L'empereur mongol Akbar chassait un jour dans la forêt. L'heure venue pour la prière du soir, il descendit de cheval, étendit un tapis sur le sol et s'agenouilla pour prier, comme font partout les musulmans dévots.
Or, juste à ce moment, une paysanne toute bouleversée par la disparition de son mari, parti ce matin-là et pas encore revenu, passa par là à toute vitesse, cherchant anxieusement son mari. Dans sa préoccupation, elle ne remarqua pas la forme agenouillée de l'empereur et buta contre lui, puis se releva et, sans un mot d'excuse, continua sa course dans la forêt.
Akbar fut agacé par cette interruption. Comme, tout de même, c'était un bon musulman, il observa la règle qui défend de parler à qui que ce soit durant le namaaz.
Mais, juste au moment où sa prière prenait fin, la femme revint toute joyeuse en compagnie de son mari retrouvé. Elle fut surprise et effrayée d'apercevoir là l'empereur et son escorte. Akbar donna libre cours à sa colère et lui cria : «Expliquez votre comportement irrespectueux ou je vous fais châtier.»
La femme perdit soudain toute sa peur, regarda l'empereur dans les yeux et dit : «Majesté, j'étais tellement absorbée dans la pensée de mon mari que je ne vous ai pas vu ici, même pas lorsque j'ai buté contre vous. Mais vous, quand vous étiez au namaaz, vous étiez absorbé en Quelqu'un de bien plus précieux que mon mari : comment se fait-il que vous m'ayez remarquée?»
L'empereur, honteux, se tut ; et plus tard, il confia à ses amis qu'une paysanne qui n'était ni lettrée ni mullah lui avait enseigné le sens de la prière.
Apologue de l'islam (A. De Mello)
Extrait de Paraboles de Bonheur, Jean Vernette (Bayard-éditions/Centurion)



Si vous saviez, mes filles, le plaisir que Dieu prend à voir qu'une pauvre fille de village, une pauvre Fille de la Charité, s'adresse avec amour à lui, oh, vous iriez avec plus de confiance que je ne vous puis conseiller.
Je n'ai pas commencé ce travail de moi-même, mais c'est le Christ Seigneur qui m'a ordonné de venir passer auprès des Irlandais païens le reste de mes jours -- si le Seigneur le veut et s'il me préserve de toute voie mauvaise... Mais je n'ai pas confiance en moi-même « tant que je demeure dans ce corps de mort » (2P 1,13 ;Rm 7,24)... Je n'ai pas mené une vie parfaite comme d'autres fidèles, mais je le confesse à mon Seigneur et je ne rougis pas en sa présence. Car je ne mens pas : depuis que je l'ai connu dans ma jeunesse, l'amour de Dieu a grandi en moi, ainsi que sa crainte, et jusqu'à présent, par la grâce du Seigneur, « j'ai gardé la foi » (2Tm 4,7).