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26 décembre 2025 5 26 /12 /décembre /2025 17:00
S'il ne nait en toi

Si l’enfant-Dieu ne naît pas en toi, alors gueuletonne, bois jusqu’à plus soif.

Noël ne sera qu’une fête conviviale dont tu auras manqué le mystère.

S’il ne naît pas encore en toi... au cours d’une retraite, d’un temps de silence, d’un événement heureux ou tragique, prépare-toi doucement à son arrivée.

S’il ne naît pas encore en toi... ne sois pas impatient. Dieu nous atteint tous et toutes, sur terre, sans exception. Seulement il nous attend à son heure.

S’il ne naît pas en toi… tu ne reconnaîtras pas celui ou celle qui frappe à ta porte et tu taperas toujours sur l’étranger, donc sur l’Enfant-Dieu.

S’il ne naît pas en toi… tu laisseras agir tes gosses au gré de leurs instincts et tu les aideras à grandir dans toutes les disciplines sauf l’essentiel.

S’il ne naît pas en toi… tes mômes ne sauront jamais le sens à donner à leur vie.

Le mystère de l’arrivée sur terre d’un Bébé venu nous dire que seul l’Amour compte donne une puissance vitale qui transforme et dynamise une existence.

S’il ne naît pas en toi… alors tu vas surgâter tes gosses en refusant de les faire communier à la misère des milliers de jeunes de leur âge qui vivent des calvaires atroces, en Afrique et partout dans le monde.

S’il ne naît pas en toi… la religion que tu véhicules à travers ta phrase rituelle : « je suis croyant, pas pratiquant » ne sera qu’un paravent religieux dérisoire qui te privera d’une force incalculable.

S’il ne naît pas en toi… prépare-toi à un beau Noël païen où tu réjouiras seulement ton estomac, laissant vide ton âme.

S’il ne naît pas en toi… tu peux au moins l’implorer devant chaque crèche que tu apercevras en lui disant : « dis-moi pourquoi tu es si grand et si fragile à la fois » ;

S’il ne naît pas en toi… ce Bébé qui a pris d’avance la dernière place n’aura rien à te dire.

Si tu essaies d’éveiller ou de réveiller en toi ce mystère de la naissance de l’Enfant-Dieu, tu te donnes toutes les chances pour un Noël de partage et de tolérance, à la force irrésistible. 

Père Guy Gilbert

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23 décembre 2025 2 23 /12 /décembre /2025 12:46
NOËL! NUL N'EST EXCLU

Je vais vous parler de cet événement que nous nommons Noël et qui contient tant de mystères et de nourriture spirituelle.

À ceux qui fêtent Noël par un bon repas nocturne, un réveillon avec danses, où l'on ne pense pas surtout à Dieu, je dis par avance qu'ils font très bien.

A ceux qui voient dans la fête de Noël des souvenirs d'enfance, des cadeaux, des réunions de famille pas spécialement spirituelles, plutôt sentimentales, la visite à la crèche avec les enfants, peut-être même la messe de minuit pour écouter de la belle musique sans tenir compte de ce qui se passe, je dis, à l'avance, qu'ils font très bien.

A ceux qui ne voient en Noël qu'une fête païenne, le retour du soleil, la nuit diminuant, la vie recommençant à jaillir parmi nous avec le printemps, à ceux qui ne voient que cela, je dis à l'avance: parfait.

A ceux qui désirent aller plus loin dans le mystère de Noël, dans la pénétration de l'Absolu, de l'Éternel, dans le temps, dans la nouvelle naissance, sans parler du mystère de Noël véritablement spirituel et de son contenu, je dis à l'avance certainement c'est très bien.

Oui, je dis très bien à ces différents hommes parce qu'incons-ciemment ils reconnaissent cette fête qu'ils ne comprennent pas.

Chaque jour, toutes les églises du monde chantent aux laudes : « Cieux, bénissez le Seigneur; que la terre et les eaux bénissent le Seigneur; que les monstres marins bénissent le Seigneur; que la chaleur et le froid, la lumière et les ténèbres bénissent le Seigneur. »

Nul n'est exclu, d'aucune fête chrétienne!

Une nuit, en revenant de la messe de Pâques, je rencontrai un ivrogne. Je me sentais soulevé par la joie de la Résurrection mais lui avait compris cette fête autrement, allant de bistrot en bistrot. Il était environ 3 heures du matin, j'avais froid, j'étais fatigué, il y avait un café ouvert, j'y entrai, étant encore à une heure de marche de chez moi.

Le patron était gros, paisible, très en repos, regardant avec des yeux indifférents, comme ceux du bœuf dans la crèche, supportant les clients, subissant ce pauvre ou heureux ivrogne -comme vous voudrez qui buvait son énième verre et disait en un français très «petit russe  »
: « Je suis heureux, ah! Je suis heureux, heureux, c'est Pâques.

Et il se frappait la poitrine. Et comme il n'avait rien à raconter, il ajoutait: « Moi, prisonnier (il avait été probablement prisonnier de guerre), Pâques! vin! Pâques! pas chocolat! (pourquoi pas chocolat? je ne sais) mais fête! Pâques!  »

Puis il tombait et le patron le regardait et disait: « Bah, dors! C'est Pâques. »

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15 décembre 2025 1 15 /12 /décembre /2025 22:11
Lettre n°228 de Béthanie - le mystère nuptial de Noël

Gorze, décembre 2025

Chers amis,

Noël est un jour nuptial ! la dimension de cette fête n’est d’abord d’ordre familial, ce qui est, ni plus ni moins, un détournement de sens ! Et Noël n’est pas non plus quelque chose d’ordre sentimental, affectif, dimension à laquelle on l’a souvent réduit avec le petit Jésus dans la crèche ! Non ! Noël est un jour « nuptial » ! c’est le jour où Dieu s’incarnant épouse l’humanité ! C’est tout fait inouï !

Un abîme infranchissable, l’abîme entre le Créateur et la créature, entre l’Incréé et le créé, en ce Jour se franchit ! Et si nous contemplons un tant soit peu cette réalité, nous ne pouvons qu’être plongé dans la stupeur… dans le frémissement. Nous ne pouvons qu’être plongé dans l’émerveillement et même dans un véritable ravissement. Face à cette réalité presqu’inconcevable, il nous est proposé de vivre une expérience « mystique ». Le Créateur, le Tout autre, Celui qui est dans le principe, se fait tout proche, se fait époux et se fait frère.

Dieu devient homme pour que l’homme devienne dieu. Eternel refrain des Pères de l’Eglise qui n’en reviennent pas de cet incroyable cadeau fait à l’humanité, et le répète inlassablement avec émerveillement ! De toute éternité, c’est-à-dire dans le principe, avant ce qu’on appelle la chute ou l’exil, le plan de Dieu était de s’incarner pour épouser sa créature ! Dieu ne devient pas homme parce que l’humanité est tombée dans le péché ! Dieu devient homme parce qu’Il aime d’un amour fou sa création, son épouse, sa bien-aimée.

Les noces de Cana

Fresque de la chapelle orthodoxe de Nice

Le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous ! Le Verbe de Dieu, le Fils du Père, Dieu lui-même, est venu dans ce monde, dans ce monde tel qu'il est, avec ce qui est beau et ce qui l'est moins, avec sa lumière qui vient de Dieu et ses ténèbres qui viennent de nos refus de Dieu, de nos réflexes d’exilés orgueilleux qui croient encore être leur propre source.

Tout au long du chemin de l’histoire, envers et contre tout, la lumière a peu à peu percé l’obscurité. De l’arbre de Jessé est née la fleur qui pouvait porter la Lumière intérieure du monde et cette Lumière que Marie a conçu en son sein virginal, nous a révélé que Dieu est Père, que sa patiente fidélité est plus forte que les ténèbres et que la corruption de ce monde. Malgré les ténèbres, malgré l’exil, malgré la corruption, Dieu ne connaît ni impatience, ni accès de colère. Comme Jésus nous le dépeint dans la parabole du fils prodigue, Il est ce père qui est dans l’attente amoureuse… et patiente d’entrevoir un jour le retour de son fils perdu.

La prophétie d’Isaïe annonce l’apparition d’une grande lumière venue percer l’obscurité, or cette Lumière naît à Bethléem où les anges l’ont annoncé aux bergers en disant : Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. Le ‘‘signe’’ ! Quel grand mot pour un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. Mais ce signe, en fait, c’est l’humilité de Dieu ! c’est l’amour avec lequel, en cette nuit, Il a assumé notre fragilité, notre souffrance, nos angoisses, nos désirs et nos limites.

Le message que tous attendaient, le message que nous attendons de tout notre être, même sans le savoir peut-être, mais auquel nous aspirons dans la profondeur de notre âme, ce n’est rien d’autre et rien de moins, que l’amour de Dieu, que la tendresse de Dieu. C’est à cela que nous aspirons, à travers tous nos désirs, beaux ou déviants, c’est elle en fait que nous recherchons maladroitement.

Aussi en cette sainte nuit, tandis que nous contemplons ce nouveau-né dans sa fragilité qui nous rappelle la nôtre, nous sommes invités à nous poser la question en vérité : Comment accueillons-nous la tendresse de Dieu pour nous ? Est-ce que nous nous laissons rejoindre par Lui ? Est-ce que nous nous laissons embrasser par Lui ? Ou bien est-ce que nous l’empêchons de s’approcher de nous ?

La chose la plus importante ici n’est pas de chercher Dieu, mais plutôt de faire en sorte que Lui puisse nous trouver. La question que nous pose cet Enfant par sa seule présence, c’est : est-ce que je permets à Dieu de m’aimer ? Est-ce que je permets à Dieu d’avoir de la tendresse pour moi ?

Combien le monde a besoin de tendresse aujourd’hui ! Combien le monde a besoin de cette tendresse de Dieu ! Alors la réponse d’un chrétien, s’il est vraiment chrétien, ne peut être différente de celle que Dieu nous donne à Bethléem. En prenant conscience en cette nuit, que Dieu est tellement amoureux de nous qu’Il s’est fait lui-même homme pour mieux nous rencontrer, comment pourrions-nous ne pas ouvrir notre cœur à Sa tendresse ?

Nous ne pouvons que le supplier : Seigneur, aide-moi à te ressembler, moi qui suis à ton image et qui veut aller vers ta ressemblance, moi qui veux être ton disciple, donne-moi la grâce de la tendresse, la grâce de Ta tendresse, en tout temps mais surtout dans les circonstances les plus dures de ma vie. Donne-moi la grâce de ce regard tendrement aimant sur tous mes frères, ceux que j’aime bien sûr, mais aussi et surtout, ceux qui me caressent à rebrousse-poil et me font tellement progresser dans l’amour de l’ennemi. Qu’ils soient bénis ! Ils sont une grâce pour moi ! Seigneur, donne-moi la grâce et le courage de les accueillir tous avec tendresse et donne-moi aussi la grâce d’accueillir avec tendresse toutes les situations de ma vie, heureuses ou malheureuses, faciles ou difficiles.

En ce temps de Noël contemplons la fragilité du Dieu tout puissant, contemplons sa tendresse pour nous et prions qu’à cette image un peu écornée de Lui que nous sommes, Il accorde d’aller toujours plus vers la ressemblance avec Lui.

 

           Je vous dis toute mon amitié en Christ, à bientôt !

 

Père Pascal 

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