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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 22:53

bethanie_octobre.jpg

Chers Amis,

La fête de la Toussaint approche et je souhaite donc à tous une bonne fête. Oui ! Une bonne fête ! Saint Paul n’appelle-t-il pas ainsi les membres des communautés auxquelles il s’adresse ? Les saints qui sont à Corinthe ou les saints qui sont à Thessalonique ? Le prêtre au cours de la messe ne dit-il pas en s’adressant à nous : les saints dons aux saints ? Bien sûr nous répondons immédiatement : un seul est saint, un seul est Seigneur, Jésus-Christ.

C’est que nous sommes ici dans le « déjà » et le « pas encore ». Nous sommes déjà saints puisque le Christ est saint et que nous sommes baptisés en Lui, plongés en Lui, immergés en Lui. C’est le sens même du mot baptême. Mais en plus nous sommes aussi revêtus de Lui ainsi que nous le chantons à Pâques et à la Théophanie : « Vous tous qui avez été baptisés en Christ vous avez revêtu le Christ ». Quelle bonne nouvelle, quelle nouvelle extraordinaire ! Plongés en Lui et revêtus de Lui.

Et pourtant ! Nous savons bien que nous ratons souvent le tir, que nous sommes souvent dans le « pas encore » et que nous sommes tellement dans l’inconscience et la non-vigilance, que nous ne vivons pas comme étant plongés et revêtus de Lui. En un mot nous savons bien que nous sommes « pécheurs » !

Il y a donc un chemin à parcourir pour rejoindre le « déjà », une sortie d’Egypte à faire, un désert à traverser. C’est l’Agneau, Yeshoua de Nazareth qui nous le montre dans l’Evangile selon saint Matthieu dans le fameux Sermon sur la montagne. Il rassemble une foule et la fait monter comme autrefois Moïse était monté sur le Sinaï, après avoir rassemblé le peuple au pied de la montagne pour recevoir les dix Paroles de Dieu, ce que nous traduisons souvent, mais maladroitement, par les dix commandements.

On nous présente ainsi un Dieu un peu militaire, ce qu’Il n’est pas. Dieu laisse toujours à l’homme sa liberté, sa capacité de dire « oui » ou de dire « non ». C’est par sa Parole, son Verbe que Dieu créa le monde et c’est par ses dix Paroles qu’Il nous propose de sortir du marasme. C’est un chemin pour quitter la logique de Caïn. Yeshoua, dans le Sermon sur la montagne, lui qui est le Verbe de Dieu, la Parole incarnée, vient, comme il le dit, non pas abroger les dix Paroles mais les accomplir c’est-à-dire les intérioriser, pour nous permettre de devenir à son image : saint.

Tout l’enseignement de Yeshoua dans les Béatitudes c’est l’intériorisation des Paroles reçues par Moïse. C’est une échelle de vie avec neuf barreaux, neuf marches, neuf clés, comme les neuf hiérarchies angéliques qui mènent depuis la terre jusqu’au trône de Dieu. Ces neuf clés que Yeshoua donne dès le début de son ministère, cette Bonne Nouvelle, sont un chemin qui mène devant le Trône de Dieu, ce Trône de Dieu qui, ne l’oublions pas, n’est pas à l’extérieur de nous, car ce Trône c’est notre cœur.

Quelles sont ces marches, quels sont ces clés ? Reprenons-les très brièvement :

  1. « Heureux les pauvres en esprit » c’est-à-dire les humbles ceux qui connaissent leur pauvreté, leur péché, car le Royaume des cieux est à eux.
  2. « Heureux les affligés » c’est-à-dire ceux qui regrettent leur péché, qui le pleure, car ils seront consolés.
  3. « Heureux les doux », c’est-à-dire ceux qui ne répondent pas au péché par le péché mais l’attaquent à sa racine, dans leur cœur, car ils hériteront la terre.
  4. « Heureux ceux qui ont faim et soif de justice », c’est-à-dire de justesse, de vérité, et la vérité vivante c’est le Christ lui-même. Heureux ceux qui ont faim et soif du Christ car ils seront rassasiés.
  5. « Heureux les miséricordieux », c’est-à-dire ceux qui aiment avec leurs tripes, de tout leur être, comme l’Agneau immolé de l’Apocalypse, le Christ, qui a été jusqu’au bout.
  6. « Heureux les cœurs purs », c’est-à-dire sans mélange, ceux qui sont « monos », « Un », entièrement donné à Dieu, car ils verront Dieu.
  7. « Heureux les pacificateurs », c’est-à-dire ceux qui apportent la paix aux autres par leur simple présence, leur « être là », leur rayonnement, celui de leur cœur pacifié.
  8. « Heureux les persécutés pour la justice », c’est-à-dire les témoins du Christ, ses icônes.
  9. « Heureux serez-vous lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera, qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi, car votre récompense sera grande dans les cieux » et les cieux ne sont pas ailleurs, là haut, ils sont là, ils descendent et s’offrent à nous dans la célébration de chaque divine liturgie (messe). Quelle bonne nouvelle, Dieu lui-même se donne à nous, ici et maintenant. Ne soyons pas ailleurs, soyons présents !

Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

Père Pascal

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 22:31

Saint-Francois-dAssise-enseignant-aux-animaux.jpg

Evangélisez à tout moment,

si nécéssaire utilisez des mots.

François d’Assise 

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 22:18

evdokimov-copie-1.jpg

 

Tout sacrement remonte à Institution eucharistique, s'y inclut. Il est sans importance de rechercher pour tout sacrement une parole explicitement institutionnelle du Seigneur. Certes, une référence scripturaire est toujours requise, mais tout sacrement remonte à la puissance du Sacrement des sacrements qu'est l'Eglise-eucharistie.

Ce n'est point le côté formel, juridique qui est opérant dans les sacrements. Si par des raisons valables, dans l'opération d'un sacrement, les conditions canoniques sont déficientes, « la grâce supplée à la faiblesse humaine », et l'intégration à l'eucharistie peut témoigner de la descente de l'Esprit et du don reçu.

C'est pourquoi dans la pratique ancienne, tout sacrement était une partie organique de la liturgie eucharistique et se parachevait dans le repas du Seigneur.

Tout sacrement est précédé par son épiclèse et relève de l'économie de l'Esprit saint : « De même: que le pain eucharistique devient, par invocation (épiclèse), le Corps du Christ, ainsi le chrême, par invocation (épiclèse) est devenu le charisme du Christ productif du Saint-Esprit, par la présence de sa divinité »

Sacrement, musthrion est une chose secrète, cachée. « Les mystères du Christ sont cachés aux profanes, même aux prophètes, car le Christ ne les a livrés qu'en paraboles »

Mystère aussi, car, si c'est Dieu qui opère, il opère par l'acte du prêtre.

« Quand le prêtre baptise, ce n'est pas lui qui baptise, mais Dieu dont l'invisible présence tient la tête du baptisé » « Dieu agit par les prêtres, même indignes, pour sauver le peuple» affirme saint Jean Chrysostome.

On comprend bien que la valeur morale du ministre est toujours recherchée, mais n'est pas requise absolument ; de même la foi de celui qui reçoit n'influe aucunement sur la validité objective du sacrement, mais ce dernier agit toujours ou pour le salut ou pour la condamnation, en fonction de la foi.

Les sacrements ne sont pas seulement des signes qui confirment les promesses divines ni les moyens pour vivifier la fol et la confiance, ils ne donnent pas seulement, mais renferment la grâce et sont des véhicules ou viatiques de l'immortalité, à la fois les instruments du salut et le salut même.

Paul Evdokimov

L'orthodoxie

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