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2 janvier 2025 4 02 /01 /janvier /2025 20:30
Répondre à l'appel du Christ

« Seigneur je sais que Tu me parles, mais je ne T’entend pas ! Pourquoi mon âme est elle sourde à Ta voix ? »

Voici le dilemme qui torture ceux qui pressentent l’appel du Christ mais n’osent pas dire « oui » de peur de se tromper .

Tous ceux qui ont répondu « présent » à l’appel du Seigneur sont passés par cette étape douloureuse, torturante .

C’est que l’appel au sacerdoce ou à l’engagement monastique n’est pas une « affaire » à prendre à la légère . C’est du « sérieux »!

Le chemin , lorsqu’on a accepté Sa demande, est long et difficile, semé de mille embuches dont les moindres ne sont pas celles liées à notre « ego ».

En effet ne confond on pas l’appel profond et le désir personnel ?

Souvent c’est le cas.

Peut etre même est ce une réponse à l’appel sacré qui est vite supplanté par le désir profane, celui suscité par l’orgueil .

C’est une tragédie .

Beaucoup sont heureux de devenir prêtres mais ce bonheur est dilué par le flot des désirs egoistes: le port de la soutane qui donne une sorte de personnalisation « élitiste » dans la société (ce qui est vain et faux) le port des vetements sacerdotaux et la pratique des rites, qui place « au dessus de la mélée » (ce qui est totalement contraire à la foi et tres injuste)….

On se débat alors dans un monde d’illusions que l’on tient pour vrai, pour réalité .

Répondre à l’appel sacré quand on en a compris le sens, peut etre après des années d’erreurs et de tâtonnement, est tout à fait le contraire.

Le moine, la moniale, le prêtre, le diacre, tout en servant l’autre entre en lui ou elle même et sans cesse se met à l’écoute du Seigneur et obéit à Ses préceptes .

Il devient pasteur et porteur d’espérance, modèle, repère, non par le faste ou l’autorité mais par sa gentillesse, son sens du service et du devoir, son engagement ….

Saint Seraphim de Sarov s’entretient avec le moine Timon et lui dit :
« Continue à semer, Père Timon, sème le blé partout et toujours. Sème-le sur la bonne terre, sème-le dans le sable, sur le roc, le long du chemin, et parmi les épines.

Il y a toujours l’espoir que quelque graine prendra racine, poussera, donnera du fruit, même si cela prend du temps. N’ensevelis pas le talent qui t’a été donné, mais place-le pour en avoir l’intérêt. » (traduit par Claude Lopez-Ginisty)

Répondre à l’appel du Christ requiert humilité, patience, réflexion, discernement, surtout discernement car sans cette qualité là, comment un prêtre deviendra-t-il un juste confesseur

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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 20:30
La Lettre de Béthanie N° 217 : point-de-vue orthodoxe sur l'immaculée conception

Chers amis,

Le 8 décembre nous avons fêté la Conception de Marie, la Mère de Dieu. Nos frères de l’Eglise de Rome nomment cette fête l’Immaculée Conception et ils en ont fait un dogme au 19e siècle. Une grande dévotion s’est répandue autour de cette notion d’Immaculée Conception en Occident or c’est une importante divergence entre l’Eglise catholique romaine et l’Eglise orthodoxe.

Ce dogme de l’Eglise de Rome déclare que Marie a été préservée du péché originel vu les mérites à venir de Notre Seigneur Jésus Christ. Mais si Marie avait été en quelque sorte isolée du reste de l’humanité par un privilège de Dieu, lui conférant d’avance l’état de l’homme avant le péché, alors que deviendrait son consentement libre à la volonté divine, que deviendrait sa réponse à l’archange Gabriel ? ils perdraient le lien de solidarité historique avec tous les autres actes qui contribuèrent à préparer, au long des siècles l’avènement du Messie.

Alors que deviendrait la longue généalogie du Seigneur que nous lisons à Noël ? Elle serait inutile ! que deviendrait l’extraordinaire travail sur lui-même du peuple hébreu pour produire ce fruit de sainteté, de pureté, de virginité qu’est Marie ? Il serait inutile ! Ce serait donc tout le premier testament qui en raconte l’histoire qui serait obsolète, ainsi que le début de l’Evangile.

Mais non ! Marie n’est pas un être passif et manipulé par Dieu, elle est la virginité acquise par toute l’humanité. Face à la virginité librement perdue par Eve, la nouvelle Eve en fait librement la reconquête.

 Ce ne peut d’ailleurs pas être autrement car si c’est Dieu et non l’humanité qui construit la virginité de Marie en Marie, pourquoi Dieu avait-il besoin d’attendre la Vierge ? Marie n’est pas un instrument passif entre les mains de Dieu, elle avance en conquérante comme le dit St Jean de Saint-Denis et avant lui St Grégoire Palamas.

Certes elle était pleine de la Grâce divine, mais parce qu’il y avait rencontre entre la Grâce et la volonté humaine, c’était une synergie. S’il n’y a pas synergie, tout s’écroule : il n’y a plus besoin d’efforts spirituels, plus de conquête, plus d’évolution, reposons-nous !

Plus de carême, plus d’avent, laissons-nous aller au gré de nos tendances, de nos pulsions, reposons-nous ! Oui reposons-nous car nous sommes libérés du péché par les seuls « mérites du Christ », c’est en tous cas à cela que nous amène ce dogme tardif et tant pis pour l’histoire d’amour de ce Dieu qui attend Sa bien-aimée, Sa créature.

Les fiançailles de ces deux amoureux fous du Cantique des Cantiques deviennent alors un mariage bourgeois, arrangé par le Père, un mariage forcé en quelque sorte.

Mais Marie est une femme libre, fruit d’un peuple, d’une humanité qui a conquis sa liberté et c’est pourquoi elle peut-être aujourd’hui pour nous un prototype, un modèle, un chemin.

Avec toute mon affection en Christ !

Père Pascal

Note

Le dogme catholique de l'Immaculée Conception est fondé sur la doctrine du péché originel d'Adam et Eve et sa transmission à l'humanité ainsi que Saint Augustin l'a compris. Dans cette compréhension théologique le péché d'Adam et Eve se transmet à chaque homme.

La conscience catholique ne conçoit donc pas que le Verbe puisse s'incarner dans une femme qui ne soit pas sainte, pleine de grâce, c'est-à-dire que même sans péché personnel elle soit souillée par le péché originel. Elle doit donc avoir été mis à part de cette faute originelle. 

Au contraire de Saint Augustin les Pères de l'Eglise pensent que l'homme n'hérite d'Adam et Eve que la mort mais pas son péché de désobéissance. L'homme et donc Marie ne portent pas dans cette conception la culpabilité d'Adam et Eve. Marie sans pèché personnel est donc sainte et pleine de grâce et n'a pas besoin d'être mise à part.

De ces deux conceptions théologiques découlent deux façons de comprendre la fin de la vie de Marie sur terre. Pour les catholiques lors de l'Assomption Marie qui est mise à part de la faute d'Adam et Eve ne meurt pas et monte au ciel vivante. Pour les orthodoxes Marie meurt - elle s'endort, on appelle cet évènement la Dormition -, le Christ accueille son âme (dans les représentations iconographiques les plus anciennes l'âme de Marie est représentée par un petit enfant emmailloté : ), la remet à un ange qui la rendra au corps de Marie montée au ciel. Elle est donc en dehors du Christ ressuscité le premier être humain ressuscité et glorifié dans son corps sans attendre le jugement dernier.

Pour réfléchir sur le "dogme" de l'Immaculé conception du point de vue catholique et orthodoxe

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17 décembre 2024 2 17 /12 /décembre /2024 21:27
Le jeune homme qui répandait un parfum de romarin

Dans une ville du Péloponnèse, j'ai rencontré un jour un chrétien d'environ 32 ans qui répandait une odeur de romarin. Mon étonnement fut encore plus grand lorsqu'il commença à me parler de la prière de Jésus, réalisant que de sa bouche sortait l'ineffable parfum de l'Esprit Saint.

Il avait appris la récitation du chapelet et la prière de Jésus quelques années auparavant à la Sainte Montagne [Athos] et depuis lors, il ne cessait de la réciter, jour et nuit. La prière comblait le besoin naturel de sommeil.

Ainsi, peu à peu, la prière de Jésus devint spirituelle dans son cœur.

Il se réjouissait de la grandeur de cette prière, sans pouvoir expliquer comment elle était dite à l'intérieur de lui-même. Cela se passait dans son cœur avec tant de douceur et il ne la disait pas consciemment, ni avec sa bouche, ni avec sa parole intérieure. C'est la grandeur de la prière spirituelle, surtout de celle qu'on appelle la prière de l'esprit.

Un jour, dans un tel état, il fut tellement transformé par la Grâce de Dieu qu'il dit : " Je me suis oublié. C'était comme si je me perdais et tout à coup j'ai senti que mon âme était dans les bras ouverts de mon confesseur spirituel, qui priait devant un trône céleste lumineux avec une abondance de lumière et de Grâce de Dieu.

Au bout d'un moment, cette lumière céleste a recouvert entièrement mon confesseur spirituel et l'a fait briller d'un tel éclat que j'ai eu l'impression d'avoir fermé les yeux de mon âme. Comment ai-je vu ? Je n'en sais rien. Mon âme, qui était étroitement liée à lui, l'a entendu prier pour moi le Seigneur Jésus-Christ.

Je n'ai pas osé lever les yeux de mon âme, mais j'ai senti ce flot de lumière m'envahir, me remplir de béatitude, de joie, de paix, d'étonnement, d'exultation. Après un certain temps, j'ai repris mes esprits.

J'ai senti que je ne marchais pas sur terre et la prière de Jésus s'est répétée en moi de nombreuses fois. Mon Seigneur Jésus, Mon Seigneur Jésus, Mon Seigneur Jésus...

Pendant trois ou quatre jours, je n'ai pas mangé, je n'ai pas bu d'eau et je n'ai pas dormi. Je me délectais d'une joie céleste indescriptible.

Mes larmes coulaient comme un torrent et étaient très douces ".

C'est ici que se termine l'expérience divine de ce chrétien qui vit parmi nous à notre époque, lui qui est un être humain si rare dans cette époque de folie que nous vivons.

Il a goûté au miel des délices divins, provenant de la prononciation du doux et puissant Nom de Jésus-Christ.

Il se consacrait entièrement à ce travail spirituel, disant la prière d'abord du bout des lèvres, puis à voix basse, puis avec sa parole intérieure, sans tenir compte des devoirs qu'il avait au travail, dans la société et à la maison. Dans son esprit, dans ses pensées, dans ses souvenirs, dans ses sentiments ne régnait que cette soif du Nom de Jésus-Christ. Une soif qui devint amour et qui se transforma en amour divin pour le Christ.

Une faim et une soif inlassables de l'Amour de Dieu, de tout son cœur et de tout son esprit, de tout son pouvoir. Notre Seigneur Jésus-Christ nous assure que ceux qui ont faim et soif de la justice de Dieu, non seulement ils seront rassasiés, mais ils seront aussi heureux grâce à cette plénitude d'Amour de Dieu. Et la plénitude de l'Amour, comme on peut le voir, a conduit ce jeune homme au jardin de la Mère de Dieu.

 

Prêtre Stephenos Anagnostopoulos

 

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

The Athonite Testimony

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