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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 22:26

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Si nous devions mettre en évidence, l'autorité de certains Pères (comme  Dom C. Butler qui, dans son Mysticisme Occidental, avait choisi saint Augustin, saint Grégoire le Grand et saint Bernard , la tradition de l'Église d'Orient choisirait les trois Évêques que nos textes liturgiques appellent « les saints pontifes et docteurs oecuméniques » : saint Jean Chrysostome qui n'avait pas de théologie personnelle, mais simplement une théologie des fidèles, ou, en d'autres termes la théologie de l'Église elle-même ; saint Basile le Grand, dont les règles monastiques ont servi de guide sur à la vie spirituelle de millions d'hommes ; et saint Grégoire de Nazianze, appelé à juste titre le « théologien » et dont Rufin d"Aquilée a écrit : « Être en désaccord avec la foi de Grégoire est signe manifeste d'erreur dans la foi»

C'est grâce à de tels Maîtres et Pères dans le Christ, et non grâce à des philosophes et romanciers modernes, même du génie religieux de Khomiakov, Dostoïevski et Berdiaev, ni grâce aux pères spirituels de l'Athos ou d'Optina, dont les vues restent des opinions particulières, que nous découvrirons ex autoritate la voie orthodoxe vers la sainteté.

Ces Maîtres sont communs à l'Orient et à l'Occident, néanmoins leur influence se fit davantage sentir en Orient.

On ne saurait assez le répéter : il n'y a pas de « béance » entre le Christianisme d'Orient et celui d'Occident. Les principes fondamentaux de la spiritualité chrétienne restent les mêmes à l'Est et à l'Ouest. Les méthodes aussi.  

Les différences ne portent pas sur les points essentiels.

En gros, disons qu'il y a une spiritualité chrétienne avec ici ou là des accentuations différentes.

On retrouve à l'Est tout l'enseignement des Pères Latins, comme on retrouve à l'Ouest tout l'enseignement des Pères Grecs. Rome a donné saint Jérôme à la Palestine. L'Est a donné Cassien à l'Occident et a une vénération toute particulière pour ce Romain par excellence que fut le pape Saint Grégoire le Grand (notre Grégoire Diálogos).

Saint Basile aurait reconnu un frère et un héritier en saint Benoît de Nursie. Sainte Macrine aurait trouvé une soeur en sainte Scolastique. Saint Alexis, «   l'homme de Dieu », le « pauvre sous l'escalier », a eu pour successeur ce mendiant errant que fut saint Benoit Labre. Saint  Nicolas se serait senti très proche de la charité ardente d'un saint François d'Assise ou d'un saint Vincent de Paul. Saint Séraphim de Sarov aurait vu le désert fleurir sous les pieds du Père Charles de Foucault, et n'aurait-il pas appelé sainte Thérèse de Lisieux « Ma Joie » ? 

L'Église d'Orient prend aussi en considération les accomplissements de Chrétiens « évangéliques ». Elle reconnaît et honore tout le côté profondément chrétien — et par là même orthodoxe — d'hommes comme George Fox, Nicholas Zinzendorf, John Wesley, William Booth, le Sadhu Sundar Singh, pour n'en citer que quelques-uns.

Mentionnons également saint Tikhon de Zadonsk, l'un des plus grands « ascète »et mystiques de l'Église Orthodoxe, tout à fait familier avec la Scolastique latine, qui citait saint Augustin et semblait avoir lu l'Anglican Joseph Hall, évêque de Norwich, aussi bien que Johann Arndt, le pietiste allemand.

Une vie spirituelle authentique et intense est la voie la plus directe et la plus sûre vers une réunion. 

Père Lev Gillet

Spiritualité orthodoxe

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 22:51

115_new.jpg

115, un numéro célèbre,

pas comme les autres

Un numéro de joie pour les uns,

de déceptions pour les autres

Paris est fier de ses monuments,

Paris est fier de son numéro

Des SDF explosent de joie après leurs appels

Des SDF maintiennent leur colère avec courage après leurs appels

Je sens leurs cours battre à fond avant chaque appel

Les uns se dirigent vers Montrouge,

les autres vers Boulevard Ney

Les uns pleurent leur sort dans le froid de la nuit

Les autres trouvent refuge à l'hôpital Saint Louis

Je t'aime 115, malgré tes mauvaises nouvelles

Je t'aime 115, même si je fais partie de tes victimes

Je t'aime 115 ; malgré tes trois chiffres abîmés dans les cabines

Je t'aime 115, malgré ton inutilité pendant les mois d'été

Grâce à toi j'ai découvert les barquettes chaudes et les vestiaires

Sans toi, les cadavres feraient la une des médias courant l'hiver glacé

Sans toi, les démunis quitteraient par centaine la capitale

Les favorisés ont tort d'ignorer ton existence

Les favorisés ne découvriront jamais le mystère de tes trois chiffres

Les favorisés ne connaîtront jamais ton jardin secret

Tes SDF sontfiers de toi malgré ta fermeté

Tes SDF obéissent poliment à tes recommandations et tes consignes

Que Dieu te bénisse mon cher numéro adorable

Que Dieu protège Monsieur Emmanuelli qui t'a inventé au service des misérables.

 

Poésie écrite et lue au Sénat par Mohamed Elmziat, accueilli à la Boutique Solidarité Paris-Bichat.

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 22:39

pseudo-dionigi-areopagita.jpg

Lorsque tu veux te recueillir en solitude pour la prière, laisse de côté tous ce que tu faisais ou que tu avais l’intention de faire.

Ne cherche pas à prier avec des mots, à moins de t’y sentir porté ; ou si tu pries avec des mots, ne leur prête pas d’attention, ni s’ils sont peu nombreux ou beaucoup, ni leur sens.

Ne te mets pas en peine de la nature des prières, car il n’importe qu’elles soient des prières liturgiques ou non, des psaumes, des hymnes ou des antiennes ; qu’elles soient des prières d’intention générale ou particulière ; des prières intérieures, exprimées en pensée, ou des prières vocales exprimées par les paroles.

Veille seulement à ce qu’il n’y ait rien qui occupe ton esprit sauf une seule intention, un simple regard fixé sur Dieu, sans que vienne s’y mêler aucune pensée particulière sur lui, ce qu’il est en lui-même, ou ses œuvres.

Retiens seulement la conscience nue qu’il est ce qu’il est. Oui, qu’il soit tel qu’il est : ne le conçois pas autrement, je t’en prie. Ne cherche rien de plus à son sujet, mais fixe-toi en cette foi comme sur le roc.

Ce regard fixé vers Dieu, dépourvu d’idées et ancré consciemment dans la foi, laissera ton esprit et tes sentiments dans un vide, sauf une pensée dépouillée et un sentiment obscur de ton propre être. Ce sera comme si tout ton désir criais vers Dieu et tu lui disais :

Ce que je suis, ô Seigneur, je te l’offre, 

sans m’arrêter à aucune des qualités de ton être, 

mais en affirmant seulement 

que tu es ce que tu es, et rien de plus ! 

Que pour toi cette paisible obscurité soit tout ton esprit et comme un miroir. Car je veux que ton idée de toi-même soit aussi nue et simple que ton idée de Dieu, afin de devenir un avec lui en esprit, sans dispersion ni distraction.

Il est ton être et c’est en lui que tu es ce que tu es, non seulement parce qu’il est la cause et l’être de tout ce qui existe, mais parce qu’il est ta cause et ton être.

Donc dans cette œuvre contemplative, pense à Dieu comme tu penses à toi-même : qu’il est comme il est, que tu es comme tu es. Ainsi, ta pensée ne sera pas dispersée ni divisée, mais unifiée en celui qui est tout. 

En même temps, garde en esprit la distinction entre lui et toi : il est ton être mais tu n’es pas le sien.

Tout existe en lui comme source et être et il est en tout comme cause et être. Cependant demeure une distinction fondamentale : lui seul est sa propre cause et son être. […]

Puisque cela est la vérité, que la grâce unit ton esprit et tes sentiments à lui, alors que tu t’efforces de rejeter toutes recherches subtiles sur les qualités de ton être aveugle et du sien.

Que ta pensée soit tout-à-fait nue et tes impressions intègres et toi-même tout simplement comme tu es, alors, le toucher de la grâce te nourrira de la connaissance expérientielle de Dieu tel qu’il est.

Mais en cette vie ce sera toujours dans l’obscurité et d’une manière partielle, si bien que ton désir languissant ne cessera jamais de s’aviver.

Alors lève les yeux dans la joie et dis à ton Seigneur, en mots ou en désir :

Ce que je suis, Seigneur, je te l’offre ;

car tu es éminemment ce que je suis.

Et n’avance plus, mais repose-toi en cette conscience,

pure et simple, que tu es tel que tu es.

Épître de la direction intime. Traduit de l’anglais.

Texte complet dans Alain Sainte-Marie, 

La quête de la sagesse, Seuil (Sa 199), 2004.

L’Épître de la direction intime est attribuée au même auteur anglais anonyme du XIVe siècle que Le nuage de l’inconnaissance. Ces écrits mystiques, fortement influencés par le mystérieux Denys l’Aréopagite, le « Pseudo-Denys », se situent dans la tradition de la théologie apophatique, qui affirme que de l’essence divine il n’est possible d’avancer que des propos négatifs : « Dieu n’est pas ceci ou cela ».

Des traductions latines de La théologie mystique du Pseudo-Denys – très court texte qui exprime dans un langage dense et sublime l’essence de l’apophatisme chrétien –, circulaient largement en Occident au Moyen-Âge.

La théologie apophatique doit être complétée par la théologie cataphatique (positive) : par ses énergies divines, qui sont Dieu lui-même, Dieu se révèle dans sa création et il est possible de parler de Dieu en termes positifs : « Dieu est Lumière » ; « Dieu est Amour » (1 Jn 1, 5 ; 4, 8).

Le court extrait de l’Épître de la direction intime ci-dessus tire les conclusions pour la vie de prière de la théologie apophatique, dont on trouve déjà des échos chez Évagre le Pontique au IVe siècle. Nous sommes à la porte de la prière contemplative pure – mais ce n’est pas la seule porte. 

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