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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 22:51

Vous êtes, mon Seigneur-Jésus, dans la sainte Eucharistie, Vous êtes là, à un mètre de moi dans ce tabernacle ! Votre corps, Votre âme, Votre humanité, Votre divinité, Votre être tout entier est là, dans sa double nature ; que Vous êtes près, mon Dieu, mon Sauveur, mon Jésus, mon Frère, mon Epoux, mon Bien-Aimé ! [...]...

 

Vous n'étiez pas plus près de la Sainte Vierge, pendant les neuf mois qu'elle Vous porta dans son sein, que Vous ne l'êtes de mol quand Vous venez sur ma langue dans la Communion ! [...]

Sainte Magdeleine n'était pas plus près de vous, assise à Vos pieds à Béthanie, que je ne le suis au pied de cet autel ! Vous n'étiez pas plus prés de Vos apôtres quand Vous étiez assis au milieu d'eux, que Vous n'êtes près de moi maintenant, mon Dieu ! [..]

 

Que je suis heureux ![..]

 

Etre seul dans ma cellule et m'y entretenir avec Vous dans le silence de la nuit, c'est doux, mon Seigneur, et Vous êtes là comme Dieu, ainsi que par Votre grâce; mais, pourtant, rester dans ma cellule quand je pourrais être devant le Saint-Sacrement, c'est faire comme si sainte Magdeleine, quand vous étiez à Béthanie, Vous laissait seul... pour aller penser à Vous, seule dans sa chambre.

 

[...]

Quand on aime, ne trouve-t-on pas bien, parfaitement employé tout le temps passé auprès de ce qu'on aime ? N'est-ce pas le temps le mieux employé, sauf celui où la volonté, le bien de l'être aimé nous appellent ailleurs ?


[…]

" — Partout où est la Sainte Hostie est le Dieu vivant, est ton Sauveur aussi réellement que quand II était vivant et parlant en Galilée et en Judée et qu'Il est maintenant dans le Ciel... Ne perds jamais une communion par ta faute : une communion, c'est plus que la vie, plus que tous les biens du monde, plus que l'univers entier, c'est Dieu Lui-même, c'est Moi, Jésus. Peux-tu me préférer quelque chose ? Peux-tu, si tu m'aimes tant soit peu, perdre volontairement la grâce que je te fais d'entrer ainsi en toi ?... Aime-Moi de toute l'étendue et dans toute la simplicité de ton cœur... ".

Ne jamais perdre un instant, un seul instant de présence devant le Saint-Sacrement, quels que soient les difficultés morales ou matérielles, les souffrances et les dangers à affronter pour cela : l'univers entier n'est rien à côté du Maître de l'univers qui réside dans le tabernacle.

 

Charles de Foucauld

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 22:16

A regarder absolument jusqu'à la fin. Quelle leçon de vie, d'amour, d'humanité et de foi!

 

 

C’est l’histoire d’une mère qui a dû affronter l’insurmontable : la perte de l’un de ses enfants, et le risque de maladie fatale pour les autres. En 2006, Anne-Dauphine Julliand apprend brusquement que sa fille de 2 ans est atteinte d’une maladie génétique orpheline. La petite Thaïs est condamnée. Ses parents s’engagent à donner à leur petite fille la vie la plus heureuse possible, aussi brève soit-elle. Mais la vie leur réserve une deuxième terrible épreuve: le futur bébé qu’attend Anne-Dauphine est lui aussi atteint du mal qui est en train de tuer sa grand soeur. Pourtant cette fois, avertis par la mort de Thaïs, les médecins peuvent intervenir à temps : une greffe précoce permet de maîtriser l’évolution de la maladie. Comme si le malheur frappant Thaïs avait pu sauver sa petite-soeur …
L’hommage d’une jeune maman à sa petite fille disparue, au courage de ses autres enfants face à cette épreuve familiale insurmontable.

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 22:28

Je vous livre ci-dessous un article que je trouve remarquable dans son analyse du fonctionnement de notre société qui refuse finalement la possibilité à toute personne publique (et par extension à toute personne) ayant commis un délit grave (et pourquoi pas même mineur) de pouvoir se racheter en payant sa dette à la société et d'être réellement réintégrée dans la communauté. Au delà de la notion de rachat d'une faute aussi grave que l'homicide - et peut-il exister une peine qui puisse effacer un tel acte ? - on comprend qu'il y a une fin de non recevoir à l'éventuel repentir du coupable et par là même au refus de son pardon, au refus de l'idée même du pardon. 

 

Le pardon est dans ces cas extrèmes quasi impossible par l'homme mais le monde oublie le pardon de Dieu, celui là même qui a touché dans la confession d'horribles criminels qui retournés par l'absolution sont devenus parfois de grands saints.  Le pardon de Dieu n'efface pas l'acte mais lave l'âme et rétablit la relation de l'homme avec Dieu.   Les marques de la crucifixion restent dans le corps du Christ  après sa résurrection mais on peut être certain que ses persécuteurs sont pardonnés puisqu'il l'a demandé à son Père qui lui accorde tout ce qu'il lui demande.

 

Est-il juste que Bertrand Cantat soit réduit au silence ?

 

Quel étrange destin aura connu la voix de Bertrand Cantat, sauvée in extremis, en 1994, pour mieux s'éteindre aujourd'hui. Condamné au silence par respect pour la douleur des victimes, l'artiste se voit interdit d'exercer son art, sous quelle que forme que ce soit, chacune de ses apparitions étant vécue comme une indécente provocation.

Que Cantat ait purgé sa peine est une circonstance aggravante : il est en vie, elle ne l'est plus. Que Cantat ait été déclaré coupable de "coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner" ne signifie rien : il reste un "assassin" dans la bouche de ceux qui souffrent et qui ne se privent pas de le désigner comme tel par médias interposés. Une décision de justice ne sonnant jamais le glas d'aucune douleur, la condamnation judiciaire et la sanction pénale ne sont que formalités.

Pourtant, au-delà du symbole, Bertrand Cantat est un "élargi" comme les autres, contraint jusqu'à son dernier souffle de supporter le poids et d'endosser la responsabilité d'un geste qui n'appartiendra jamais au passé. La plus douloureuse des expiations se niche dans l'intimité de celui qui a commis l'irréparable et se rappelle à lui à chaque minute de son existence : Bertrand Cantat est condamné à rester au pire endroit - en lui-même. Les familles et proches de la victime ont décidé de rendre cette peine à perpétuité publique, insinuant par là qu'elle n'habite pas, ou pas suffisamment, l'intimité de Bertrand Cantat.

En réduisant publiquement l'artiste à son méfait, en décidant que Cantat n'est et ne sera jamais rien d'autre que la mort de Marie Trintignant, la double peine de cet "élargi" confine à une mise au pilori qui finit par devenir l'instrument d'une dictature de l'émotion, celle des victimes.

Le silence imposé par une décision judiciaire qui interdit à Bertrand Cantat de s'exprimer sur les faits participe de l'impératif tendant à protéger les victimes de propos maladroits ou vécus comme tels. Le silence artistique décidé par les tenants d'une douleur exclusive de toute autre est l'écho direct d'un fantasme propre à nos sociétés : la nécessité d'éliminer socialement tout condamné ayant purgé sa peine, de nettoyer le corps social. Survivre et tenter d'exister, quel qu'en soit le prix, relève de l'indécence aux yeux de ceux qui, amputés d'une fille, d'une mère ou d'une soeur, n'oublieront jamais.

DÉPLACEMENT DE L'INTIME

Confrontées dans leur quotidien à une absence que rien ne vient combler, il est légitime que les victimes, dans l'intimité de leur douleur, tiennent l'exécution d'une peine et la déclaration de culpabilité comme superfétatoires et insignifiantes. Il n'en reste pas moins que la rancoeur et la haine proclamées demeurent souvent les seuls sentiments disponibles à l'endroit de celui qui a ôté la vie d'un être cher. Mais rendre ces propos et ces sentiments publics, les marquer au fer rouge sur la peau de l'auteur, les marteler dans les médias pour confondre l'homme et son geste, relève de la plus grande injustice, dictée par l'impossible deuil. La singularité de cet "élargi" réside dans la faculté qui est offerte aux victimes de poursuivre la peine au-delà du registre de l'intimité, la voix du chanteur étant réduite à celle de l'"assassin".

Piégé par ce déplacement de l'intime au public, l'artiste amputé n'a d'autre choix que de laisser sa place à la douleur de ceux qui restent, la sienne demeurant "un moindre mal" dont la seule évocation constituerait la plus ultime des provocations. Le pire des procès se poursuit donc entre les mains des justiciables les plus dangereux, ceux dont la peine est intarissable. Et la voix de Bertrand Cantat, jetée en pâture au-delà du judiciaire, de purger une peine sans cesse recommencée.


Marie Dosé, avocat à la Cour Article paru dans l'édition du Monde du 13.04.11

 


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