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26 mars 2022 6 26 /03 /mars /2022 20:30

Peut-on encore croire à l’enfer ? Que nous en dit la Bible ? Paradoxalement, l’existence de l’enfer est la rançon de notre liberté.

L’enfer existe-t-il ?
Pour l’Église catholique, l’existence de l’enfer est une vérité qui ne peut être remise en cause. À l’heure de la mort, se trouvera en enfer tout homme qui, en pleine liberté, refuse l’amour divin.

L’existence de l’enfer est un dogme pour l’Église catholique, c’est-à-dire une vérité qui ne peut pas être mise en cause. Si les définitions de l’enfer ne manquent pas, le catéchisme de l’Église catholique le décrit très précisément : l’enfer, c’est « cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux » (§ 1033).

« L’enfer, c’est les autres », affirmait Jean-Paul Sartre. C’est la dernière phrase de sa pièce Huis clos. Il y a une part de vérité dans cette affirmation, car tout se joue en effet dans la relation. Relation à Dieu, aux autres. Être fermé aux autres, refuser toute relation, c’est cela l’enfer.

L’enfer ou les enfers ?
L’enfer, au singulier, correspond à cette « vie sans Dieu ». Les enfers font référence au « séjour des morts », ou shéol, hérité de la culture hébraïque. Quand Jésus « descend aux enfers », il fait jusqu’au bout l’expérience de son humanité.

Singulier ou pluriel, on ne parle pas de la même chose.

En effet, comme l’affirme le Symbole des apôtres, Jésus « est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts ».

Les enfers – ou shéol – sont alors le nom donné par les Hébreux au « séjour des morts » où vont indistinctement bons et méchants.

C’est un lieu imaginé sous terre où se trouvent les morts, ce qu’on retrouve aussi dans la mythologie romaine (inferni) ou chez les Grecs (le royaume d’Hadès).

Un lieu sans vie : « Chez les morts, on ne prononce pas ton nom, chante le psalmiste. Aux enfers, qui te rend grâce ? » (Ps 6, 5). Si Jésus descend aux enfers, c’est parce que, « vrai homme et vrai Dieu », il va jusqu’au bout de son humanité, mourant vraiment sur la croix.

Et par sa résurrection, il ouvre les portes des enfers et libère tous les défunts : « Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts » (Ap 1,18).

Les icônes le représentent tirant les morts de leur sommeil, tirant parfois par la main Adam et Ève.

L’enfer, au singulier, c’est autre chose : c’est cette vie sans Dieu pour ceux qui sont en état de péché, comme l’a annoncé Jésus : « Allez-vous en loin de moi, maudits, au feu éternel, préparé pour le diable et pour ses anges » (Mt 25,41).

Comment se présente l’enfer ?
L’enfer n’est pas un « lieu » géographique. Jésus parle en images pour décrire l’enfer, « un feu qui ne s’éteint pas » ou encore « là où seront les pleurs et les grincements de dents ».

Les artistes ont repris ces images pour décrire la condamnation du pécheur.

« L’enfer, c’est de ne plus aimer », écrivait Georges Bernanos dans Le journal d’un curé de campagne. L’enfer serait donc cet état de rupture, éloigné de Dieu.

On est loin de la représentation géographique d’un lieu dans lequel se débattent les âmes damnées, tel que Dante ou de nombreux artistes l’évoquent.

Mais comment faire autrement qu’en l’imaginant, puisque personne n’est revenu de l’enfer pour en livrer une description fidèle ?

C’est à partir de ce qu’en dit Jésus que nous pouvons approcher ce mystère effrayant, promesse de condamnation : l’enfer, c’est « comme » se trouver « dans les ténèbres du dehors, là où seront les pleurs et les grincements de dents » (Mt 25, 30) ou encore « la géhenne où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas » (Mc 9, 47-48). Nous voilà avertis.

Qui ira en enfer ?
L’enfer existe, mais il serait vide… Certains fidèles n’imaginent pas que Dieu miséricordieux puisse condamner éternellement ses enfants aux flammes de l’enfer. Refuser l’amour de Dieu reste pourtant l’ultime liberté humaine.

Personne, pas même l’Église, ne peut désigner ceux qui seraient promis à l’enfer.

Après des générations effrayées par la perspective de l’enfer, les croyants d’aujourd’hui voient une contradiction insupportable entre l’infinie miséricorde de Dieu et l’existence de l’enfer.

Il y a pourtant un réel enjeu : le catéchisme catholique précise que « la peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été créé et auxquels il aspire » (§ 1035).

En refusant Dieu, l’homme se condamne lui-même. « N’allons surtout pas penser que la damnation soit une vengeance de Dieu, Dieu ne se réjouit pas de voir ses enfants en enfer, souligne le père Pierre Descouvemont, théologien. Et le Christ serait un affreux maître-chanteur s’il nous prévenait d’un danger qui n’existe pas… »

Le risque de l’enfer est bien réel, et se joue d’ailleurs dès aujourd’hui : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi. Car mieux vaut pour toi que périsse un seul de tes membres et que tout ton corps ne soit pas jeté dans la Géhenne » (Mt 5, 29).

Le pape François a évoqué ce combat, lors d’une rencontre dans une paroisse de Rome au printemps 2014, et appelé les mafieux à la réflexion : « Convertissez-vous, il est encore temps pour ne pas finir en enfer. C’est ce qui vous attend si vous continuez sur cette voie », martèle le pape argentin.

Ainsi donc, rendez-vous est pris pour le jugement dernier, si souvent représenté au tympan des cathédrales : « Avant même le christianisme, une tradition religieuse très ancienne évoque ce jugement aux heures de la mort, comme la pesée des âmes dans la mythologie égyptienne, explique le père Venceslas Deblock, prêtre du diocèse de Cambrai (Nord).

C’est rappeler que notre vie d’aujourd’hui va rejaillir sur notre vie après la mort. »

Comment échapper à l’enfer ?
Le refus de Dieu conduit à la tragique possibilité de l’enfer. « L’enfer consiste dans la damnation éternelle de ceux qui, par libre choix, meurent en état de péché mortel.

C’est l’homme lui-même qui, en pleine autonomie, s’exclut volontairement de la communion avec Dieu », énonce l’abrégé pratique officiel du catéchisme de l’Église catholique (n° 213).

En d’autres termes, refuser l’amour divin, c’est manifester l’orgueil d’exister par soi-même et couper ainsi toute relation à Dieu.

Peut-on pour autant considérer que Dieu permette que l’enfer soit peuplé de damnés, alors que, selon l’apôtre Paul, « Il veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2, 4) ?

Tout ce que dit la foi chrétienne, c’est que Jésus est venu pour le salut du monde, pour sauver tous les hommes, y compris Judas et tous les bourreaux des temps modernes.

« Comment supporterai-je, Seigneur, qu’un seul de ceux que tu as faits comme moi à ton image et ressemblance, aille se perdre et s’échappe de tes mains ? », supplie sainte Catherine de Sienne.

Et pourtant, chacun est libre d’entrer dans le salut éternel que Dieu propose. Ou de le refuser, en toute liberté.

C’est ce que rappelait Édith Stein, carmélite morte à Auschwitz en 1942 : « Il appartient à l’âme de décider d’elle-même. Le grand mystère que constitue la liberté de la personne, c’est que Dieu s’arrête devant elle. »

Christophe Henning

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25 mars 2022 5 25 /03 /mars /2022 20:30

Comme il m'est aisé de vivre avec Toi, Seigneur !
Comme il m'est aisé de croire en Toi !

Quand mon intelligence s'écarte stupéfiée
ou se décourage,
quand les plus intelligents
ne voient pas plus loin que ce soir
et ignorent ce qu'il faut faire demain

Tu m'envoies la claire certitude
que Tu es
et que tu prendras soin
que toutes les voies du bien ne restent pas bouchées.

Parvenu à la crête de la gloire humaine,
je me retourne avec étonnement sur le chemin parcouru
à travers la désespérance à ce point
d'où j'ai pu renvoyer à l'humanité
un reflet de Tes rayons.

Et tant qu'il sera nécessaire
que je les reflète encore
Tu me donneras de le faire.
Quant à ce que je n'aurais pas le temps d'accomplir –
C'est que tu l'auras imparti à d'autres.

Alexandre Soljenitsyne (traduction de Daniel Struve)

Mais Soljenitsyne n’en était pas moins conscients des nuages qui s’amoncelaient à l’horizon... 

Il avait perçu la perte continue de toute conscience et l’impudence à l’origine de grands dégâts dans les âmes, et l'intensité destructrice des passions autour de la question russo-ukrainienne. Déjà en 2006, il avait qualifié de particulièrement brutale la  persécution et la répression fanatique de la langue russe.

Et le prix Nobel ne doutait pas qu'à travers les « révolutions de couleur », un encerclement complet de la Russie se préparait, aboutissant la perte de sa souveraineté. Ces pensées avaient été exprimées dans un de ses derniers entretiens. En voici un extrait :

« Ce qui se passe en Ukraine, même d'après la formulation faussement construite pour le référendum de 1991 (j'ai déjà écrit et parlé à ce sujet), constitue mon amertume et ma douleur constantes. 

La répression fanatique et la persécution de la langue russe (qui, dans les sondages précédents, était reconnue comme la langue principale par plus de 60 % de la population ukrainienne) est simplement une mesure brutale et dirigée contre la perspective culturelle de l'Ukraine elle-même. - D'immenses étendues qui n'ont jamais appartenu à l'Ukraine historique, comme Novorossiya, la Crimée et tout le Territoire du Sud-Est, sont insérées de force dans la composition de l'État ukrainien actuel et dans sa politique d'entrée avidement souhaitée dans l'OTAN. 

Pendant tout le temps d'Eltsine, pas une seule rencontre avec les présidents ukrainiens n'a été sans capitulations et concessions de sa part. L'éradication de la flotte de la mer Noire de Sébastopol (jamais cédée à la RSS d'Ukraine, même sous Khrouchtchev) est un outrage malveillant contre toute l'histoire russe des XIXème et XXème siècles ».

Or, se plaisait-il à souligner, en remémorant l’histoire commune des Russes, Ukrainiens et Biélorusses :

« Notre peuple n’a été, du reste, séparé en trois branches que par le terrible malheur de l’invasion mongole et de la colonisation polonaise.

C’est une imposture de fabrication récente qui fait remonter presque jusqu’au IXe siècle l’existence d’un peuple ukrainien distinct, parlant une langue différente du russe.

Nous sommes tous issus de la précieuse ville de Kiev « d’où la terre russe tire son origine », comme le dit la Chronique* de Nestor, et d’où nous est venue la lumière du christianisme. (…)

C’est le peuple de la « Rous » de Kiev qui a créé l’État de Moscovie. Englobés dans la Lituanie et la Pologne, Blancs-Russiens et Petits-Russiens restèrent conscients de leur identité russe et luttèrent pour n’être ni polonisés ni catholicisés. Le retour de ces terres dans le sein de la Russie fut senti par tout le monde, à l’époque, comme une 
Réunification ».
(…)
« Nous avons traversé ensemble les souffrances de la période soviétique : précipités ensemble dans cette fosse, c’est ensemble que nous en sortirons. (…)

La voie doit être ouverte toute grande à la culture ukrainienne et biélorusse non seulement sur le territoire de l’Ukraine et de la Russie Blanche, mais aussi, cordialement et joyeusement, sur celui de la Grande-Russie.

Pas de russification forcée (mais pas non plus d’ukrainisation forcée, comme on en a connu à la fin des années vingt), un développement sans entraves de nos cultures parallèles, et la classe faite dans l’une ou l’autre langue au choix des parents ».

Soljenitsyne dénonça la « répression et la persécution fanatiques » par les autorités ukrainiennes de la langue russe, privée du statut de deuxième langue officielle d’Etat, déclassée en langue étrangère ou facultative, bannie des médias et du système scolaire, alors que « plus de 60% de la population la reconnaissent comme leur langue principale ».

« L’erreur oppressive de l’Ukraine, déclara encore le prix Nobel, consiste précisément dans l’agrandissement à outrance sur des terres qui ne lui avaient jamais appartenu avant Lénine, à savoir les deux oblasts de Donetsk, toute la ceinture sud de la Novorossie (Melitopol-Kherson-Odessa) et la Crimée.

Accepter le cadeau de Khrouchtchev (de Crimée, en 1954, ndlr) n’était pour le moins pas très consciencieux. La concession méprisante de Sébastopol, sans même mentionner les victimes russes, les documents juridiques soviétiques, n’est rien de plus qu’un vol d’État. »

Il entrevit dès ce temps-là le jeu pervers des Etats-Unis dans ce positionnement anti-russe de l’Ukraine :

« La position anti-russe de l’Ukraine est exactement ce dont les États-Unis ont besoin. Les autorités ukrainiennes sont heureuses de soutenir l’objectif américain d’affaiblissement de la Russie ».

Et il prophétisa ce qui se déroule aujourd’hui sous nos yeux :
« En aucune circonstance, la Russie n’osera en aucun cas trahir les plusieurs millions de Russes qui peuplent l’Ukraine, renoncer à notre unité avec eux ».

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24 mars 2022 4 24 /03 /mars /2022 20:31

De Ton Feu Lumineux d’Amour,

tu m’as embrasé toute entière,

esprit âme corps.

 

Tu as brûlé le vide que j’étais,

pour m’emplir de Toi.

Tu m’as libéré de la mort,

en me faisant renaître

de Ton Amour Lumineux.

 

Sous tes doigts ardents,

je deviens une pâte à modeler

que Tu façonnes à Ta ressemblance.

 

Calcinant le passé,

sans dévoiler le futur,

Tu me fais respirer au présent.

 

De Ton feu dévorant,

Tu vis avec moi les douleurs

de mon corps, envahit par la maladie,

et les souffrances qui me traversent.

Tu me donnes la force de les dépasser

de vivre de Toi en joie.

 

De Tes flammes de Vie

Tu fleuris mes lèvres de Ton Sourire.

 

De l’Amour brûlant de Ton regard,

Tu me fais voir

toutes les vies qui m’entourent.

 

De Ton Souffle incandescent

Tu m’enveloppes et me réchauffe de Toi.

De la chaleur de Ta Présence,

jamais plus, le froid de la solitude

ne m’enferme.

 

Me consumant de Toi,

Jésus Amour Vivant,

je vis en Toi,

Toi qui vis en moi.

Ensemble, nous sommes

dans le brasier d’une

communion d’Être à être

 

Dans le Feu de Ton Amour, JÉSUS,

je veux témoigner,

de ma vie avec Toi,

en Ta Présence réelle.

 

Je t’aime Seigneur.

Lydiel le 07.03.2022

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