orne ce texte, œuvre d’Isabelle Fomerand, en symbolise le sens. Nous y trouvons,  ou retrouvons, dans ces jeux de couleurs, l’attirance quasi magnétique de l’âme  pour sa  source. Nous découvrons ainsi nôtre capacité à mourir pour renaître  comme la chenille ou la chrysalide qui est la matrice du papillon.

La présence à Dieu

et donc à soi est l’une des voies spirituelles qui nous est transmise par le christianisme. Notre mosaïque intérieure, mobile et changeante, met en place une petite méthode sans méthode comme le rappelait dans ses écrits Jeanne Guyon (1646-1717) que l’on redécouvre de nos jours. Comment ne pas se perdre dans les méandres de nos vies ? Comment cheminer et aller vers notre propre inconnu ?

La peur et l’occultation de la mort

si caractéristique de notre époque où l’idéal est une sorte d’éternelle jeunesse, évidemment inatteignable, a sa réponse : s’éveiller à la Présence qui nous habite le plus souvent inconsciemment.

Il est la plupart du temps oublié

que le nom de chrétien ne fut donné à Antioche que vers l’an 60. Auparavant, ceux qui suivaient les enseignements de Jésus étaient appelés disciples de la lumière ou encore adeptes de la Voie. Cette chronique  fait partie de l’actuel dévoilement ou redécouverte de la sève première de la Parole. Comme le papillon, il nous reste à apprendre au quotidien à mourir à nos certitudes pour aller toujours plus loin vers l’horizon de nos incertitudes. Nous accèderons alors à une renaissance finale qui n’aura pas de fin après avoir gravi les rochers de la montagne du dedans.

Les prochaines chroniques donneront quelques indices ou témoignages que l’occident mystique a expérimentés tout au long de son histoire : silence, discernement, écoute….la liste en est fort longue !

Gérard Emmanuel Fomerand

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27 septembre 2023 3 27 /09 /septembre /2023 19:30
Le but de la lecture

Un élève pose cette question à son maitre : « J'ai lu beaucoup de livres et j'en ai oublié la plupart ; mais alors quel est le but de la lecture ? "

L'enseignant n'a pas répondu à ce moment-là ; cependant, au bout de quelques jours, alors que lui et le jeune élève étaient assis près d'une rivière, il a dit qu'il avait soif et a demandé à l'enfant de lui apporter de l'eau avec une vieille passoire sale qu'il y avait le sol.

L'élève a été sursauté parce qu'il savait que c'était une requête sans logique.

Cependant, il n'a pas pu contredire son maître et, après avoir pris la passoire, il a commencé à accomplir cette tâche absurde.

Chaque fois qu'il plongeait la passoire dans la rivière pour apporter un peu d'eau à son maître, il ne pouvait même pas faire un pas vers lui car il ne restait plus une goutte dans la passoire.

Il a essayé et essayé des dizaines de fois mais, même si il a essayé de courir plus vite de la rive jusqu'à son maître, l'eau a continué à traverser tous les trous du tamis et s'est perdue en chemin.

Épuisé, il s'est assis à côté du Maître et a dit :
- Je ne peux pas trouver de l'eau avec cette passoire ; pardonnez-moi, maître, c'est impossible et j'ai échoué dans mes devoirs.

- Non ! Dis le vieil homme souriant - tu n'as pas échoué. 

Regarde la passoire : maintenant elle brille, elle est propre, comme neuve.

L'eau, qui s'infiltre dans ses trous, l'a nettoyée.

- Quand tu lis des livres - a poursuivi le vieux Maître, - tu es comme une passoire et ils sont comme de l'eau de rivière. 

Peu importe si tu ne peux pas garder dans ta mémoire toute l'eau qu'ils laissent couler en toi, parce que les livres, avec leurs idées, leurs émotions, leurs sentiments, leurs connaissances et la vérité que tu trouveras entre les pages, nettoiera ton mental et ton esprit, et feront de toi une personne meilleure et renouvelée. 

Voilà le but de la lecture.

Mery Rodriguez
 

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23 septembre 2023 6 23 /09 /septembre /2023 19:45
À Béhuard, en Val de Loire, le réveil d’un sanctuaire

L’évêque d’Angers a béni, vendredi 8 septembre, la maison diocésaine du sanctuaire de Béhuard et consacrera son diocèse à Notre-Dame, à l’occasion d’une messe en plein air.

Ce sanctuaire marial, situé dans une île sur la Loire, est en train de redevenir l’un des poumons spirituels de l’Anjou.

Ce dimanche-là, un soleil radieux inonde Béhuard, seule commune insulaire du Maine-et-Loire, qui a aussi pour particularité d’abriter un sanctuaire marial en pleine effervescence.

Dans la cathédrale de verdure qui accueille la messe en plein air, les bancs et les chaises colorées ne sont pas suffisants pour permettre à tous de s’asseoir. Nombre de familles sont venues assister à la bénédiction des cartables, organisée dans une ambiance joyeuse à la fin de la célébration sous les frondaisons.

« Dans ce secteur, beaucoup de jeunes familles se sont installées et elles ont besoin de lieux qui nourrissent leur foi », témoignent René et Anne-­Cécile, 47 et 38 ans, investis de longue date dans la vie du ­sanctuaire et sa liturgie.

Parents de cinq enfants de 2 à 15 ans, ce couple de viticulteurs ­savoure le « refleurissement » du sanctuaire depuis quelques années.

Un mot qu’ils préfèrent à celui de renaissance. « Il n’est jamais mort car des chrétiens se sont toujours investis pour le sauver », expliquent-ils.

Chaque mercredi soir, eux-mêmes animent une chorale ouverte à tous, destinée à préparer les chants des messes célébrées en plein air ou dans la chapelle construite sur un rocher au centre de ce village de 125 habitants, qui abrite la précieuse vierge noire de Béhuard.

Un engagement salué par le père Bertrand Chevalier, énergique recteur du sanctuaire, installé par Mgr Emmanuel Delmas en ­septembre 2019.

L’évêque avait assigné un triple objectif au recteur et à son conseil de laïcs (1) : faire rayonner le sanctuaire, accueillir les touristes comme des pèlerins et faire office de laboratoire d’idées et de créativité.

D’importants travaux, financés par le diocèse et des dons – 2,3 millions d’euros au total – ont permis de rénover la maison diocésaine et une ferme attenante, qui était encore en ruine en février dernier.

Cette dernière abrite au rez-de-chaussée une boutique de livres et objets religieux donnant sur une terrasse et un four à pain, avec vue imprenable sur la Loire.

À l’étage, elle pourrait bientôt accueillir trois religieuses du Verbe incarné, une communauté originaire d’Argentine.

À deux pas de là, la maison diocésaine de Béhuard, qui héberge à l’année une famille, un étudiant et un jeune professionnel, se veut ouverte à tous (retraites, événements diocésains…).

Elle dispose de grandes salles de réunion et à manger, de chambres, de dortoirs et d’un bel oratoire.

Plusieurs décorateurs et artistes sublimé les lieux : fresque aux oiseaux, murs colorés ornés de phrases de l’Évangile…

« L’idée, c’est que tout le monde s’y sente bien, du plus pauvre au plus aisé, car tout le monde a droit à la beauté », résume le père Chevalier, qui s’appuie sur des hospitaliers et bénévoles pour assurer cette mission.

« Être au service de ce lieu procure une grande joie », confie Catherine, négociante en fruits dans la région. Membre du conseil du recteur, elle veille à soigner cet accueil.

« Quand on vient ici déposer ses soucis, on en repart plein de force. » Au-delà des messes quotidiennes et des temps de prière, l’équipe de Béhuard regorge d’idées pour répondre à tous les besoins spirituels.

Une journée mensuelle de halte pour les femmes débutera fin septembre et une catéchèse Montessori en octobre. Des retraites pour les couples et les hommes devraient suivre.

Pour Anne-Cécile et René, la force du lieu tient à son caractère populaire. « Marie touche facilement le cœur des gens, même les plus éloignés de l’Église », assurent-ils.

D’autant que la vierge noire de Béhuard n’en finit pas de dévoiler ses secrets. On savait déjà que certaines de ses robes avaient été offertes par Poppy, ancienne couturière des stars, dont Brigitte Bardot.

Lors du confinement, le recteur a voulu nettoyer son sceptre, datant du XVe siècle.

Il a découvert qu’il était serti de pierres précieuses très anciennes, dont de superbes opales d’Éthiopie. Un trésor bien caché que les fidèles découvriront peut-être lors des prochaines célébrations à Béhuard.

Florence Pagneux

Jusqu’à maintenant, on se tournait vers Notre-Dame de Béhuard pour l’invoquer afin d’être sauvé du péril des eaux, des maladies ou de la guerre ; mais, même si cette attitude est toujours présente à travers les prières des visiteurs et des pèlerins, nous sommes devenus davantage conscients de la nature qui nous environne, de laquelle nous sommes tirés et pour laquelle nous devons agir en vue de sa « sauvegarde ».

On prie moins pour se protéger de la nature que pour la protéger.

Or justement, si autant de gens viennent à Béhuard, c’est parce que dans ce lieu, la nature est belle (une île sur la Loire), le village est beau (ayant le label « petite cité de caractère »), et tous, croyants ou non, sont attirés par la chapelle juchée sur le rocher.

Ainsi Béhuard est un lieu de paix et d’harmonie, signe de la nouvelle naissance d’une humanité divisée !

N’est-ce pas de cette manière que l’on pourrait dénommer Marie à Béhuard : Notre Dame de paix et d’harmonie ?

repères
Une longue histoire

Ve siècle. Saint Maurille, évêque d’Angers, dédie l’île de Béhuard à la Vierge Marie, en remplacement d’une divinité païenne, protectrice des marins, suppliant Notre Dame d’être la protectrice des ­riverains et des mariniers.

XVe siècle. Sauvé de la noyade, le roi Louis XI devient le bienfaiteur de Béhuard et agrandit l’église. Elle devient un haut lieu de pèlerinage, relancé par Mgr Freppel en 1 873.

1923. La vierge noire de Béhuard est couronnée au nom du pape Pie XI devant 40 000 personnes.

1918. Ouverture d’un ­orphelinat par l’abbé Grangereau.

1928. Inauguration d’un ­calvaire et d’un autel en plein air, en souvenir de la Grande Guerre.

1952. Fermeture de l’orphelinat qui deviendra une maison pour les prêtres puis un foyer ­logement pour prêtres âgés.

(1) L’équivalent d’une équipe d’animation pastorale.

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