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20 décembre 2023 3 20 /12 /décembre /2023 20:40
Saint Nicolas et le miracle du bus

Un jour du mois de Février 1965, un autobus rempli de voyageurs se rendait à la ville la plus proche. Le voisin immédiat du conducteur était un vieillard, grand et solide, d’environ soixante-quinze ans, à la barbe blanche. Il portait un chaud manteau à col de fourrure et un bonnet à oreillettes.

L’autobus avançait lentement car la neige tombait. Arrivé à un tournant de la route, ses chaînes arrière cassèrent. L’autobus freina et faillit s’écraser contre un autre autobus plein de monde qui arrivait en sens inverse, tout cela en l’espace d’un éclair. Notre conducteur perdit le contrôle de sa machine ; tous les cœurs frémirent. Les deux autobus s’arrêtèrent à un centimètre l’un de l’autre.

Le vieillard fît alors un signe de croix en s’écriant : «Gloire à Toi, Seigneur, gloire à Toi ! Que Ton nom soit béni, о sainte Mère de Dieu, Toi qui nous as sauvés !»…

Quelques minutes plus tard, l’autre autobus repartait tandis que notre conducteur et son aide descendaient remettre les chaînes.

Un jeune homme commença alors, en souriant, à parler au vieillard. «Pardonnez-moi grand-père, mais je n’ai pu m’empêcher de rire lorsque je vous ai entendu invoquer des forces célestes inexistantes et que je vous ai vu faire votre signe de croix ! Habitude, évidemment ! Seconde nature ! Et je vois cependant que vous êtes un homme instruit. Mais, actuellement, en cette année 1965, c’est vraiment absurde !»

Le vieillard, sans paraître aucunement troublé, reprit la parole : «C’est avec plaisir que je vous répondrai, jeune camarade, et je suis même prêt, si vous le désirez, à faire mon autocritique…»

«D’ou savez-vous ce que je pense ? Nous sommes tous, en quelque sorte, des simulateurs. Nous prétendons tous être des athées, des membres dévoués du Parti, de profonds connaisseurs du marxisme et de bien d’autres choses encore, mais il arrive un moment où l’homme authentique qui est caché en nous se dévoile. C’est justement ce qui vient de se produire.

De la place que vous occupez, vous ne pouviez pas voir ce qui se passait derrière vous, mais moi, assis de côté, j’ai vu au moins huit ou dix personnes faire le signe de croix.

Il y a quelque chose qu’on ne pourra jamais couper de sa racine car ce serait comme si on arrachait nos entrailles. C’est ainsi que tous, nous tombons chaque jour dans la «faute» qui consiste en ce que, nous rappelant qu’il existe une certaine force mystérieuse, puissante et bonne, nous prétendons ne pas la connaître».

– «Avec moi, rien de tel ne m’arrivera jamais !» dit le jeune homme.

Le vieillard se mit à rire et continua : «Permettez-moi de vous prouver que vous vous trompez, cher camarade. Vous venez de dire qu’un tel comportement est tout à fait absurde en 1965. Qu’est-ce qui vous fait dire qu’il s ’est passé 1965 ans depuis la naissance de Jésus-Christ, le Sauveur du monde ? »

– «C’est, reprit le jeune homme un peu embarrassé, le souvenir d’un mauvais passé révolu et qu’il faut définitivement rayer. De la façon dont vous parlez, on croirait que vous voulez nous persuader que les miracles existent !»

– Le vieil homme se tut un instant, puis il reprit : «Oui ! mon cher ami, il existe des miracles de Dieu, auxquels vous serez vous-même obligé de croire, ainsi que tous ceux qui sont ici, mais quand vous aurez vu, vous serez obligés de garder le silence, car si vous parliez, vous risqueriez d’être envoyé dans une clinique psychiatrique».

L’autobus arriva sur la route principale. L’enneigement cessa et le conducteur put donner de la vitesse. A ce moment précis, les voyageurs qui regardaient le vieillard et qui l’écoutaient ne le virent plus. Sa place était vide…

Deux ou trois des compagnons les plus proches du jeune homme firent alors le signe de la croix en disant : «Saint ! Saint ! Saint ! est le Seigneur tout-puissant !» L’un d’eux se tourna vers les voyageurs de l’arrière en criant : «Comprenez-vous maintenant qui nous a sauvés de la collision ? C’est ce grand-père à la barbe blanche, le protecteur de notre peuple, Saint Nicolas !»

– «Je ne sais pas ce que nous allons faire, camarades, dit encore un autre, mais partout où j’irai, je raconterai ce miracle de Saint Nicolas. On peut me jeter dans un asile d’aliénés si l’on veut. Je vous ai tous comme témoins et surtout vous, camarade». Le jeune communiste se cacha la figure dans les mains pendant un long moment.

Deux heures plus tard, l’autobus s’arrêtait. Tous les passagers descendirent pour boire du thé chaud. Le jeune communiste, très ému, s’approcha de quelques-uns de ses compagnons de route pour leur demander leur adresse et pour leur donner la sienne. Les autres passagers firent de même.

«Savez-vous ce que je vous propose» dit une jeune femme «ne perdons pas contact entre nous. Ce que nous avons vu et entendu de nos propres oreilles est un grand événement. Que peut-il annoncer ? A coup sûr quelque chose de bon puisque ce vieux grand-père était le protecteur de notre peuple».

Le miracle raconté ici a été relaté par écrit par un témoin oculaire. «Je ne peux rien écrire de plus, ajouta-t-il, car je suis submergé par l’émotion et je pleure. J’étais aussi dans l’autobus».

SAINT NICOLAS DANS L’AUTOBUS - 1965
« Les nouveaux martyrs de la terre russe », éditions Résiac, archiprêtre Michel Polsky, 1976

Hommage à Saint Nicolas

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19 décembre 2023 2 19 /12 /décembre /2023 20:30
Pour vous faire une idée de la dernière provocation de Michel Onfray : « Jésus est un concept »
Michel Onfray s'empare d'un sujet plus grand que lui : Jésus. Et visiblement, le personnage titille l'athée qu'il affirme toujours être. Celui qui, jadis, publia un corrosif Traité d'athéologie s'attaque désormais au fond de l'affaire : la foi.
Dans Théorie de Jésus. Biographie d'une idée (Bouquins), le philosophe s'est plongé dans les Écritures et en livre son interprétation, mêlant une érudition ébouriffante et une bonne dose de provocation, mais aussi une sensibilité au spirituel qui surprendra.
C'est l'Évangile selon Michel Onfray.
Le philosophe heurtera de plein fouet les croyants et ravira les athées, mais, et c'est l'intérêt de cet essai vigoureux, il remet au goût du jour un débat – une « disputatio », diraient les dominicains – qui dure depuis l'éternité.

Extrait

D'épais ouvrages consacrés par des croyants à Jésus expédient la question mythiste, selon laquelle Jésus n'a pas existé historiquement, avec une ou deux phrases qui invoquent le manque de sérieux, la bêtise, le ridicule, sinon le complotisme.

Ces mêmes théologiens qui se réclament de la raison expliquent doctement que ce Jésus, fils de Dieu, est né d'une vierge sans l'aide d'un père, qu'il redonnait vie aux morts, marchait sur l'eau, rendait la vue aux aveugles, qu'il est mort sur une croix avant de descendre aux enfers, a ressuscité et est revenu sur Terre avant de monter au ciel, où il est toujours assis à la droite du Père, en attendant son retour physique sur Terre.

Est-ce complotiste de douter de la véracité historique de pareils récits ?

Jésus a bel et bien existé, mais comme un mythe qui convoque et cristallise les savoirs de l'époque : l'astrologie, la mythologie, les textes païens ou sacrés, mais, surtout, l'Ancien Testament, car - est-ce un hasard ? - ce qu'il devait être, dire et faire selon les prédictions de ce texte, il l'avait été, il l'avait dit et il l'avait fait selon le récit du Nouveau Testament.

Jésus a bel et bien existé, mais comme concept.

Cette Théorie de Jésus propose la biographie de cette immortelle idée.
M. O.

"Jésus a été créé par des évangélistes", affirme Michel Onfray, ajoutant que "l'histoire de l'Occident, c'est l'histoire d'habillage de Jésus", "on a rajouté le bœuf, l'âne, toute l'histoire qu'on sait".

"Il y a l'histoire de l'art, Jésus qui, s'il avait existé historiquement, aurait été un sémite, on a un Jésus plutôt scandinave, plutôt Aryen que sémite, l'histoire de l'Occident ce n'est jamais qu'un comble des manques qu'il y a" .

"C'est une idée que j'ai dans la tête depuis très longtemps", "je me suis dit : il va falloir que je la vérifie sur l'ensemble de sa biographie, j'ai cherché et à chaque fois j'ai trouvé, mon hypothèse est devenue une thèse".

"Il n'y a pas un moment où on ne puisse pas aller voir dans l'Ancien testament", "on invente totalement un personnage avec une espèce de feuille de route."

Nouvelle preuve selon Michel Onfray : les incohérences entre les Évangiles, que certains considèrent comme des preuves au même titre que les incohérences mineures entre plusieurs témoignages qui s'accordent sur le principal mais n'ont pas retenu les mêmes détails.

"J'ai trois évangiles devant le nez, là c'est rempli de contradictions, Jésus n'apparaît pas aux mêmes personnages, on voit bien que c'est une fiction."
 

Article : Michel Onfray faussaire

à télécharger

Réponse à Michel Onfray : "Jésus le Galiléen est une figure historique peu contestable"
Tribune
Par Christophe Lemardelé

Vingt ans après son « Traité d’athéologie », le philosophe Michel Onfray approfondit sa thèse selon laquelle Jésus n'est qu'un mythe religieux, n'ayant en fait jamais existé, dans « Théorie de Jésus. Biographie d'une idée » (Bouquins). Docteur en sciences religieuses, chercheur et auteur de « Cheveux du Nazir » (Cerf), par ailleurs athée, Christophe Lemardelé explique pourquoi cette thèse mythiste est erronée.
Avec son dernier ouvrage Théorie de Jésus, le philosophe Michel Onfray pose à nouveau la question de l’historicité de Jésus pour la dénier. Il va de soi que nous ne pouvons avoir de preuve définitive de cette existence, cela relève plutôt de la vraisemblance historique.

Pour nombre de grandes figures religieuses – Abraham, Moïse, Zarathoustra, le Bouddha, Lao-Tseu, etc. –, on peut sérieusement parler de figures plus mythiques que réellement historiques.

Pourquoi ? Parce que ces personnages sont situés très haut dans le temps et n’ont plus comme histoire qu’une légende en l’absence de documentation écrite de leur temps les concernant.

Par exemple, Moïse est censé vivre et agir au XIIIe siècle av. J.-C. Or les deux petits livres prophétiques de l’Ancien Testament que sont Amos et Osée, qui demeurent les plus anciens (VIIIe siècle av. J.-C.) et les moins augmentés à la différence du gros livre d’Ésaïe au départ contemporain, n’évoquent pas Moïse alors même qu’ils mentionnent une migration des « Hébreux ».

Le livre d’Osée parle bien d’un prophète conduisant le peuple en terre promise mais sans que celui-ci soit nommé…


DES SOURCES HISTORIQUES
Il n’en est pas de même pour Jésus. D’abord, son action se situe à l’époque romaine, bien plus tardive, pour laquelle les historiens disposent d’une documentation écrite importante.

Ensuite, il porte un nom tout ce qu’il y a de plus commun en Judée et en Galilée à cette époque – Jésus/Josué –, alors que Moïse est un nom générique dans le contexte littéraire de son récit d’enfance – Moshè, du verbe mâshâh, pour signifier « celui tiré des eaux » – tel un personnage de conte.

Enfin, Flavius Josèphe, l’historien juif de la fin du Ier siècle passé du côté romain, évoque dans sa Guerre des Juifs puis dans ses Antiquités juives de nombreux personnages historiques se rapprochant de Jésus : des figures messianiques.

Il y a bien sûr Jean-Baptiste, que l’on pourrait suspecter aussi puisqu’il est un personnage incontournable des origines du christianisme, mais surtout un certain Theudas, sans lien aucun avec Jésus et pourtant mentionné brièvement dans le livre des Actes des apôtres.

« Il n’y a aucune raison de faire du personnage un mythe complet. »

Josèphe mentionne encore un prophète samaritain, dont le mouvement fut réprimé par Ponce Pilate lui-même, un Égyptien qui réussit à sauver sa vie alors qu’il s’était posté, lui aussi, avec ses « disciples » sur le mont des Oliviers et, peu avant la destruction du temple de Jérusalem par les Romains en 70 ap. J.-C., un certain Jésus fils d’Ananias annonçant cette destruction et que l’occupant se contenta de torturer sans le crucifier car ne représentant que lui-même.

L’annonce de la fin des temps et du Temple était donc un leitmotiv de l’époque. Il faut ajouter à cette galerie de personnages de nombreux leaders politico-religieux – zélotes, sicaires – qui embrasaient la Judée à l’époque de Jésus et qui conduisit à cette guerre des Juifs de laquelle Josèphe se fit l’historien.

Autant dire donc que la question de la non-historicité de Jésus est comparable à celle de Mahomet : Yeshua de Nazareth comme Muhammad de La Mecque sont des personnalités historiques pleinement vraisemblables dans le contexte de leur temps et de leur culture religieuse.

Même si des éléments hagiographiques se sont ajoutés à la biographie de Jésus – conception, naissance, miracles, résurrection –, et même si faire son histoire au sens scientifique reste difficile à établir, il n’y a aucune raison de faire du personnage un mythe complet.

Évidemment, nous ne savons rien de sûr mais, par l’analyse historique, on peut, par exemple, bien attester son origine galiléenne, sa naissance à Bethléem dans les Évangiles de Matthieu et de Luc ne sert qu’à renforcer son aspect messianique se rattachant au roi David.

L’Évangile de Marc est donc le récit le plus vraisemblable concernant un Jésus qui n’est pas encore fils de Joseph et qui est tout autant guérisseur et exorciste que prophète.

L’historien a la liberté ensuite d’interroger des sources plus difficiles, telles les notices de Jésus, de Jean-Baptiste et de Jacques, frère de Jésus, chez Flavius Josèphe dans les Antiquités, mais aussi dans la version en vieux slave de la Guerre qui évoque un thaumaturge réputé mais sans nom…

UN DÉBAT DÉNUÉ D'INTÉRÊT
L’historien peut aussi s’interroger sur la rencontre réelle ou non entre Jésus et Jean-Baptiste, le premier ne baptisant aucun de ses disciples, excepté dans l’Évangile de Jean mais plus tardif que les trois évangiles synoptiques qui partagent le même schéma narratif et sont donc interdépendants les uns des autres.

Le grand public, lui, qu’il s’agisse de personnes croyantes ou non, n’a pas à s’embarrasser de ces débats d’historiens qui font la joie de la recherche. Bref, faire de Jésus un mythe intégral n’apporte rien de substantiel à ce public car Jésus est à la fois un homme qui fut crucifié par les Romains pour des raisons politiques – l’accusation de « roi des Juifs » – et une idée religieuse fondatrice à partir du moment où sa résurrection « attestait » sa divinité.

Il va de soi que contester son historicité n’est pas dénué d’anticléricalisme ou/et de matérialisme athée. L’auteur de ces lignes étant lui-même athée, il ne voit pas l’intérêt d’une telle problématique dénuée à ses yeux d’intérêt en termes d’histoire des religions.

Le manichéisme comme religion a disparu, bien qu’il ait connu un grand succès tant à l’ouest qu’à l’est de la Perse, mais le prophète Mani du IIIe siècle ap. J.-C, qui l'a fondée, a bien existé sans que ce soit contesté.

Or si le manichéisme était devenu une des grandes religions de notre monde, sans doute quelques penseurs en viendraient à nier l’historicité de son fondateur. Mais il est vrai que, malgré une mise à mort cruelle décidée par l’empereur sassanide et les outrages faits à sa dépouille, Mani ne ressuscita pas…

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19 décembre 2023 2 19 /12 /décembre /2023 20:30
Se détacher

Le détachement est le travail d’une vie et ne se termine jamais vraiment.

Peut -être que le passage sur l’autre rive de la vie qu’est la mort en est l’ultime étape.

Les modes modernes en ont fait un marqueur des spiritualités de l’extrême Orient d’où la fascination d’un Occident mondialisé pour un bouddhisme lui-même très divers.

Ce détachement est cependant au cœur de la  Bible et des Évangiles mais comme un trésor enfoui ou une pépite précieuse cachée sous les scories dogmatiques ou moralistes que nous ont inculquées des siècles de christianisme institutionnalisé.

Le détachement au cœur des Écritures.
Le psaume 127 de la Bible nous le rappelle depuis au moins trois mille ans :
« Si le Seigneur ne bâtit la maison,
En vain peinent les bâtisseurs.
Si le Seigneur ne garde la ville,
En vain, la garde veille…
Vanité de vous lever matin…
Quand le Seigneur comble de bienfaits son bien-aimé qui dort.
»

Un autre texte biblique nous le dit d’une autre façon à travers l’Ecclésiaste dont le fil conducteur est la vanité de toutes choses préalable à toute liberté intérieure faisant fi des images sociales.

Détachement et liberté intérieure
Se détacher dans notre monde contemporain  de communication fictive et virtuelle est une attitude constante, une façon d’être parfois illisible voire incompréhensible pour les personnes soumises aux divers formatages, notamment éducatifs puis culturels, qui sont nôtres depuis notre naissance.

La normalisation et la somatisation des représentations sociales, qui sont des formes d’idolâtrie actuelle si souvent dénoncées par les prophètes bibliques, sont les ultimes avatars des errances modernes.

C’est  là que nous est proposé un chemin de liberté évangélique qui a plusieurs facettes : dépouillement, abandon de l’inutile et sans doute d’abord de soi-même, se vider pour se remplir d’une autre réalité sans nom qui nous dépasse en sont quelques unes des étapes incontournables.

Le détachement au quotidien
La demande massive de spiritualité, et non pas forcément de religion plutôt discréditée par leur dogmatisme ou par leur communautarisme, est sans doute l’un des éléments refondateurs de nos sociétés.

La revue Reflets a apporté sa part de contribution et la poursuit à travers  ces chroniques sur l’avenir de la foi.

Nous l’avons déjà vu, foi et confiance sont le même mot et surtout la même expérience d’avancer vers un monde nouveau à partir de terreaux parfois très anciens, remontant au moins à plusieurs milliers d’années  dans l’héritage judéo-chrétien.

La question vient immédiatement à l’esprit  du comment ?
La réponse est à la fois simple et complexe.  

Et le détachement en est sans doute la première étape. Se détacher de quoi ? Peut-être et d’abord de soi-même ?

Car il s’agit probablement de notre première zone de protection devant l’inconnu.

En ce sens, l’être humain est bien un animal ou un primate comme les autres.

La différence ou l’inconnu est un danger potentiel au degré initial d’une rencontre, quel que soit son type, amicale, amoureuse, ou autre.

Le moi est haïssable écrivait Blaise Pascal car il nous distingue immédiatement comme «  zone protégée « et donc à défendre.

La célèbre parole du Christ « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé » est la seule réponse possible dans nos vies.

Langage utopique ?

Oui et non… car cela renvoie à notre liberté, à ce dilemme qui traverse toute la Bible… « Tu as le choix entre la vie ou la mort… Choisis la vie » nous dit le Seigneur.

Cette méditation sur les personnes que nous sommes nous conduit à une mutation radicale de nos vies.

Ne plus juger, ne plus enfermer les personnes dans des catégories bonnes ou mauvaises.

Se rend on vraiment compte de cette révolution de vie dans ses composantes les plus banales ?

Se vider de nos enfermements, tous issus de ces peurs archaïques…..

Quelle transmutation du déroulement nos journées !

Le détachement ou l’accueil de l’autre
Se détacher c’est donc accueillir avant tout l’autre quel qu’il soit ou l’écouter en profondeur dans ce qu’il est ou dans ses zones d’ombres et de lumières, en les dépassant,  ou en les extrayant l’une de l’autre comme nous le montre la photo ci-dessus.

Pour non seulement l’écouter mais l’aimer tel qu’il ou elle est … C’est, sans doute, là l’étape primordiale de tout itinéraire spirituel.

Du détachement émotionnel au détachement religieux
De ce détachement interpersonnel vient ou peut venir le détachement par rapport à toutes les formes instituées notamment celles dites religieuses.

Combien de conflits, de massacres, de sang coulé par toutes les religions au nom de dogmes autoproclamés de source divine transformés en dogmatismes biens humains ?

Cette constatation remet toutes les idéologies, politiques ou religieuses à leur vraie place, celle d’une verbalisation voire d’une invention qui n’est autre que celle de l’air du temps, des modes, de simples évènements ?

Encore une fois le texte biblique de l’Ecclésiaste nous le redit en permanence… Tout est vanité et poursuite du vent…

À nous de l’insérer dans nos aujourd’hui en nous inspirant du livre qui est au cœur de la tradition judéo-chrétienne, la Bible.

Gérard Emmanuel Fomerand

Commentaires

Cette opinion relative au détachement religieux ne me convient pas. L’homme est paradoxal: il a besoin de liberté mais il doit être guidé par des repères. Les dogmes ne sont pas inutiles. Tout abri a besoin d’une charpente.
Marcel Comby

La vie est construite d’attachement, à partir du jour de notre naissance.
Le détachement est je pense pour moi une sorte de Liberté.
Le détachement ultime est sûrement le passage dans l’au-delà.
Lio

Encore une fois le texte biblique de l’Ecclésiaste nous le redit en permanence… Tout est vanité et poursuite du vent… À nous de l’insérer dans nos aujourd’hui en nous inspirant du livre qui est au cœur de la tradition judéo-chrétienne, la Bible

Alors si tout est vanité alors la Bible est vanité !!!

“Vanitas vanitatum” est une expression latine qui signifie “Vanité des vanités” en français. Elle provient du Livre de l’Ecclésiaste (ou Qohelet) dans l’Ancien Testament de la Bible.

Le Livre de l’Ecclésiaste est attribué au roi Salomon et contient des méditations sur la nature de la vie, de la sagesse, de la morale, et de la vanité des choses terrestres.

L’expression “Vanitas vanitatum” est souvent utilisée pour rappeler l’éphémérité de la vie humaine, la fragilité de la condition humaine et la futilité des vanités terrestres.

Elle est fréquemment employée pour encourager la réflexion sur les valeurs plus profondes de la vie, la moralité et la recherche de la signification spirituelle.

L’expression “Vanitas vanitatum, omnia vanitas” est également courante et signifie “Vanité des vanités, tout est vanité.”

Cela renforce l’idée que toutes les choses terrestres sont passagères et futiles par rapport à des réalités plus profondes et spirituelles.

L’expression “Vanitas vanitatum” a inspiré de nombreuses œuvres d’art, en particulier dans la peinture néerlandaise du XVIIe siècle, où l’on trouve de nombreuses natures mortes (vanités) représentant des objets symboliques de la vanité et de l’éphémérité de la vie, comme des crânes, des sabliers et des fleurs fanées.

Ces œuvres servaient à rappeler aux spectateurs la brièveté de la vie humaine et l’importance de la recherche de valeurs plus élevées.
MC

Le détachement est une merveille que la vie spirituelle nous offre lorsque l’on a cheminé bien des années.

Le détachement n’est pas l’oeuvre du jeune qui entre dans la vie spirituelle, ni moins encore celle de celui qui assume des responsabilités dans le monde avec un oeil spirituel.

Il est l’oeuvre par excellence de celui ou de celle qui ayant cheminé longtemps, longtemps entrevoit la lumière intérieure profonde.

Il la sent, la devine, en fait l’expérience.

Alors tout devient occasion de détachement pour gagner la lumière, ou plutôt pour la laisser éclore dans une passivité active que ne comprennnent que ceux qui la vive.

Après ces détachements, lorsque la paix intérieure gagne du terrain, il est possible de revenir au monde et d’aimer avec sourire ceux qui sont devant nous.

Alors alternent détachement, éloignement et joie d’être avec ceux qu’il nous est donné d’aimer, même nos ennemis, même les ennemis de la vérité.
Gourvil Jean-Marie

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