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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 22:02

akbar.jpgL'empereur mongol Akbar chassait un jour dans la forêt. L'heure venue pour la prière du soir, il descendit de cheval, étendit un tapis sur le sol et s'agenouilla pour prier, comme font partout les musulmans dévots.


Or, juste à ce moment, une paysanne toute bouleversée par la disparition de son mari, parti ce matin-là et pas encore revenu, passa par là à toute vitesse, cherchant anxieusement son mari. Dans sa préoccupation, elle ne remarqua pas la forme agenouillée de l'empereur et buta contre lui, puis se releva et, sans un mot d'excuse, continua sa course dans la forêt.


Akbar fut agacé par cette interruption. Comme, tout de même, c'était un bon musulman, il observa la règle qui défend de parler à qui que ce soit durant le namaaz.


Mais, juste au moment où sa prière prenait fin, la femme revint toute joyeuse en compagnie de son mari retrouvé. Elle fut surprise et effrayée d'apercevoir là l'empereur et son escorte. Akbar donna libre cours à sa colère et lui cria : «Expliquez votre comportement irrespectueux ou je vous fais châtier.»


La femme perdit soudain toute sa peur, regarda l'empereur dans les yeux et dit : «Majesté, j'étais tellement absorbée dans la pensée de mon mari que je ne vous ai pas vu ici, même pas lorsque j'ai buté contre vous. Mais vous, quand vous étiez au namaaz, vous étiez absorbé en Quelqu'un de bien plus précieux que mon mari : comment se fait-il que vous m'ayez remarquée?»


L'empereur, honteux, se tut ; et plus tard, il confia à ses amis qu'une paysanne qui n'était ni lettrée ni mullah lui avait enseigné le sens de la prière.

Apologue de l'islam (A. De Mello)
Extrait de Paraboles de Bonheur, Jean Vernette (Bayard-éditions/Centurion)

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 22:35

StVincentDePaul.jpgSi vous saviez, mes filles, le plaisir que Dieu prend à voir qu'une pauvre fille de village, une pauvre Fille de la Charité, s'adresse avec amour à lui, oh, vous iriez avec plus de confiance que je ne vous puis conseiller.

 

Si vous saviez combien de science vous y puiserez, combien d'amour et de douceur vous y trouverez ! Vous y trouverez tout, mes chères filles, car c'est la fontaine et la source de toutes les sciences, [de toute connaissance].

D'où vient que vous voyez des gens sans lettres parler si bien de Dieu, développer les mystères avec plus d'intelligence que ne ferait un docteur ?

 

Un docteur qui n'a que sa doctrine parle de Dieu vraiment en la manière que sa science lui a apprise ; mais une personne d'oraison en parle d'une tout autre manière. Et la différence des deux, mes filles, vient de ce que l'un en parle par simple science acquise, et l'autre par une science infuse toute pleine d'amour, de sorte que le docteur, en ce rencontre, n'est point le plus savant.

 

Et il faut qu'il se taise là où il y a une personne d'oraison, car elle parle de Dieu tout autrement qu'il ne peut le faire.

 

Saint Vincent de Paul (1581-1660), prêtre, fondateur de communautés religieuses
Entretiens

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 22:03

StPatrick.jpgJe n'ai pas commencé ce travail de moi-même, mais c'est le Christ Seigneur qui m'a ordonné de venir passer auprès des Irlandais païens le reste de mes jours -- si le Seigneur le veut et s'il me préserve de toute voie mauvaise... Mais je n'ai pas confiance en moi-même « tant que je demeure dans ce corps de mort » (2P 1,13 ;Rm 7,24)... Je n'ai pas mené une vie parfaite comme d'autres fidèles, mais je le confesse à mon Seigneur et je ne rougis pas en sa présence. Car je ne mens pas : depuis que je l'ai connu dans ma jeunesse, l'amour de Dieu a grandi en moi, ainsi que sa crainte, et jusqu'à présent, par la grâce du Seigneur, « j'ai gardé la foi » (2Tm 4,7).            

Que rie donc et que m'insulte qui voudra ; moi, je ne me tairai pas et je ne cacherai pas « les signes et les merveilles » (Dn 6,27) que le Seigneur m'a montrés, bien des années avant qu'ils ne soient accomplis, lui qui connaît toutes choses. C'est pourquoi je devrais rendre sans cesse grâces à Dieu, qui a si souvent pardonné ma sottise et ma négligence, et aussi de ce qu'il ne se soit pas une seule fois irrité contre moi, qui ai été donné comme évêque. Le Seigneur « a eu pitié » de moi « en faveur de milliers et de milliers d'hommes » (Ex 20,6), parce qu'il voyait que j'étais disponible...

 

En effet nombreux étaient ceux qui s'opposaient à cette mission ; ils parlaient même entre eux derrière mon dos et disaient : « Pourquoi celui-là se jette-t-il dans une entreprise périlleuse chez des étrangers qui ne connaissent pas Dieu ? » Ce n'est pas par malice qu'ils s'exprimaient ainsi ; moi-même, je l'atteste : c'est à cause de ma rusticité qu'ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi j'ai été nommé évêque. Et moi, je n'ai pas été prompt à reconnaître la grâce qui était en moi. Maintenant tout cela est devenu clair pour moi.            

Maintenant donc j'expose simplement à mes frères et à mes compagnons de service qui m'ont cru, pourquoi « j'ai prêché et continue de prêcher » (2Co 13,2), en vue de fortifier et de confirmer votre foi. Puissiez-vous ambitionner, vous aussi, des buts plus élevés et accomplir des œuvres plus excellentes. Ce sera ma gloire, car « un fils sage est la gloire de son père » (Pr 10,1).

 

Saint Patrick

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