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19 novembre 2023 7 19 /11 /novembre /2023 20:26
Humour

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18 novembre 2023 6 18 /11 /novembre /2023 20:30
À quoi ça sert, de vivre ?

«Franchement, en ce moment, entre les guerres et le réchauffement de la planète, je me demande bien à quoi ça sert de vivre ? », me disait un jeune l’autre jour.

Depuis, je me demande ce que j’aurais pu lui répondre…

Peut-être aurais-je aimé lui dire : à quoi ça sert, je ne sais pas.

Mais ce qui me parle, c’est que selon une tradition juive de la Kabbale, Dieu se retire ou se contracte pour que le monde existe, pour que l’Homme existe.

En gros, Dieu crée l’être humain, il lui donne vie avec son souffle, mais il le crée inachevé.

Et il se retire pour le laisser libre de choisir son chemin, à tout ­instant de la vie.

En hébreu, il n’y a pas d’imparfait ou de futur antérieur. Il n’y a que deux temps, l’inaccompli et l’accompli.

C’est beau, ce n’est pas ­compliqué, ça veut bien dire ce que ça veut dire : que nous naissons tous inaccomplis, ­inachevés et donc à transformer.

À partir de là, il me semble que s’accomplir, c’est tenter de devenir plus humains, plus capables d’aimer.

Alors comment ça peut se ­passer concrètement ?

Nous naissons avec des instincts, des pulsions de vie mais aussi des pulsions de mort, des ­sentiments d’amour mais aussi de haine.

Nous nous débattons sans cesse dans la tension entre ces opposés, et c’est là où se ­situe notre liberté.

On nous parle beaucoup d’intelligence et de volonté, mais notre liberté est drôlement entravée par notre nature fondamentalement impatiente, par notre besoin inné de vouloir tout et tout de suite, par notre désir de tout savoir et de tout maîtriser.

C’est bien ce que nous ­décrivent les fameux récits ­mythiques qui mettent en scène le couple d’Adam et Ève et la ­tragique fratrie de Caïn et Abel.

Ils nous parlent de notre difficulté quasi « génétique » à gérer nos pulsions, à accepter la limite, à prendre le temps, à laisser à la vie sa part d’inconnu et de mystère.

De notre difficulté à accepter le mystère de l’autre, aussi. L’autre, on voudrait qu’il soit comme nous, qu’il pense comme nous, qu’il ait les mêmes croyances que nous… et si ça ne marche pas, on le tue, d’une manière ou d’une autre.

Quand on est jeune, tout est ouvert, on croit qu’on peut ­diriger sa vie et que les choix qu’on fait sont des choix réfléchis.

Mais en vieillissant, on se rend compte qu’on a souvent été ballotté par des puissances inconscientes qui guidaient nos désirs, nos rencontres, nos ­décisions.

En plus, nous ­héritons tous de blessures, de parties tordues de nos ancêtres et que nous transmettons à notre tour si nous n’en prenons pas un peu conscience.

Notre vie sur terre, peut-être nous sert-elle à passer progressivement de l’inconscience originelle à la conscience que ce souffle divin qui nous habite peut, peu à peu, transfigurer toutes ces entraves, si nous le voulons bien…

Sur le chemin, les écueils sont nombreux : nos résistances, nos fausses croyances, nos idéalisations.

Que d’épreuves, de souffrances, de deuils, de passages, pour les métamorphoser.

Mais à quoi ça sert de vivre, à travers tous ces aléas, toutes ces épreuves et toutes ces joies, dans un monde qui semble courir à sa perte ?

Peut-être est-ce pour pouvoir mieux comprendre ce que veut dire aimer et se laisser aimer ?

Par Julie Saint Bris Psychanalyste (1)

(1) Autrice de Masculin féminin face à face. Pour une évolution humaine et spirituelle, Médiaspaul, 150 p., 15 €.

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17 novembre 2023 5 17 /11 /novembre /2023 20:30
La Lettre de Béthanie N° 205

Chers amis,
« Avent » vient du latin « Adventum » répondant au mot grec « parousie ». C'est le temps de préparation de la fête de la Nativité du Sauveur. Qui dit préparation dit « jeûne, aumône et prière ».

De nos jours l'Avent est considéré comme le début de l’année liturgique, en fait le début de la nouvelle genèse inaugurée par l'incarnation du Verbe car Dieu se fait Homme !

Trois personnages apparaissent au premier plan de ce temps béni : Marie, Jean Baptiste et Isaïe. Dès le début des 42 jours de ce « carême d'hiver » le ton est donné : « Cieux, écoutez ! Terre, prête l'oreille ! Oui ! Adonaï parle ! »

C'est un rappel à l'évidence ! Oui, Adonaï parle. Il y a une « parole » qui est « prononcée », ici et maintenant, et nous sommes invités à entrer plus profondément dans l'écoute.

Cette parole en moi est créatrice et elle régénère celui qui l'entend. « Être dans l'acte d’entendre, d’abord, puis écouter ce qui est entendu. »

Tout ceci nous ré-oriente à chaque instant dans la bonne direction. Jeûne, miséricorde, prière pour laisser notre cœur s'ouvrir un peu plus, le laisser devenir cette grotte dans laquelle va naître le Verbe.

Bien sûr cela ne se fait pas sans notre participation avec un clair regard sur soi, regard éclairé par l'Esprit saint et qu'il nous faudra courageusement assumer...

Oui ! Je ne comprends pas... Je ne connais pas...  « un âne « connaît » la crèche de son maître » dit Isaïe, «  Israël ne connaît pas ». Israël, c'est moi !

Ce manque de sagesse fait de nous « des malfaiteurs, des fils pervertis ». Alors Dieu demande : « Où faut-il encore frapper, vous qui persistez dans la rébellion ? »

Persister dans la rébellion, ce n'est rien d'extraordinaire !

C'est une banalité au cœur de ma vie quotidienne la plus simple...C'est vivre dans l'atmosphère du « non à ce qui est ! » Ceci est, à chaque instant, la marque la plus flagrante des prétentions de l'ego.

Vivre, au contraire dans l'atmosphère du « oui à ce qui est », c'est entrer dans une nouvelle naissance, celle du « Fils » en nous.

« Si vos fautes sont comme l'écarlate, comme la neige elles blanchiront. Si vous consentez et entendez, vous mangerez le meilleur de la terre. »

Consentir, accueillir, devenir réceptivité, puis laisser être ce qui se donne en nous. « Présider à la Vie, ne pas accaparer ! » dit le Tao. Nous sommes invités dans ce temps de l'Avent à être à la fois Marie et Jean Baptiste.

Ce que nous laissons mûrir en nous en accueillant cette vie telle qu'elle se présente ici et maintenant, se transmute en une voix « qui crie dans le désert » et qui m'appelle à la métanoïa permanente.

Il y a en moi « plus grand que moi » et je ne suis pas digne de « délier la courroie de Sa sandale ».

Peu importe d'ailleurs, ce qui compte c'est d'en devenir conscient pour que naisse en moi la véritable humilité, c'est à dire la véritable fécondité qui laisse être ce qui doit être dans l'harmonie de la symphonie universelle cosmique : « J'ai dit à l'amandier : Frère, parle-moi de Dieu ; et l'amandier a fleuri. »

L'amandier se réjouit de sa floraison en accomplissant sa vérité d'amandier en silence !

Il y a en nous une exigence de floraison au cœur même des ténèbres de l'hiver...

Comme Marie, nous sommes invités à laisser notre terre s'ouvrir pour que germe le Sauveur.

Contemplons durant ce temps de l'Avent la très Sainte Mère de Dieu car chaque âme est et devient ce qu'elle regarde.

Nous sommes invités à une métamorphose du regard... invités à « prendre le temps des visages » ... pour se laisser « envisager » par la Présence, là où Elle de manifeste.

Avec toute mon affection en Christ !

Père Francis

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