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1 décembre 2022 4 01 /12 /décembre /2022 20:30
SAINT  ELOI
 
à Didier, évêque de Cahors
 
A celui qui sera toujours son seigneur et père apostolique, Didier, prêtre par excellence,
 
Eloi, serviteur des serviteurs de Dieu.
 
Chaque fois que nous trouvons l'occasion d'écrire à Votre Grâce, chaque fois semble se combler pour nous la mesure de notre allégresse.
 
C'est pourquoi, outre la dette du salut dont je vous suis redevable, je vous demande encore avec plus d'ardeur et par-dessus tous les biens de cette terre que, chaque fois que votre âme, au milieu des soucis de ce monde, pourra trouver un instant de repos, vous n'oubliez pas d'associer à vos saintes prières le souvenir du moindre de vos serviteurs
 
Et je vous dis cela, non pas que je croie que vous nous oubliez parfois, pas plus que votre serviteur ne vieillira dans votre cœur ; mais j'ai pensé cependant qu'il ne serait pas hors de propos de vous rappeler cela en vous adressant une nouvelle prière.
 
Vous savez, sans que j'aie besoin de vous le redire, quelle cause peut seule animer mon cœur dans cette vie présente, si ce n'est l'immensité du désir de la vie éternelle que l'on goûte dans la bienheureuse patrie des justes.
 
C'est ce seul désir qui fait battre mon cœur et tressaillir mes entrailles.
 
Vous savez aussi que l'on ne parle fréquemment que de ce qui fait l'unique objet de son amour et le but de ses désirs.
 
Or donc, mon Didier, toi qui m'es cher comme moi-même, souviens-toi toujours de ton Eloi lorsque ton âme se répandra en prières devant le Seigneur,
 
Et bien qu'une immense distance nous sépare l'un de l'autre et que nous ne puissions espérer de nous retrouver corporellement en cette vie, soyons toujours unis dans le Christ et efforçons-nous de vivre de telle sorte qu'après peu de temps nous soyons réunis en corps et en âme tout à la fois, et qu'ainsi réunis nous puissions vivre éternellement.
 
Ce que daignera accorder à nos instantes prières, comme je le crois, la clémence sans bornes de notre Seigneur Jésus-Christ, à qui la gloire appartient dans l'éternité des siècles. Amen.
 
Je te salue de toute mon âme et avec l'affection la plus sincère. Dadon, notre fidèle compagnon, te salue aussi.
 
HYMNE DE MONSIEUR SAINCT ELOY
évesque de Noyon
 
Faudrait un lyre dorée
Qui eust sa tablette azurée,
Sur icelle des fils d'argent,
Son dos couvert d'orfaverie,
Chaque cheville en pierrerie 
Et l'archet de mesme entre-gent,
O sainct Eloy, preslat insigne, Pour te chanter un los condigne
Aux mérites de tes vertus,
Toy dont l'Eglise a tant de gages 
Et qui admire tes ouvrages 
D'or et de perles revestus.
 
 

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28 novembre 2022 1 28 /11 /novembre /2022 20:30

Saint Matthias tient une hache dans sa main droite, instrument de son martyre par décollation.

Saint Matthias apôtre, protecteur des ingénieurs et des bouchers, fut le seul à ne pas être choisi par Jésus, mais par les apôtres. Apprenons à mieux le connaître.

Le 14 mai on fête Saint Matthias, le douzième apôtre. Un apôtre atypique, puisqu’il fut le seul à ne pas être choisi par Jésus, mais par les autres apôtres après la mort de ce dernier. En effet, la trahison et le suicide tragique de Judas Iscariote avaient laissé une place vacante parmi les apôtres, qui devaient absolument être douze, afin de symboliser les douze tribus d’Israël.

Ainsi, dans les jours qui suivirent l’Ascension, les apôtres et les disciples de Jésus se réunirent afin d’élire le nouvel apôtre. Saint Matthias fut choisi parmi cent-vingt grands fidèles de Jésus, avec un autre homme, Joseph, appelé Barsabas, et fut ensuite tiré au sort comme nouvel apôtre. Cette histoire est racontée dans le livre des Actes des Apôtres 1,21-22.

Avant cela, il était un disciple de Jésus, qui le suivait partout et il était déjà à ses côtés quand il fut baptisé par Jean le Baptiste et ne le quitta jamais.

D’ailleurs, Matthias semblait depuis toujours destiné à rester à côté du fils de Dieu puisque son nom dérive en effet de Matthias (en hébreu : mattithyahû) , qui signifie « Don de Dieu ».

 

L’histoire de Saint Matthias

Paradoxalement, on ne sait quasi rien sur l’apôtre Matthias avant sa nomination. Peu de temps après avoir été tiré au sort, il serait parti, comme les autres apôtres qui n’étaient plus les bienvenus à Jérusalem, pour aller prêcher la Parole de Jésus. Des sources vagues et contradictoires le décrivent en voyage dans les terres de l’Éthiopie, jusqu’aux territoires peuplés par les cannibales.

Sa mort advint à Sébastopol, où il fut enterré dans le temple du Soleil ou, selon d’autres récits, il subit le martyr à Jérusalem, où il fut lapidé et ensuite décapité avec une hallebarde. Ce détail justifierait le fait que le Saint soit souvent représenté avec cette arme en main. Mais il n’y a pas d’informations certaines.

Ce qui est certain, par contre, c’est que Saint Matthias était présent à la Pentecôte, la descente du Saint Esprit sur les Apôtres. Il s’agit d’un des moments les plus hauts de l’histoire de l’Église, voire, dans un sens, son véritable début. En effet, ce fut grâce à l’effusion du Saint Esprit, envoyé par Jésus à ses disciples sous forme de langues de feu, qu’ils commencèrent à voyager et prêcher l’Évangile.

La Pentecôte juive tombait le cinquantième jour à partir du jour après le samedi de Pâques. Il s’agissait d’une fête sacrée, mais aussi agricole, connue comme fête des moissons et des prémices. Elle prévoyait un pèlerinage à Jérusalem et l’offrande sacrificielle de pain levé aux prêtres du Temples.

Dans les Actes de Apôtres (Actes 2,1-11), on lit que le jour de la fête de Pentecôte, tous les disciples de Jésus s’étaient réunis à Jérusalem, tous au même endroit. « Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (Actes 2,1-4).

Une grande foule fut attirée par ce vacarme et accourut sur le lieu où les disciples étaient réunis. En les entendant parler dans tant de langues différentes, ils en furent très surpris. Saint Pierre et les Apôtres s’avancèrent, en rappelant à tout le monde les anciennes prophéties, et dirent que cet événement miraculeux était l’œuvre de Jésus, « Seigneur et Messie » envoyé par Dieu et ressuscité du royaume des morts. Beaucoup de personnes se convertirent à l’instant et demandèrent à être baptisées, comme les exhortait à faire Pierre : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Actes 2, 38-39).

 

Ainsi les apôtres, et Saint Matthias parmi eux, commencèrent à prêcher l’Évangile. Beaucoup de personnes se réunirent afin de les écouter et d’apprendre d’eux comment s’adresser à Dieu et le miracle du partage du pain et de la prière. Ainsi naquit le premier noyau de l’église chrétienne.

Comme pour beaucoup d’autres Saints, les reliques de Saint Matthias sont conservées dans différentes églises et villes. Une partie est à Trèves, ville allemande dont il est le Saint Patron, et où s’érige une basilique dédiée à son culte. Dans la basilique de Sainte Justine de Padoue il y a également certaines reliques de Saint Matthias, contenues dans une arche en marbre dans le transept. Dans la même Basilique sont également conservées les reliques de Saint Luc Évangéliste. D’autres reliques du Saint seraient conservées à Rome dans la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, où elles auraient été amenées par Saint Hélène, mère de l’empereur Constantin, mais il y a le doute qu’il puisse s’agir de celles de Saint Matthias évêque de Jérusalem.

À Saint Matthias a également été attribué un évangile apocryphe.

 

Matthias, apôtre après la trahison de Judas

Donc, même s’il a été tiré au sort après la mort de Jésus, nous ne pouvons certainement pas considérer Saint Matthias comme un apôtre moins important que les autres. Sa participation à la vie du Seigneur, sa présence constante à ses côtés, font de sa « promotion » au rang d’Apôtre une simple confirmation d’une vie dédiée à la foi. En outre, il a été investi en personne par le feu du Saint Esprit pendant la fête de la Pentecôte. Il est également probable qu’il était un des septante-deux disciples envoyés par Jésus « comme des brebis au milieu des loups » (Matthieu 10,16) pour qu’ils préparent son arrivée dans les villages et dans les terres vers lesquelles il se dirigeait.

Mais comment se place sa figure par rapport à Judas Iscariote ?

Judas ne jouissait pas d’une grande popularité déjà avant sa trahison. En réalité, en lisant les Évangiles, nous trouvons souvent des jugements plutôt négatifs à son sujet, voire des accusations d’être cupide, peu honnête dans son rôle de trésorier des apôtres, et carrément un voleur. Il est difficile de comprendre combien de cette vision négative de Judas Iscariote soit à attribuer à ce qu’il a fait, à son rôle dans l’arrestation, dans la Passion et dans la mort de Jésus. S’il était vraiment si antipathique et misérable, pourquoi le Sauveur l’aurait voulu à ses côtés ? Peut-être Jésus savait, dans son infinie sagesse, qu’il fallait précisément un homme comme Judas pour que tout s’accomplisse.

Reste le fait que Judas ne survit pas son Maître. Après l’avoir fait arrêté, il regretta tout de suite son acte et, rongé par la culpabilité, se pendit.

Le fait que Saint Matthias ait pris sa place a guéri d’une certaine manière la plaie ouverte, en rendant son intégrité au collège de Apôtres et en leur préparant le terrain pour le destin qui les attendait.

Voir aussi ci-dessous

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25 novembre 2022 5 25 /11 /novembre /2022 20:30

Xavier Accart Journaliste, rédacteur en chef du magazine « Prier » Auteur de L’Art de la prière. 50 méthodes éprouvées pour faire l’expérience de Dieu (1), Xavier Accart offre une visite guidée de cet acte « gratuit » qu’est la prière.

À quoi sert la prière ?

Xavier Accart : La prière ne sert à rien : c’est un acte gratuit.

C’est difficile à comprendre dans un monde où nous sommes exposés à la pression de la rentabilité, au devoir d’optimiser notre temps…

Prier, c’est d’abord entrer en relation avec Dieu, louer sa beauté et sa bonté, le remercier (on dit aussi rendre grâce), lui qui nous a créés gratuitement, par amour.

Lui en qui « nous avons la vie, le mouvement et l’être », dit saint Paul (Ac 17, 28).

Dans la prière, Dieu nous fait l’immense cadeau de s’offrir lui-même à nous. « Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toutes circonstances : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus » (1 Th 5, 16-18), dit encore Paul.

On prie aussi pour demander quelque chose à Dieu.

X. A. : Bien sûr ! On peut s’adresser à Dieu pour lui demander une faveur pour soi ou pour quelqu’un d’autre, une aide, du soutien… ­

Jésus incite ses interlocuteurs à demander des choses à Dieu en son nom : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous » (Jn 15, 7).

Dieu répond toujours, mais souvent de façon surprenante dans la forme, les modalités ou les délais…

Dire que la prière est gratuite ne veut pas dire qu’elle n’est pas féconde.

Sa gratuité nous ouvre à l’action de Dieu en nous : elle nous transforme progressivement et nous aide à accomplir notre vocation.

Comment débuter dans la prière ?

X. A. : Prier, c’est d’abord se résoudre à prendre rendez-vous avec Dieu, en en choisissant le moment, le lieu et la durée, quelques minutes peuvent suffire.

Romano ­Guardini, un grand penseur chrétien du XXe siècle, disait : « Votre prière sera ce qu’a été votre préparation à la prière. »

L’idéal est de choisir un lieu et un moment calmes, d’éteindre son portable.

Dans quelle posture allez-vous prier ?

Debout (c’est la posture chrétienne traditionnelle, qui signifie la résurrection), assis ou à genoux.

Ne choisissez pas un siège trop confortable, pour ne pas vous avachir ou vous endormir ; ni trop incommode, pour garder votre esprit disponible.

Ensuite, vous vous mettez en présence de Dieu (qui, lui, est toujours avec vous) en faisant, par exemple, un lent signe de croix.

Restez un moment en silence, pour apaiser votre esprit.

­Petit conseil : gardez près de vous un crayon et du papier, car vous allez être traversé par des idées, des pensées, c’est normal, vous pourrez les noter, si besoin, puis revenir auprès de Dieu.

Qu’est-ce qui constitue le cœur de la prière ?

X. A. : Il y a plusieurs façons de faire.

Vous pouvez méditer des extraits de la Bible, cette parole de Dieu, si essentielle dans la prière, car c’est en elle que Dieu se révèle à nous (2).

Vous pouvez aussi vous tenir en silence, dans un cœur-à-cœur avec Dieu, en posant un acte de foi : « Seigneur, je sais que tu es là, tu es présent et tu m’aimes. »

Jusqu’à ce que le temps s’écoule.

Enfin, sortir doucement de cette rencontre, en remerciant Dieu, en terminant par un signe de croix, simple geste qui est aussi une forme de prière.

Recueilli par Gilles Donada

(1) Éd. L’Emmanuel, 480 p., 24 €. Il anime aussi l’émission « À l’école de la prière » sur Radio Notre-Dame.

(2) Les textes de la messe et des offices du jour sont disponibles sur les sites et applis prionsenglise.fr ou aelf.org

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