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24 février 2023 5 24 /02 /février /2023 20:26


Pourquoi Thierry Murcia a-t-il choisi de répondre à l’ouvrage de Messieurs Mordillat et Prieur, « Jésus contre Jésus » ?

Pourquoi cet historien a-t-il voulu relever le défi d’écrire un ouvrage qui dénonce des argumentations fallacieuses acceptées comme des vérités ?

Le temps est venu de réagir et de ne pas accepter que l’on dise n’importe quoi au nom d’une soi-disant vérité.

L’histoire en tant que science a ses règles, et il faut s’en tenir là et le devoir de l’historien est de travailler avec rigueur.

Thierry Murcia était dans une librairie lorsque son attention a été attirée par « Jésus contre Jésus ».

Il feuillette l’ouvrage et appelle son éditeur interpellé par certains passages et particulièrement par les sources qu’il estime au premier coup d’œil douteuses.

Aussitôt, il se met au travail et se livre à une vérification systématique des documents utilisés par les auteurs de « Jésus contre Jésus » et ce qu’il avait pressenti s’avère exact : les sources employées sont soit inexactes, soit le plus souvent mal comprises car utilisées de seconde, voire de troisième main et tirées de leur contexte, avec tous les risques d’erreurs d’interprétation et de contresens que cela implique.

Une fois son « droit de réponse » écrit, Thierry Murcia – et son éditeur, hésitent entre leur désir de le publier et la volonté de ne pas soulever de polémique inutile, l’ouvrage de Messieurs Mordillat et Prieur ayant disparu des librairies : en reparler n’était-ce pas en faire de la publicité supplémentaire ?

Puis l’auteur et l’éditeur apprenant que l’ouvrage est passé en livre de poche prennent la décision de publier la réponse à « Jésus contre Jésus ».

Il est évident que le fait que l’ouvrage « Jésus contre Jésus » soit passé en livre de poche a pour conséquence de favoriser une large diffusion des thèses véhiculées par « Jésus contre Jésus » et leur pénétration dans un public plus large.

Aussi l’auteur – et l’éditeur, invitent les médias à participer à un débat serein et constructif autour du personnage historique de Jésus.

Thierry Murcia a une démarche d’historien et son précédent ouvrage concernant Les Miracles de Jésus démontre si c’était nécessaire qu’il n’appartient à aucun mouvement et que son regard est uniquement celui de l’historien qui va à la découverte des fondements de l’Histoire avec rigueur et objectivité.

Flavio Minoli, docteur en philosophie et en théologie, professeur de l’université d’Urbino, préface l’ouvrage.

Les éditions Osmondes publient dans un souci de clarification le « Droit de Réponse en 101 points » de Thierry Murcia et pourraient reprendre la phrase de Beaumarchais qui fut longtemps la devise d’un grand quotidien :

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ».

Droit de Réponses en 101 points révèle enfin le travail de MM. Mordillat et Prieur sous son véritable visage.

Présenté comme une vulgarisation des dernières avancées de la recherche académique sur les origines du christianisme, Jésus contre Jésus apparaît, à la lecture de l’étude minutieuse menée par Thierry Murcia, n’être qu’un combat idéologique anti-chrétien qui ne s’appuie que sur l’ignorance et la malhonnêteté.

L’ignorance, en effet, car l’incroyable inculture des deux journalistes, qui prétendent avoir effectué sept années de recherches, frappe le lecteur dès les premières pages du Droit de Réponse.

D’improbables mots grecs sont inventés et les translittérations des mots hébreux sont fautives.

Le traité talmudique Ebel Rabbati se métamorphose en un douteux Abel Rabbat. Lactance se retrouve au cinquième siècle et Pline l’Ancien écrit en 50 avant J.-C.

La plupart des citations sont imprécises et de seconde main, et l’une des rares fois où les auteurs s’aventurent à donner des références précises, Thierry Murcia découvre « en moins de cinq lignes de texte, sur six références citées, six références erronées, soit 100% d’erreurs ».

Croit-on que, maîtrisant si peu leur sujet, nos deux journalistes restent prudents dans leurs hypothèses ? Loin de là ! Forts de la certitude de ceux qui ne savent rien, ils s’avancent avec audace.

Les crucifiés avaient les bras liés, les clous dans les poignets de Jésus ne peuvent qu’être inventés… et pourtant, ce n’est pas moins de quatre auteurs païens, peu susceptibles de complaisance pro-chrétienne que cite Thierry Murcia pour démonter cette ineptie.

Les figues ne peuvent mûrir au printemps, il n’y avait pas de charpentier au temps de Jésus… Autant d’arguments que Thierry Murcia réfute avec rigueur et érudition.

Mais la principale critique que l’on peut opposer à MM. Mordillat et Prieur, c’est de ne jamais vérifier leurs sources, ce qui les conduit à de fâcheux contresens, ainsi vont-ils citer un Psaume de Salomon, persuadés que celui-ci dénonce l’occupation romaine… alors que la tyrannie asmonéenne est visée.

L’ignorance est excusable, la malhonnêteté ne l’est pas. La méthode utilisée par les journalistes n’a rien à voir avec la rigueur de la recherche historique. Le rapport aux textes est dangereusement biaisé, tout document qui va dans le sens du récit évangélique est méprisé, tout document qui l’infirme devient historique.

Thierry Murcia souligne qu’il « est amusant de constater avec quelle simplicité manichéenne MM. Mordillat et Prieur traitent les documents ».

Le sort réservé au cas Barrabas frise l’absurde : les deux pamphlétaires avancent l’une après l’autre quatre hypothèses nullement corroborées, en refusant à tout prix l’hypothèse, somme toute bien plus crédible, rapportée par les évangiles.

De même MM. Mordillat et Prieur rejettent, par principe, les témoignages isolés, mais ils les acceptent quand cela permet d’attaquer le christianisme (point 63).

En accumulant tout ce qui contredit les évangiles, il est tout naturel de mettre presque côte à côte des arguments contradictoires.

Ainsi les suaires ne sont pas utilisés du temps du Christ quand il est nécessaire à l’œuvre de ces Messieurs qu’ils ne le soient pas, puis ils deviennent courants quelques pages plus loin, dès que leur existence s’impose.

Contre ce mariage indigne de la malhonnêteté et de l’ignorance, Thierry Murcia nous rappelle que l’histoire est une discipline ayant ses règles propres.

À la différence de MM. Mordillat et Prieur, qui n’avancent qu’hypothèses gratuites et citations de seconde main, Thierry Murcia prouve chacune de ses assertions par un constant retour aux témoignages les plus anciens, qu’ils soient chrétiens, juifs (dévoilant une admirable connaissance talmudique) ou païens.

Il n’y a pas place ici pour l’argument ad verecundiam, si cher à nos deux polémistes.

Dans un ouvrage pourtant concis, non content de réfuter les erreurs de Jésus contre Jésus, Thierry Murcia éclaire aussi de façon nouvelle quelques passages obscurs des écritures.

Il montre ainsi d’une façon très convaincante que la phrase attribuée à Pilate, « Je suis innocent du sang de cet homme », n’est sans doute pas une invention matthéenne destinée à accabler les Juifs en innocentant le procurateur romain.

En ne se limitant pas à la simple démolition du livre de MM. Mordillat et Prieur, mais en apportant des éléments nouveaux à notre connaissance du christianisme à ses débuts, Thierry Murcia nous laisse espérer, pour dans quelques années, une « Vie de Jésus » qui viendrait réactualiser dans la bibliothèque catholique le livre classique de Daniel-Rops, et nous changerait de l’avalanche de médiocrité que le sujet semble condamné à subir.

Même si ce livre rendra un inestimable service aux chrétiens qui souhaitent défendre les saintes écritures attaquées par MM. Mordillat et Prieur, un agnostique ou un athée le lira avec plaisir.

En effet, le livre de Thierry Murcia n’est pas une apologétique chrétienne faisant pendant à l’apologétique sceptique de MM. Mordillat et Prieur.

Plus qu’une défense du christianisme, c’est une défense de l’honnêteté, une défense de la rigueur historique contre les préjugés de l’idéologie.

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23 février 2023 4 23 /02 /février /2023 20:30

Monticule à Iona où St Columba écrivait
« Nul n’est couronné que celui qui a lutté légalement. » (Saint Columba)

Bien-aimés frères et sœurs en Christ,

Nous nous trouvons au seuil du Carême.

À partir du mercredi des Cendres, nous passerons 40 jours de pénitence et, espérons-le, « porterons des fruits dignes de la repentance » (Mt 3, 8).

Le Christ l’exige de nous et nous dit, « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Mt 4, 17).

Nous aurons une croix de cendres tracée sur nos fronts, une pratique qui puise ses origines dans l’Ancien Testament.

Rappelez-vous, par exemple, l’histoire de Jonas qui a prêché aux Ninivites de se repentir, et le roi de Ninive « se leva de son trône, ôta son manteau, se couvrit d’un sac, et s’assit sur la cendre » (Jonas 3, 6).

Dieu veut notre salut. Par le péché, nous nous coupons de Dieu, qui est le Très-Saint.

Lui seul peut pardonner les péchés, et Il le fait par le Christ dans l’Église, mais cela présuppose que nous voulions vraiment changer.

La peur de ses châtiments est une chose, mais ce que nous devons vraiment craindre, c’est la séparation d’avec Dieu.

S’il n’y a pas de peur, il n’y aura pas d’amendement.

Si nous sommes coupés de Dieu par le péché, nous pouvons retourner à la communion avec Lui en nous repentant de nos péchés et en changeant nos habitudes (conversion).

Nous devons cesser d’être dépendants du péché.

Dieu nous pardonne si nous sommes vraiment repentants.

Rappelez-vous ce que le prophète Isaïe a dit, « Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine » (Isaïe 1, 18).

La vraie repentance prend parfois des formes difficiles. Un exemple qui vient à l’esprit celtique est celui de saint Columba.

Il se querella avec Finnian de Moville pour avoir fait une copie du psautier sans son autorisation, mais qu’il avait bien l’intention de garder pour lui.

Finnian a insisté pour qu’il lui remette la copie.

Mais Columba, qui aurait pu être l’héritier de l’un des trônes importants d’Irlande, refusa de le faire. Pendant la première partie de sa vie, il eut le caractère ardent, agité, voire querelleur de sa race.

Ce qui s’ensuivit fut une bataille sanglante au cours de laquelle de nombreux hommes furent tués.

Bien que vainqueur de la bataille, Columba subit bientôt des remords personnels et de nombreuses condamnations.

Un synode l’a excommunié, et bien que l’excommunication fût levée plus tard, son confesseur l’a condamné à l’exil perpétuel de sa bien-aimée Irlande. Columba s’inclina devant cette sentence avec une triste résignation.

Il s’exila dans la petite île déserte d’Iona d’où, grâce à son humble pénitence, va s’épanouir le mouvement spirituel le plus puissant de cette partie du monde. Sa pénitence a apporté tant de saints fruits.

Saint Jean Climaque dit : « Un signe de vrai repentir est la reconnaissance que nous méritons toutes les afflictions qui nous arrivent. »

Saint Silouane ajoute : « L’homme vraiment repentant supporte volontiers toutes les afflictions – la faim et la nudité, le froid et la chaleur, la maladie et la pauvreté, l’humiliation et l’exil, l’injustice et la calomnie ; car son âme est tournée avec désir vers Dieu, et il ne se soucie pas des choses terrestres, mais prie Dieu avec un esprit pur. »

Ces saints hommes comprenaient la gravité du péché et le profond besoin de repentance. Mais comme le père du fils prodigue, Dieu courra à notre rencontre et nous embrassera avec pardon.

Nous vivons dans une société postchrétienne où beaucoup sont retournés au paganisme, alors que tant de croyants sont tombés dans la médiocrité spirituelle.

Au baptême, nous avons été lavés de nos péchés, mais nous portons toujours avec nous la disposition au péché.

La véritable purification de nos péchés nous lave comme dans un nouveau baptême par la mort expiatoire du Christ.

St Tugdual nous donne l’image suivante. En bons jardiniers, pensons à tout le travail de notre sanctification.

Nos péchés deviennent comme du compost par notre repentir et sont placés dans le sol de l’humilité.

Les graines sont semées, la germination commence, et nous arrachons les mauvaises herbes et tous les autres travaux nécessaires jusqu’à la récolte.

Nous cultivons le jardin mais devons le surveiller. Toutes sortes d’animaux, d’oiseaux et d’insectes peuvent l’endommager, l’ennemi vient avec son ivraie et les parasites continuent les dégâts. Il en est ainsi de nos âmes.

Mais si nous faisons diligemment l’œuvre de la repentance, la grande moisson d’automne arrive, et « il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent » (Lc 15, 10). 

Donnons donc aux anges leur joie ! Amen.

Monseigneur Paul Dupuis

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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 20:30

 

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