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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 22:48

 

Voyons ce que Dieu a dit à Moïse, quelle route il a eu ordre de choisir... Tu croyais peut-être que le chemin que Dieu montre est uni et facile, qu'il ne comporte absolument rien de difficile ou de pénible ; au contraire, c'est une montée, et une montée tortueuse. Car le chemin par où on tend aux vertus ne va pas en descendant, mais en montant, et c'est une montée resserrée et difficile. Écoute le Seigneur encore dire dans l'Évangile : « Combien étroite et resserrée est la voie qui mène à la vie ! » Vois donc combien l'Évangile est en harmonie avec la Loi... N'est-il pas vrai que même des aveugles peuvent le voir clairement : un seul Esprit a écrit la Loi et l'Évangile.

Le chemin où on s'avance est donc une montée tortueuse...; les actes et la foi comportent bien des difficultés, bien des peines. Car bien des tentations et bien des obstacles s'opposent à ceux qui veulent agir selon Dieu. Ensuite, dans la foi, on trouve bien des choses tortueuses, beaucoup de points de discussion, bien des objections d'hérétiques...

 

Écoute ce que dit Pharaon en voyant la route que Moïse et les Israélites avaient prise : « Ces gens-là s'égarent » (Ex 14,3). Pour Pharaon, ceux qui suivent Dieu s'égarent. C'est que, on l'a dit, le chemin de la sagesse est tortueux, avec maints tournants, maintes difficultés, nombre de détours.

 

Ainsi, confesser qu'il y a un seul Dieu, et affirmer dans la même confession que le Père, le Fils et Saint Esprit sont un seul Dieu, combien tortueux, combien difficile, combien inextricable cela paraît-il aux infidèles ! Ajouter ensuite que « le Seigneur de majesté » a été crucifié (1Co 2,8), et qu'il est le Fils de l'homme « qui descendit du ciel » (Jn 3,13), combien cela paraît tortueux et combien difficile !

 

Qui l'entend sans la foi dit : « Ces gens-là s'égarent ». Mais toi, sois ferme, ne mets pas en doute une telle foi, sachant que Dieu te montre cette route de la foi.

 

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
Homélies sur l'Exode, n°5, 3 ; SC 321 (trad. SC p. 157 rev.)

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 22:58

Nous, les Pères du 21ème Concile œcuménique de l'Église catholique..., dans la pleine conscience de notre mission envers l'humanité, nous nous adressons avec déférence et avec confiance à ceux qui tiennent dans leurs mains le destin des hommes sur cette terre, à tous les dépositaires du pouvoir temporel.

Nous le proclamons hautement : nous rendons honneur à votre autorité et à votre souveraineté ; nous respectons votre fonction ; nous reconnaissons vos lois justes ; nous estimons ceux qui les font et ceux qui les appliquent. Mais nous avons une parole particulièrement sacrée à vous dire : Dieu seul est grand. Dieu seul est le principe et la fin (Ap 1,17; 2,8). Dieu seul est la source de votre autorité et le fondement de vos lois.

C'est à vous qu'il revient d'être sur terre les promoteurs de l'ordre et de la paix entre les hommes. Mais, ne l'oubliez pas : c'est Dieu, le Dieu vivant et vrai, qui est le Père des hommes. Et c'est le Christ, son Fils éternel, qui est venu nous le dire et nous apprendre que nous sommes tous frères (Mt 23,8). C'est lui, le grand artisan de l'ordre et de la paix sur la terre, car c'est lui qui conduit l'histoire humaine et qui seul peut incliner les cœurs à renoncer aux passions mauvaises qui engendrent la guerre et le malheur. C'est lui qui bénit le pain de l'humanité, qui sanctifie son travail et sa souffrance, qui lui donne des joies que vous ne pouvez pas lui donner, et la réconforte dans des douleurs que vous ne pouvez pas consoler. Dans votre cité terrestre et temporelle, il construit mystérieusement sa cité spirituelle et éternelle, son Église.

 

Concile Vatican II
Message aux gouvernants

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 22:16


Quand Dieu nous en accorde la grâce, elle nous aide singulièrement à le chercher en nous-mêmes. En effet, on le trouve mieux et de manière plus profitable en soi que dans les choses créées ; c'est là que saint Augustin l'a trouvé, comme il nous le raconte, après l'avoir cherché en beaucoup d'endroits. N'allez pas croire cependant que vous l'obtiendrez par la simple réflexion, en considérant que Dieu est au-dedans de vous, ou à l'aide de l'imagination, en vous le représentant en vous. Cette méthode est bonne, c'est là une excellente méthode de méditer, elle est fondée sur la vérité, puisque de fait Dieu est au-dedans de nous ; mais il ne s'agit pas de cette façon de faire qui est au pouvoir de chacun, avec le secours de Dieu, bien entendu !

 

Ce dont je parle est différent : quelquefois on n'a même pas encore commencé à penser à Dieu que déjà on se trouve à l'intérieur de notre « château intérieur » sans savoir comment on y est entré...


Ce recueillement surnaturel n'a pas lieu quand nous le voulons, mais seulement quand il plaît à Dieu de le donner. Je suis persuadée que si le Seigneur l'accorde, c'est à des personnes qui ont renoncé aux choses de ce monde..., du moins dans leurs désirs. Ces gens-là, Dieu les appelle d'une manière toute particulière à la vie intérieure ; s'ils savent correspondre à ses avances, il ne se bornera pas à leur accorder cette grâce, dès lors qu'il commence à les faire monter.

Qu'ils louent le Seigneur grandement, car il n'est que trop juste de reconnaître cette grâce, et leur reconnaissance les dispose à recevoir encore mieux. Car ce recueillement est une disposition à écouter Dieu : l'âme doit donc éviter de discourir pour être attentive à ce que le Seigneur opère en elle... A ce qu'il me semble, dans cette œuvre spirituelle, celui-là fait plus qui est moins porté à penser et à vouloir agir.

 

Ce que nous avons à faire, c'est de nous tenir comme des pauvres très nécessiteux en présence d'un Roi qui est riche et puissant : ils élèvent la voix pour demander, puis ils baissent les yeux et attendent humblement. Quand il nous semble que Dieu, secrètement, nous fait comprendre qu'il nous écoute, il est bon alors de nous taire, dès lors qu'il nous a permis de nous approcher de lui.

 

Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l'Église
Le Château intérieur, 4èmes demeures, ch. 3

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