Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Traduire le blog - Translate into your language

21 septembre 2024 6 21 /09 /septembre /2024 19:32
Enquête à l’abbaye de Lagrasse

Entre visite apostolique et ouvrage à charge de jean-Michel Maroiu, l’abbaye de Lagrasse est au centre des critiques . Nous avons voulu donner un droit de réponse à un écrivain catholique connaissant le contexte et les coulisses de l’abbaye de Lagrasse.

“L’annonce récente d’un livre prétendument enquêteur sur l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse suscite une réaction étonnée et amusée parmi les fidèles catholiques attachés à cette abbaye. Jean-Michel Mariou semble déplorer la présence des chanoines de la Mère de Dieu, les accusant de toutes sortes de maux modernes : premièrement, l’accusation d’intégrisme.

C’est mal connaître l’attachement à Rome de chanoines et la diversité des personnes, croyantes ou non, qui se rendent chaque année dans cette abbaye. La célébration de la liturgie tridentine et la transmission des enseignements immuables de l’Église constituent le « charisme » des chanoines.

Loin des modes du monde et des lubies du progressisme ecclésial qui ont transformé tant d’églises en centres de bien-être spirituel, l’abbaye de Lagrasse compte parmi les sanctuaires qui demeurent dédiés à la prière et à l’adoration

Deuxièmement, l’auteur parle d’ « une communauté (…) fidèle à des principes traditionalistes opposés à Vatican 2 ». Là encore c’est mal connaître l’Eglise et son histoire que d’opposer concile et tradition. Les fidèles de l’abbaye attachés à la Tradition de l’Eglise croient en la continuité de l’enseignement catholique tel qu’il a été transmis pendant des siècles.

Ceux qui aujourd’hui se réclament de « L’esprit du Concile » en ignorent souvent les textes et le contexte, là où précisément l’abbaye honore ces enseignements sans faire « de la tradition table rase. » Monsieur Mariou n’a probablement pas beaucoup lu les textes de Vatican 2 et n’a sans doute pas pris le temps de se renseigner auprès des chanoines sur lesquels il « enquête ».

Sait-il seulement qu’ils transmettent aux jeunes qui viennent se préparer au mariage les enseignements de l’encyclique Humanae Vitae ?

Troisièmement, l’abbaye est accusée de cultiver des réseaux conservateurs. Quelle surprise ! Bien sûr, l’abbaye attire naturellement ceux qui partagent les valeurs qu’elle incarne : Evangile, Vérité, Charité, Tradition, Mission. Le salon du livre qui se tient chaque année à côté de cette abbaye doit bien attirer son réseau lui aussi ? On les imagine humanistes, fan club de l’histoire des cathares, amoureux des vignes… avec leurs valeurs de solidarité et d’ouverture d’esprit bien sûr.

Enfin, l’abbaye de Lagrasse est dépeinte comme une menace pour la paix locale. Là où en réalité, la présence de la communauté apporte une stabilité spirituelle et un rayonnement qui ne peut que profiter à tous. Les touristes et les visiteurs viennent à Lagrasse non seulement pour ses pierres anciennes, mais aussi pour la paix et la sérénité que seule une communauté monastique peut offrir. Et si certains ne viennent que pour les joyaux de l’architecture et du patrimoine, où est le mal s’ils y rencontrent Dieu en prime ?

Dans le fond, on peut remercier Monsieur Mariou et ses semblables pour la publicité qu’ils font à l’abbaye, c’est presque une médaille d’honneur, on attend déjà les cohortes de curieux brandissant leur ouvrage tels les lecteurs du Da Vinci Code en leur temps. Ils seront sans doute déçu tout d’abord de ne rien trouver de scandaleux, mais ils seront aussi agréablement surpris d’être accueillis avec bienveillance et simplicité par les frères, et peut-être seront-ils touchés par la beauté des chants grégoriens et le sens du sacré qui se dégage de la liturgie célébrée.”

Franck Kairos, écrivain catholique

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0
20 septembre 2024 5 20 /09 /septembre /2024 19:30
Mémoriser la Parole

Aujourd’hui, la Parole de Dieu s’offre à nous sous la forme d’un livre ou d’autres outils (téléphones portables, internet) et on ne peut que s’en réjouir.

Alors pourquoi la mémoriser quand on sait lire ? « Se souvenir », « garder », « ne pas oublier » : ces recommandations sont fréquentes dans les Saintes Écritures.

« Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur » (Dt 6, 6), est-il dit à Israël, avec le grand commandement de l’amour de Dieu.

« Et maintenant, mon enfant, rappelle-toi ces commandements et ne les laisse pas s’effacer de ton cœur » (Tb 4, 19), conseille Tobie à son fils. Et Jésus dit aux siens avant son départ : « Si quelqu’un m’aime il gardera ma parole » (Jn 14, 23).

Pourquoi ?
Cette Parole a été comparée par certains Pères à une « lettre d’amour » envoyée par Dieu. Quelle est la fiancée éprise qui ne finirait par savoir par cœur les lettres qu’elle reçoit, alors qu’elle attend depuis si longtemps de voir enfin le visage du Bien-Aimé ?

Notre temps de Lectio étant relativement court, si nous voulons demeurer dans la Parole, la mémorisation peut être un moyen d’y revenir en cours de journée – pendant certains travaux manuels par exemple – et de nous en imprégner davantage.

La Parole mémorisée demeure en nous, quand nous nous rendons à l’adoration : si nous ne sommes pas immédiatement en contemplation, elle nous aidera à être présents devant le Seigneur.

Quand nos pensées s’égarent, nous pouvons revenir par elle à la prière.  Elle exercera sa puissance de guérison, elle remplacera peu à peu les paroles négatives que nous avons enregistrées (sans aucun effort !), qui affectent notre vie intérieure. 

Parfois elle nous reviendra d’elle-même, comme un chant profond qui nous habite. Ce sera comme le soubassement de notre maison intérieure, comme une « cave » que nous pouvons remplir de « vins au parfum suave, qui réjouissent le cœur de l’homme », selon la belle image de Jean Cassien. 

N’oublions pas que si nous mémorisons la Parole du Seigneur, c’est pour vivre en cohérence avec elle ; sinon ce travail n’aurait guère d’intérêt : « La Parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour que tu la mettes en pratique » (Dt 30, 14).

Par ailleurs, la mémorisation de passages bibliques donnera certainement de l’aisance dans l’annonce de l’Évangile car « de l’abondance du cœur, la bouche parle » (Mt 12, 34).

Au sujet de celui qui a pratiqué longuement la « méditation » (au sens biblique de : « répétition », « manducation » de la Parole, qui imprègne la mémoire), le père Matta El Maskîne dit : « S’il ouvre la bouche, les mots de l’Écriture en sortent sans fard ni affectation, et, avec eux, les pensées divines s’écoulent comme des vagues de lumière, qui éclairent l’esprit de l’auditeur par la connaissance divine, touchent son cœur et embrasent ses sentiments. » 

Quelques exemples
La mémorisation des Pères du désert, partie intégrante de leur vie de prière, est impressionnante.

Chez saint Pacôme, la Parole enveloppe le travail, les repas et même les déplacements des frères. Avant d’être autorisé à entrer au monastère, le candidat, debout devant la porte pendant quelques jours, devait mémoriser d’abord « l’oraison dominicale et puis autant de psaumes qu’il en pourra apprendre » (précepte 49).

Une fois admis, on lui donnait à apprendre « vingt psaumes ou deux épitres de l’apôtre ; ou une partie d’un autre livre de l’Écriture » (précepte 139). Enfin, personne ne pouvait rester au monastère « sans apprendre les lettres, ni sans retenir quelque chose de l’Écriture : ne serait-ce qu’au minimum le Nouveau Testament et le Psautier » (précepte 140) !

Plus près de nous, le père Matta El Maskîne, à l’origine d’un renouveau contemporain du monachisme en Égypte, faisait mémoriser à ses moines les psaumes, les Évangiles et le livre d’Isaïe.  Nos contextes et modes de vie sont évidemment très différents, mais nous avons bien la même pâte humaine qu’eux.

Comment faire ?
Nous avons une immense mémoire en nous, cadeau de Dieu sans doute en partie inconnu de nous-mêmes ! Elle peut être envahie par les soucis et les préoccupations du moment, par les mille pensées qui traversent nos journées, mais elle est bien là !

Pendant la Lectio, nous sommes conduits vers une phrase ou un mot, par lesquels le Seigneur nous parle aujourd’hui : notre cœur est alors ouvert et disponible pour les accueillir, et les retenir plus facilement.

« Il faut chaque jour détacher quelques bouchées de la lecture quotidienne et confier à l’estomac de la mémoire un passage que l’on digère mieux, et qui, appelé à la bouche, fera l’objet de fréquentes ruminations », conseille Guillaume de saint Thierry.

Nous pouvons aussi choisir de mémoriser volontairement, dans la durée, certains textes particulièrement riches : le « Shema Israël », le Sermon sur la montagne, le discours de Jésus après la Cène, etc.

Il ne s’agit pas de « savoir par cœur » le maximum de textes, mais de faire descendre dans notre cœur, pour qu’elles y restent, des paroles porteuses de vie. 

Si cette faculté n’a pas beaucoup travaillé, nous pouvons la remettre en route par des passages que nous connaissons déjà à peu près, ou que nous avons mémorisé autrefois.

Répéter par petits fragments, en les prononçant avec attention, travailler lentement sans se décourager. Il suffira de nous y tenir chaque jour un court moment pour en goûter rapidement les premiers fruits : entre autres le bonheur de garder en nous des paroles d’amour, sûres et stables.

Un texte une fois mémorisé : nous le redire de temps en temps, lentement, en l’écoutant attentivement, est certainement un moyen d’unification intérieure.

Ce qui a été mémorisé avec un rythme, un chant et des gestes, s’inscrira plus profondément. C’est l’expérience de l’enfant juif qui apprend la Torah en se balançant, et l’inscrit ainsi dans ses rythmes fondamentaux ; ou celle de la mémorisation gestuée de la Parole, par Marcel Jousse en particulier. Chacun peut la faire en chantant un passage biblique qu’il aime, et en le rythmant.

Dans ce domaine aussi, Marie est notre modèle. Il nous est dit qu’elle « retenait tous ces évènements dans son cœur », parfois sans les comprendre. À sa mémoire aimante, nous devons sans doute bien des passages de l’Evangile de Luc (L’Annonciation, les évangiles de l’enfance, Jésus perdu et retrouvé au Temple).

Confions-lui notre mémoire, et demandons-lui de nous guider sur ce chemin !

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2024 4 19 /09 /septembre /2024 19:30
Humour

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0