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12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 21:07
Pour, contre ou sans opinion sur les vêtements liturgiques des célébrants de la réouverture de Notre-Dame de Paris ?  A vous de juger
Pour, contre ou sans opinion sur les vêtements liturgiques des célébrants de la réouverture de Notre-Dame de Paris ?  A vous de juger

"J'ai vécu de manière très forte cette rencontre entre mon travail et Notre-Dame. Notre-Dame est un lieu téméraire, donc il fallait une paramentique qui le soit aussi. Je suis très fier."
Jean-Charles de Castelbajac

"Sur une toile 100% écologique d'un blanc légèrement cassé, j'ai travaillé sur l'idée du rayonnement qui part de la croix, matérialisé par des éclats de couleurs formant un fleuve de foi et d'espérance, comme une sorte de pollinisation et rappelant la lumière colorée des vitraux", a expliqué l'artiste.

Les nouvelles chasubles, dalmatiques et étoles destinées à l'archevêques, aux évêques, aux diacres et aux prêtres présents lors de la messe de réouverture de la cathédrale, sont offertes au diocèse par le mécénat qui œuvre à la reconstruction de l'édifice.

Le choix du design contemporain, lui, n'est pas anodin et affirme la volonté du diocèse d'assoir la cathédrale en son époque : "cette initiative s’inscrit dans une volonté de marier la noble simplicité de la liturgie, la solennité de ce lieu emblématique et l’élan d’une création contemporaine". 

"La couleur, enfant de la lumière, justifie le créateur, est omniprésente sur les chasubles blanches, en écho aux vitraux qui se reflètent sur les murs de la cathédrale, inspirantes [...] pour une génération en quête de fraternité, de sens et de beauté."

Pas moins de 2000 pièces (vêtements et ornements) ont été produites en quelques mois, et seront revêtues dès ce samedi par les 700 célébrants (archevêques, évêques, prêtres et diacres).

Les uns après les autres, chaque artisan a apporté sa pierre à cet édifice.

L’atelier Paloma a façonné satin de laine français et drap de laine d’Écosse.

Chez Lesage et Montex, de multiples opérations de broderie, transfert, perforation, flocage, sublimation (un savoir-faire minutieux permettant d’appliquer délicatement de la feuille d’or dans les tissus) se sont multipliées.

Chez Maison Michel, chapelier depuis 1936, on a fabriqué 192 mitres, ce couvre-chef des évêques dont la pointe symbolise l’élévation vers Dieu et qui doit se plier facilement pour voyager, dans six coloris différents, agrémentés d’un flocage doré et velours de Lesage.

De leur côté, les orfèvres de Goossens ont réalisé un moule et fondu les fermoirs des chapes de l’archevêque et des évêques en forme de chrisme, avant de les plonger dans un bain d’or et de les polir à la main.

Le styliste et le diocèse ont travaillé main dans la main

Interrogé par TF1, Jean-Charles de Castelbajac a tenu à montrer une statue présente dans la cathédrale, sur laquelle "les couleurs sont omniprésentes".

Celles-ci font à ses yeux partie de la vie, et trouvent tout leur sens dans la religion catholique. "Ce sont les couleurs de l'arc-en-ciel, des blasons, de l'héraldiste", glisse-t-il, formant "un langage universel". Il évoque dans la foulée "le vert de l'espérance, le bleu de Marie, de l'eau", mais aussi "le rouge de la passion et du sang du Christ".

Ces choix constituent-ils une rupture avec les tenues qui sont d'ordinaire portées lors des cérémonies ?

En partie oui : le diocèse des Yvelines rappelle ainsi sur son site la signification des différentes couleurs dans la liturgie, précisant que le violet se rapporte aux "temps de pénitence" tel que l'Avent, plus que jamais d'actualité en ce mois de décembre.

À n'en pas douter, "la paramentique (terme qui désigne l'ensemble des vêtements, coiffes, tentures, parements et ornements utilisés dans les liturgies, NDLR) qui a été conçue pour la réouverture de Notre-Dame sort du cadre habituel", confie le diocèse de Paris, contacté par TF1info.

Un pas de côté assumé, puisque ces vêtements liturgiques ont surtout vocation à être porté lors de "fêtes et célébrations", des événements assez singuliers en marge des cérémonies religieux qui rythment la vie quotidienne des ecclésiastiques et des fidèles. 

Le diocèse ajoute avoir été en contact avec Jean-Charles de Castelbajac durant tout le processus de création et de mise au point des tenues, une manière de signifier qu'il se retrouve totalement dans les choix qui ont été effectués et qu'il apprécie le résultat final.

Dans un dossier de presse relayé à l'occasion de la réouverture de la cathédrale, le choix de ces couleurs vives est pleinement assumé. L'ornementation de la paramentique, pouvait-on lire, "s’inspire d’éléments constitutifs de l’identité visuelle" de l'édifice.

À savoir "la croix dorée et la lumière colorée des vitraux, marqué par des dominantes jaunes, bleues, rouges et vertes".

Les internautes ont partagé leur étonnement sur les réseaux sociaux. Les plus taquins, quant à eux, ont osé quelques comparaisons avec les couleurs des marques Lidl ou Google Chrome .

En marge de ces quelques moqueries, des observateurs se sont montrés très irrités, à l'instar d'un représentant Reconquête, se demandant (nouvelle fenêtre)s'il était le "seul chrétien à trouver que cette soutane [...] ridicule".

Ancien directeur général de NRJ et ex-président du Stade Français rugby, Max Guazzini ne s'est pas montré plus tendre. "Qui se permet de réinventer les couleurs liturgiques vieilles de tant de siècles ?", a-t-il interrogé.Des twittos révoltés dénoncent des « prêtres déguisés en bonbons Dragibus », 

Commentaire d'un prêtre :
J’ai découvert avec étonnement, stupéfaction et une certaine incomprehension les nouveaux habits liturgiques de ND de Paris dessinés par l’œil expert d’un croyant, Castelbageac.

J’en perds mon latin.

Qu’est-ce que ces tenues « chevaleresques » viennent faire dans un environnement liturgique.

Elles rappellent certes les couleurs fondamentales, mais est-ce la vocation de ces habits?

Certainement pas.

Les habits liturgiques arborent les couleurs du temps liturgique.

Pas la moindre allusion dans ces chasubles et dalmatiques faits de fragments de jaune, de rouge, de bleu et de vert.

Qu’on réserve la couleur blanche aux célébrations de la nature de celle de ce jour, je ne trouve rien à y redire, mais pourquoi transformer nos évêques et célébrants en participants d’un tournoi chevaleresque?

Je ne comprends pas.

Ensuite, la messe de ce soir,ouverte au public, est bien celle du 2° dimanche de l’Avent.

Or la couleur de l’Avent, comme celle du carême et des funérailles est le violet et rien d’autre.

Le vert est la couleur du temps ordinaire.

Le rouge, celle de la passion.

Le blanc celle de la fête.

Comment un digne représentant de la haute couture, profondément croyant, a pu ainsi s’émanciper de ces considérations liturgiques étrangères à son univers semble-t-il?

Fallait-il faire preuve une nouvelle fois d’une audace liturgique de mauvais aloi, comme pour les JMJ de 1997.

Pourquoi ne pas réserver la conception de ces habits à des personnes non seulement compétentes dans le domaine du tissu et du mariage des couleurs, mais ayant un sens aigu de la liturgie et de l’Eglise?

On ne peut pas faire n’importe quoi et laisser carte blanche du seul fait que leur créateur sort de la haute couture.

Y a-t-il besoin que les officiants portent de tels vêtements de luxe, en décalage complet avec la pratique de l’Eglise depuis des siècles, et distraient les fidèles par leur accoutrement plus que de les porter à la prière?

Je suis un prêtre diocésain proche de la retraite, ni conservateur et encore moins tradi, mais choqué par une telle liberté donnée avec la bénédiction des autorités épiscopales et liturgiques.

Mais peut-être que dans la panoplie des vêtements nouvellement créés s’en trouve-t-il des catholiques, fidèles à la liturgie célébrée?

N’étant pas parisien, je ne le verrai probablement pas, mais la primeur de ceux d’aujourd’hui me laisse un goût amer et m’interpelle quant au souci que l’Eglise soit à la page, au goût du jour, mais affiche dans le même temps un retour certain vers le passé et une certaine rigueur des codes et règles qui la régissent.

Voilà en toute fraternité les sentiments qui m’habitent au soir de cette journée exceptionnelle à tous égards, avec un profonde gratitude à tous ceux qui ont contribué à la réussite de l’opération de résurrection de la cathédrale des cathédrales, ND de Paris. Jean-Pierre S., prêtre.

Un internaute :

Plus blanche que blanche, avec des prélats déguisés aux couleurs de Google, un mobilier en effet plus que discutable et un parterre de VIP du show biz et de la politique, une prouesse en termes de rapidité de reconstruction et de nettoyage, certes. Quant à son essence, qu'en reste-t-il ?

Les quatre organistes qui ont eu la lourde charge de réveiller l’orgue ont aussi été les cibles de remarques corrosives.

« Bruit inaudible », « qui a laissé jouer un enfant de quatre ans jouer de l’orgue ? » , « accords dissonants »… 

A comparer avec des évêques catholiques ou orthodoxes en habits liturgiques traditionnels

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10 décembre 2024 2 10 /12 /décembre /2024 20:29
La parole aux compagnons
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EDITO

Pouvions-nous faire l'impasse sur la réouverture du chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris ? Difficile de ne pas évoquer ce chantier...

Certes, il aurait été appréciable de proposer dans nos pages un entretien avec l'un des architectes concernés ou un représentant du ministère, mais ces personnalités auront tout le loisir de s'exprimer
publiquement dans les prochaines semaines !

Notre réflexion s'est imposée d’elle-même : autant donner la parole à nos Compagnons et aux Itinérants de l'Union qui ont eu l'occasion d’intervenir sur le chantier, quel que soit le métier.

Cette petite sélection de témoignages ainsi recueillis a permis de retracer l’aventure humaine et professionnelle, et l’expérience unique d'une telle réalisation pour les plus jeunes.

L’éclairage de François Icher apporte par ailleurs une nouvelle fois les outils nécessaires pour comprendre les enjeux, les appropriations de langage et les effets de communication des uns et des autres.

Enfin, comme nous sommes Compagnons et que nous aimons le dessin, Jean-Pierre Bourcier (le frère d’un autre Bourcier bien connu chez les Compagnons) nous a fait le plaisir de partager son étude sur les
voûtes d'ogive de Notre-Dame.

En 2004, nouvellement reçu Compagnon à Paris, j’avais eu l'occasion, avec Savoyard et Provençal, de faire des sculptures sur la tour nord de la cathédrale.

Il est vrai qu’on était fiers comme des paons de travailler là-haut et de sortir plein de poussière au milieu des touristes à la pause du midi.

On bossait tard, parfois simplement éclairé d'un spot, et la cathédrale nous appartenait ! Je me souviens aussi de la venue du Compagnon cuisinier David Réal, alors chef au Lutétia, qui nous a apporté l’apéro et des macarons à la rose et à la violette pour les partager en fin de journée sur les toits.

Un petit moment de grâce...

Et puis 20 ans après, l'incendie... et une grande émotion à voir la flèche
s’effondrer.

Cette même flèche levée par les Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté et que nous aimions arpenter dès que l’occasion se présentait.

Puis est venu le temps de l’emballement politique, des querelles entre anciens et modernes, des complotistes, des experts...

Loin de ce tumulte demeurait l'engagement des professionnels (ouvriers, archéologues, scientifiques, architectes...) au chevet de la vieille dame de pierre, jour et nuit.

Pour ma part, ce fut la restauration des chimères (dont le fameux alchimiste) avec une équipe de restauratrices de l’Atelier Chevalier.

Et même si j'étais plus souvent en réunion de chantier avec la maîtrise d'œuvre et les autres entreprises, le plaisir de parcourir les échafaudages de la nef et de découvrir les entrailles de la cathédrale reste un sentiment incommensurable !

J'ai ici une pensée pour mon ami Marc Viré, archéologue, avec qui je prenais le temps de découvrir les fouilles du jubé dans le chœur, et qui s’énervait de voir la manière dont le chantier était traité par les politiques alors que c’était une occasion unique de faire progresser les connaissances des bâtisseurs
d’hier et d’aujourd’hui.

J'ai aussi une pensée particulière pour Santiago et Delphine, les amoureux des marques et graffitis de la cathédrale qui préparent un ouvrage exceptionnel sur ce sujet.

J'ai encore une pensée pour Bernard Brangé, Gaël Hamon et tant d’autres avec lesquels nous avons devisé sans fin sur cette cathédrale.

Finalement, le temps des cathédrales ne sera jamais terminé ! Et si les flèches gothiques ne s'élèvent plus dans le ciel par centaines, elles continuent encore de relier les hommes et les femmes de métier.

Frédéric Thibault,
Provençal la Quête du Savoir

L’épupe de la croisée d’ogives

Le 15 avril 2019, il est environ six heures du soir lorsque les médias diffusent en boucle l’information suivante : « De la fumée s’échappe du toit de Notre-Dame ! ».

Le lendemain matin, les émanations dans l’atmosphère laissent la place à un manteau de cendre, et la question de la reconstruction se pose : faudra-t-il tout rebâtir et restaurer à l'identique ?

Cette catastrophe ne justifierait-elle pas un « geste architectural contemporain ? » pour reprendre la
formulation du Président de la République…

En juillet 2020, après une longue concertation, ce dernier annonce que Notre-Dame sera reconstruite à l’identique, conformément à la charte de Venise qui stipule qu’un bâtiment protégé doit être restauré selon le dernier état connu .

Les architectes chargés d'établir le cahier des charges du projet de construction sont confrontés à une multitude de problèmes à résoudre, dont celui de la définition de la croisée d’ogives qui s’est effondrée.

Si les charpentes de Notre-Dame ont fait l'objet d’une documentation non négligeable qui nous est parvenue grâce à la mise en place de la flèche par Viollet-le-Duc au XIXème siècle, il n’en est pas de
même pour les voûtes.

Notre recherche effectuée dans les différents traités de stéréotomie et d’architecture du XVIIIème
et du XIXème siècle met en évidence que Viollet-le-Duc a reproduit dans son Dictionnaire d'architecture (1854) le tracé d’une voûte d’ogive le plus abouti possible si l’on prend en compte les connaissances
de l’époque.

Le célèbre architecte sera également pratiquement le seul à aborder le problème du couvrement, ne se limitant  pas à définir uniquement le tracé des arcs.

Afin d'étayer ce constat, nous vous proposons de balayer les traités de stéréotomie qui font référence avant d’analyser la croisée d’ogives imaginée par Viollet-le-Duc.

Les principaux traités de stéréotomie et d’architecture français :
Villard de Honnecourt (= 1200 - = 1250) :

Bien que le mémoire de Villard de Honnecourt ne constitue ni un traité de stéréotomie ni un traité d'architecture à proprement parler, il demeure l’un des plus anciens documents reproduisant des tracés permettant de construire une voûte, notamment le traçage de trois arcs de montée différente avec un arc au rayon unique.

Si la méthode de construction de la voûte d’arête résultant de l’intersection de deux voûtes cylindriques était connue à l’époque romaine, celle-ci n'était pas parvenue jusqu'aux bâtisseurs du Moyen Âge.

Aussi, afin de pallier ce manque, ces derniers ont pris le problème à l’envers.

Ils sont partis d’une intersection connue (arcs diagonaux en demi-cercle) pour les raccorder avec des sections connues (arcs de cercle) de même rayon afin d'uniformiser les différents éléments constituant les arcs.

Philibert Delorme (1514 - 1570) :

Cetarchitecte de la Renaissance, connu notamment pour les trompes qu'il a réalisées à Lyon et la construction du château d'Anet, traite de la voûte gothique dans son ouvrage, Le premier tome de l'architecture (1567), dans les chapitres 8,9 et 10 du livre 4. La voûte gothique y est nommée « voûte moderne », et deux épures y sont explicitées de façon succincte.

La plus représentative est celle du chapitre 8 dans lequel la voûte est représentée en plan accompagnée de deux constructions à la perche permettant de tracer les différents arcs.

Au chapitre 10, une perspective intitulée « voûte d’ogive à clés pendante » est commentée.

François Derand (1591 - 1644) :

Ce prêtre jésuite est un architecte français...

La revue est disponible en s'abonnant. Voir ci-dessous
 

"Le Compagnonnage" consacre à la cathédrale Notre-Dame de Paris, un dossier exceptionnel avec les témoignages des Compagnons et Aspirants de l'Union Compagnonnique qui ont travaillé sur ce que certains appellent déjà le "chantier du siècle". Nous avons donc laissé la part belle à nos couvreurs tailleurs de pierre, facteurs d'orgues, sculpteurs, et vitraillistes, pour partager avec vous leurs expériences.
L'historien François Icher apporte une nouvelle fois son éclairage sur ce chantier, et l'ingénieur Jean-Pierre Bourcier aborde la question des voutes nervurées de la croisée d'ogive de la cathédrale.
Retrouvez également les rubriques habituelles sur la formation , le tour de France et un article du compagnon Jean Philippon sur le 150e anniversaire de la création de la Fédération Compagnonnique de tous les Devoirs Réunis en 1874, préfiguration de l'Union Compagnonnique en 1889.
La revue trimestrielle "Le Compagnonnage", c'est uniquement sur abonnement au prix de 25 euros : https://www.lecompagnonnage.com/je-mabonne/
 

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8 décembre 2024 7 08 /12 /décembre /2024 20:30
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez

Poliment cachée derrière des palissades de construction, des barbelés et une gaze d’échafaudages, « Notre-Dame de Paris » a guéri.

Cinq ans après que les flammes ont rugi et que le monde a retenu son souffle, la cathédrale Notre-Dame reprend vie.

« C’est une merveille. Même pour nous qui sommes très souvent dans la cathédrale, elle ne vieillit pas, elle s’embellit chaque jour", a déclaré Philippe Jost, responsable de l’effort de reconstruction de Notre-Dame, en novembre.

« Il y a un effet de chapelle Sixtine », a-t-il déclaré à propos du retour au monument bien-aimé, avec quelque chose à voir et à découvrir où que vous regardiez.

Alors que la cathédrale doit ouvrir ses portes au public le 8 décembre, la cause de l’incendie catastrophique qui a ravagé le monument le 15 avril 2019 reste un mystère, bien que les enquêteurs pensent qu’il s’agissait d’un accident.

D’énormes panaches de fumée s’élèvent dans l’air alors que le feu engloutit la flèche de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019. Il a fallu neuf heures aux pompiers pour éteindre l’incendie.

D’énormes panaches de fumée s’élèvent dans l’air alors que le feu engloutit la flèche de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019. Il a fallu neuf heures aux pompiers pour éteindre l’incendie. 

Benoit Tessier/Reuters

Quoi qu’il en soit, le nombre de personnes à l’origine des efforts de reconstruction est frappant.

La restauration du monument historique dans son état d’origine a coûté environ 700 millions d’euros (737 millions de dollars), selon Reconstruire Notre-Dame de Paris, l’organisme public dirigé par Jost qui est responsable des travaux.

Au total, 846 millions d’euros (891 millions de dollars) ont été collectés en dons auprès de 340 000 donateurs dans 150 pays, les fonds supplémentaires ayant été utilisés pour restaurer d’autres monuments.

Au-delà de cela, il y a les matériaux utilisés pour sa reconstruction : le plus haut chêne abattu mesurait 27 mètres de haut (88 pieds de haut), 1 300 mètres cubes de pierre ont été remplacés, 8 000 tuyaux d’orgue (appartenant au plus grand instrument de France) nettoyés et réaccordés, 1 500 bancs en chêne massif taillés – tout cela est l’œuvre de 2 000 artisans dévoués.

Le résultat de leur travail est encore plus impressionnant.

De l’obscurité à la lumière
 

À quelques pas sous les statues en cascade de la magnifique façade de la cathédrale, l’obscurité laisse place à la lumière.

Les colonnes nues de la cathédrale s’élèvent jusqu’au plafond ; Les murs, dépouillés de siècles de poussière et de crasse, semblent tout neufs.

Le coût de l’incendie n’a pas seulement été financier – le nettoyage et la restauration minutieux ont volé une partie de la morosité et du charme mystiques dont les visiteurs se souviendront.

Mais les responsables espèrent que cela garantira la santé du bâtiment pour les siècles à venir.

La nef de Notre-Dame a été transformée depuis l’enfer. Avant que des travaux ne puissent être effectués, il fallait d’abord sécuriser le bâtiment pour éviter l’effondrement des parties endommagées et pour soutenir les 28 arcs-boutants de la nef.  Sarah Meyssonnier/AP

Le président français Emmanuel Macron s’est fixé un objectif ambitieux pour la reconstruction il y a cinq ans et, lors de sa visite vendredi, est revenu pour remercier les centaines de personnes qui ont éteint les flammes et aidé aux restaurations.

Au cours des 2 055 jours précédents, le site avait été une ruche industrielle, avec des équipes nettoyant les mosaïques de marbre, retouchant les fresques et escaladant la fourmilière d’échafaudages qui remplissaient le centre du monument.

Les équipes de CNN se sont rendues à Notre-Dame à plusieurs reprises depuis l’incendie, alors même que les travaux se poursuivaient malgré l’emprise de Covid-19 sur la France.

Pour le caméraman de CNN, Mark Esplin, un changement a été le plus frappant. Il se souvient qu’il y avait encore un « énorme trou dans le plafond » lorsqu’il a obtenu l’autorisation de visiter le site en 2019, ajoutant : « Vous pouviez voir jusqu’au ciel. »

Comme beaucoup en 2019, une équipe de CNN a regardé avec horreur, à quelques mètres de là, la flèche de la cathédrale être enveloppée de flammes avant de s’effondrer au sol.

Tard dans la soirée, ils ont entendu des centaines de personnes rassemblées autour du monument élever la voix en chantant.

« Je me souviens de l’odeur... Mark et moi nous sommes rapprochés si près que ma veste sentait la fumée pendant des jours », se souvient Saskya Vandoorne, productrice principale.

Aujourd’hui, la base octogonale de la nouvelle flèche de 315 pieds – presque identique à celle conçue au 19e siècle par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc – a comblé ce vide dans le plafond.

Considérée par beaucoup comme un symbole de force et de dévouement aux efforts de reconstruction, la flèche en bois s’est finalement débarrassée de son échafaudage et est revenue dans l’horizon de Paris au début de l’année dernière.


Entendre les cloches sonner le mois dernier pour la première fois depuis l’incendie a été une autre étape importante.

Les huit cloches restaurées du beffroi nord de la cathédrale, qui a été partiellement détruit dans l’incendie, ont sonné début novembre dans le cadre d’un test technique avant le week-end de la grande réouverture de Notre-Dame les 7 et 8 décembre.

Certains Parisiens ont salué le retour de la statue presque grandeur nature de la Vierge Marie à Notre-Dame, qui a également eu lieu en novembre, comme « miraculeux ».

Considérée comme le cœur symbolique de la cathédrale, elle a été épargnée par l’incendie.

Son retour le mois dernier – lors d’une procession nocturne à laquelle ont assisté des centaines de personnes – a été un signe supplémentaire de la profonde émotion que cette reprise a suscitée dans le cœur de tant de personnes en France.

Pour Monseigneur Patrick Chauvet, qui était recteur de Notre-Dame de Paris au moment de l’incendie, les souvenirs sont encore vifs.

« C’était une vision apocalyptique, la cathédrale était à l’envers », a-t-il déclaré à propos de son premier regard à l’intérieur de Notre-Dame après l’incendie.

« Je ne m’en suis pas complètement remis ; C’est gravé au plus profond de mon être.

Des ouvriers protègent la statue de la Vierge Marie, qui est devenue un symbole de silence car elle n’a pas souffert de l’incendie de 2019, avant son retour à Notre-Dame le 15 novembre.  Louise Delmotte/AP

Un travail de passion
La nuit de l’incendie, alors que l’air était encore âcre de fumée, Macron a fait une promesse solennelle.

« Nous reconstruirons Notre-Dame. Parce que c’est ce que les Français attendent et parce que c’est ce que notre histoire mérite", a-t-il déclaré devant les ruines de la cathédrale.

C’est à ce moment-là qu’il s’est fixé l’échéance audacieuse de cinq ans pour reconstruire, ce qui semblait une tâche impossible pour beaucoup.

Peu de gens, en dehors de ceux qui sont directement impliqués, ont été autorisés à voir comment les ouvriers et les artisans spécialisés ont reproduit les techniques et les matériaux de la construction originale de la cathédrale.

Mais pour ceux qui revisiteront bientôt Notre-Dame, cette victoire improbable est mieux vue en levant les yeux.

Le plafond est un treillis de quelque 1 200 rondins de chêne – la « forêt » comme l’appellent les ouvriers – qui ont été abattus dans un ancien bois royal, tout comme les poutres qui soutenaient le toit d’origine.

Récoltés dans l’ouest de la France et façonnés en cadres imposants dans le nord-est du pays, les chênes du nouveau toit de Notre-Dame sont revenus à Paris le long de la Seine.

Une « forêt » de treillis en bois sous le toit en plomb de Notre-Dame a alimenté l’incendie à l’intérieur du bâtiment en 2019. Les charpentes en chêne et la toiture en plomb de la nef, du chœur et du transept de Notre-Dame ont été reconstruites pour ressembler exactement aux originaux, selon Rebuild Notre Dame. Sarah Meyssonnier/Reuters

Au sommet se trouve la flèche, avec un phénix doré maintenant à son sommet, remplaçant symboliquement le coq qui a été trouvé au milieu des décombres de l’incendie.

Remarquablement, la plupart des poutres d’origine de la cathédrale datent d’avant 1226, la plus ancienne provenant d’un arbre abattu en 1156.

Aujourd’hui encore, le pays possède la plus grande réserve au monde de chênes matures, une aubaine unique pour les efforts de reconstruction. Trois des chênes utilisés dans la restauration avaient 230 ans, selon l’Office national des forêts de France.

Des charpentiers ayant le savoir-faire nécessaire pour façonner les arbres en cadres de style médiéval ont été cueillis dans toute la France et dans le monde, un geste similaire à tous les savoir-faire très spécifiques requis pour la restauration : tailleurs de pierre, métalliers, facteurs d’orgues, etc.

Ces artisans, travaillant de concert avec de plus grandes entreprises, ont été en mesure de réutiliser des pratiques de construction désuètes à grande échelle, au lieu de techniques de construction modernes plus rapides et moins coûteuses.

Pour l’homme chargé de superviser la reconstruction de la cathédrale, l’utilisation de ces méthodes traditionnelles était cruciale. « C’est l’authenticité, c’est le souci de respecter le monument », a déclaré Jost à CNN. « Nous utilisons les mêmes matériaux, le chêne et la pierre, et avec les mêmes techniques. »

Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
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Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez
Notre-Dame est de retour, mais pas tout à fait comme vous la connaissiez

Un trésor à redécouvrir
Dépouillée de ses atours habituels – les bancs, les livres de cantiques et les bougies du culte quotidien, les touristes de notre époque et les pèlerins des siècles passés – la précieuse cathédrale de Paris n’a plus été la même.

Mais malgré l’indignité de la restauration - le bruit, les bâches en plastique et les barres métalliques - la majesté de Notre-Dame est indéniable.

Les éléments les plus reconnaissables de Notre-Dame sont peut-être ses célèbres vitraux – chefs-d’œuvre de l’art gothique français – et, en particulier, ses trois rosaces situées dans les façades nord, sud et ouest.

Bien que le verre ait extraordinairement survécu à l’incendie, il a nécessité une restauration minutieuse pour résoudre les dommages causés par la fumée et le plomb, ainsi qu’un nettoyage approfondi après des décennies d’intempéries et d’usure.

Des années de saleté ont été éliminées, restaurant les couleurs vives de sorte qu’une fois de plus, les rouges à lèvres et les bleus lapis-lazuli baignent l’intérieur de la cathédrale lorsque la lumière du jour brille à travers.

Dans les jours, les mois et les années à venir, Notre-Dame - saluée comme l’un des plus grands exemples de l’architecture gothique française - reprendra sa place dans le panthéon culturel de Paris.

Beaucoup seront impatients de visiter pour la première fois ce monument récemment restauré. Et les couleurs ardentes de ces célèbres vitraux seront sûrement la preuve nécessaire que Notre-Dame – cicatrisée et blessée mais transformée – vit.

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