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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 22:36

johann_arndt.jpg

 "Nous sommes appelés chrétiens non seulement parce que nous croyons en Christ, mais aussi parce que nous devons vivre en Christ et lui en nous. Le vrai repentir doit jaillir du fond de notre cœur ; cœur, intelligence et sens doivent être transformés pour se conformer au Christ et à son saint Évangile... En nous Adam doit mourir pour qu’en nous Christ vive. Il ne suffit pas de connaître la Parole de Dieu, mais on doit aussi la mettre en pratique."

Extrait de « Le vrai christianisme » de Johann Arndt

Commentaire de cet extrait :

Parmi toutes les églises qui se réclament du Christ, j’apprécie beaucoup celles issues de la réforme, en particulier les luthériens qui mettent l’accent sur la nécessité de la conversion, de la connaissance des Ecritures et la primauté de la foi pour être chrétien. Mais la foi, l’adhésion au Christ et l’écoute de sa Parole, suffit-t-elle à faire de nous des chrétiens ? Si être chrétien signifie vivre du Christ, par lui, avec lui et en lui, comment faire alors pour qu’en nous Il vive réellement et prenne de plus en plus de place au point de pouvoir dire avec St Paul : «Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi  » Galates 2,20 ?

La désappropriation de soi, la mort au « vieil homme, Adam » pour reprendre cette expression paulinienne n’est pas une tâche facile. Il ne suffit pas de proclamer sa foi et de dire Seigneur, Seigneur, pour demeurer en lui. Sans doute nous faut-il beaucoup prier et se laisser transformer par la Grâce elle même. L’Eucharistie n’est-elle pas par excellence cette grâce sacramentelle où nous pouvons voir se réaliser en nous cette merveilleuse et mystérieuse alchimie de transformation de soi même où nous devenons un peu plus à chaque communion Celui que nous recevons comme s’exclame St Augustin :

« Devenez ce que vous mangez : Vous mangez le Corps du Christ; devenez Corps du Christ » ?

Ainsi Jésus informe ses disciples :

"Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.

Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en Moi et Moi en lui."  Jean 6,56

C’est bien sûr un catholique qui vous parle ainsi mais il est possible pour une personne (qu’elle soit catholique, luthérienne ou d’autres confessions chrétiennes) de croire que Jésus est le Fils de Dieu, d’étudier la Parole de Dieu, d’aller à l’église ou au culte tous les dimanches, de prier et de chanter des hymnes pour la gloire de Dieu, d’avoir même la responsabilité d’un ministère chrétien, et avec tout cela, d’avoir en même temps une foi qui ne le sauve pas, une foi qui ne rend pas témoignage, une foi morte.

Pourquoi ?

Parce que ce sont les œuvres bonnes qui témoignent de la réalité du salut dans notre vie. L’absence d’œuvres bonnes signifie que notre foi est morte, que nous ne vivons pas de l’Amour de Dieu. Car si nous vivions de la vie du Christ en nous, Celle ci se manifesterait par des actes de « charité ».Alors comme nous l'invite le pasteur Johann Arndt, puissions nous mettre en pratique la Parole de Dieu !

« En effet c’est Dieu qui nous a formés, il nous a crées dans notre union avec Jésus-Christ, pour que nous menions une vie riche en bonnes actions, celles qu’il a préparées d’avance afin que nous les pratiquions ». Ephésiens 2,10

Je termine cette petite réflexion avec la fin du message du pape François pour la 51ème Journée mondiale de prière pour les vocations de ce 11 mai 2014:

"Disposons donc notre cœur à être une “bonne terre” pour écouter, accueillir et vivre la Parole et porter ainsi du fruit. Plus nous saurons nous unir à Jésus par la prière, la Sainte Écriture, l’Eucharistie, les Sacrements célébrés et vécus dans l’Église, par la fraternité vécue, plus grandira en nous la joie de collaborer avec Dieu au service du Royaume de miséricorde et de vérité, de justice et de paix. Et la récolte sera abondante, proportionnée à la grâce qu’avec docilité nous aurons su accueillir en nous"

Johann Arndt est un des grands théologiens de la Réforme. Né en 1555, le 11 mai 1621 il meurt à Brunswick en Allemagne. Il proposa dans ses écrits, surtout dans "Le vrai christianisme", une vie chrétienne fortement centrée dans la « survivance » quotidienne du Christ en nous fondée sur l’union intérieure à Dieu dans la prière.

Patrick Cannard

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 22:04

kabir 500

Tant qu’un être humain se préoccupe

de savoir quand il va mourir,

et de ce qui est à lui,

toutes ses œuvres sont néant.

Lorsque l’affection pour la créature-Je

et ce qu’elle possède est morte,

alors le travail du Maître est terminé.

Kabir, extrait de Kabir: Ecstatic Poems: Versions by Robert Bly, Boston, Beacon Press, 2004, p. 43.

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 22:40

voile_chretien.jpg

Le voile serait issu, à l’origine, d’une tradition chrétienne, qui représentait la soumission et l’humilité de la femme, selon Bruno Nassim Aboudrar, l’auteur de Comment le voile est devenu musulman.

Ce n’est que vers l’an 627 (600 ans après l’avènement du christianisme) que les musulmanes ont commencé à porter le voile.

Entre autres théories, Aboudrar suppose que le port du voile relevait plus d’une question sociétale que religieuse.

Dès l’Antiquité, le voile était souvent considéré comme une façon de se protéger des « agressions extérieures » et de la vue d’autres hommes.

Aujourd’hui, il est considéré comme un signe d’appartenance religieuse.

Très loin, au final, de sa signification initiale.

Si le voile n'est pas d'orgine musulmane comme le suggère votre titre, quelles sont ses origines ? 

Elles sont antiques. Les Grecs et les Romains, hommes ou femmes, portent le voile comme une sorte de manteau, qui dans certaines circonstances, est ramené sur  le visage. Il n'a pas de fonction religieuse. Le sacré est aussi absent des rares passages de l'Ancien Testament où le voile est mentionné. Lorsqu'il y figure, il s'agit soit d'un voile transparent, soit d'un voile qu'on enlève. Curieusement, ce n'est qu'au moment de la fondation du christianisme par saint Paul qu'il prend une dimension religieuse. Dans la première Epître aux Corinthiens, l'apôtre insiste pour que les femmes se voilent afin d'assister au culte. Comme raison à ce voilement, il fait référence à la hiérarchie voulue par Dieu : en haut, Dieu lui-même, Adam, puis Eve. L'idée, c'est que cet ordre naturel doit être marqué par le voile.

Le Coran ne dit-il rien sur le voile ?

Il n'en parle que trois fois. La première, il s'agit d'une sorte de portière ou de rideau : le voile doit séparer les visiteurs masculins des femmes du Prophète. A la limite, ce sont les hommes qui sont derrière un voile, les femmes au contraire sont libres dans leur maison. Il faut rappeler que les épouses du Prophète, « les mères des croyants », ont un statut et un rôle particulier. Dans un autre verset, il est recommandé aux femmes d'abaisser sur leur poitrine un voile en présence d'étranger. C'est une mesure de pudeur assez générale. La seule occurrence où il est demandé aux femmes de porter un voile sur la tête (et non sur le visage), c'est à la sourate 33, verset 59. Il s'agit d'une recommandation pour qu'elles soient distinguées et ainsi respectées. Ce n'est pas un conseil d'ordre religieux mais de la civilité.

Quelles conséquences ont ces origines chrétiennes sur la représentation actuelle du voile ?

Cela enlève la prétendue spécificité du voile musulman. De manière plus ou moins consciente, notre regard en Occident est habitué à des images de chrétiennes voilées : dans la peinture ou la sculpture, 90 Vierges sur 100 environ le sont et les saintes aussi - inversement, on reconnaît Marie-Madeleine, la courtisane, à ce qu'elle n'est pas voilée. Par conséquent, quand  nous voyons des jeunes femmes musulmanes remettre le voile, à notre insu, nous interprétons cette image avec nos clés chrétiennes. En elles, nous voyons des bigotes, des femmes du Moyen Age, de fausses dévotes etc. Si ces musulmanes savaient qu'il y avait une sorte d'horizon chrétien dans notre regard, elles seraient les première surprises.

En quoi le voile est-il une figure de l'islam aniconique qui refuse les représentations matérielles du monde ?

Derrière la notion de voile, il y a la trace d'un ancien conflit de visibilité qui n'a pas été résolu. Deux grandes cultures du visible s'opposent. D'un côté, une culture hellénistique puis chrétienne qui considère la vue comme le plus élevé des sens. Quand Dieu choisit de se montrer dans le corps du Christ s'ouvre, pour le christianisme, la possibilité des images. Tout ce qui est de l'ordre du pouvoir de voir prend alors une énorme importance. Dans les cultures de l'islam, c'est le contraire qui se produit. Il est d'usage de se méfier du regard car il est le meilleur allié de la libido. Voir, c'est ouvrir la porte au désir. Or l'islam est une religion de tempérance. La culture arabo-musulmane repose sur des dispositifs pour éviter le regard  : absence de fenêtres et de perspectives, Dieu invisible, roi caché, etc. Le voile sert à soustraire les femmes au visible, car elles sont sacrées et précieuses. Petit à petit, avec la colonisation, l'immigration et la photographie, ce régime de visibilité s'est effondré, l'islam n'ayant pas su ou voulu le défendre. Maintenant, il y a la télé, des images à foison. Dans ce nouvel ordre, le voile est brandi comme fossile vivant de ces mondes anciens. Le paradoxe, c'est qu'il est devenu entre temps un outil de visibilité : rien ne fait plus image dans nos sociétés occidentales aujourd'hui que ces femmes voilées. 

L'épisode colonial est une période historique développée longuement dans votre livre. Quels rôles ont joué les colons français dans l'évolution de l'image du voile musulman ? 

Quand les colons arrivent au Maghreb, le voile des femmes leur est insupportable. Ils voient en lui une résistance, quelque chose qui échappe à la domination du regard. Puis étant des hommes, ils ont envie de voir les femmes et celles-ci ne se montrent pas. A partir du XIXe, une véritable fixation sur ce voile a lieu, dont témoignent abondamment la littérature de l'époque coloniale et la peinture orientaliste. Certaines de ces toiles, où sont figurées des femmes nues et dévoilées, sont très satisfaisantes pour l'oeil mais sont racistes et méprisantes : c'est le fantasme que des femmes toujours voilées se montrent nues. Quand la photographie se répand, une autre tournure apparaît. Ce sont de vraies femmes, souvent des prostituées, qui sont obligées de se dénuder entièrement devant l'objectif. Des photographies pornographiques circulent de façon secrète. Plus grave, des cartes postales, où posent des femmes dévoilées souvent torse nu, se vendent librement dans le monde colonisé et disent définir l'Arabe normal. Une fois encore, c'est méprisant pour ces « indigènes » ou « autochtones » termes par lesquels  ces populations sont désignées à l'époque.

 

Le voile est destiné à couvrir tout ou partie du corps et parfois le visage. Le voile est bien plus lié à une tradition culturelle ancienne qu'à la tradition religieuse et renvoie à l'image qu'il convient de donner de soi et au rapport au corps : il a en premier lieu pour but de marquer les différences sociales, la respectabilité, le sacré. Il est d'ailleurs utilisé comme accessoire sur les chapeaux et il est question de chapeau à voilette.

Histoire

Dans l’Antiquité, le port du voile était codifié en Assyrie, permettant d'établir la distinction entre femmes nobles ou mariées et esclaves.

Dans la Rome antique, les mariées portaient un voile de couleur rouge-orange, appelé flammeum.

De nos jours, dans les milieux « traditionnels » ou monastiques, les juives et les chrétiennes se couvrent la tête également. Les chrétiennes de rite oriental se couvrent la tête pour entrer dans une église, et les religieuses chrétiennes portent également un voile en guise de coiffe (l'expression « prendre le voile » signifie entrer en religion pour une femme). Il y existe aussi un voile chrétien appelé mantille qui est utilisé dans la messe de Pie V.

Le voile est aussi rencontré chez les femmes arabes et musulmanes. Son usage est toutefois antérieur à l'islam et pratiqué dans d'autres aires culturelles et religieuses (par exemple les Touaregs).

sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Voile_(v%C3%AAtement)

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