Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Traduire le blog - Translate into your language

6 mars 2023 1 06 /03 /mars /2023 20:54

 

Pendant 13 jours, des étudiants de l'université américaine d'Asbury, dans le Kentucky, se sont spontanément relayés 24h/24 pour louer Jésus-Christ, attirant près de 50.000 jeunes sur place, et des millions d'autres via les réseaux sociaux.

L’université américaine d’Asbury, dans la petite ville de Wilmore (Kentucky), propose chaque mercredi matin à ses étudiants de se réunir une petite heure pour prier dans le temple évangélique.

Mais le 8 février dernier, une ferveur particulière s’est emparée des étudiants présents, qui ont poursuivi leurs prières et leurs chants plusieurs heures d’affilé.

Lorsque tout ce qui nous entoure s’efface et que notre attention est entièrement portée sur Dieu, cela témoigne de l’attraction puissante que le Seigneur exerce sur nos pensées et aspirations.

C’est précisément ce qui se passe à Asbury : des fidèles et des étudiants remplissent l’auditorium de l’université d’Asbury à Wilmore, dans le Kentucky, aux États-Unis, tandis que d’autres se rassemblent à l’extérieur. C’est le réveil d’Asbury.

Ce phénomène est connu sous le nom de « réveil spirituel » et depuis le 8 février, date à laquelle une chapelle scolaire ordinaire a été submergée par une affluence inattendue, les fidèles prient pratiquement sans interruption dans l’auditorium.

Des personnes venant de tout le pays, ainsi que d’Amérique latine et d’autres régions du monde, affluent pour participer à ce mouvement de l’Esprit qui ne fait que commencer.

Les journaux tels que Time, Washington Post, NY Times, Christianity Today et Religion News ont tous couvert cet événement avec un grand intérêt, démontrant ainsi son importance.

Dans un article intitulé « Ce que le réveil chrétien d’Asbury révèle sur le besoin de connexion de l’Amérique », Time rapporte qu’un réveil chrétien a eu lieu à l’Université d’Asbury, attirant des dizaines de milliers de personnes et perturbant la vie du campus.

Les opinions divergent quant à savoir s’il s’agit d’un mouvement de Dieu sans précédent ou si l’événement est trop politisé et manque de sérieux moral.

Cet événement est considéré comme le premier réveil de l’ère moderne, marquant ainsi l’arrivée du réveil spirituel à l’ère des réseaux sociaux.

Il est remarquable de voir cela se produit dans un pays développé où les gens ont souvent des excuses pour ne pas aller à l’église en raison de leur emploi du temps chargé.

Cela devrait encourager les chrétiens en Europe à chercher Dieu, car le réveil peut également se produire en Europe.

Le réveil d’Asbury: Qu’est-ce qui s’est passé ?

L’université d’Asbury est connu pour des réveils spirituels, en 1970, un réveil célèbre qui a duré 185 heures, soit plus de sept jours.

Il s’est poursuivi par intermittence pendant des semaines et s’est répandu à travers les États-Unis et à l’étranger.

Récemment, en 2006, un réveil de l’école a duré quatre jours.

Et 17 ans plus tard, un autre réveil éclate dans la même université.

Au cours de la première semaine de février, quelque chose d’extraordinaire s’est produit à l’université Asbury : un réveil spirituel a commencé à prendre place.

Les membres du personnel, les professeurs, les amis et les voisins ont tous uni leurs forces pour soutenir cet événement inattendu.

Ils ont aménagé une salle de classe pour en faire un centre de commandement qui offrait de la nourriture, de l’eau, des toilettes et assurait la sécurité des étudiants et des visiteurs.

Les bénévoles ont travaillé sans relâche pour accueillir toutes les personnes qui cherchaient à se rapprocher de Dieu.

Tout a commencé lors d’un service de chapelle où le pasteur Zach Meerkreebs a prononcé un sermon sur l’amour en action, à partir du livre de Romains, chapitre 12.

Même si Zach Meerkreebs avait des doutes quant à l’impact de son message, cela a inspiré 18 ou 19 étudiants à rester après le service pour prier.

Zeke Atha, l’un de ces étudiants, a entendu des chants en sortant de la chapelle.

Alors que des étudiants chantaient et priaient à l’université Asbury, l’information s’est répandue sur les réseaux sociaux, créant ainsi des tensions.

Le personnel de la chapelle a organisé la manière de gérer cette situation, mais la situation est devenue de plus en plus ingérable car certaines personnes ont commencé à sonner du shofar (corne) et à crier.

Le personnel de l’université a demandé aux personnes soufflant dans des shofars ou priant bruyamment d’être fidèles à l’esprit paisible de l’événement. La plupart des personnes ont obéi, mais certaines ont été invitées à partir.

Rapidement, les gens se sont mobilisés pour offrir de la nourriture telle que des gâteaux, des cookies, des fruits et des pizzas, afin que chacun puisse trouver de quoi se fortifier.

Ainsi, le réveil spirituel de l’université Asbury a été rendu possible grâce aux efforts acharnés des bénévoles qui ont créé un centre de commandement pour aider et soutenir les visiteurs qui cherchaient Dieu.


http://www.seraphim-marc-elie.fr/

 

Témoignage sur les réseaux sociaux sur le réveil d’Asbury

Le 14 février, une femme a partagé sur Instagram qu’elle avait conduit depuis l’Indiana jusqu’à Asbury.

Elle avait assisté à une réunion de prière pendant environ 5 heures et, au moment de partir, elle a été abordée par une femme avec qui elle a commencé à discuter.

Alors qu’elle parlait avec cette femme, une autre femme et sa fille sont apparues de l’autre côté du couloir et se sont approchées d’elles. La première femme ne connaissait pas ces deux personnes.

La femme et sa fille ont demandé de l’aide pour une maladie rare dont souffrait la petite fille et qui lui causait des douleurs abdominales depuis plusieurs jours.

La première femme, qui se trouvait être médecin spécialisée dans cette maladie rare, a prié pour la famille.

La petite fille a témoigné qu’elle ne ressentait plus aucune douleur et se sentait déjà mieux.

Tout cela était clairement le fruit d’une intervention divine.

Les sceptiques pourraient y voir une simple coïncidence, mais ceux qui connaissent la sollicitude de Dieu pour les détails de nos vies savent que c’est Lui qui est à l’œuvre.

Quand la première femme a dit qu’elle était spécialisée dans cette maladie rare, j’ai pleuré comme un bébé.

Dieu est tellement bon envers nous !

Le hashtag #asburyrevival comptait plus de 68 millions de vues sur TikTok en date de 19 février après-midi.

Interrogé sur ce phénomène, le cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York, a exprimé l’espoir d’un renouveau religieux. « C’est une nouvelle extraordinairement bonne », a-t-il ainsi déclaré lors d’une interview à la chaîne Fox News, à l’occasion du mercredi des Cendres. « Ce qui me réjouit, c’est que tout cela n’était pas planifié mais spontané. Ce n’était pas quelque chose de chorégraphié ou d’anticipé. Il s’agit simplement d’étudiants sincères et authentiques qui ont ressenti le besoin de la prière, de la parole de Dieu, de la compagnie et de la foi et qui ont été poussés à persévérer dans la prière, comme Jésus nous le dit dans l’Évangile », a-t-il relevé.

Après ces jours intenses, les responsables de l’Université ont demandé aux étudiants de reprendre tranquillement le chemin des cours afin de ne pas se laisser déborder par l’ampleur du mouvement, qui a donc pris fin dans le calme le 21 février.

Conclusion
Depuis Asbury, on assiste à un réveil spirituel dans d’autres universités américaines, comme en témoigne le réveil à l’université de Samford en Alabama, à l’université de Cedarville dans l’Ohio et aux universités de Lee et Belmont dans le Tennessee.

Ces mouvements ont pour origine des groupes d’étudiants désireux de vivre une expérience authentique de leur foi et de partager leur amour pour Dieu avec leur entourage.

Mais cette soif de spiritualité ne se limite pas aux campus universitaires américains.

En Europe, les communautés chrétiennes sont également à la recherche d’une relation plus profonde avec Dieu.

Dans un monde en constante évolution, où les défis et les incertitudes sont nombreux, beaucoup de personnes cherchent des réponses à des questions existentielles et spirituelles.

Les communautés chrétiennes doivent donc se mobiliser pour offrir un espace de rencontre, de partage et de réflexion à ceux qui cherchent le réveil spirituel.

En conclusion, l’émergence de mouvements de réveil spirituel dans l’université d’Asbury est une source d’inspiration pour les chrétiens du monde entier.

Ce mouvement rappelle que la foi chrétienne n’est pas une affaire de doctrines et de traditions, mais qu’elle est avant tout une relation personnelle avec Dieu.

Les communautés chrétiennes européennes doivent donc suivre cet exemple et chercher à offrir à leurs membres et à ceux qui les entourent un espace où ils peuvent rencontrer Dieu et vivre une foi authentique et vivante.

Tout a commencé avec un sermon inspirant qui a touché les cœurs de plusieurs étudiants et les a poussés à prier ensemble.

Les pentecôtistes sont bien conscients que mobiliser des gens et organiser des réunions de prière ne garantit pas nécessairement un réveil spirituel.

Selon eux, la clé pour susciter un réveil est de trouver des hommes et des femmes assoiffés et désireux de Dieu.

Ce sont eux qui seront capables de porter le feu de l’Esprit Saint et de répandre cette flamme à travers leur communauté.

L’histoire du pentecôtisme nous rappelle l’exemple du pasteur William Seymour en 1906 à Asuza Street à Los Angeles.

C’est là où un véritable réveil spirituel a commencé à prendre forme, rassemblant une communauté de croyants affamés de la présence de Dieu.

Cette expérience a conduit à la naissance du mouvement pentecôtiste qui a depuis lors touché des millions de personnes dans le monde entier.

Pour les pentecôtistes, l’histoire de Seymour est un rappel de l’importance de rester assoiffés de la présence de Dieu et de se laisser guider par l’Esprit Saint.

Ils croient que lorsque les croyants cherchent Dieu avec un coeur sincère, cela peut déclencher un réveil spirituel qui peut changer la vie de nombreux individus et transformer des communautés entières.

Comme le témoignage d’une femme de pasteur sur Instagram :

Ici, il n’y a pas de célébrités, de dénominations, ou le nom d’un pasteur connu.

Ce qui importe ici, c’est la présence du Saint-Esprit, qui transcende les barrières de la langue, de la nationalité et de la couleur de peau.

Nous croyons que Dieu touche les cœurs et apporte conviction et paix à tous ceux qui se tournent vers lui.

Voir de jeunes gens être touchés par la puissance de Dieu ne peut qu’engendrer des larmes et de la joie.

Pendant des mois, mon mari a commencé ses prédications dans les deux églises dont nous avons la charge en expliquant le sens du mot « réveil ».

Pour nous, le réveil n’est pas un simple événement, mais plutôt une conviction renouvelée du péché et de la repentance, suivie d’un désir ardent de vivre dans l’obéissance à Dieu.

Cela implique l’abandon de notre volonté propre en faveur de la volonté de Dieu, avec une profonde humilité.

L'Esprit-Saint s'est arrêté treize jours à Asbury dans le Kentucky
L'Esprit-Saint s'est arrêté treize jours à Asbury dans le Kentucky
L'Esprit-Saint s'est arrêté treize jours à Asbury dans le Kentucky
L'Esprit-Saint s'est arrêté treize jours à Asbury dans le Kentucky
L'Esprit-Saint s'est arrêté treize jours à Asbury dans le Kentucky

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0
2 mars 2023 4 02 /03 /mars /2023 20:31

 

Je terminerai mon cours aujourd’hui en prolongeant encore une fois ma pensée sur la Trinité.

Je désire ainsi reprendre la quête de l’hypostase non pas dans la vision d’en haut mais dans la vision d’en bas, dans l’anthropologie.

Et je soulignerai une évidence : lorsqu’il s’essaye à discerner la Tri-unité, le monde accède beaucoup plus facilement à la notion et à la réalité d’unité qu a celle de l’hypostase (ou des Trois Hypostases).

Dieu-Un est plus proche de notre pensée, de notre contemplation, et de notre expérience que l’hypostase (ou les Hypostases).

Je me suis essayé précédemment à discerner l’hypostase dans l’être humain en la distinguant de la nature humaine.

Mais il me faut pousser plus loin et dire que l’hypostase seule est un non sens, posant, provisoirement, avec les scolastiques. que l’hypostase apparaît lorsqu'il y a relation avec une autre hypostase.

J’avais déjà indique ceci mais je veux le souligner d’une autre manière: la personne se montre quand il y a relation avec une autre personne.

Ceci correspond à un phénomène étrange.

Considérons en effet un être humain et regardons son destin.

Ce destin, cette courbe d’une vie, sont personnels en tant qu’on n’assimile pas cet individu à un “type” - à la manière dont la littérature du siècle forgeait des types collectifs d’épiciers, de notaires, de femmes de province...

Dès que l’on considère la vie personnelle de chaque être humain - cette vie bizarre avec ses mélanges de succès, de malheurs, de rencontres - dès que l’on considère la courbe d’une existence de 25,70 ou 85 ans, dès que l’on étudie ces vies en les contemplant rétrospectivement, et surtout en regard de la vocation humaine, de cette exigence intérieure - dont la jeunesse, qui veut réaliser “quelque chose”, a le sens aigu - la première impression qui s’en dégage alors est l’absurdité !

On se demande pourquoi ces êtres ont vécu, même s’ils ont réussi de manière spectaculaire, comme Napoléon par exemple.

On sait que ce dernier gagna des batailles, qu’il a laissé une législation (dont la valeur n’est d’ailleurs pas si grande qu’on le pense) et que son empire fut immédiatement détruit puis suivi d’une nouvelle révolution avant l’édification d’un deuxième empire moins glorieux que le premier.

Voyez : même ces personnalités, prodigues de tant d’efforts et de génie avec, pour Napoléon, une mort banale dans une île, avec, également, tout leur romantisme et leur pathétique, démontrent qu’l manque “quelque chose” !

Qui ne connaît encore le cas de ces êtres aimés et soudain diminués, progressivement “gâteux”, morts un jour et enterrés, dont on ne sait plus rien, même si on leur demeure attaché ? Considérez une destinée et suivez-la jusqu’au bout ; si votre regard est sincère et lucide, l’absurdité en est flagrante, même s’il s’agit de la destinée des Saints !

Contemplez, par exemple, la tragédie de saint Basile le Grand. La lutte est à l’intérieur de l’Eglise, on y discute puis il y apporte la paix ; et on retombe ensuite dans les mêmes défauts que ceux auxquels il s’est opposé.

On est saisi de stupeur devant la destinée de chaque individu et on ne comprend pas.

Revenons aux célébrités : on leur érige des statues, on donne leur nom aux rues - Emile Zola, Victor Hugo, peu importe - mais vaut-il la peine de vivre pour avoir une rue à son nom ?

Car même si l’on écrit sur vous des biographies et des études, même si vous êtes canonisés après avoir souffert et même si l’on vous peint, sublime, en icône devant laquelle les personnes prient, même alors des difficultés et des persécutions identiques à celles qui vous ont été infligées se produiront.

Comme le dit l’Écriture : Vous honorez les tombeaux des prophètes mais si les prophètes étaient parmi vous, vous agiriez aussi mal avec eux.
Vous voici donc canonisé mais trahi.

Et je parle de ce qu’il y a de mieux, d’un saint qui est plus qu’un héros ou qu’un génie ; mais j’aurais pu parler d’un écrivain dont les livres sont commentés par un professeur médiocre : encore une trahison !

Voyez combien la destinée, prise individuellement, a quelque chose d’impardonnablement incompréhensible et tragique.

Comprenez-moi, lorsque le Christ est venu disant “J’ai sauvé le monde”, je peux comprendre et, à travers Lui, regarder le destin de l’univers.

Il y a en effet la Création, la chute d’Adam, l’aventure de l’homme ; puis vient le deuxième Adam qui nous sauve ; enfin, après de longues années d’efforts, viendront le ciel nouveau et la terre nouvelle.

Nous allons vers l’épanouissement du monde, vers le salut et l’eschatologie.

On découvre donc, ici, le commencement, le milieu et la fin. Les contes aussi ont un sens ; nous y voyons, par exemple, un prince partant sauver une jeune fille qu’il aime.

Il lutte contre les dragons, il combat l’incompréhension, il triomphe et tout s’achève en un grand mariage ; tout le monde est heureux et ils auront certainement beaucoup d’enfants.

Mais dans la vie, hélas, la difficulté et la stupidité commencent avec beaucoup d’enfants, et tout finit pas une mort quelconque.

La vie avec son cortège d’années, et même la vie future, ne justifient pas l’étrangeté de notre existence individuelle.

Oui, quelques joies fleurissent, des attachements naissent...

Mais il y a autre chose encore : toute vie comporte une justification absolue dans son unicité, et tout aussi énigmatique.

Admettons, en effet, que nous placions dans une corbeille les vies les plus médiocres qui se puissent trouver, les biographies des êtres les plus inutiles, inconnus, quelconques, ratés - et ne disons pas même “ratés”, car un raté dégage un certain intérêt - mais insipides.

Il existe des multitudes de ces cas, tel, par exemple, celui d’une pauvre femme qui a tra¬vaillé sans cesse ; elle désirait se marier mais elle n’a pas trouvé d’époux ou bien, si elle l’a rencontré, elle a été abandonnée par lui ; alors elle s’est mise à la couture, ses yeux ont faibli, elle a dû loger dans une chambre de bonne à Paris où quelques personnes lui donnent un coup de main ; et la voici qui meurt !

On se demande vraiment où est la valeur de la personne humaine et si l’on peut sacrifier ces milliers, ou milliards d’êtres dont on ne voit pas pourquoi ils ont vécu.

Prenons donc ces vies en considération, non en elles-mêmes mais en rapport les unes avec les autres ; considérons-les dans leurs rapports mystérieux.

Nous découvrons soudain qu’un être a vécu pour dire un mot à un autre, que ce mot en engendra un autre et ce dernier un troisième.

Apparaît alors un phénomène étrange qui n’est pas le destin, ni la relation de cause à effet, ni le hasard, bien que comportant un aspect de hasard, et ce phénomène est la rencontre des “toi” avec les “moi’.

Illustrons cette pensée.

Nous aimons Michel, mais pourquoi Michel est-il parmi nous ?

Par suite d’une quantité de hasards et de rencontres : parce qu’un pèlerin russe, perdu dans la Russie du 19eme siècle, pratiquait la prière perpétuelle.

Quelqu’un rencontra ce pèlerin par hasard - non, le terme est faux, il n’y a pas de hasard - et prit des notes ; quelqu’un d’autre s’intéressa à ces notes et les publia en 1907.

Grâce à ce faux “hasard” une autre personne encore reprit ces notes, les traduisit en allemand puis en français.

Tout ceci n’a encore rien a faire avec Michel.

Mais voici que l’Europe, fatiguée du libéralisme et de l’individualisme, commence à s’intéresser aux idées hindoues et à la Tradition; alors, quelque part, dans le Quartier Latin, une boutique, une librairie a tendance traditionnelle est ouverte.

Comme le récit du Pèlerin russe exhale, semble-t-il, l’arôme d’un mantra hindou, ce livre obtient un certain sucés et même un grand succès parmi les hindouisants, et cette librairie en possède quelques exemplaires.
Il existe simultanément un homme charmant, profondément juif.

Comme beaucoup de ces âmes juives qui veulent être réalistes et qui perdent en même temps le sens du concret - ni ghetto, ni christianisme - cet homme est épris, avec toute l’ampleur de la bonté du Deutéronome, d’une spiritualité plus orientale que chrétienne et il recherche une littérature correspondante.

Rencontrant un ami, celui-ci lui dit : “N’avez-vous pas lu le Pèlerin russe ?

- Ah, non ! - Vous le trouverez dans le magasin où l’on vend des livres traditionnels”. Il y court. Plus de livre.

En réalité, ce livre était glissé sous un autre et il ne le trouva point. Le libraire l’avise : “Allez à l’église Saint-Irénée, je crois qu’il y en a un stock”.

Notre “charmant profondément juif" vient, trouve le livre, ou ne le trouve pas - je ne sais - mais parle avec un prêtre présent et toujours par ce hasard, qui n'est pas hasard mais “relation ou rapport”, il assiste à la liturgie. Il ne devient nullement chrétien et ne se convertit pas mais - voici l’intéressant - il rencontre, le lendemain, son ami Spiro.

Un autre rapport surgit. Spiro est un chanteur grec auquel une maladie de cœur a ôté la possibilité de continuer le chant.

Comme il se sent devenir incapable, il cherche Dieu et il fréquente divers milieux, tels ceux de la franc- maçonnerie et de la magie ; mais cela ne le conduit pas à Dieu !

Il veut alors revenir à la spiritualité orthodoxe mais il est devenu trop français pour appartenir à l’église grecque.

Et voici que ce juif franc-maçon qui s’intéresse aux livres hindouisants dirige Spiro dans l’église Saint-Irénée où il retrouve l’Orthodoxie... Spiro connaît Michel !

Michel, à son tour, connaît Un tel ; et les portes de l’Église s’ouvrent à nombre de personnes dont le rôle sera efficace.

Je citerai un deuxième exemple.

Jean-Paul S. fut pendant plusieurs années le président laïc de notre paroisse de Lyon.

Comment cela advint-il?

Je me trouve à Grasse et la grève des transports éclate. La grève m’immobilise dans cette ville où je ne devais demeurer que quelques jours chez un camarade de captivité.

Ce contre-temps m’impose du temps libre. Je vais donc voir une exposition et parce que je suis allé voir cette exposition je rencontre des amis russes.

Ils m’invitent à Lyon et me mettent en rapport avec Jean-Paul S... Notre paroisse lyonnaise est semée.

Un jour j’eus une vision.

Je regardais une femme dépourvue de tout intérêt. Je priai longuement, demandant pourquoi elle existait.

Je reçus cette admirable réponse : son rôle est immense.

A l’âge de dix-sept ans, elle fit un aimable sourire à un homme qui en fut transformé et engendra ensuite de très nombreuses personnes à la vie intérieure.

Nous sommes en rapport perpétuel les uns avec les autres ; et les vies plus ou moins ratées, comme les vies plus ou moins réussies, sont animées de rencontres inattendues : un geste, une parole, une action, un oubli, un souvenir, s’enchaînent en rapport avec d’autres et, soudain, ils procurent un sens à ce qui n’en avait pas.

Je dirai : “Toi, Gilles, qui t’engendra comme prêtre ?

Et toi, Jean-Pierre, comme diacre ?”

Le livre du Pèlerin, le charmant profondément juif et Spiro, le comptable, disciple de la prière perpétuelle : vos biographies sont formées d’une quantité d’évènements.

A contempler ces rencontres, ces rapports entre humains, vous direz qu’ils sont complexes.

Oui, mais tout y prend un sens, un sens universel et, en réalité, la personne (ou hypostase) y apparaît devant le regard au sein de toute l’humanité.

Chacun, dans ses gestes, dans ses attitudes, dans ses “oui” ou ses “non” contribue à ce choc des rapports.

Cet apport ne vient aucunement du génie ou de la sainteté n’étant pas lié aux qualités personnelles.

Un postier, parfois, sans intention ou idée en tête, peut égarer une lettre et ainsi commence une nouvelle chaîne de relations.

Vous me répondrez : “Mais tous ces évènements, ce sont les ficelles de la Providence, ce sont des choses qui nous échappent”.

Non, mes amis.

Ce que j’ai tâché de vous expliquer est demi-conscient chez l’homme, et nous paraît être hasard ou Providence.

Mais plus l’homme avance spirituellement, plus les rapports avec ce qu’il rencontre deviennent conscients, attentifs, réels et uniques.

Pourquoi un saint est-il caractérisé par une certaine différence qui le rend supérieur aux autres ?

Parce que lorsque vous êtes en rapport avec lui, vous sentez et comprenez que ses paroles ne sont pas dites au hasard mais consciemment.

Nous-mêmes devons réviser notre existence et reconnaître que nous avons une multitude de pères - nous avons, certes, un seul Père céleste - une multitude de frères formés de tous ceux, connus et inconnus, qui nous ont engendrés à ce que nous sommes.

Nous avons de même une multitude de fils, parce que nous- mêmes avons pu provoquer un choc chez quelqu’un qui, lui-même, rencontra un troisième, un quatrième, un cinquième, etc...

Nous sommes engendrés par une quantité d’événements. Arrêtons sur une image, par exemple, le film dans lequel nous jouons : panne de mécanisme !

Restons chacun dans la position que nous avions au moment de la panne. Le temps est suspendu !

Chacun de nous représente ce qu’il est alors, non seulement par son monde personnel mais par toutes les facettes des rencontres de sa vie, rencontres de la grâce, rencontres humaines, rencontres des livres ; et ceci sans compter par surcroît avec l’hérédité, l’origine, les influences multiples.

Nous sommes le produit de milliards de personnes, et chacune joue dans sont état actuel un rôle absolument unique.

Et, si nous commençons à évaluer le poids de ces rencontres, nul n’aura le droit de dire qu’une lettre perdue est plus ou moins importante en soi que la lecture d’un Père de l’Église. Tel est le mystère !

Nous nous plaçons ici vis-a-vis de ceux qui nous engendrent car nous ne sommes pas engendrés une seule fois mais nous le sommes sans cesse.

Moi-même, je vous engendre par une certaine influence ou réaction. Il y a donc une paternité mais de nombreux pères.

Une seule paternité vous engendre mais vos pères peuvent être votre enfant, votre maître, etc... Et, simultanément, nous aussi nous engendrons.

Il faudrait parler maintenant de la responsabilité et de la nécessité d’être prudent, car un mot peut être le germe de catastrophes ou bien le germe du salut pour des multitudes.

Un mot imprudent, un petit mot indifférent, peut engendrer des tragédies. Je ne veux être ni négatif, ni positif, mais insister sur ce fait.

Nous sommes fait des producteurs, des engendreurs, des pères, des mères et, en même temps, nous sommes des fils de ces paternités.
Il y a un psaume qui dit, pas exactement dans le même sens, mais parallèlement : “Tes chemins sont connus dans leurs rencontres”.

Une pièce de théâtre habilement montée contient différents jeux, différentes scènes, qui semblent n’avoir aucun lien entre eux, et puis, soudain, tout se rencontre.

C’est ainsi dans la vie !

Soyez attentifs ; nombre d’événements vous paraissent n’avoir aucune liaison entre eux, mais prenez du recul ou avancez-vous, et vous discernerez le pourquoi.

C’est “la” ou “les” rencontres dans l’humanité.

Ici, voyez-vous, nous dépistons qu’il n’y a pas seulement le travail en commun, mais des relations mystérieuses entre nous tous.

Et lorsque nous avons saisi cette réalité, nous comprenons alors dans un éclair que ces vies d’apparence stupide ne le sont point, non plus d’ailleurs que les jours ou périodes de notre vie qui semblent ne pas avoir de sens.

Certes, ces existences sont vides du point de vue concret.

L’homme a parfois des périodes creuses, où même la prière a disparu, où l’inspiration du créateur, du peintre, de l’écrivain, s’est évanouie, où la joie n’est plus vivante.

Mais considérons les rapports : ils ne peuvent disparaître ; qu’ils soient presque invisibles ou impétueux, ce sont eux qui tissent nos vies et dirigent nos hypostases vers la Trinité.

Evêque Jean de Saint-Denis
 

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0
24 février 2023 5 24 /02 /février /2023 20:26


Pourquoi Thierry Murcia a-t-il choisi de répondre à l’ouvrage de Messieurs Mordillat et Prieur, « Jésus contre Jésus » ?

Pourquoi cet historien a-t-il voulu relever le défi d’écrire un ouvrage qui dénonce des argumentations fallacieuses acceptées comme des vérités ?

Le temps est venu de réagir et de ne pas accepter que l’on dise n’importe quoi au nom d’une soi-disant vérité.

L’histoire en tant que science a ses règles, et il faut s’en tenir là et le devoir de l’historien est de travailler avec rigueur.

Thierry Murcia était dans une librairie lorsque son attention a été attirée par « Jésus contre Jésus ».

Il feuillette l’ouvrage et appelle son éditeur interpellé par certains passages et particulièrement par les sources qu’il estime au premier coup d’œil douteuses.

Aussitôt, il se met au travail et se livre à une vérification systématique des documents utilisés par les auteurs de « Jésus contre Jésus » et ce qu’il avait pressenti s’avère exact : les sources employées sont soit inexactes, soit le plus souvent mal comprises car utilisées de seconde, voire de troisième main et tirées de leur contexte, avec tous les risques d’erreurs d’interprétation et de contresens que cela implique.

Une fois son « droit de réponse » écrit, Thierry Murcia – et son éditeur, hésitent entre leur désir de le publier et la volonté de ne pas soulever de polémique inutile, l’ouvrage de Messieurs Mordillat et Prieur ayant disparu des librairies : en reparler n’était-ce pas en faire de la publicité supplémentaire ?

Puis l’auteur et l’éditeur apprenant que l’ouvrage est passé en livre de poche prennent la décision de publier la réponse à « Jésus contre Jésus ».

Il est évident que le fait que l’ouvrage « Jésus contre Jésus » soit passé en livre de poche a pour conséquence de favoriser une large diffusion des thèses véhiculées par « Jésus contre Jésus » et leur pénétration dans un public plus large.

Aussi l’auteur – et l’éditeur, invitent les médias à participer à un débat serein et constructif autour du personnage historique de Jésus.

Thierry Murcia a une démarche d’historien et son précédent ouvrage concernant Les Miracles de Jésus démontre si c’était nécessaire qu’il n’appartient à aucun mouvement et que son regard est uniquement celui de l’historien qui va à la découverte des fondements de l’Histoire avec rigueur et objectivité.

Flavio Minoli, docteur en philosophie et en théologie, professeur de l’université d’Urbino, préface l’ouvrage.

Les éditions Osmondes publient dans un souci de clarification le « Droit de Réponse en 101 points » de Thierry Murcia et pourraient reprendre la phrase de Beaumarchais qui fut longtemps la devise d’un grand quotidien :

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ».

Droit de Réponses en 101 points révèle enfin le travail de MM. Mordillat et Prieur sous son véritable visage.

Présenté comme une vulgarisation des dernières avancées de la recherche académique sur les origines du christianisme, Jésus contre Jésus apparaît, à la lecture de l’étude minutieuse menée par Thierry Murcia, n’être qu’un combat idéologique anti-chrétien qui ne s’appuie que sur l’ignorance et la malhonnêteté.

L’ignorance, en effet, car l’incroyable inculture des deux journalistes, qui prétendent avoir effectué sept années de recherches, frappe le lecteur dès les premières pages du Droit de Réponse.

D’improbables mots grecs sont inventés et les translittérations des mots hébreux sont fautives.

Le traité talmudique Ebel Rabbati se métamorphose en un douteux Abel Rabbat. Lactance se retrouve au cinquième siècle et Pline l’Ancien écrit en 50 avant J.-C.

La plupart des citations sont imprécises et de seconde main, et l’une des rares fois où les auteurs s’aventurent à donner des références précises, Thierry Murcia découvre « en moins de cinq lignes de texte, sur six références citées, six références erronées, soit 100% d’erreurs ».

Croit-on que, maîtrisant si peu leur sujet, nos deux journalistes restent prudents dans leurs hypothèses ? Loin de là ! Forts de la certitude de ceux qui ne savent rien, ils s’avancent avec audace.

Les crucifiés avaient les bras liés, les clous dans les poignets de Jésus ne peuvent qu’être inventés… et pourtant, ce n’est pas moins de quatre auteurs païens, peu susceptibles de complaisance pro-chrétienne que cite Thierry Murcia pour démonter cette ineptie.

Les figues ne peuvent mûrir au printemps, il n’y avait pas de charpentier au temps de Jésus… Autant d’arguments que Thierry Murcia réfute avec rigueur et érudition.

Mais la principale critique que l’on peut opposer à MM. Mordillat et Prieur, c’est de ne jamais vérifier leurs sources, ce qui les conduit à de fâcheux contresens, ainsi vont-ils citer un Psaume de Salomon, persuadés que celui-ci dénonce l’occupation romaine… alors que la tyrannie asmonéenne est visée.

L’ignorance est excusable, la malhonnêteté ne l’est pas. La méthode utilisée par les journalistes n’a rien à voir avec la rigueur de la recherche historique. Le rapport aux textes est dangereusement biaisé, tout document qui va dans le sens du récit évangélique est méprisé, tout document qui l’infirme devient historique.

Thierry Murcia souligne qu’il « est amusant de constater avec quelle simplicité manichéenne MM. Mordillat et Prieur traitent les documents ».

Le sort réservé au cas Barrabas frise l’absurde : les deux pamphlétaires avancent l’une après l’autre quatre hypothèses nullement corroborées, en refusant à tout prix l’hypothèse, somme toute bien plus crédible, rapportée par les évangiles.

De même MM. Mordillat et Prieur rejettent, par principe, les témoignages isolés, mais ils les acceptent quand cela permet d’attaquer le christianisme (point 63).

En accumulant tout ce qui contredit les évangiles, il est tout naturel de mettre presque côte à côte des arguments contradictoires.

Ainsi les suaires ne sont pas utilisés du temps du Christ quand il est nécessaire à l’œuvre de ces Messieurs qu’ils ne le soient pas, puis ils deviennent courants quelques pages plus loin, dès que leur existence s’impose.

Contre ce mariage indigne de la malhonnêteté et de l’ignorance, Thierry Murcia nous rappelle que l’histoire est une discipline ayant ses règles propres.

À la différence de MM. Mordillat et Prieur, qui n’avancent qu’hypothèses gratuites et citations de seconde main, Thierry Murcia prouve chacune de ses assertions par un constant retour aux témoignages les plus anciens, qu’ils soient chrétiens, juifs (dévoilant une admirable connaissance talmudique) ou païens.

Il n’y a pas place ici pour l’argument ad verecundiam, si cher à nos deux polémistes.

Dans un ouvrage pourtant concis, non content de réfuter les erreurs de Jésus contre Jésus, Thierry Murcia éclaire aussi de façon nouvelle quelques passages obscurs des écritures.

Il montre ainsi d’une façon très convaincante que la phrase attribuée à Pilate, « Je suis innocent du sang de cet homme », n’est sans doute pas une invention matthéenne destinée à accabler les Juifs en innocentant le procurateur romain.

En ne se limitant pas à la simple démolition du livre de MM. Mordillat et Prieur, mais en apportant des éléments nouveaux à notre connaissance du christianisme à ses débuts, Thierry Murcia nous laisse espérer, pour dans quelques années, une « Vie de Jésus » qui viendrait réactualiser dans la bibliothèque catholique le livre classique de Daniel-Rops, et nous changerait de l’avalanche de médiocrité que le sujet semble condamné à subir.

Même si ce livre rendra un inestimable service aux chrétiens qui souhaitent défendre les saintes écritures attaquées par MM. Mordillat et Prieur, un agnostique ou un athée le lira avec plaisir.

En effet, le livre de Thierry Murcia n’est pas une apologétique chrétienne faisant pendant à l’apologétique sceptique de MM. Mordillat et Prieur.

Plus qu’une défense du christianisme, c’est une défense de l’honnêteté, une défense de la rigueur historique contre les préjugés de l’idéologie.

Télécharger l'ouvrage

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0