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30 avril 2023 7 30 /04 /avril /2023 19:30

On sait peu de choses de sainte Soline.

Cette jeune Poitevine faisait peut-être partie des tout premiers martyrs chrétiens.

Il se peut aussi que sa mise à mort fût plus tardive, aux alentours du IIIe siècle. De toute façon, c’est une affaire de violence.

Celles et ceux qui subirent des violences au lieu nommé Sainte-Soline, qui étaient-ils ? Des militants ? Des résistants ? Des martyrs ? Ce furent aussi les membres des forces de l’ordre en exercice.

Pour quoi ? Un bassin en béton de quelques milliers de mètres carrés ?

Pourquoi tant de violence ?

Qu’est-ce que la violence ?

L’étymologie la situe dans la force (vir) ou la vie (vita). La terminaison du mot vient du suffixe « ulus », diminutif qu’on retrouve dans « ridicule », « Portioncule », « minuscule »…

Cela suggère l’idée d’une énergie prise en d’étroites limites et qui, tout à coup, éclaterait. La violence est une force libérée.

Aussi parle-t-on, à propos de la violence, de déchaînement, d’explosion, de débordement.

Force sans forme ni égards, la violence n’a de contour que ce à l’encontre de quoi elle s’exerce, elle se cogne. On la reconnaît à ses effets destructeurs : corps amochés, vitres brisées…

Les choses sont pourtant plus subtiles que cela. Si la violence n’était que la manifestation désordonnée d’une force, comment comprendre qu’il y ait des violences larvées, institutionnalisées, symboliques ?

Il y a par exemple une manière violente de dénoncer la violence, pour mieux faire la sourde oreille à ce qui, par elle, s’exprime. Je propose de définir la violence ainsi : elle est un rapport sans relation.

Frapper quelqu’un pour lui prendre son bien est un contact, donc un rapport, mais sans parole, sans adresse, bref : sans relation.

De même, le cambrioleur qui pénètre chez vous est bel et bien en rapport avec votre intimité, sans toutefois y être invité. Là encore, rapport sans relation.

Quand un contact a lieu au mépris du consentement d’autrui, la violence n’est pas loin.

Au contraire, affronter puissamment un adversaire dans le cadre d’un sport ou, dans un cadre éducatif, mettre un enfant au coin n’est pas violent.

Du moins pour autant que le souci de la relation prime le pur rapport.

La Passion du Christ est violence, mais non point ses colères, parce qu’elles visent à réveiller en nous notre relation à lui.

Dans l’écoute véritable, rapport et relation s’équivalent parfaitement : je suis là, et c’est pour toi.

On comprend à l’inverse pourquoi le mépris ou l’indifférence sont des violences.

Ainsi le père qui, accaparé par mille soucis, ignore l’enfant désespérant d’attirer son attention.

Ou bien un Président qui, élu pour représenter le peuple, envoie, par manque d’expérience de la diversité sociale ou d’intérêt pour le dialogue en général, des signes de mépris.

Quel serait le contraire de la violence ? Logiquement, il s’agirait d’une relation sans rapport…

Cela ferait une belle définition de la prière. Ou de la fidélité.

La prière consiste à se rendre présent à l’Absent de ce monde, à faire une place à ce qui n’en a pas – à la volonté du Père « qui est aux Cieux ».

Prier, c’est suspendre sa vie à un Dieu que nul n’a sous la main : relation nourrie au-delà de tout rapport physique.

La fidélité de même en ce que, en amitié comme en amour, elle est le serment de t’aimer toujours, où que je sois, même loin de toi – serment de t’accompagner dans tes changements, quand je ne te reconnais plus, et dans tes absences, quand toi-même peines à te reconnaître.

Martin Steffens, philosophe (1)

(1) Dieu, après la peur, Salvator, 172 p., 16,90 €.

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29 avril 2023 6 29 /04 /avril /2023 19:30

La nécessité des amitiés chrétiennes

A une époque où le sécularisme gagne du terrain et où le matérialisme est devenu une distraction majeure par rapport à la recherche spirituelle, les amitiés chrétiennes n'ont jamais été aussi importantes.

La recherche de l'épanouissement personnel, du divertissement, du plaisir mondain et de l'acquisition de biens matériels est devenue le thème dominant de notre époque.

Les familles qui plaçaient autrefois la vie de l'Église au centre de leur semaine se sont éloignées de Dieu.

Ayant fait des plaisirs et des poursuites mondains des idoles, leur vie familiale s'est concentrée sur des objectifs transitoires, les laissant dans un état de faillite spirituelle.

Les parents qui amenaient autrefois leurs enfants au temple, ayant perdu leu propre chemin, voient ces enfants s'éloigner de la foi.

Centrés sur des activités mondaines, nous avons laissé notre vie spirituelle être déplacée par des choses de nature transitoire, ne pensant plus aux choses de Dieu.

La maladie spirituelle a contaminé nos jeunes comme un virus, les laissant avec peu de choses pour les soutenir quand les temps sont durs.

La vie d'un chrétien n'a jamais été facile, mais dans une époque qui se révèle hostile aux choses de Dieu, l'amitié chrétienne est d'autant plus importante.

Nous avons besoin les uns des autres.

Nous avons besoin de l'encouragement que l'amitié chrétienne peut nous apporter face à un monde qui a rejeté le Christ.

L'unité que nous avons lorsque nous recevons le Corps et le Sang du Sauveur au cours de chaque célébration de la Divine Liturgie nous donne la force de résister à tout ce qui peut arriver.

Lorsque tout le reste aura échoué et que notre culture, notre économie et notre monde matériel seront en ruine, seule la foi aura le pouvoir de nous soutenir.

Seule notre foi, soutenue et fortifiée par notre communion en Christ, aura le pouvoir durable de nous empêcher de sombrer dans le désespoir alors que notre monde entre dans des ténèbres qui semblent invincibles.

Se cacher de la réalité d'un monde qui s'est égaré ne rendra en aucun cas l'avenir plus radieux.

Nous élever les uns les autres, en partageant notre foi dans le Christ qui est venu faire toutes choses nouvelles, est le seul espoir que nous ayons.

Ne gaspillons pas cette vie que Dieu nous a donnée, mais avançons dans la foi, ensemble, sachant qu'en fin de compte, les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre ceux qui aiment Dieu.

Avec l'amour du Christ.
 

The Necessity of Christian Friendships
In this age where secularism is on the rise and materialism has become a major distraction from spiritual pursuits, Christian friendships have never been more important. The pursuit of personal fulfillment, entertainment, worldly pleasure, and the acquisition of material goods, has become the dominant theme of our age. Families that once placed the life of the Church as the center of their week, have drifted away from God. Having made idols of worldly pleasures and pursuits, their family life has become focused on transitory goals, leaving them in a state of spiritual bankruptcy. Parents who once brought their children to the temple, having lost their own way, watch those children stray far from faith.
Centered on worldly pursuits, we've allowed our spiritual life to be displaced by things that are transitory in nature, no longer thinking of the things of God. Spiritual illness has infected our youth like a virus, leaving them with little to sustain them when times get tough. The economic, political, and social instability of our age demands that we be spiritually fit, yet we give our youth virtually nothing that will help them through the hardships ahead. We continue on a path that remains focused on material gain and personal fulfillment. Hardly the elements that can sustain the human heart.
The life of a Christian has never been easy, but in an age that is proving to be hostile towards the things of God, Christian friendship is all the more important. We need each other. We need the encouragement that Christian friendship can give us as we face a world that has rejected Christ. The unity we have when we receive the Body and Blood of the Saviour during each and every celebration of the Divine Liturgy, gives us strength to withstand whatever may be coming. When all else has failed, and our culture, economy, and material world has fallen into ruin, only faith will have the power to sustain us.
It is only our faith, supported and strengthened by our fellowship in Christ, that will have the lasting power to keep us from falling into despair as our world enters into a darkness that seems unconquerable. Hiding from the reality of a world that has lost its way will in no wise make the future brighter. Lifting each other up, as we share our faith in the Christ Who came to make all things new, is the only hope we have. Let us not waste this life God has given us, but let us move forward in faith, together, knowing that ultimately, the gates of hell will not prevail against those who love God.
With love in Christ,
Abbot Tryphon

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23 avril 2023 7 23 /04 /avril /2023 19:37

Icône de l’église Notre-Dame & St Thiébault à Gorze

Gorze, Avril 2023

Chers amis,
Saint Antoine le grand dit : « la seule prière est celle où l'on ne sait plus que l'on prie ! » Pour en arriver là (si on y arrive), il y a des étapes. Chaque tradition a les siennes. Dans toutes les traditions demeurent une chose : plus l'homme se rapproche de Dieu, plus il se tait, plus il écoute pour finir par réaliser le premier commandement : Shema Israël !

Ecouter, c'est plonger dans la profondeur, dans l'unité de l'Etre, devenir Un avec le moment présent qui contient l'immuable et l'indicible. Dans chaque cœur d'homme se trouve cette nostalgie de l'union...

« La plus grande souffrance de l'homme » dit Graf Dürckheim, « c'est d’être étranger à lui-même, c'est là son mal le plus profond. » Cette souffrance est telle, que l'homme ne cesse de chercher... et cette recherche a donné naissance à tous les chemins et aux différentes traditions spirituelles de l'humanité qui veulent nous reconduire vers le paradis perdu. « Celui qui cherche trouve » dit Jésus.

On trouve toujours ce que l'on cherche de « tout son cœur » ... Même si « les demeures sont nombreuses, les chemins pour y aller sont souvent très ressemblants. Dans toutes les grandes traditions se retrouvent trois axes :

1/ Le chemin personnel : « La pratique, c'est l'intensité de la vigilance permanente. » Rien, sans polarisation et exercice permanent...

2/ Le chemin communautaire : « L'œuvre commune » la liturgie. La prière nourriture. Créer les liens fraternels en « rabotant » nos ego pour qu'émerge la « personne » prémisse d'une humanité nouvelle. C'est le levain dans la pâte...au jour le jour...

3/ Le chemin du service : C'est le « sacrement du frère » qui vérifie et authentifie notre engagement. C'est le partage et l'entraide sous toutes ses formes. Les œuvres de « charité » auprès du prochain.

Une des caractéristiques du chemin personnel, c'est le « mantra ». Ce mot, bien connu de nos jours en occident, est un terme indien qui signifie la répétition incessante d'une formule brève. Ceci a pour effet de faire taire le mental et de mettre en présence du mystère invoqué. Comme dit le psaume 1 :

« Heureux l'homme qui murmure la parole jour et nuit. » La répétition d'une phrase, d'un mot ou d'une prière courte rassemble peu à peu toutes les énergies vers le centre de l'Etre. Le corps lui-même se ré-harmonise dans son architecture énergétique et va aider et favoriser la concentration sur le « mantra ». L'idée, est de murmurer sans cesse ce « mantra », de le répéter en soi, pour que peu à peu, la Parole s'incarne.

Toutes les traditions s'accordent sur la puissance du saint Nom. En Inde, c'est « Nama japa », la répétition du saint Nom de Dieu, soit seul ou dans une formule qui contient le Nom. Dans le Bouddhisme, c'est le « Nembutsu », une formule d'hommage au buddha Amida ( Amitābha, en sanskrit), dont il existe même une forme dansée... Dans le soufisme, c'est le « Dhikr », la formule classique étant : « La illah ill Allah » (Pas de Dieu en dehors de Dieu.), formule que l'on retrouve dans les psaumes « Il n'y a pas d'autres dieux que Toi. »

Dès le début, le disciple qui répète le mantra est puissamment orienté : Dieu seul ! Ces invocations font participer le corps et s'appuie sur lui, grâce au rythme et à la respiration, afin que la formule s'intériorise complètement dans la conscience du souffle, et que l'on puisse peu à peu se trouver silencieusement devant Celui que l'on invoque. Il y a un réel besoin de remplacer les croyances par l'expérience personnelle, de trouver son cœur et Celui qui l'habite.

Quel que soit l'invocation, elle s'adresse toujours à Dieu, donc contient le saint Nom, implicitement ou explicitement. Dans le christianisme, on a souvent appelé ces invocations brèves des « oraisons jaculatoires », du latin « jaculum » qui signifie « trait » ; comme un trait, elles s'en vont frapper le cœur de Dieu.

C'est donc l'émergence d'un cœur à cœur, corps âme esprit ; c'est un véritable élan intérieur qui peut jaillir dans n'importe quelle situation du quotidien et à tout moment. Il renouvelle et approfondit la conscience de la présence de Dieu ; il intensifie l'unité du travail avec la volonté de Dieu au moment présent. Comme on dit dans le zen, c'est la loi du « tout ou rien » ; « qui n'est pas avec Moi, disperse » dit le Christ...avec LUI ! Ici et maintenant par la pratique d'un mantra qui résonne jusque dans la moindre de mes cellules et ouvre le chemin de la résurrection.

Exemples : répéter, à haute voix, à mi-voix (murmurer) ou intérieurement : « Ô Dieu, viens à mon aide ! Seigneur, hâte Toi de me secourir ! » ; « Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, tout passe ! » ; « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur, je le répète réjouissez-vous ! » ; « Le Seigneur est mon berger ; je ne manquerai de rien ! »... ou d'autres paroles qui touche le cœur et qui feront leur chemin en nous…

On peut le faire sous forme de rappel, toutes les heures, pendant une à cinq minutes...Le rappel régulier, à l'aide d'une sonnerie discrète permet d'enraciner la parole en nous, de l'incarner et de l'assimiler. Elle devient nourriture de vie. Reprenons conscience de l'importance vitale de la régularité dans la pratique...Chaque prière doit être accompagnée d'une remise en ordre du corps sur le plan de la juste attitude telle qu'elle est proposée par Karlfried Graf Dürckheim et telle que nous l'enseignons au centre Béthanie depuis 40 ans....

Notons que la prière, dite de Jésus, occupe dans le christianisme orthodoxe une place éminente. C'est un chemin privilégié vers le cœur, la perle précieuse de la tradition hésychaste. Au final, ce n'est pas tant « la technique » employée qui compte que la sincérité du cœur de celui qui s'engage à chercher « d'abord » le royaume des cieux et sa justice. Le reste nous sera donné à la mesure de ce que nous pouvons porter un peu de la croix du Christ, comme en son temps le fit Simon de Cyrène...

Avec toute mon affection en Christ !

Père Francis

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