Emmanuel Carrère nous présente et nous lit des extraits de son roman, Le Royaume, qui paraîtra le 11 septembre 2014.
Il pose la question de Nietzsche : comment des gens sensés, raisonnables, de notre temps peuvent croire aux histoires invraisemblables que raconte l'Evangile. Il est très intéressant de se laisser bousculer dans notre foi par un questionnement qui est celui d'une majorité de personnes dans le monde occidental et qui est celle très honnête et documenté d'un ancien croyant.
Evénement de la prochaine rentrée littéraire c'est l'une des sorties les plus attendues de la rentrée littéraire de septembre 2014. Le Royaume marque le retour d'Emmanuel Carrère sous la forme d'un livre-enquête sur la naissance du christianisme.
L'action se déroule entre 30 et 80 après Jésus-Christ. Le christianisme n'en est qu'à ses balbutiements et c'est justement cette période larvée de la grande religion occidentale qu'a choisi de décrire l'auteur de L'Adversaire.
Dans l'Ancien Testament, Emmanuel est le prénom choisi par le prophète Issaïe pour désigner le messie à venir. Pour les Chrétiens, c'est l'autre nom de Jésus-Christ. Peut-être est-ce en raison de son prénom qu'Emmanuel Carrère a décidé de revenir sur la naissance de la chrétienté, mettant en scène Saint Paul, Saint Luc et lui-même dans ce long récit de 640 pages en forme d'enquête historique romancée. Comme pour ses oeuvres passées,
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Il existe un poète aux ôdes insondées,
Plus vaste que les cieux, plus grand que l'infini ;
Son coeur est l'océan où naissent les idées,
L'univers à genoux chante son nom béni.
Son regard rajeunit les croyances ridées ;
Il sculpte au coeur humain l'espoir dans le granit,
Il calme de la mer les vagues débordées ;
Aigle impossible, il a l'immensité pour nid.
Sa plume est le soleil ; son poème, le monde ;
Les monts et les fôrets que la tempête émonde,
Les océans profonds que tord le vent du flux,
Sont les notes sans fin de sa vaste harmonie ;
L'homme est l'écho complet de son oeuvre infinie.
Ce poète, c'est Dieu ; mais on ne le lit plus.
Etienne Eggis (1830-1867)