Vous trouverez ici des textes extraits de mes écoutes et lectures "spirituelles". Si un mot, une phrase, une
pensée, touche votre coeur c'est que Dieu vous a fait signe par les mots de ceux qu'Il inspire.
Le chrétien ne s'impose pas de remplir par des formules le devoir de la prière.
C'est par une intention d'âme, par des actes de vertu étendus à toute notre vie que la prière prend toute sa valeur.
Assis à table, prie, rend grâce; en revêtant ta tunique, rends grâce... rends grâce pour le soleil et la lumière de la nuit...
Ainsi, prie sans relâche, non pas que des formules remplissent ta prière mais, dans tout le cours de ton existence, tu seras uni à Dieu, ta vie sera une prière incessante et continuelle.
Saint Basile de Césarée, Homélie de sainte Julitte, 4
Sans le dire explicitement, ce petit livre répond à Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies qui, avec leur récent ouvrageDieu, la science, les preuves(Guy Trédaniel, 2021, 577 p., 24 €), ont semé le trouble pour certains, de faux espoirs pour d’autres. Les auteurs en question cherchent à apporter«des preuves de l’existence de Dieu, modernes, claires, rationnelles, multidisciplinaires, confrontables objectivement à l’univers réel ». Un sujet qui passionne, les quelque 100 000 exemplaires écoulés à grand renfort de marketing en sont… la preuve.
Ce à quoi François Euvé, jésuite et physicien, rétorque que« c’est plus complexe qu’il n’y paraît ».Loin d’être affirmatif – d’ailleurs le titre de son essai est ponctué d’un point d’interrogation –, l’auteur qui est aussi rédacteur en chef de la revueÉtudes, pose les questions autour de« l’existence de Dieu », avant de décrypter« les théories(scientifiques)nouvelles ». Il se demande alors si«Scienceet foi peuvent dialoguer ». Avec une conviction :« Je ne crois pas que le mélange des genres soit profitable aux deux partis. Que la science soulève plus de questions fondamentales qu’on ne pouvait le penser il y a un siècle est une chose, qu’elle démontre l’existence de Dieu ou la pertinence de la religion en est une autre »,affirme-t-il en préambule.
Pas de preuves, mais des signes
Reprenant l’évolution chronologique de la réflexion sur l’existence de Dieu, François Euvé rappelle que« s’il n’existe pas – et ne peut exister par principe – de “preuves” formelles et définitives de l’existence de Dieu, on peut néanmoins en trouver des signes ».Une réflexion qui passe évidemment par Thomas d’Aquin, pour qui« il y a donc un être intelligent par lequel toutes choses naturelles sont ordonnées à leur fin, et cet être, c’est lui que nous appelons Dieu ».
Parallèlement aux avancées théologiques, la science se déploie progressivement, butant sur les mêmes énigmes. Ainsi, à son tour, Voltaire l’affirmera poétiquement :« L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger. »L’auteur évoque ensuite les théories successives et complexes des progrès scientifiques qui butent principalement sur deux questions : l’origine du monde et l’intervention « miraculeuse » de Dieu dans le cours des choses humaines. Or,« on ne peut pas voir le commencement de l’univers, simplement l’extrapoler à partir de ce que nous connaissons. Plus on s’en approche, plus il devient difficile d’accès ». Et l’auteur jésuite d’en référer à une figure tutélaire :« La rigueur intellectuelle d’Albert Einstein ne l’empêchait pas de se sentir troublé par le mystère du monde. »
Deux dimensions à faire dialoguer
L’important réside sans doute dans ce dialogue de deux dimensions portant leur regard sur le monde tel qu’il est :« L’émergence d’une science autonome ne met pas en péril la confession d’un Dieu créateur,poursuit François Euvé.Chaque domaine a son espace de validité, qu’il convient de ne pas transgresser. Mais, à l’inverse, il serait dommage de ne pas tirer profit d’une pluralité des approches du monde, scientifique, philosophique, théologique, poétique. »
Un texte alerte, qui s’achève avec un entretien entre l’auteur et physicien Étienne Klein, ce dernier insistant encore :« Prétendre prouver scientifiquement l’existence de Dieu serait également faire preuve de naïveté à l’égard de la science elle-même.(…)Cela impliquerait qu’elle aurait complètement terminé sa propre construction au point de pouvoir trancher toutes les questions qui se posent à nous, y compris celles qui ne sont pas scientifiques. »
Qu'est-ce que le réel ? L'univers a-t-il commencé ? Quelle est la place de l'homme au sein du cosmos ? Ces questions philosophiques et métaphysiques nous montrent que les théories scientifiques...