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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 20:30
La Lettre de Béthanie N° 217 : point-de-vue orthodoxe sur l'immaculée conception

Chers amis,

Le 8 décembre nous avons fêté la Conception de Marie, la Mère de Dieu. Nos frères de l’Eglise de Rome nomment cette fête l’Immaculée Conception et ils en ont fait un dogme au 19e siècle. Une grande dévotion s’est répandue autour de cette notion d’Immaculée Conception en Occident or c’est une importante divergence entre l’Eglise catholique romaine et l’Eglise orthodoxe.

Ce dogme de l’Eglise de Rome déclare que Marie a été préservée du péché originel vu les mérites à venir de Notre Seigneur Jésus Christ. Mais si Marie avait été en quelque sorte isolée du reste de l’humanité par un privilège de Dieu, lui conférant d’avance l’état de l’homme avant le péché, alors que deviendrait son consentement libre à la volonté divine, que deviendrait sa réponse à l’archange Gabriel ? ils perdraient le lien de solidarité historique avec tous les autres actes qui contribuèrent à préparer, au long des siècles l’avènement du Messie.

Alors que deviendrait la longue généalogie du Seigneur que nous lisons à Noël ? Elle serait inutile ! que deviendrait l’extraordinaire travail sur lui-même du peuple hébreu pour produire ce fruit de sainteté, de pureté, de virginité qu’est Marie ? Il serait inutile ! Ce serait donc tout le premier testament qui en raconte l’histoire qui serait obsolète, ainsi que le début de l’Evangile.

Mais non ! Marie n’est pas un être passif et manipulé par Dieu, elle est la virginité acquise par toute l’humanité. Face à la virginité librement perdue par Eve, la nouvelle Eve en fait librement la reconquête.

 Ce ne peut d’ailleurs pas être autrement car si c’est Dieu et non l’humanité qui construit la virginité de Marie en Marie, pourquoi Dieu avait-il besoin d’attendre la Vierge ? Marie n’est pas un instrument passif entre les mains de Dieu, elle avance en conquérante comme le dit St Jean de Saint-Denis et avant lui St Grégoire Palamas.

Certes elle était pleine de la Grâce divine, mais parce qu’il y avait rencontre entre la Grâce et la volonté humaine, c’était une synergie. S’il n’y a pas synergie, tout s’écroule : il n’y a plus besoin d’efforts spirituels, plus de conquête, plus d’évolution, reposons-nous !

Plus de carême, plus d’avent, laissons-nous aller au gré de nos tendances, de nos pulsions, reposons-nous ! Oui reposons-nous car nous sommes libérés du péché par les seuls « mérites du Christ », c’est en tous cas à cela que nous amène ce dogme tardif et tant pis pour l’histoire d’amour de ce Dieu qui attend Sa bien-aimée, Sa créature.

Les fiançailles de ces deux amoureux fous du Cantique des Cantiques deviennent alors un mariage bourgeois, arrangé par le Père, un mariage forcé en quelque sorte.

Mais Marie est une femme libre, fruit d’un peuple, d’une humanité qui a conquis sa liberté et c’est pourquoi elle peut-être aujourd’hui pour nous un prototype, un modèle, un chemin.

Avec toute mon affection en Christ !

Père Pascal

Note

Le dogme catholique de l'Immaculée Conception est fondé sur la doctrine du péché originel d'Adam et Eve et sa transmission à l'humanité ainsi que Saint Augustin l'a compris. Dans cette compréhension théologique le péché d'Adam et Eve se transmet à chaque homme.

La conscience catholique ne conçoit donc pas que le Verbe puisse s'incarner dans une femme qui ne soit pas sainte, pleine de grâce, c'est-à-dire que même sans péché personnel elle soit souillée par le péché originel. Elle doit donc avoir été mis à part de cette faute originelle. 

Au contraire de Saint Augustin les Pères de l'Eglise pensent que l'homme n'hérite d'Adam et Eve que la mort mais pas son péché de désobéissance. L'homme et donc Marie ne portent pas dans cette conception la culpabilité d'Adam et Eve. Marie sans pèché personnel est donc sainte et pleine de grâce et n'a pas besoin d'être mise à part.

De ces deux conceptions théologiques découlent deux façons de comprendre la fin de la vie de Marie sur terre. Pour les catholiques lors de l'Assomption Marie qui est mise à part de la faute d'Adam et Eve ne meurt pas et monte au ciel vivante. Pour les orthodoxes Marie meurt - elle s'endort, on appelle cet évènement la Dormition -, le Christ accueille son âme (dans les représentations iconographiques les plus anciennes l'âme de Marie est représentée par un petit enfant emmailloté : ), la remet à un ange qui la rendra au corps de Marie montée au ciel. Elle est donc en dehors du Christ ressuscité le premier être humain ressuscité et glorifié dans son corps sans attendre le jugement dernier.

Pour réfléchir sur le "dogme" de l'Immaculé conception du point de vue catholique et orthodoxe

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17 décembre 2024 2 17 /12 /décembre /2024 21:27
Le jeune homme qui répandait un parfum de romarin

Dans une ville du Péloponnèse, j'ai rencontré un jour un chrétien d'environ 32 ans qui répandait une odeur de romarin. Mon étonnement fut encore plus grand lorsqu'il commença à me parler de la prière de Jésus, réalisant que de sa bouche sortait l'ineffable parfum de l'Esprit Saint.

Il avait appris la récitation du chapelet et la prière de Jésus quelques années auparavant à la Sainte Montagne [Athos] et depuis lors, il ne cessait de la réciter, jour et nuit. La prière comblait le besoin naturel de sommeil.

Ainsi, peu à peu, la prière de Jésus devint spirituelle dans son cœur.

Il se réjouissait de la grandeur de cette prière, sans pouvoir expliquer comment elle était dite à l'intérieur de lui-même. Cela se passait dans son cœur avec tant de douceur et il ne la disait pas consciemment, ni avec sa bouche, ni avec sa parole intérieure. C'est la grandeur de la prière spirituelle, surtout de celle qu'on appelle la prière de l'esprit.

Un jour, dans un tel état, il fut tellement transformé par la Grâce de Dieu qu'il dit : " Je me suis oublié. C'était comme si je me perdais et tout à coup j'ai senti que mon âme était dans les bras ouverts de mon confesseur spirituel, qui priait devant un trône céleste lumineux avec une abondance de lumière et de Grâce de Dieu.

Au bout d'un moment, cette lumière céleste a recouvert entièrement mon confesseur spirituel et l'a fait briller d'un tel éclat que j'ai eu l'impression d'avoir fermé les yeux de mon âme. Comment ai-je vu ? Je n'en sais rien. Mon âme, qui était étroitement liée à lui, l'a entendu prier pour moi le Seigneur Jésus-Christ.

Je n'ai pas osé lever les yeux de mon âme, mais j'ai senti ce flot de lumière m'envahir, me remplir de béatitude, de joie, de paix, d'étonnement, d'exultation. Après un certain temps, j'ai repris mes esprits.

J'ai senti que je ne marchais pas sur terre et la prière de Jésus s'est répétée en moi de nombreuses fois. Mon Seigneur Jésus, Mon Seigneur Jésus, Mon Seigneur Jésus...

Pendant trois ou quatre jours, je n'ai pas mangé, je n'ai pas bu d'eau et je n'ai pas dormi. Je me délectais d'une joie céleste indescriptible.

Mes larmes coulaient comme un torrent et étaient très douces ".

C'est ici que se termine l'expérience divine de ce chrétien qui vit parmi nous à notre époque, lui qui est un être humain si rare dans cette époque de folie que nous vivons.

Il a goûté au miel des délices divins, provenant de la prononciation du doux et puissant Nom de Jésus-Christ.

Il se consacrait entièrement à ce travail spirituel, disant la prière d'abord du bout des lèvres, puis à voix basse, puis avec sa parole intérieure, sans tenir compte des devoirs qu'il avait au travail, dans la société et à la maison. Dans son esprit, dans ses pensées, dans ses souvenirs, dans ses sentiments ne régnait que cette soif du Nom de Jésus-Christ. Une soif qui devint amour et qui se transforma en amour divin pour le Christ.

Une faim et une soif inlassables de l'Amour de Dieu, de tout son cœur et de tout son esprit, de tout son pouvoir. Notre Seigneur Jésus-Christ nous assure que ceux qui ont faim et soif de la justice de Dieu, non seulement ils seront rassasiés, mais ils seront aussi heureux grâce à cette plénitude d'Amour de Dieu. Et la plénitude de l'Amour, comme on peut le voir, a conduit ce jeune homme au jardin de la Mère de Dieu.

 

Prêtre Stephenos Anagnostopoulos

 

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

The Athonite Testimony

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12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 21:07
Pour, contre ou sans opinion sur les vêtements liturgiques des célébrants de la réouverture de Notre-Dame de Paris ?  A vous de juger
Pour, contre ou sans opinion sur les vêtements liturgiques des célébrants de la réouverture de Notre-Dame de Paris ?  A vous de juger

"J'ai vécu de manière très forte cette rencontre entre mon travail et Notre-Dame. Notre-Dame est un lieu téméraire, donc il fallait une paramentique qui le soit aussi. Je suis très fier."
Jean-Charles de Castelbajac

"Sur une toile 100% écologique d'un blanc légèrement cassé, j'ai travaillé sur l'idée du rayonnement qui part de la croix, matérialisé par des éclats de couleurs formant un fleuve de foi et d'espérance, comme une sorte de pollinisation et rappelant la lumière colorée des vitraux", a expliqué l'artiste.

Les nouvelles chasubles, dalmatiques et étoles destinées à l'archevêques, aux évêques, aux diacres et aux prêtres présents lors de la messe de réouverture de la cathédrale, sont offertes au diocèse par le mécénat qui œuvre à la reconstruction de l'édifice.

Le choix du design contemporain, lui, n'est pas anodin et affirme la volonté du diocèse d'assoir la cathédrale en son époque : "cette initiative s’inscrit dans une volonté de marier la noble simplicité de la liturgie, la solennité de ce lieu emblématique et l’élan d’une création contemporaine". 

"La couleur, enfant de la lumière, justifie le créateur, est omniprésente sur les chasubles blanches, en écho aux vitraux qui se reflètent sur les murs de la cathédrale, inspirantes [...] pour une génération en quête de fraternité, de sens et de beauté."

Pas moins de 2000 pièces (vêtements et ornements) ont été produites en quelques mois, et seront revêtues dès ce samedi par les 700 célébrants (archevêques, évêques, prêtres et diacres).

Les uns après les autres, chaque artisan a apporté sa pierre à cet édifice.

L’atelier Paloma a façonné satin de laine français et drap de laine d’Écosse.

Chez Lesage et Montex, de multiples opérations de broderie, transfert, perforation, flocage, sublimation (un savoir-faire minutieux permettant d’appliquer délicatement de la feuille d’or dans les tissus) se sont multipliées.

Chez Maison Michel, chapelier depuis 1936, on a fabriqué 192 mitres, ce couvre-chef des évêques dont la pointe symbolise l’élévation vers Dieu et qui doit se plier facilement pour voyager, dans six coloris différents, agrémentés d’un flocage doré et velours de Lesage.

De leur côté, les orfèvres de Goossens ont réalisé un moule et fondu les fermoirs des chapes de l’archevêque et des évêques en forme de chrisme, avant de les plonger dans un bain d’or et de les polir à la main.

Le styliste et le diocèse ont travaillé main dans la main

Interrogé par TF1, Jean-Charles de Castelbajac a tenu à montrer une statue présente dans la cathédrale, sur laquelle "les couleurs sont omniprésentes".

Celles-ci font à ses yeux partie de la vie, et trouvent tout leur sens dans la religion catholique. "Ce sont les couleurs de l'arc-en-ciel, des blasons, de l'héraldiste", glisse-t-il, formant "un langage universel". Il évoque dans la foulée "le vert de l'espérance, le bleu de Marie, de l'eau", mais aussi "le rouge de la passion et du sang du Christ".

Ces choix constituent-ils une rupture avec les tenues qui sont d'ordinaire portées lors des cérémonies ?

En partie oui : le diocèse des Yvelines rappelle ainsi sur son site la signification des différentes couleurs dans la liturgie, précisant que le violet se rapporte aux "temps de pénitence" tel que l'Avent, plus que jamais d'actualité en ce mois de décembre.

À n'en pas douter, "la paramentique (terme qui désigne l'ensemble des vêtements, coiffes, tentures, parements et ornements utilisés dans les liturgies, NDLR) qui a été conçue pour la réouverture de Notre-Dame sort du cadre habituel", confie le diocèse de Paris, contacté par TF1info.

Un pas de côté assumé, puisque ces vêtements liturgiques ont surtout vocation à être porté lors de "fêtes et célébrations", des événements assez singuliers en marge des cérémonies religieux qui rythment la vie quotidienne des ecclésiastiques et des fidèles. 

Le diocèse ajoute avoir été en contact avec Jean-Charles de Castelbajac durant tout le processus de création et de mise au point des tenues, une manière de signifier qu'il se retrouve totalement dans les choix qui ont été effectués et qu'il apprécie le résultat final.

Dans un dossier de presse relayé à l'occasion de la réouverture de la cathédrale, le choix de ces couleurs vives est pleinement assumé. L'ornementation de la paramentique, pouvait-on lire, "s’inspire d’éléments constitutifs de l’identité visuelle" de l'édifice.

À savoir "la croix dorée et la lumière colorée des vitraux, marqué par des dominantes jaunes, bleues, rouges et vertes".

Les internautes ont partagé leur étonnement sur les réseaux sociaux. Les plus taquins, quant à eux, ont osé quelques comparaisons avec les couleurs des marques Lidl ou Google Chrome .

En marge de ces quelques moqueries, des observateurs se sont montrés très irrités, à l'instar d'un représentant Reconquête, se demandant (nouvelle fenêtre)s'il était le "seul chrétien à trouver que cette soutane [...] ridicule".

Ancien directeur général de NRJ et ex-président du Stade Français rugby, Max Guazzini ne s'est pas montré plus tendre. "Qui se permet de réinventer les couleurs liturgiques vieilles de tant de siècles ?", a-t-il interrogé.Des twittos révoltés dénoncent des « prêtres déguisés en bonbons Dragibus », 

Commentaire d'un prêtre :
J’ai découvert avec étonnement, stupéfaction et une certaine incomprehension les nouveaux habits liturgiques de ND de Paris dessinés par l’œil expert d’un croyant, Castelbageac.

J’en perds mon latin.

Qu’est-ce que ces tenues « chevaleresques » viennent faire dans un environnement liturgique.

Elles rappellent certes les couleurs fondamentales, mais est-ce la vocation de ces habits?

Certainement pas.

Les habits liturgiques arborent les couleurs du temps liturgique.

Pas la moindre allusion dans ces chasubles et dalmatiques faits de fragments de jaune, de rouge, de bleu et de vert.

Qu’on réserve la couleur blanche aux célébrations de la nature de celle de ce jour, je ne trouve rien à y redire, mais pourquoi transformer nos évêques et célébrants en participants d’un tournoi chevaleresque?

Je ne comprends pas.

Ensuite, la messe de ce soir,ouverte au public, est bien celle du 2° dimanche de l’Avent.

Or la couleur de l’Avent, comme celle du carême et des funérailles est le violet et rien d’autre.

Le vert est la couleur du temps ordinaire.

Le rouge, celle de la passion.

Le blanc celle de la fête.

Comment un digne représentant de la haute couture, profondément croyant, a pu ainsi s’émanciper de ces considérations liturgiques étrangères à son univers semble-t-il?

Fallait-il faire preuve une nouvelle fois d’une audace liturgique de mauvais aloi, comme pour les JMJ de 1997.

Pourquoi ne pas réserver la conception de ces habits à des personnes non seulement compétentes dans le domaine du tissu et du mariage des couleurs, mais ayant un sens aigu de la liturgie et de l’Eglise?

On ne peut pas faire n’importe quoi et laisser carte blanche du seul fait que leur créateur sort de la haute couture.

Y a-t-il besoin que les officiants portent de tels vêtements de luxe, en décalage complet avec la pratique de l’Eglise depuis des siècles, et distraient les fidèles par leur accoutrement plus que de les porter à la prière?

Je suis un prêtre diocésain proche de la retraite, ni conservateur et encore moins tradi, mais choqué par une telle liberté donnée avec la bénédiction des autorités épiscopales et liturgiques.

Mais peut-être que dans la panoplie des vêtements nouvellement créés s’en trouve-t-il des catholiques, fidèles à la liturgie célébrée?

N’étant pas parisien, je ne le verrai probablement pas, mais la primeur de ceux d’aujourd’hui me laisse un goût amer et m’interpelle quant au souci que l’Eglise soit à la page, au goût du jour, mais affiche dans le même temps un retour certain vers le passé et une certaine rigueur des codes et règles qui la régissent.

Voilà en toute fraternité les sentiments qui m’habitent au soir de cette journée exceptionnelle à tous égards, avec un profonde gratitude à tous ceux qui ont contribué à la réussite de l’opération de résurrection de la cathédrale des cathédrales, ND de Paris. Jean-Pierre S., prêtre.

Un internaute :

Plus blanche que blanche, avec des prélats déguisés aux couleurs de Google, un mobilier en effet plus que discutable et un parterre de VIP du show biz et de la politique, une prouesse en termes de rapidité de reconstruction et de nettoyage, certes. Quant à son essence, qu'en reste-t-il ?

Les quatre organistes qui ont eu la lourde charge de réveiller l’orgue ont aussi été les cibles de remarques corrosives.

« Bruit inaudible », « qui a laissé jouer un enfant de quatre ans jouer de l’orgue ? » , « accords dissonants »… 

A comparer avec des évêques catholiques ou orthodoxes en habits liturgiques traditionnels

Pour, contre ou sans opinion sur les vêtements liturgiques des célébrants de la réouverture de Notre-Dame de Paris ?  A vous de juger
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