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19 décembre 2022 1 19 /12 /décembre /2022 20:30
 
Par un ami, je (Jean Lavoué) savais Christian Bobin malade depuis quelques semaines : une invitation à communier silencieusement avec lui dans la traversée de l’épreuve.
Que dire désormais qu’il vient de nous quitter sinon rejoindre justement ce grand silence de la poésie, ouverte à la beauté et à la tendresse du monde, auquel il n’a cessé de nous éveiller.
Cette photo accompagnait fin octobre son entretien avec le journal La Vie :
« L’âme est une espèce à protéger. »
Je partage à nouveau cette rencontre à propos de la sortie de ses deux derniers livres…
Rencontre avec un passeur d’ « âme » et de Vie…
JL
 
Le poète du Creusot revient avec le Muguet rouge, un recueil plus mordant que jamais sur notre modernité.
Et un Quarto Gallimard regroupe 17 œuvres de ce rebelle contemplatif.
Le Muguet rouge, au titre énigmatique, est un petit livre aiguisé comme une lame, qui rentre dans le dur de notre modernité. Le poète en colère y moque les économistes – ces « bouilleurs de chiffres », fustige la folle vitesse qui régit nos vies.
Dans le collimateur de Christian Bobin : les écrans qui absorbent notre temps de cerveau disponible, happent nos esprits mais aussi nos cœurs.
Les métaphores s’enchaînent – « l’œil du cyclope », « le Gutenberg du diable », « le miroir des aveugles »… Haro sur « les chiens électroniques » qui nous tiennent en laisse au quotidien.
L’heure est grave et le poète, plus vigilant que jamais.
LA VIE. Votre recueil porte une férocité nouvelle, pourquoi ?
CHRISTIAN BOBIN. Parce que le temps presse. Les cavaliers de l’Apocalypse sont arrivés à notre seuil, ils attendent que l’on ouvre.
Et même à travers le bois de la porte, ils nous regardent… Je souligne que, dans son sens originel, l’apocalypse n’est pas une fin du monde, mais d’abord un dévoilement.
Et précisément, c’est celui-ci que nous refusons : nous ne voulons pas voir ce que nous avons fait à cette terre et ce que nous sommes devenus.
La situation a été tenable un moment, mais désormais elle se retourne contre nous.
Dans la Bible, les quatre cavaliers de l’Apocalypse du texte de Jean (Apocalypse 6) amènent la guerre, les épidémies, le désordre financier et le feu de la nature…
N’avons-nous pas chacun de ces maux devant les yeux tous les jours ? Nous en sommes arrivés à un abaissement spirituel, l’âme est devenue une espèce à protéger.
Je me suis dit qu’il était peut-être temps, au moins une fois, au moins dans ce recueil, de voir au mieux, et d’aider le lecteur à voir lui aussi.
Simplement voir.
Loin de moi l’intention de faire un livre de morale – je n’aime pas ça de manière générale : le confort des sièges bien rembourrés pour le bien, et l’inconfort du petit tabouret boiteux pour le mal.
Ce recueil n’est pas non plus un condensé d’opinions et de pensées.
Je nourris juste l’ambition que le langage, en se densifiant jusqu’à son point de brûlure, ait une chance de réveiller quelque chose chez quelques-uns.
« La mort devenait de plus en plus miniaturisée, des paillettes électroniques dans ses cheveux de cendre » : vous y allez fort !
C.B. Je ne souhaite pas non plus que l’on sorte déprimé de cette lecture. Car la fin du monde, c’est à chaque seconde, depuis que nous sommes nés, depuis toujours pour toute l’humanité.
Pour l’homme des cavernes, la fin du monde commence par un grognement qui sourd du noir de la grotte où il a cru trouver refuge.
Aujourd’hui, pour nous, la fin du monde est en jeu dans le dialogue des êtres et dans le maintien de l’humain à l’intérieur de l’humain.
Elle n’est pas tant dans les machines, même si celles-ci aident beaucoup à notre destruction, mais elle est d’abord dans le face-à-face – comme aurait pu le dire le poète Jean Grosjean : est-ce que toi qui me parles tu es là ?
Est-ce que moi qui te réponds je suis là ? Est-ce que, par la parole, nous allons enfin ouvrir une fenêtre dans ce monde qui nous étouffe ?
La chance de créer cette brèche est toujours possible, mais il y a urgence.
J’ai écrit ce livre en croisant deux sortes de paille : la paille sombre d’aujourd’hui – on nous fait avaler par jour l’équivalent d’un siècle entier de poison et de désastre – et puis la paille toujours existante, parce qu’invincible, de l’invisible : celle de l’amour quand il est à son point d’envol entre deux êtres ou celle d’un poème qui est encore vivant alors qu’il a été écrit il y a quatre siècles – les absents aussi peuvent nous aider.
Mais il faut d’abord voir en face le mal qui vient : pour se sauver, on doit reconnaître son étendue.
N’y a-t-il pas deux visages différents de la mort, que vous opposez dans le Muguet rouge ?
C.B. En effet, il y a une mort dont on se remet paradoxalement assez bien, c’est celle qui arrive à chacun de nous par la loi de la nature.
Une fleur éclôt sur terre, donne sa lumière, séduit quelques abeilles et, le soir venu, se replie sur elle-même, fane et meurt.
Il en va de même pour nous : nous sommes voués à une mort qui n’est pas un abandon de souveraineté mais une métamorphose.
C’est une chose qu’il serait folie de vouloir empêcher, comme les apprentis sorciers de la Silicon Valley en ont le sinistre projet.
Car la mort est un sacre pour chacun, fut-il le plus pauvre ou le plus mal famé, on est confié à ce moment-là aux bras innombrables de l’invisible.
Mais il y a une deuxième sorte de mort, dont il est difficile de sortir une fois qu’on y est entré.
Elle est à l’intérieur même de la vie courante et nous est donnée par les injonctions du monde et la nécessité non expliquée de penser et d’agir de plus en plus vite, d’aimer de moins en moins, de vouloir de plus en plus.
Cette mort-là, absolument désolante, dont personne ne porte le deuil, j’ai souhaité la montrer au plus près dans le Muguet rouge.
C’est une mort sournoise qui commence par vider les yeux, et ensuite le cœur.
Votre ville du Creusot est une cité marquée par l’épopée industrielle : avez-vous ressenti ses méfaits dès votre jeunesse ? Vous mettez un P majuscule ironique au mot progrès…
C.B. Le « Progrès » a pris la place de Dieu.
Il y a cette croyance absurde et morbide qu’il suffit de continuer sur sa lancée pour s’en sortir : qu’en élargissant la tache, on va la faire disparaître !
Quand en aura-t-on fini avec cette foi stupide en un « Progrès » qui va résoudre les problèmes du « Progrès » ?
Comment peut-on demander à ce qui nous tue de nous ressusciter ?
Durant mon enfance, au long des années 1950-1960, l’épopée industrielle et technique commençait déjà à s’essouffler.
J’ai senti le poids des choses en train de s’effondrer sur elles-mêmes.
C’est en en prenant le contre-pied que j’ai voulu écrire.
Ce n’est pas un hasard si j’essaie de faire de l’écriture un rameau aérien, quelque chose de plus léger que la légèreté même.
Parce que j’ai baigné dans cette atmosphère d’une cité dite « ouvrière », presque pharaonique à l’époque : je voyais les esclaves égyptiens défiler sur leur vélo pour répondre à l’appel des usines.
Ils avaient une fierté – que je comprends d’ailleurs, parce qu’on leur donnait encore à l’époque une reconnaissance pour ce travail.
Et en échange, on leur offrait une protection – tout cela a disparu très vite.
J’ai connu cet univers par sa surface très pesante et par son dogme du travail – un monde qui nous empêche d’être…
C’est parce que j’aime les gens que je n’aime pas le monde.
J’ai connu la puissance financière, orgueilleuse, matérielle et tellurique du monde.
Elle a ses beautés, comme un volcan a ses éclats.
Mais il m’a paru nécessaire de sortir très vite de là pour rencontrer quelqu’un, pour avoir la chance de donner leur vie pleine aux chansons d’amour du XVIe siècle.
Et je peux témoigner qu’elles sont vraies, dans une amitié profonde entre deux personnes, dans un lien qui n’est plus d’avidité ni d’emprise, mais de respiration commune, enjouée et élargie.
« L’absence, le vide, le manque, qu’avez-vous fait d’eux ? Ce sont notre seul bien », affirmez-vous…
C.B. Ces choses-là sont la source de la beauté.
C’est de nos nuits de désespoir que va fleurir une glycine qui se penche par-dessus un mur.
C’est de nos déchirures, de nos doutes et de nos manques que naissent des palais dans les cieux et toutes sortes de printemps imaginables.
Si nous nous coupons de ces racines profondes, alors nous nous coupons des fleurs et des fruits qui viennent après et naissent d’elles. Il y a un lien entre la plénitude et le manque, entre le visible et l’invisible.
Je n’écris pas pour réparer, je n’ai pas cette prétention-là, mais pour faire se rejoindre ce qui a été disjoint par notre inattention, notre paresse, et par la violente modernité.
J’écris pour qu’on puisse à nouveau ressentir le frôlement de l’invisible dans le visible, ici-bas.
Je ne dis pas qu’il y a un autre monde, je n’en sais rien, bien que j’en aie souvent le soupçon.
Mais je dis qu’à l’intérieur de notre monde terrestre, il y a des choses à la fois faibles et immortelles, très précieuses, qui nous mettent leur main sur l’épaule et nous demandent de faire attention à nous.
J’écris en espérant faire entendre cette parole que nous massacrons avec nos bruits, notre avidité et notre insensibilité grandissante.
Votre recueil ouvre sur ces mots : « Mon père mort me montre deux brins de muguet rouge. » Pourquoi cette couleur ?
C.B. Je ne suis pas l’auteur de l’expression, c’est bien mon père disparu qui m’a nommé cette merveille dans un rêve que j’ai fait.
Tout vient d’une parole, comme une étoile descendue dans le puits du sommeil et qui m’a donné ce cadeau incroyable du livre entier, en fait.
Car mon père m’invite ensuite à chercher ceux qui cultivent le muguet rouge : ils sont de sa famille et il me pousse à les reconnaître.
Une fois éveillé et me mettant à écrire, le muguet rouge m’est apparu comme un paradoxe vivant.
Dans l’imaginaire, le muguet est nécessairement vert et blanc. Mais qu’est-ce qui existe et qui n’existe pas ?
C’est Dieu, c’est l’amour et c’est le muguet rouge…
C’est une grande vertu tantôt de ne pas être là, et tantôt d’être là, cela permet d’échapper à toute incarcération dans un dogme, dans une définition et un confort.
J’ai reconnu que ceux qui étaient porteurs du muguet rouge, ce rouge battant du cœur, sont pour la plupart des inconnus qui aident à maintenir le monde à flot, à ne pas avoir le souffle complètement brisé, et peut-être même à commencer un début de réenchantement.
La confrérie du muguet rouge est une sorte de compagnie secrète…
… qui seconde le poète ?
C.B. Si le poète a un rôle, c’est de rehausser le langage à son point d’incandescence.
C’est par les yeux du langage que nous voyons.
S’ils se sont fermés à force de publicité et d’abrutissement, qu’au moins quelqu’un ici ou là redonne à ce langage sa splendeur native, et nous remette au premier matin du monde, qui peut toujours venir.
La fin du monde est juste à côté du premier matin du monde. Ce n’est pas si compliqué de tenter un pas de côté : il peut être fait à tout moment, même aujourd’hui alors que nous commençons à payer le prix fort.
Comment ne pas voir le paradis à côté de l’enfer ?
Mais désormais, l’enfer est tellement ronronnant que nous perdons même de vue son voisin.
Au fond, sans lâcher une seconde un instinct contemplatif, c’est pour donner à la douceur réelle des choses sa vraie lumière qu’il m’a fallu éclairer aussi la face sombre du monde.
Mais les choses d’esprit sont vivantes à jamais et pour toujours.
Le sourire de mon père, qui a déjà eu lieu il y a plus de 20 ans, hante mes livres.
Les vrais instants ne sont jamais pris par le temps, car ils étaient déjà saisis par l’éternel.
Écrire, c’est travailler du côté de l’éternel, je suis un petit soldat au service de l’invisible, un simple maquisard.
À vos yeux, « cimetières et librairies sont les derniers endroits civilisés ». Pour quelles raisons ?
C.B. Pour une revue de bibliophiles, j’ai écrit un jour un petit texte que je n’ai d’ailleurs pas retrouvé.
J’ai inventé un gardien de cimetière, qui, un peu lassé par la monotonie de son métier, inscrivait sur les tombes des gens des titres de livre s’accordant à leur personnalité et leur vie passée.
J’ai ainsi rassemblé les deux sujets qui m’importent : les livres et les disparus.
Les vies sont comme des livres, et les livres sont comme des vies, les deux sont vivants…
Les deux sont inséparables.
Il faut que dans la vie tout soit vivant, qu’entre nous tout soit vivant. Il faut que chaque phrase d’un livre soit bondissante comme un enfant qui va au réveil déranger le sommeil de ses parents.
Et c’est ainsi que l’humanité peut s’en sortir…

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15 décembre 2022 4 15 /12 /décembre /2022 20:39

 

Dans l’église de Rocamadour, la Mère de Dieu a fait tant de miracles qu’on en a écrit tout un livre. Je l’ai lu bien souvent, et parmi les plus beaux, en voici un que je veux raconter parce qu’il montre jusqu’où peut aller la courtoisie de Notre-Dame.

Récit extraordiniaire pour les enfants - Miracle de la Vierge - Notre-Dame de RocamadourIl y avait, en ce temps, un jongleur très fameux, nommé Pierre de Syglar, qui, d’un bout de l’année à l’autre, allait de moutier en moutier, chantant la gloire de la Vierge Marie.

Se pouvait-il qu’au moins une fois en sa vie, il ne passât par le sanctuaire où, depuis les jours les plus lointains, une image de la Mère de Dieu, la plus belle que vous puissiez voir, attire de tous les coins du monde un peuple immense à ses pieds ?…

Il y passa donc une fois. C’était au soir d’une chaude journée. Il avait fait un long voyage, il avait faim, il avait soif, et ce n’était pas sans envie d’entrer se rafraîchir qu’il regardait tout le long de la rue se balancer au-dessus de sa tête les belles enseignes des auberges, car jamais bonne soupe et bon vin n’ont été méprisés par ménestrels, vielleurs, jongleurs et autres gens de cette espèce.

Lui-même, tout dévot qu’il fût, ne méprisait pas la bouteille. Mais il était venu visiter la vraie Hôtesse de l’endroit, Notre-Dame Sainte-Marie : malappris s’il n’allait d’abord se prosterner devant Sa Seigneurie.

L’église était toute remplie de pèlerins agenouillés, les yeux levés vers l’image qui brillait au fond de la nef parmi les cierges allumés.

Humblement, lui aussi, le jongleur s’agenouille, et son oraison terminée, il tire de sa gaine de cuir la vielle pendue à son épaule, passe son archet sur les cordes, et fait si bien sonner son instrument que chacun l’écoute en silence avec ravissement, admirant en soi-même qu’une simple baguette promenée sur trois cordes puisse émouvoir si fort le cœur.

Puis, quand il eut loué longtemps, et de toute son âme, Celle pour laquelle il était venu, il s’écria d’une voix forte :

- Ô Mère de Dieu qui tout créa, si quelque chose t’a plu dans ma chanson, je te demande en récompense de me donner un de ces cierges qui brûlent là-haut, près de toi, en si grand nombre que de ma vie, ni de près ni de loin, je n’en ai vu davantage.

Dame sans pareille et sans peur, donne-le-moi, je t’en supplie, pour m’éclairer dans mon auberge et faire la fête de mon souper. Je ne te demande rien d’autre, si vrai que Dieu m’entend !

Notre-Dame de Rocamadour qui est fontaine de courtoisie, ruisseau et source de douceur, écouta sa prière, et aussitôt on vit s’envoler comme un oiseau et venir se poser sur la vielle le plus beau, le plus blanc des cierges qui faisaient autour de sa tête une couronne de lumière. Et les pèlerins de s’ébahir et de chanter Noël ! Noël !

Mais un moine, du nom de Girard (pour sa plus grande confusion, l’histoire a retenu comment il s’appelait), homme fielleux et mélancolique, et qui tirait quelque profit des bouts de cierge qu’il vendait, se mit en fureur et cria :

- C’est un sorcier, un gueux à mettre à la potence !

Ce disant, il saisit le cierge et va le replanter là-haut, à la place d’où il était parti.

Retournée par ces mots, la foule se prend à murmurer. Si le sacristain disait vrai ! Et si ce beau vielleur n’était qu’un envoyé du Malin !

Pierre écoute et ne souffle mot, car il est trop fin et trop sage pour s’indigner des injures d’un pauvre sot. Et que lui font tous ces murmures ! La Mère de Dieu la entendu, elle a exaucé sa prière. Peut-il demander davantage ?

Son âme est remplie d’allégresse, des larmes coulent sur ses joues.

En silence il prie Notre-Dame et longuement la remercie. Puis, reprenant sa vielle, il improvise un si beau chant qu’il n’en est pas au monde que vous eussiez écouté plus volontiers.

Et quand il eut fini, le cierge, quittant son chandelier, revint se poser sur sa vielle, comme chacun put le voir de ses yeux.

Alors, plus prompt que chèvre ou vieux bouc encorné, le furieux sacristain bondit au milieu de la foule, et suffoqué par la colère, demeure quelque temps sans parole. Puis rejetant son capuchon :

- Jamais de mon vivant, dit-il à Pierre, le poing tendu, je ne vis telle enchanterie !

Et de nouveau s’emparant du cierge, il s’élance vers l’autel, le plante sur le chandelier, l’attache avec un lien de fer, et cela fait, s’écrie :

- Simon le Magicien n’était rien près de toi, si tu le fais encore descendre !

L’émoi redouble dans l’église, les uns tenant pour le jongleur, et les autres pour ce Girard.

Mais le jongleur, durant sa vie, avait vu, de près ou de loin, trop de fous et de sages pour se soucier de tous ces gens. Son cœur, trempé comme un bon fer, ne se laisse entamer ni par les uns ni par les autres.

Et d’ailleurs, n’est-il pas certain que puisque Notre-Dame a daigné se plaire à sa chanson, elle va arranger toute l’affaire à son honneur ?

Il reprend donc sa mélodie, il soupire, il pleure, il implore. Il n’a plus ses doigts sur la vielle, et pourtant, sans toucher les cordes, il en tire des sons si touchants qu’il vient des larmes à tous les yeux.

Sa bouche chante et son cœur prie, et sa prière et sa chanson s’en vont ensemble jusqu’au Ciel.

Alors, pour la troisième fois, éblouissant comme une épée dont la pointe serait une flamme, le cierge fit un grand saut dans l’air, pour venir se poser sur la vielle, tandis que les cloches de l’église se mirent à sonner d’elles-mêmes, avec un si grand bruit que si Dieu le Père avait tonné, vous ne l’auriez pas entendu.

Alléluia ! Alléluia ! Ils auraient eu le cœur bien dur, s’ils n’avaient pas été émus, ceux qui virent alors le jongleur monter les marches de l’autel, tenant le cierge dans sa main, pour le remettre à la Vierge Marie, car c’eût été fait de vilain de l’emporter dans une auberge.

Une faveur si éclatante ne rendit Pierre de Syglar ni moins courtois ni moins sage.

Aussi longtemps qu’il fut en vie, pas une année il ne manqua de venir à Rocamadour apporter à la Mère de Dieu un cierge tout pareil, par la dimension et le poids, à celui quelle lui avait donné.

Et le jour de sa mort, il arriva au Paradis, précédé de tous les beaux cierges qu’il avait allumés, et, comme on pense bien, venait en tête le plus beau, celui de Notre-Dame.

MORALITÉ

Si à Dieu nous voulons plaire,
Ne nous efforçons pas de braire.
Il ne dit bien, ni bien ne chante,
Qui tout son cœur en Dieu ne plante.
Et quand l’homme est de bonne vie,
Sa voix rejoint la mélodie
Des Anges célébrant sans fin
Jésus et sa Mère au cœur fin.

Jérôme et Jean THARAUD,
Les contes de la Vierge,
Plon, 1940.

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11 décembre 2022 7 11 /12 /décembre /2022 20:30

 

En 750 à Lanciano sur la côte Adriatique un moine basilien de rite byzantin doutait profondément que Dieu puisse se rendre présent dans le Saint sacrement et célébrait la messe avec une certaine indifférence.

Quand soudain, il a vu l'hostie consacrée se transformer en chair et le vin en sang.

La chose était visible de tous et c'est encore le cas aujourd'hui quand on s'y rend en pèlerinage.

Tous les pèlerins peuvent encore voir les espèces miraculeuses, vieillies par le temps mais toujours conservées dans un beau reliquaire situé dans l'ancienne église Saints-Légontien-et-Domitien, devenue l'église Saint-François-du-Miracle.

Le miracle ne s'arrête pas là.

En 1970, pour répondre à ses détracteurs, l'évêque de Lanciano fait conduire des analyses scientifiques des reliques de ce prodige.

Le chercheur Edoardo Linoli, directeur de l'hôpital d'Arezzo et professeur en anatomie, en histologie, en chimie et en microscopie clinique mène cette enquête avec son équipe.

Ses résultats, annoncés le 4 mars 1971, sont renversants.

Les reliques de ce miracle sont bien celles, d'une part d'un tissu musculaire strié du myocarde, et d'autre part d'un vrai sang humain.

Le sang et la chair du miracle appartiennent au même groupe sanguin AB, qui est d'ailleurs le même groupe sanguin que celui prélevé sur le Saint-Suaire.

L'analyse sanguine révèle également que la part de protéines sériques présentes correspond à celle d'un sang frais, alors que ce miracle a eu lieu il y a 1220 ans.

Le sang n'est mêlé d'aucune autre substance qui aurait pu altérer son contenu à travers les siècles.

Ces recherches produisent une telle perplexité dans la communauté médicale internationale, entre interrogation et incrédulité, que le conseil supérieur de l'Organisation Mondiale de la Santé va jusqu'à lancer sa propre enquête indépendante.

Ce dernier publie un rapport en décembre 1976 à New York et Genève dans lequel il reconnaît qu'en l'espèce, la science prend conscience de ses limites, face à un phénomène tout à fait inexplicable.

Ce prodige n'interroge pas seulement la science donc, mais aussi notre foi.

Le 3 novembre 1974, avant même son élection comme pape, le futur Jean-Paul Il est allé en pèlerinage à Lanciano pour voir ce que certains ne pensaient être qu'une vieille relique du passé.

Il y a eu d'autres miracles eucharistiques.

Certains sont aussi très connus comme celui de Bolsène en 1263, à l'origine de la Fête-Dieu.

D'autres sont presque inconnus et il y en a même eu en France : à Avignon en 1433 ou à Bordeaux en 1822, à Dijon en 1430 ou à Douai en 1254, à La Rochelle en 1461 et même à Paris en 1290.

Dans des lieux si différents, à des moments si distants, et même jusque dans notre présent...

Nouvel examen scientifique
Lanciano-Ostensoir-Sang.jpg
La relation du professeur Linoli fut publiée dans Quaderni Sclavo in Diagnostica, 1971, fasc. 3 (Grafiche Meini, Siena) et suscita un grand intérêt dans le monde scientifique. Aussi en 1973, le Conseil supérieur de l'organisation mondiale de la Santé, O.M.S./O.N.U., nomma une commission scientifique pour vérifier, par des expériences de contrôle, les conclusions du clinicien italien. Les travaux durèrent quinze mois pour un total de cinq cents examens. Les recherches furent les mêmes que celles qu'avait effectuées le Dr Linoli, avec d'autres complémentaires. La conclusion de toutes les réactions et de toutes les recherches confirmèrent ce qui avait été déclaré et publié en Italie. De façon précise, il fut affirmé que les fragments prélevés à Lanciano ne pouvaient être assimilés à des tissus momifiés. Leur conservation depuis près de douze siècles en des reliquaires de verre et en l'absence de substances conservatrices, antiseptiques, antifermentatives et momisubstances conservatrices, antiseptiques, antifermentatives et momifiantes, n'est pas scientifiquement explicable : en effet, les vases qui les renferment n'empêchent pas l'accès de l'air et de la lumière, ni l'entrée de parasites d'ordre végétal ou animal, véhiculés d'habitude par l'air atmosphérique. Quant à la nature du fragment de chair, la commission déclare sans hésitation qu'il s'agit d'un tissu vivant en tant qu'il répond rapidement à toutes les réactions cliniques propres aux organismes vivants.

Un tel diagnostic, on le constate, confirme pleinement les conclusions du professeur Linoli. Et il n'est pas moins surprenant de voir comment un miracle italien du haut moyen âge a intéressé à ce point l'O.M.S. et les Nations Unies ! Mais - et c'est une autre surprise - l'extrait-résumé des travaux scientifiques de la commission médicale de l'O.M.S./O.N.U., publié en décembre 1976 à New York et à Genève, déclare en sa conclusion que la science, consciente de ses limites, s'arrête devant l'impossibilité de donner une explication. Le dernier paragraphe n'est certes pas une déclaration de foi religieuse, mais c'est, du moins, l'apologie de l'humilité que doit posséder celui qui s'adonne à la recherche scientifique. Le savant, à un certain point de ses investigations, doit se souvenir qu'il n'est rien de plus qu'un homme sur la planète terre.

Deux remarques d'ordre spirituel
La chair et le sang miraculeux de Lanciano sont donc tels que si on les avait prélevés le jour même sur un vivant. Or, dans l'Eucharistie, c'est bien un vivant qui se donne à nous, jésus, le ressuscité de Pâques, qui avait déclaré : « Je suis le Pain vivant descendu du ciel et ce que je donne, c'est ma chair pour la vie du monde. » Lorsque nous communions, nous mangeons vraiment, de manière sacramentelle, une chair réelle, animée et glorieuse, et nous buvons le sang vivant de l'Homme-Dieu qui, sorti du tombeau, ne peut plus mourir.

D'autre part, la chair de Lanciano est un tissu du coeur. Or, celui-ci symbolise, plus que toute autre partie du Corps du Christ, l'amour que ce dernier nous témoigne. Certes, en communiant, c'est le Corps tout entier du Seigneur que nous recevons sous les saintes Espèces, mais c'est d'abord son Coeur qui se donne à nous dans le « sacrement de son amour ». Se réalise alors pour chacun de nous la parole de saint Jean : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin », jusqu'à sa mort sur la croix assurément, mais surtout jusqu'à se donner à eux en nourriture, leur communiquant ainsi le bénéfice de sa mort rédemptrice et de sa vie glorieuse.

Le miracle de Lanciano, attesté historiquement par une longue tradition, authentiqué par la science elle-même, a, plus encore, une portée spirituelle et mystique : il nous fait saisir que le Christ est bien vivant et que son Coeur passionnément nous aime. Quel adjuvant par conséquent pour notre foi qu'un tel prodige ! Et comme il nous porte à rendre grâces à Celui qui nous a aimés le premier et jusqu'à nous donner sa chair et son sang en nourriture et en breuvage !

Les Miracles Eucharistiques par Pays

PANNEAUX INTRODUCTIFS

Panneau A

Panneau B

Colombie

Tumaco, 1906

Croatie

Ludbreg, 1411

Inde

Martinique

Morne-Rouge, 1902

Île de la Réunion

Saint-André de la Réunion, 1902

Mexique

Tixtla, 2006

Pérou

Eten, 1649

Portugal

Santarém, 1247

Venezuela

Betania, 1991

LES SAINTS, MYSTIQUES ET L'EUCHARISTIE

Sainte Marguerite Marie Alacoque – Sacré Cœur de Jésus, XVIIe siècle

Saint Thomas d'Aquin, 1224-1274

Saint François d'Assise, XIIIe siècle

Saint Bernard de Chiaravalle, XIIe siècle

Saint Jean Bosco, 1848

Saint Germaine Cousin (Pibrac), 1589

Saint Gilles

Saint Stanislas Kostka, 1550-1568

Sainte Faustine Kowalska, XXe siècle

Saint Satyre, IVe siècle

Sainte Catherine de Sienne, 1347-1380

La bienheureuse Alexandrine-Marie da Costa, 1904-1955

La bienheureuse Anne-Catherine Emmerick, 1774-1824

Le bienheureux Niels Steensen (Nicolas Sténon), 1638-1686

Saint Nicholas de Flüeli, 1417

La Servante de Dieu Anne-Louise Lateau, 1850

La vénérable Marthe Robin, 1902-1981

André Frossard, XXe siècle

Teresa Neumann, 1898-1962

La Madonne et l’Eucharistie

Calanda, Espagne, Miguel-Juan Pellicer, 1640

Guadalupe, Mexique, Juan Diego, 1531

Lourdes, France, Sainte Bernadette, 1888

Paris, France, Sainte Catherine Labouré, 1830

Fatima, Portugal, L'ange de la Paix, 1916

Communions prodigieuses

Communions prodigieuses (premiére partie)

• La bienheureuse Émilie Bicchieri

• La bienheureuse Imelda Lambertini

• Le bienheureux Giacomo de Montieri

• Le bienheureux Thomas de Cori

• Saint Bernard

• Saint Bonaventure

• Saint Gérard Majella

• Saint Jérôme

• Sainte Julienne Falconieri

• Sainte Lucie Filippini

• Sainte Marie-Françoise des Cinq Plaies

• Saint Second

Communions prodigieuses (deuxième partie)

• La bienheureuse Angèle de Foligno

• Sainte Agnès de Montepulciano

• Sainte Claire de Montefalco

• Sainte Françoise de Rome

• Saint Grégoire le Grand

• Sainte Thérèse d'Avila

Exposition itinérante que vous pouvez faire venir dans votre paroisse

 

Les Miracles Eucharistiques dans le Monde

Avec un vaste assortiment de photographies et de descriptions historiques, l'exposition présente certains des principaux Miracles Eucharistiques (environ 136) qui se sont produits au cours des siècles à travers le monde et qui ont été reconnus par l'Église. Les panneaux (environ 166 panneaux de format 60 x 80) permettent de faire une « visite virtuelle » des endroits où les Miracles ont eu lieu. L'exposition a déjà été accueillie sur les cinq continents : dans près de 10 000 paroisses rien qu’aux États-Unis et dans des centaines de paroisses dans le reste du monde, y compris dans certains des sanctuaires mariaux les plus célèbres tels que Fatima, Lourdes et Guadalupe pour ne citer qu’eux.

Pour accueillir l’exposition gratuitement, veuillez contacter :

L’association « Amici di Carlo Acutis »
Tél.: 0039.474094968
info@carloacutis.com - www.carloacutis.com
info@miracolieucaristici.org - www.miracolieucaristici.org

Pour la France et les pays francophones, veuillez contacter :

Adoration Perpétuelle Eucharistique
BP 540 - 83470 Saint-Maximin-la-Sainte Baume
Tel : 0033 06 71 99 21 45 - Email : fr@adoperp.fr

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