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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 22:54
La Lettre de Béthanie N ° 164
 

Gorze, juillet 2019

 

Chers amis,

 

La vie ne peut-être que spirituelle ! Tout ce qui vit et respire est animé par le souffle vital qui a sa source en Dieu. Je vis parce que je suis un être spirituel, c'est à dire un être vivant du Souffle. Sans Souffle point de vie : « Tu leur retires le souffle, ils expirent et retournent dans la poussière. » Ps 104. Ce souffle nous habite, nous porte et nous nourrit. C'est une force ordonnatrice et formatrice, mais également libératrice et unificatrice.

L'homme qui accueille consciemment cette force, est en chemin de transformation. Il participe à l'œuvre régénératrice du Christ grâce à son esprit, car c'est l 'Esprit Saint qui vivifie l'esprit en nous et ainsi, grâce à cet élan vital qui pulse dans son esprit, même l'homme prisonnier de son moi existentiel aspire, sans le savoir parfois, à retrouver la grâce du Christ ressuscité.

L'homme est ainsi fait qu'il est constamment poussé à se dépasser, et finalement, c'est dans cette « tension vers » que l'homme s'accomplit. Cette poussée intérieure est puissante et l'engagement peut se heurter à de multiples dangers. J'en signalerai deux : d'une part la tendance à « l'échappatoire spirituel » et d'autre part, l'identification au « surmoi spirituel. »

Ces deux dangers guettent l'homme inattentif et peuvent engendrer de grandes souffrances. On peut effectivement se servir des idées et des pratiques spirituelles pour mettre de côté des problèmes non réglés sur le plan personnel, pour étayer un sens de soi vacillant ou pour amoindrir des besoins fondamentaux, et tout cela au nom de l'éveil.

Dans une société comme la nôtre, où l'ensemble de l'assise terrestre est faible au départ, il est certes tentant d'essayer de s'élever au-dessus de cette base chancelante pour « dominer » un peu mieux les autres. On « quitte le monde » et... on se retrouve dans le néant !

L'échappatoire spirituel est une tentation forte à une époque comme la nôtre et elle entraîne les personnes à se servir de la spiritualité pour masquer leur difficulté à vivre « dans le monde » faisant d'eux des « personnes à part » incapables d'intégrer leur spiritualité au reste de leur vie.

Ainsi, on peut prétexter un travail de détachement et de renoncement et se réfugier dans la prière pour justifier aux yeux des autres une attitude distante, qui est en fait due à un manque de personnalité et de courage, alors qu'il serait certainement plus profitable de devenir plus incarné, plus engagé vis à vis de soi-même, des autres et de la vie.

Le deuxième problème évoqué concerne la prédisposition à l'identification au « surmoi spirituel », qui agit en tant que critique et juge incessants. Rien de ce que l'on fait n'est jamais suffisamment bien !

Cette voix intérieure critique et garde en mémoire tout manquement dans la pratique et tous les événements où nous ne sommes pas à la hauteur des enseignements reçus et des engagements que nous avons pris. La pratique s'oriente alors, plus vers une conciliation avec cette partie de nous-même qui juge, plutôt que vers une ouverture inconditionnelle à la vie.

Subtilement, les saints et les êtres éveillés deviennent alors des figures paternelles qui surveillent d'un œil attentif toutes les façons de ne pas être à la hauteur de nos engagements.

Viens alors « l'effort ascétique » pour être « plus » détaché, « plus » empli de compassion ou de dévotion ; et de ce fait être entraîné dans une comédie spirituelle qui nous coupe de notre vitalité physique, d'où les fatigues et les dépressions qui s'en suivent et qui finalement nous éloignent de notre aptitude à trouver notre propre chemin authentique, à partir de ce que nous sommes en vérité, ici et maintenant.

Souvent ces « disciples » spirituels, qui cherchent à être « plus » ou « moins », se haïssent secrètement de ne pas être à la hauteur de leurs idéaux. Cela rend leur spiritualité froide et solennelle et ils distillent constamment un poison qui tue, lentement mais sûrement, toutes les communautés qu'ils fréquentent. Courir après un idéal spirituel est épuisant et assommant pour soi-même et pour les frères.

Notre vie est ce qu'elle est. L'accès au réel de mon être est immédiat. Je suis la vie qui se déploie et je suis invité à adhérer à ce déploiement, tel qu'il se présente ici et maintenant, sans but ni esprit de profit, et surtout sans juger les situations existentielles extérieures et intérieures qui me sont proposées par la vie.

C'est cette adhérence, qui est le nerf de la guerre, car notre nature humaine en exil est « l'oubli de Dieu », donc l'oubli de notre nature essentielle qui cherche à se manifester à travers tout ce que nous expérimentons.

Nous sommes donc invités à « nous souvenir » et à mettre en pratique tous les moyens ascétiques utiles à cette « anamnèse » : « Le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien. » « Noblesse oblige » donc, et le miracle humain prédestine l'homme ou « condamne » l'homme à se dépasser, mais non à se surpasser !

La vertu d'humilité est la clef de voûte de notre édifice spirituel et elle s'éveille peu à peu devant notre incapacité foncière à « demeurer avec Lui ». « Être enraciné et fondé dans Sa Présence » nécessite un caractère vertueux, c'est à dire une force intérieure qui nous ancre dans notre « humus » : on retrouve là l'exercice du Hara...

Alors l'homme de l'humus devient disponible pour accueillir la rosée céleste, qui fera de lui ce qu'il doit être et rien d'autre, et ce qu'il doit être, restera pour lui un mystère à découvrir chaque jour, dans l'action de grâce qui jaillit du cœur de celui qui a tout remis entre les mains du Père.

Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

Père Francis

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 22:55
Qu’est-ce que l’âme ?

L’intuition

Les hommes ont toujours eu l’intuition de l’âme. C’est notre expérience.

Nous percevons dans autrui une profondeur inexplicable, la complexité incompréhensible de ses sentiments, de ses pensées, de sa volonté, de sa liberté, de son imagination et de ses projets.

Plus profondément encore, au-delà de ce qui fait le psychisme et la personnalité, nous percevons l’identité de celui ou celle qui est devant nous – sa personne, plus grande que son corps et que son âme.

Nous connaissons donc, de façon existentielle et expérimentale avant tout, qu’autrui a une âme.

Nous savons que la personne que nous aimons ne se réduit pas à son corps, et que celui-ci est la forme sensible d’une profondeur insaisissable et inaccessible à l’appréhension sensible.

La Tradition

La Bible, et tous les livres anciens de l’humanité, confirment cette intuition.

Le livre de la Genèse dit que le Seigneur Dieu a façonné l’homme dans sa dimension corporelle (visible, sensible, palpable) et dans sa dimension de profondeur, inaccessible aux sens, incompréhensible à la connaissance rationnelle.

L’âme est la face cachée du corps, son énigme, sa rationalité, son mystère et sa logique.

Pour les Anciens, l’âme comporte une dimension ‘psychique’ – faite pour l’imagination, la rêverie, les sentiments, les impressions – et une dimension rationnelle – pour l’intuition, la réflexion, l’intelligence, la pensée.

De plus, le Seigneur Dieu a insufflé dans l’âme de l’humanité première quelque chose de son souffle, de son Esprit.

L’âme humaine est ‘vivante’ (Gen 2) parce qu’elle est vivifiée par le Souffle de vie qui est l’Esprit du Père.

Nier l’existence de l’âme humaine est propre aux barbares qui s’arrangent d’une humanité purement animale, corporelle et superficielle, réduite à ce que l’on connaît d’elle par les sens, et vite traitée comme un objet.

La profondeur de l’âme

L’âme a une profondeur : la complexité de ses facultés de conscience de soi, de rationalité, de maîtrise du langage, de sensibilité et d’imagination créatrice.

Plus grande encore est la profondeur abyssale que lui donne la présence, non du saint Esprit en personne, mais des arrhes de l’Esprit, ce souffle exhalé dans les narines de l’homme premier, grâce et énergie de l’Esprit qui attend la glorieuse descente de l’Esprit en personne pour demeurer dans son temple qu’est le croyant.

Une autre profondeur encore est celle de la personne : celle-ci ne se ramène ni au souffle de vie, ni à l’âme rationnelle (ou noétique), ni à l’âme psychique (imagination et sentiments), ni, à plus forte raison, au corps (sensations). La personne est l’identité, correspondant au nom, le sujet, le Je qui préside à toute injonction, à toute supplication et à toute louange.

À la différence du corps et de l’âme dans ses diverses dimensions, la personne ne peut jamais être appréhendée comme un objet : elle est, irréductiblement, un sujet.

Elle est la profondeur indépassable à la fois du corps, de l’âme et de l’esprit humains ; elle les transcende tous les trois ; elle est le for intérieur de toute individualité humaine ; c’est elle qui est, à proprement parler, marquée du sceau de l’image divine.
L’immortalité

L’âme n’est immortelle qu’en participant à la divinité. Elle n’est pas immortelle en elle-même, si l’on suit la conception biblique.

Elle est immortelle quand elle est unie au Seigneur, par la foi, par des œuvres de bien, par la grâce du saint baptême, par la participation à tous les sacrements.

En fait, l’âme est, dans beaucoup de textes bibliques et patristiques, synonyme de vie : « sauve nos âmes », dans la prière au saint Esprit, se traduit simplement par « sauve notre vie », ou encore « sauve-nous ».

Par un certain flou de la terminologie, l’âme renvoie encore à la personne, comme dans l’expression ‘un village de plusieurs centaines d’âmes’, c’est-à-dire de personnes.

La mort

Suivant la tradition biblique que suivent les chrétiens, l’âme et le corps sont étroitement unis pour la vie commune en ce monde.

Après la mort, le troisième jour précisément, ces deux composants se dissocient, ce que montre la décomposition physique.

En effet, l’âme, elle-même vivante grâce à l’esprit insufflé en elle, rend le corps vivant. Se sépare-t-elle de lui par le trépas, celui-ci se dissocie dans les éléments dont il a été façonné et il retourne à la terre.

C’est pourquoi les funérailles et l’ensevelissement doivent avoir lieu avant le quatrième jour : jusque-là, l’être humain demeure un vivant à qui l’on parle et que l’on fait parler par l’intermédiaire des prières de l’Église.

À la Résurrection finale, l’âme et le corps se retrouveront dans l’identité qui leur vient de la personne, elle-même conservée par le Seigneur, soit au Paradis, soit en enfer, mais en tout cas jamais anéantie.

Car la mort n’est pas le néant, et le Seigneur des vivants et des morts n’a rien créé pour le néant ; Il a tout fait pour la vie éternelle.

Un enseignement de la Paroisse orthodoxe Saint-Germain et Saint-Cloud

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 22:55
Un lumineux office du point du jour
Un lumineux office du point du jour
Un lumineux office du point du jour
Un lumineux office du point du jour
Un lumineux office du point du jour

Si la météo se montre favorable, le soleil levant traversera la cathédrale Saint-Cyr/Sainte-Julitte, demain, et illuminera la fresque surplombant le chœur roman où chaque 16 juin est célébré l’office des Laudes.

Rares sont les célébrations effectuées dans le chœur roman de la cathédrale. Le plus souvent, les fidèles font face au chœur gothique. Quelques dates font exception, tels la messe du dimanche de Pâques et l’office des Laudes, chaque 16 juin.

Jour dédié à saint Cyr et sainte Julitte, saints patrons de la cathédrale depuis l’an 802, le 16 juin est le seul jour de l’année où, si le ciel le permet, la lumière du soleil levant traverse, de part en part, la cathédrale pour illuminer la fresque du XIIe siècle représentant le Christ en gloire sur la voûte de la partie romane de l’édifice.

« Cet embrasement de la fresque romane au matin du 16 juin a justifié le désir des fidèles de venir le voir », se souvient Jacques Billout, curé de la paroisse de Nevers-centre.

101 mètres séparent la chapelle occidentale axiale de la voûte romane

L’office du point du jour, dit office des Laudes, car y sont récités des psaumes de louanges à Dieu pour lui rendre grâce du jour qui se lève, est à nouveau célébré dans la cathédrale chaque 16 juin depuis les années 80 seulement.

« Ça n’existait pas avant, tant que subsistait le mur séparant la partie gothique de la partie romane », se souvient le père Billout.

Ce mur avait été élevé après la Libération.

Les bombardements avaient dévasté la partie gothique de la cathédrale. La partie romane, elle, était intacte.

Un mur avait été édifié au niveau de la cinquième arche de la nef gothique en attendant la restauration du chœur gothique et des chapelles occidentales, et pour permettre que le culte se maintienne dans la cathédrale.

Depuis plus d’une trentaine d’années, c’est l’évêque du diocèse de Nevers, Mgr Michel Moutel, puis Mgr Francis Deniau, et depuis l’an dernier Mgr Thierry Brac de la Perrière, qui préside cette messe du 16 juin.

Si les nuages veulent recouvrir d’autres horizons que le ciel neversois, les premiers rayons du soleil pénétreront dans la cathédrale par le vitrail rouge, représentant le couronnement de la vierge, œuvre de Jean-Michel Alberola, dans la chapelle axiale occidentale, ainsi que par la grande verrière bleue de Claude Viallat, et traverseront les 101 mètres séparant les chapelles occidentales de la voûte romane pour magnifier les couleurs médiévales de la fresque du Christ en gloire.

Président de l’association des Amis de la cathédrale, Jean-Michel Drugeon s’émerveille en évoquant le souvenir de ces rares moments : « Le premier rayon éclaire le chapiteau de gauche, puis peu à peu la lumière du soleil occupe la totalité de la voûte et l’illumine. C’est sublime?! »

Jean-Christophe Henriet

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