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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 13:18

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Feria Quarta Cinerum - Mercredi des Cendres – Violet – 1e classe 

Jeûne et abstinence

Le Carême commence ce mercredi des Cendres ainsi appelé parce qu’en ce jour on bénit des cendres que l’on impose en forme de croix sur le front des fidèles.

Les cendres, comme la poussière, sont l’emblème de la fragilité et de la destruction des choses d’ici-bas, du néant et de la mort de l’homme, de la douleur et de la pénitence.

La cérémonie des Cendres est un vestige d’une ancienne pratique qui ouvrait le Carême.

Le site Introibo vous procurera d’intéressants commentaires de Dom Guéranger, Dom Baron, Dom Schuster…  

http://www.introibo.fr/Mercredi-des-Cendres

Pendant l’imposition des Cendres, le chœur peut chanter plusieurs antiennes dont celle-ci, issue du psaume 68 :

Exáudi nos, Dómine, quóniam benígna est misericórdia tua : secúndum multitúdinem miseratiónum tuárum réspice nos, Dómine.

Exaucez-nous, Seigneur, car votre miséricorde est toute suave ; selon l’abondance de vos bontés regardez-nous, Seigneur.

*****

Voici une autre antienne :

Immutémur hábitu, in cínere et cilício…

Changeons de vêtement, couvrons-nous de cendre et du cilice, jeûnons et pleurons devant le Seigneur, car Dieu, tout miséricordieux est prêt à nous remettre nos péchés.

Les paroles ne sont pas à proprement parler dans l’Écriture mais on les trouve en divers livres, notamment en Joël.

La mélodie est pénétrée de confiance et de paix.

*****

L’antienne Juxta vestíbulum peut aussi être interprétée lors de l’imposition des Cendres : 

Entre le vestibule et l’autel se lamenteront les prêtres et les lévites du Seigneur et ils diront :

Épargnez, Seigneur, épargnez votre peuple et ne fermez pas la bouche de ceux qui chantent vos louanges.

C’est l’ordre donné par Joël pour la pénitence.

La mélodie commence par une plainte sombre puis se transforme en une prière très suppliante.

Achevons la cérémonie de l’imposition des Cendres avec le répons Emendémus dont le texte s’inspire de nombreux passages d’Esther et de Joël :

Réparons par une vie meilleure les péchés que, dans notre ignorance, nous avons commis ; de peur que soudain préoccupés, le jour de la mort, nous cherchions le temps de la pénitence sans pouvoir le trouver.

Et voici la dernière phrase qui est reprise comme refrain après les versets, et dont le texte tiré du prophète Baruch est aussi le refrain d’un chant populaire du Carême que nous aurons l’occasion d’écouter prochainement :

Atténde Dómine et miserére, quia peccávimus tibi

Soyez attentif, Seigneur,  et ayez pitié, car nous avons péché contre Vous.

La mélodie de cette phrase s’enfonce dans le grave sur le mot miserére d’une façon très expressive.

Ce répons comme c’est généralement le cas comporte deux versets dont le 2e est le Gória Patri. Le texte du 1er est pris dans le psaume 78 ; c’est un refrain du temps de Carême, que l’on retrouve dans le Trait de la messe de ce mercredi des Cendres.

Adjúva nos, Deus salutáris noster : et propter honórem nóminis tui, Dómine líbera nos…

Venez à notre secours, ô Dieu qui opérez notre salut, et pour l’honneur de votre nom, délivrez-nous, Seigneur.

Ainsi nos méditations de Carême doivent-elles porter en nous des fruits de conversion, de zèle et de charité accrus. Après un grand élan vers l’aigu à l’intonation, la mélodie redescend calmement pour se terminer dans une ambiance contemplative.

*****

La messe qui suit cette cérémonie commence par un nouvel introït plus développé que celui qui précédait la bénédiction des Cendres : le texte vient du livre de la Sagesse, et plus précisément d’une grande prière de louange à Dieu pour sa miséricorde toute puissante :

Miseréris ómnium, Dómine, et nihil odísti eórum quæ fecísti, dissímulans peccáta hóminum propter pæniténtiam, et parcens illis quia tu es Dóminus Deus noster.

Vous avez pitié de tous, Seigneur, et vous ne haïssez aucun de ceux que vous avez créés ; vous dissimulez les péchés des hommes à cause de leur repentir et vous leur pardonnez car vous êtes le Seigneur notre Dieu.

Il s’agit donc d’une affirmation de la miséricorde divine, et de notre certitude d’être pardonnés si nous nous reconnaissons humblement pécheurs. Elle s’exprime par une mélodie expressive, d’abord calme et grave, puis s’élevant dans la 2e phrase en un grand crescendo vers le mot pæniténtiam, le repentir, avant de retrouver dans la dernière phrase une affirmation calme et solennelle.

Cet introït est accompagné par le 1er verset du psaume 56, que nous allons retrouver au graduel et qui est une prière suppliante, faisant appel à cette miséricorde divine que nous venons d’affirmer :

Miserére mei, Deus, miserére mei, quóniam in te confídit ánima mea.

Ayez pitié de moi, mon Dieu, ayez pitié de moi, car mon âme met en vous sa confiance

*****

Après l’introït de la messe du mercredi des Cendres, en voici maintenant le graduel, où nous retrouvons exactement, dans la 1re partie, le 1er verset du psaume 56 qui accompagnait l’introït.

Ce psaume est une des nombreuses prières suppliantes de David dans un grand danger et le mot miserére répété deux fois montre l’intensité de cette supplication. Mais celle-ci reste pleine de confiance, et la 2e partie du graduel reprend un verset suivant du psaume qui est déjà une action de grâces pour la délivrance entrevue :

Misit de cælo, et liberávit me : dedit in oppróbrium conculcántes me.

Il a envoyé du ciel son secours et m’a délivré ; il a couvert d’opprobre ceux qui me foulaient aux pieds.

La mélodie est dans l’ensemble calme et douce. Le 1er miserére se tien humblement dans le grave, et le 2e s’élève en un beau crescendo, toute la suite se déroulant en souples ondulations.

*****

Le graduel du Mercredi des Cendres est suivi d’un Trait, comme c’est le cas pour les dimanches de ce temps liturgique, mais celui-ci n’est pas propre à cette messe et n’en faisait pas partie primitivement, les messes des féries de Carême ne comportant d’abord qu’un  chant après la 1re lecture ; il a été rajouté par la suite à toutes les messes des lundis, mercredis et vendredis de Carême. C’est vraiment un refrain de ce temps liturgique.

Le texte est un peu hétéroclite puisque les trois versets qui le composent sont empruntés à deux psaumes différents. Le premier modifie d’ailleurs quelque peu un verset du psaume 102, grand cantique de louange pour les merveilles de la création et les bontés dont le Seigneur nous comble. Le texte affirmatif du psaume chantait les bienfaits du pardon divin. Il est ici mis à la 2e personne transformé en prière de demande :

Dómine non secúndum peccáta nostra, quæ fécimus nos :

Seigneur ne nous traite pas selon les péchés que nous avons commis :

Neque secundum iniquitátes nostras retríbuas nobis.

Ni selon nos fautes.

Les deux autres versets sont pris littéralement dans le psaume 78, dans lequel le peuple d’Israël vaincu et envahi reconnaît dans ses malheurs le châtiment de ses péchés et supplie le Seigneur de les pardonner.

Seigneur ne vous souvenez pas de nos fautes d’autrefois. Que vos miséricordes s’avancent vite au devant de nous, car nous sommes devenus très malheureux. Secourez-nous, o Dieu notre sauveur, et pour la gloire de votre nom, Seigneur, délivrez-nous, pardonnez-nous nos péchés à cause de votre nom.

On voit que ce texte insiste beaucoup sur le nom du Seigneur, ce qui est dans la bible, nous l’avons vu à l’introït de ce dimanche, une manière de lui rappeler ses promesses. Traditionnellement on se met à genoux durant le chant de ce 3e verset ce qui accentue encore son caractère suppliant.

 *****

Après le Trait de la messe du Mercredi des Cendres, voici l’offertoire Exaltábo te que l’on retrouvera au XIe dimanche après la Pentecôte :

Exaltábo te, Dómine, quóniam suscepísti me, nec delectásti inimícos meos super me : Dómine, clamávi ad te, et sanásti me.

Je vous exalterai, Seigneur, parce que vous m’avez relevé et que vous n’avez pas réjoui mes ennemis à mon sujet. Seigneur, j’ai crié vers vous et vous m’avez guéri.

*****

Voici le texte de l’antienne de communion de cette messe extrait du psaume 1 :

Qui meditábitur in lege Dómini die ac nocte, dabit fructum suum in témpore suo.

Celui qui médite jour et nuit la loi du Seigneur donnera son fruit en son temps.

La mélodie est un beau mouvement de joie, simple et alerte au début, puis plus intérieure dans sa dernière partie.

Citons l’abbé Ferdiand Portier qui a commenté durant de nombreuses années des pièces de grégorien dans la revue Una Voce et qui achevait ainsi, à propos de cette antienne

" Chantez cette communion pour mieux accorder votre âme à la Divinité et continuez votre méditation, jour après jour, pour vous hausser sans cesse et mériter de nouvelles grâces d’union.

Quand il s’agit des choses humaines nous savons bien nous dépenser, à fortiori devons-nous le faire avec une plus grande joie quand il s’agit d’aimer un Amour qui ne cesse de se donner pour nous ! "

Le site nord-américain Musica Sacra nous offre des partitions du psaume qui peut être interprété en alternance avec cette antienne de communion.

http://media.musicasacra.com/pdf/quimeditabitur.pdf

Ce site suit le nouvel ordo missæ et l’antienne ne sera peut-être pas à la même place dans l’année liturgique mais elle est identique. C’est aisément déchiffrable pour tout choriste et nous encourageons vivement les chefs de scholas à les imprimer et à les travailler lors des répétitions. La psalmodie est le meilleur moyen d’apprendre à déclamer la phrase latine, à respecter les accents toniques, à prononcer cette langue liturgique sans hésiter..

Ce contenu a été publié dans Émissions Una Voce par Patrick Banken.

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 23:05

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NOUS PARTONS AU DÉSERT. RECONNAISSONS-LE, CES QUARANTE JOURS DE CARÊME QUE NOUS ABORDONS SONT PRESQUE LES BIENVENUS.

Enfin du silence. Enfin du recul sur les événements et les choix qui se bousculent comme des bolides sur le circuit de ma vie. Enfin du temps pour Dieu, du temps pour les autres, du temps pour moi aussi.

En m'engageant sur le chemin qui conduit au désert, je ne me suis pas surchargé. Je viens avec mes forces et mes faiblesses, pêle-mêle dans un petit sac à dos. Il y a de la joie, des fiertés, des talents, les prénoms d'un tas de gens que j'aime... Mais il y a aussi des peines, des blessures, des cicatrices qui ne se ferment pas, des renonce¬ments, des absences et des recroquevillements.

Je crois que si le Carême est toujours un temps aussi fructueux et reconstituant, c'est d'abord parce qu'il nous met en marche. Les randonneurs ou les pèlerins connaissent cette exigence de se mettre en route et d'avancer vers un objectif. Sauf qu'avec le Carême, ce n'est pas moi qui fixe la destination. Choisir de s'engager dans les pas du Christ au désert, c'est accepter de ne pas savoir où il nous mène, mais s'abandonner dans la confiance au chemin qu'il nous ouvre et qu'il faudra poursuivre.

Ce chemin passe toujours par la consolation. « De même qu'une mère console son enfant, moi aussi je vous consolerai », dit le prophète Isaïe (chap. 66, verset 13). Dans ce silence et cette distanciation avec la servitude du quotidien, le Christ nous révèle son visage. Il est doux et consolateur. Dans une homélie à des séminaristes et des novices cet été, le Pape François les exhortait : « N'ayez pas peur de la conso¬lation du Seigneur ! »

Toute la foi chrétienne est là : me laisser consoler par le Christ ressuscité. Me laisser toucher par la tendresse infinie de Dieu pour moi, comme celle de la mère pour son enfant dans le texte d'Isaïe. C'est cette consolation qui fera naître ma joie d'être enfant aimé de Dieu et le désir de porter à d'autres ce message d'espérance qui donne sérénité et joie.

Tous, nous souffrons. Les peuples, de la guerre. Les familles, de divisions. Les hommes et les femmes, de maladies et de la mort. Notre société, du chômage ou de la pauvreté. Mais tous, nous sommes sauvés par la croix et la Résurrection ! Tous, chacun par notre prénom, Jésus nous connaît et nous parle au cœur.

Au cours de ce Carême, veillons à lui répondre dans la prière « en secret », sachons discerner ce qui nous empêche de l'entendre et bougeons-nous pour consoler en son nom ceux qui en ont le plus besoin.

Bonne marche vers Pâques ! 

Jean-Baptiste de Fombelle

Panorama mars-avril 2014 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 23:37

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Chers Amis,

Lors de la création première, Dieu a déposé dans l'homme un désir unique pour l'Unique Désiré qu'il est Lui-même ; mais coupé de Dieu par la chute, l'homme cherche à satisfaire ce désir ailleurs, son désir s'atomise dans le multiple et quête dans les innombrables facettes du relatif une réponse à sa soif d'Absolu. 

Voilà pourquoi le désir est le puissant symbole de notre moi et le vrai baromètre de notre vie spirituelle. Tant qu'il n'est pas centré en Dieu seul, le désir est l'ennemi par excellence du Chemin. Il faut une extrême vigilance pour le débusquer sous toutes sortes de déguisements et le déceler derrière tous ses masques, constamment à l'affût de satisfactions obscures et de plaisirs. Lorsqu'il a perdu Dieu, l'homme éprouve un état de manque permanent.

Mais pour celui qui a compris par expérience qu'au fond de chaque désir, jusqu'au moindre, il y a en réalité le désir de Dieu, celui-là peut devenir pauvre de tout le reste. Sa conscience se tourne vers la Présence divine qui est au creux de cet élan intérieur, et non plus vers les objets de sa convoitise. Un jour il sera possédé par Dieu au lieu d'être possédé par les choses. 

A la fin il retrouve l'unique désir qui rencontre Dieu à l'intérieur de tout, même des satisfactions et des plaisirs, mais ceux-ci seront des lieux d'alliance avec Lui, non plus des prisons de l'ego. La pauvreté de cet homme peut devenir absolue. Elle se traduit concrètement par une égalité d'âme totale devant tous les résultats, toutes les réactions, toutes les circonstances : est-ce la bonne ou la mauvaise fortune, le respect ou l'insulte, la renommée ou le blâme, la victoire ou la défaite, la santé ou la maladie, les événements agréables ou pénibles... 

La seule chose qui compte pour lui c'est ce que Dieu veut ici et maintenant. Il ne veut que ce que veut Dieu à tout moment et tout ce qui lui arrive, il l'accepte indifféremment de sa main. La plus infime réaction dans son cœur face à ce qui arrive est la preuve d'une non-pauvreté et d'un attachement à la vieille nature.

L'enjeu de la pauvreté c'est d'abord de devenir libre de tout, car cette liberté est le grand signe de la personne. Quand l'homme s'éveille à elle, il naît seulement à lui-même, à son vrai mystère, son identité. C'est un immense lâcher prise; un saut dans une confiance totale où un Autre que l'ego devient le guide conducteur de tout parce que le désir repose en Lui seul.

Tout cela se dit facilement, alors que c'est le combat d'une vie... Mais le chemin peut être rapide pour quelqu'un qui en a décidé ainsi et en paye le prix. L'amateurisme dans ce domaine est une voie sans issue ! Celui qui ne s'exerce pas avec acharnement et tout le temps n'arrive à rien...

Cependant là même il faut faire très attention, car le désir unique peut cacher encore une volonté de puissance, un orgueil d'autant plus subtil qu'il est spirituel, la recherche d'un accomplissement de soi, fût-ce en Dieu ! 

Le “moi” doit disparaître: après ses attachements aux choses, il est lui-même sa propre richesse, l'auteur d'un rapport à Dieu; il est source de ce désir, tout à fait légitime à ses yeux, donc il se sent exister. Or il faut mourir à soi, totalement, sinon rien ne se passe ! Même un moi avide de Dieu est encore égocentrique, il a son autonomie indue et continue à vivre dans son royaume de désir...

Pour le désir égoïste il ne peut y avoir aucun accomplissement. La libération (le salut) ne se trouve qu'en se perdant Soi-même. Dieu ne vient en nombre avec rien, même pas mon propre moi. Tant qu'il y a un “moi” il n'y a pas de place pour un “Toi”.

Et même s'il y avait une place, elle serait de trop ! On a généralement tendance à imaginer que, si l'homme était vide du moi et de toutes choses, il y aurait alors toute la place pour que Dieu vienne l'occuper. C'est là une grande erreur, disent les Pères. Maître Eckhart par exemple a sous ce rapport une vue pénétrante de ce qu'il appelle la pauvreté vraiment authentique : la pensée même, si légère soit-elle, de faire de la place se présente comme un avoir, c'est une richesse.

Si un homme est vide de toutes choses, de toutes créatures, de lui-même et de Dieu, dit Eckhart, et si Dieu pouvait encore trouver place en lui pour agir, nous dirions : tant que cette place existe, cet homme n'est pas pauvre de la pauvreté la plus intime...

L'homme ne doit pas “ avoir” une place mais “être” lui-même la place dans laquelle Dieu agit, et cela Il aimerait le faire... C'est ici, dans cette pauvreté, que l'homme recouvre l'être éternel qu'il fut, qu'il est et qu'il sera à jamais.

On doit donc ne posséder et ne conserver absolument rien, pas même un moi permettant de recevoir la visitation de Dieu, pas même une absence de moi, encore objet possible de fierté ! La similitude entre Dieu et l'homme alors est totale: l'homme est un avec Dieu, identifié avec Dieu, et désormais il ne connaît plus rien d'un moi séparé. Il a trouvé son véritable moi parce qu'il est perdu en Dieu (voir à ce sujet Le chemin n° 20, “ La Vie en Christ ”, p. 23).

Bon carême

Avec toute notre affection, à bientôt !

 

Père Alphonse et Rachel

http://www.centrebethanie.org

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