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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 22:29
La juste dose de peur

Un peu de peur ne fait pas de mal à nos concitoyens. Un peu mais pas trop, bien entendu, comme à chaquefois qu' un événement grave nous atteint violemment. Juste unpeu pour nous tenir bei1lés mais pas trop pour nous rendre fous. Juste la dose qu'il faut pour tenir dans la guerre sans se laisser soumettre à nos adversaires.

A chaque attentat (en France, cela  va de soi), une flambée d'adrénaline  nous secoue. Mais dès que les auteurs sont découverts et arrêtés, tout retombe. On a l'impression que la vie revient comme avant.

Cette attitude ne me choque pas en face d'événements ponctuels qui ne se renouvelleront pas de si tôt Sauf à être pris dans la loi des séries, bien connue pour les accidents de train, il n'y a pas à changer d'attitude à chaque accident ni à faire une loi nouvelle. Mais les derniers attentats à Paris ne sont pas des actions solitaires, sans lien entre eux et sans lien avec ce qui se passe en Syrie, au Levant, au Mali, en Libye.

Bien au contraire, il est clairement établi aujourd'hui qu'une déclaration de guerre nous a été faite. Que nous le voulions ou non, nous sommes bien en guerre.

Une nouvelle guerre nous embrasse et nous emporte, cent ans après la première guerre
mondiale, cent ans après le génocide arménien, historiquement établi. A nouveau des chrétiens massacrés au quotidien. Des personnes et des communautés détruites sans autre motif que la guerre.  Il ne s'agit nl de catastrophes ni d'accidents mais, comme à la guerre, comme dans toute guerre, de tuer parce que tuer est le moyen d'avancer ses lignes.

Je ne veux pas soulever un vent de panique mais rappeler que le pape François a parlé d'une
« troisième guerre mondiale comtattue  par morceaux ».

Peut·être faudrait·il mesurer ce que cela signifie réellement pour nous... Pouvons-nous nous comporter aujourd'hui comme si nous n'étions pas en guerre ?

Devons·nous laisser retomber le plus vite possible l'émotion au motif qu'il ne faut pas se laisser emporter par la peur ? avec la bonne raison qu'il ne faut pas donner raison à l'adversaire ; avec la légitimité de celui qui vaque sérieusement à ses affaires tandis que d'autres s'amusent à faire la guerre.

" Ils sont payés pour ça ", nous dit-on. Il est vrai que depuis que nous avons parlé d'une armée professionnelle», nous avons fourni le bâton pour nous faire battre. Il eut fallu parler d'une " armée d'engagés ". Bref, ce langage ne va pas nous aider à faire prendre conscience que la guerre concerne tout le monde. Une guerre de la France concerne toute la France.

A la suite de l'attentat déjoué contre des églises à Villejuif, personne ne m'a entendu dire :
«n'ayons pas peur!» Car il me semble que nous sommes très loin d'une panique généralisée.

Je crois que, à l'opposé, nous péchons plutôt par inertie.Je crois qu'un peu de peur est souvent la  condition nécessaire pour nous maintenir éveillés face à la gravité d'une situation.

Les chrétiens, encore plus que les autres, ne peuvent être indifférents à la situation tragique de leurs frères d'Orient. Globalement notre vie jusqu'à présent n'a pas été trop perturbée par la guerre dans laquelle nous entrons et dont souffrent des pays entiers dans des massacres et des famines quotidiens. Inviter à rester calmes ne me parait pas être à ce jour, l'appel  le plus pressant à faire entendre...

La  peur est mauvaîse  conseillère  mais elle  peut être bonne compagne. Certes, elle nous trouble. Elle est sœur  de la souffrance, elle-même utile symptôme d'un mal muet.

Si nous ne souffrions pas de nos maladies, nous nous laisserions tuer par elles sans nous en apercevoir.Le mal est en lui-même un tueur silencieux s'il n'est pas accompagné de la douleut De même, la peur va avec la guerre.

C'est le symptôme du malheur de la guerre, la douleur de la guerre en quelque sorte.Sans peur, la guerre nous absorberait comme un aspirateur la poussière du soL Le soldat combattant a peutr. Son épouse en base arrière a peur. Si nous sommes lucides, nous devrions tous avoir un peu peur de ce que la guerre va broyer : amitiés, maisons, terres, cités, familles, vertus...

Aujourd'hui j'ai peur de cette absence de peur. C'est que je sais aussi la force hypnotique,  la puissance anesthésique de la tranquillité.  La tranquillité  n'est rien d'autre que la  paix sans Dieu. Elle nous endort. Elle nous lie par un calme  douillet.  Elle s'appelle aussi confort quand on la regarde sous un angle économique.

Plus généralement, l'indifférence la traverse et la soutient.  Elle se rétablit d'elle-même : si quelque chose vient la troubler, elle revient sur ses équilibres. Telle culbuto de mon enfance qui revenait toujours à la même position en raison d'un centre de gravité très bas. Or cette fausse paix ne nous permet pas de voir venir la guerre et d'en mesurer la gravité.

Or, si nous réfléchissons un peu, nous voyons ceci :la guerre peut bien être victorieuse pour nous, elle brise l'ordre du monde. Car il y a toujours un avant et un après la guerre. Nul ne sait l'ordre nouveau qui en sortira.

En ce sens, seule la peur nous incite à prendre au sérieux la guerre. L'inconscience suscitée par le confort nous fait sous-estimer la guerre. Elle nous fait mépriser la violence subie par ceux qui la font en direct, nos soldats. A l'opposé, il est normal,  il est même bon de trembler pour ses enfants à la sortie des écoles, de craindre le geste fou mais efficace d'une bombe dans le métro. A l'heure actuelle, ces pensées correspondent à l'état de la France en guerre : elles ne sont plus des hypothèses improbables pour cerveaux fatigués.

Trop de peur nous fait perdre notre lucidité. S'il le faut, nous en parlerons mais je veux souligner maintenant un autre aspect, la tendance à réduire cette guerre à un effort d'apprentissage de la laïcité.

Laïicité, le mot magique paraît résoudre tous les problèmes. Le terrorisme ne serait que la conséquence d'une mauvaise vision du rapport entre l'Etat et la religion.  Faisons un effort pour éduquer à la laicité et la chose cessera de suite. Un feu sans bois meurt de lui-même. Cette explication, confortable autant que la solution proposée, nous égare sur une fausse piste.

De plus, elle rentre dans ce jeu que je dénonce: «pas de panique, tout va rentrer dans l'ordre dès qu'on aura expliqué ce qui doit l'être». Les choses sont trop engagées au jourd'hui pour qu'on puisse croire à la puissance de ces incantations.

On veut élever la« grande muraille de la laïcité pour nous abriter et mettre fin à cette guerre: une sorte de ligne Maginot contre le terrorisme islamique.

A cela, le bon sens répond qu'on ne s'improvise pas laïc. La « laïcité » est certainement une valeur républicaine mais elle est d'abord une mentalité personnelle puis une mentalité collective.

La première  peut nous être inspirée par notre tempérament, par notre cercle d'amis : la laïcité, d'une certaine façon, va avec notre mode de vie français, quelque soit notre religion. Il ne s'agit plus alors d'admettre la laïcité pour être intégré mais d'être intégré pour admettre et vivre la laïcité.  

La seconde, en revanche, soulève un problème plus délicat: la mentalité collective d'une communauté religieuse n'évolue pas d'un coup et encore moins sous la  pression de forces extérieures à cette communauté.

Je suis bien placé pour savoir que seule une prise de conscience intérieure peut permettre une évolution de l'Eglise. Et ainsi de toute religion. 

Cette évolution suppose donc le temps, d'une part, et des raisons fondées de l'intérieur, d'autre part. Sinon elle sera rejetée comme déviante, hérétique, non conforme à nos traditions. Bref une religion ne s'improvise pas adepte de la laïcité en un seul jour, par décret ou par force.

Ma lettre « En terre de laïcité », avait pour but de fonder la laïcité dans le dogme chrétien. En procédant  ainsi, la laïcité n'apparaissait pas simplement  de l'extérieur et à l'extérieur; un plaquage pour faire beau, mais elle était attenante à notre foi chrétienne. Il fallait la retrouver dans nos racines croyantes.

J'avais dû alors remonter jusqu'à la Création et à la volonté divine pour établir une juste distance entre les choses créées et Lui, le Souverain Créateur.

Si ce lien entre Dieu et chaque créature n'est pas « laic » , je ne vois pas comment la vie politique serait « laique».

Après tout, la Cité, la communauté  politique, est formée d'une communauté d'individus en alliance avec Dieu. Si ces individus ne sont pas à juste distance de Dieu (distance nommée l'Alliance) comment leur ensemble organique serait-il conforme à une juste distinction entre le politique et le religieux ?

Pour les chrétiens, cette juste distance entre l'homme et Dieu s'appelle la liberté. Ou plus exactement, la juste relation entre Dieu et l'homme est constituée par ce rapport étonnant entre la liberté de l'homme et la grâce de Dieu.

Je sais que cette lettre sur la laicité a paru compliquée à beaucoup. Mais y-avait·il moyen de faire plus simple? La laicité impose donc une réflexion qui sera un vrai défi pour d'autres communautés rellgieuses. Mais au point où nous en sommes, avons-nous ce temps devant nous?

Pour résumer ma pensée,  je ne suis pas sûr qu'on  arrive à mener cette guerre à heureuse fin
par des exhortations sur la laïcité. Nous sommes,  en effet, devant deux temps : un temps court, celui qu'impose toujours la guerre,  même si elle dure longtemps. Un temps long, celui que réclame la visite en profondeur des racines religieuses.

En parallèle de la conduite de cette guerre, réfléchissons sur la laïcité. C'est bien. Eduquons sans cesse à cette  laïcité en lien avec les religions : sans elles, ça ne marchera pas.

Soyons capables de remettre en question nos modèles, y compris politiques. Le vent de l'histoire souffle dans ce sens : ça tombe bien pour une fois, c'est celui de la vérité. Mais soyons lucides sur les « armes,avec lesquelles nous relèverons le défi de cette guerre déclarée.

Elles sont d'abord pour nous des armes de lumière. Comme cette guerre ne fait que commencer, nous aurons bien l'occasion,  ici ou ailleurs, de revenir sur l'attitude chrétienne dans la guerre. On l'a compris, elle part d'abord d'une conscience vive et d'une peur, au moins légère, que cette conscience éveille.

Pourquoi taire que la peur précède le courage?  

Il y a peu, un journaliste tonnait triomphant: « il faut avoir le courage  de  ne pas avoir peur.» La formule fit mouche car elle était reprise en boucle.

Sauf que le courage de ne pas avoir peur se nomme l'inconscience. Elle n'est pas vertu chrétienne.

Je préfère la formule du père Marie-Dominique Molinié :

« le  courage d'avoir peur».


+Luc Ravel
Evêque aux armées

 

Voir aussi sa lettre pastorale :

En terre de laïcité

Lettre mal reçue par le gouvernement

http://radionotredame.net/2015/vie-de-leglise/monseigneur-ravel-logo-ministere-defense-35070/

http://www.seraphim-marc-elie.fr/
 
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 22:56
Quand l'âme devient froide

Avant tout, observe-toi soigneusement lorsque l'âme devient froide...

C'est alors un état amer et dangereux.

Le Seigneur l'utilise comme un de ses moyens pour guider, instruire et corriger, mais cela peut aussi être une sorte de punition.

La cause en est ouvertement un péché, mais puisque dans [certains] cas, aucun péché n'est véritablement évident, la cause devrait en être cherchée dans les sentiments et les dispositions intérieurs.

Peut-être qu'une haute opinion de toi-même s'est emparée de toi et que tu ne penses pas être comme les autres? Peut-être que tu prévois de cheminer seul sur le chemin du salut et d'accéder en haut par tes propres efforts?

Nous devenons froids en nous-mêmes, lorsque notre cœur est distrait, quand il s'attache à quelque chose d'autre et non à Dieu, qu'il se soucie de différentes choses, se met en colère et blâme quelqu'un- quand nous sommes mécontents et que nous sommes complaisants envers la chair, nous vautrant dans le luxe et les pensées vagabondes.

Garde-toi de ces choses et la froideur diminuera.
 
 
Saint Théophane le Reclus

L'Art de la Prière
 
Version française Claude Lopez-Ginisty

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 22:45

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En même temps qu’elle rythme le temps dans son alternance avec le jour, la nuit dans la Bible signifie l’égarement de l’homme éloigné de Dieu qui est lumière. Mais Dieu vient le chercher dans toutes ses nuits…

Quelle réalité désignent « ténèbres » et « nuit » ?

Du premier chapitre de la Genèse, qui ouvre la Bible chrétienne, au dernier chapitre de l’Apocalypse, qui la clôt, il est question de lumière et de ténèbres, de nuit. « Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière jour et les ténèbres nuit », lit-on dans la première page de la Bible (Gn 1, 4b-5a). Désormais, la nuit est donc nommée par Dieu : laïl (racine d’où vient aussi le prénom Leïla). Au quatrième jour du récit de la création, Dieu place le soleil, la lune et les étoiles, ordonnant le monde dans lequel l’homme pourra vivre.

Souvent, l’emploi du mot nuit dans les livres bibliques (223 occurrences dans l’Ancien Testament) est associé au mot jour, exprimant simplement l’écoulement du temps. Mais si la nuit est d’abord le pendant du jour dans un monde ordonné, elle garde une proximité avec les ténèbres d’où elle a été tirée : « J’avais dit : les ténèbres m’écrasent ! mais la nuit devient lumière autour de moi. Même la ténèbre pour toi n’est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière ! », se réjouit un homme heureux d’être rejoint par Dieu alors même qu’il confesse l’ambiguïté de sa relation au Seigneur (Ps 139 [138]).

Le P. François Lestang, bibliste (1), remarque que dès les chapitres 6 à 9 du Livre de la Genèse, après le premier péché du couple humain, la séparation que Dieu avait initiée entre la lumière et les ténèbres est remise en cause par le déluge : « Il pleut sur terre pendant 40 jours et 40 nuits, de sorte qu’on ne distingue plus la séparation entre le haut et le bas. Mais l’épisode se conclut par l’engagement de Dieu : “Désormais, jour et nuit ne cesseront plus” (Gn 8, 22). »

Au-delà de ce serment, la dernière page de la Bible annonce la nouvelle création dans laquelle il n’y « aura plus de nuit… car le Seigneur Dieu répandra sa lumière » (Ap 21, 5). Désormais, « les hommes peuvent habiter avec Dieu ! » résume le bibliste. Mais en attendant, la réalité inquiétante des ténèbres angoisse l’humanité. Le Livre de Job, longue méditation sur l’incompréhensibilité de Dieu de la part d’un homme confronté à la question du mal, en est le témoin éloquent, rassemblant 23 des 77 occurrences du mot dans l’Ancien Testament.

Au cours de la nuit de Noël, la liturgie fait lire ce passage du prophète Isaïe : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (9, 1). Être sauvé, c’est bien être tiré des ténèbres et de toute complicité avec elles et entrer en présence de Dieu qui est lumière (1 Jn 1, 5 ; 1 Th 5, 5).

Dieu est-il présent dans la nuit ?

La Bible honore, à travers le thème de la nuit, la condition ordinaire des hommes : ils s’y reposent (Qo 5, 11) ; c’est le moment de la rencontre intime de l’homme et de la femme (Gn 30, 16), de la peur des méchants qui profitent de l’obscurité pour commettre leurs forfaits (Jb 24, 14).

La nuit symbolise surtout l’état de l’homme égaré loin de la lumière de Dieu. Et c’est là que Dieu vient le chercher pour le délivrer : « Dieu choisit ce lieu de peur, d’égarement pour passer. Ses interventions la nuit tracent un chemin dans la Bible », souligne François Lestang. Ainsi, c’est de nuit que Dieu noue l’alliance avec le père des croyants, Abraham (Gn 15, 5.12.17).

C’est de nuit que Dieu fait sortir d’Égypte les Hébreux (Ex 12, 42). Il en est de même dans le Nouveau Testament. C’est « durant les veilles de la nuit » que l’ange annonce aux bergers la naissance du « Sauveur qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2, 8.11), et qu’ils se trouvent enveloppés de la « clarté » de « la gloire du Seigneur ». Jésus prie seul la nuit avant de choisir les Douze (Lc 6, 12), et c’est « à la quatrième veille de la nuit » qu’il rejoint en marchant sur les eaux la barque des disciples prise dans la tempête.

C’est dans la nuit qu’est instituée l’eucharistie et que Jésus va au bout de la confiance en son Père, à Gethsémani. Même la mort de Jésus sur la croix met en scène l’obscurité de la nuit, pour les évangélistes Matthieu (27, 45) et Luc (23, 44). Enfin bien sûr, la résurrection a lieu de nuit, entre la fin du sabbat et l’aube du premier jour de la semaine (Mt 28, 1).

Que fait l’homme de la Bible durant la nuit ?

Bien d’autres fameux moments de la révélation biblique ont pour cadre la nuit. Nombre d’entre eux peuvent être lus du point de vue de l’itinéraire personnel d’hommes ou de femmes qui cherchent Dieu ou qui sont cherchés par lui. C’est la nuit que l’homme « baisse la garde », est moins vigilant. Le surmoi desserre son étreinte, dirions-nous aujourd’hui, laissant l’inconscient s’exprimer dans les rêves.

Dans la nuit, le cœur de l’homme, son désir, se dévoile. La Bible prête attention, comme les peuples environnant Israël, aux songes, et est sensible à leur ambiguïté. L’évangéliste Matthieu toutefois se plaît à montrer Joseph le juste guidé par Dieu à travers des songes. C’est la réceptivité de l’homme fidèle dont le désir est ajusté à Dieu qui est ainsi soulignée.

La nuit dans la Bible met en évidence le besoin humain d’intériorité, et souvent, le rapport personnel à Dieu. Le mystérieux combat de Jacob, de nuit, avec « quelqu’un » – une façon de désigner Dieu – (Gn 32, 23-33), est ainsi un tournant dans la vie de cet homme de désir qui sort du combat « fort contre Dieu (2) ».

La Bien-aimée du Cantique des Cantiques, magnifique figure de femme amoureuse en quête du Bien-aimé à travers la ville, dans la nuit, est une référence privilégiée des auteurs mystiques (saint Bernard, saint Jean de la Croix…) : si Dieu comble son bien-aimé, il échappe également à toute prise. La dimension nuptiale de l’union à Dieu apparaît clairement également dans la parabole des dix vierges qui attendent l’époux à son retour des noces (Mt 25, 1-13) : « Au milieu de la nuit, un cri retentit : Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre ! » La parabole donne à méditer la vérité du désir des unes et des autres.

La figure du pharisien Nicodème, qui vient de nuit trouver Jésus (3, 1-21) selon l’évangéliste Jean, illustre un autre aspect de la recherche spirituelle, la quête de la vérité de Dieu. « Celui qui fait la vérité vient à la lumière » (Jn 3, 21).

Christophe Chaland

La Croix

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