Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Traduire le blog - Translate into your language

19 avril 2022 2 19 /04 /avril /2022 19:33
Regardons-nous

Vois, nous sommes tous pèlerins d'Emmaüs.

Nous sommes tous des hommes qui peinent, dans l'obscurité du soir.

Las de doutes après des journées harassantes,

nous sommes tous des coeurs lâches, nous aussi.

Entre avec nous t'asseoir à notre feu...

Et qu'exultant de joie triomphale, à notre tour,

nous nous relevions pour bondir et révéler,

la Joie à tout homme au monde.

En l'Amour à jamais,

jusqu'à notre dernier souffle

 L'abbé Pierre; "Les pélerins d'Emmaûs"

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0
18 avril 2022 1 18 /04 /avril /2022 19:27

Prophète Élie - détail d'une fresque de la chapelle des Incorporelles
 
Introduction :
[...]Si nous approchons des Prophètes, oublions absolument les êtres travaillant dans les bibliothèques, à la recherche de manuscrits ou méditant quelque part en un coin tranquille.

Ce sont des créatures exceptionnelles, des phénomènes originaux, mus par l’Esprit et la Parole qui les bousculent : Va à droite, va à gauche !

Lorsque la Parole transperce le prophète, lorsque l’Esprit s’en empare, le voici bouleversé.

Considérons plutôt : Isaïe reçoit sa mission sous forme d’un charbon ardent sur ses lèvres, Ezéchiel mange la Parole, la digère, Jérémie compare la parole de Dieu au feu.

Dieu attrape soudainement les prophètes, ils Lui résistent : Je ne veux pas, je ne veux pas ! Laisse-moi dans la paix, Seigneur ! Laisse-moi vivre ma petite vie, pourquoi m’envoies-Tu ?

C’est une dispute avec Dieu. Je ne puis dire ce que Tu m’ordonnes. Tes paroles ne correspondent nullement à la situation d’un peuple émigré, découragé — il est vrai qu’ils prédisent parfois la catastrophe.

Ils supplient, protestent mais soudain, Dieu chante magnifiquement : Vous serez ressuscités ![...]
 
Chapitre 1
[...]Essayons de nous substituer au visionnaire.

Nous nous trouvons dans une chambre, nous-élevons notre regard en priant et, soudain, le plafond se soulève, disparait ; quelque chose d’indicible se manifeste, ni projection intellectuelle, ni émotion intérieure : phénomène que nos yeux physiques voient évoluer.

Le plafond s’écarte. Pourtant, il ne s’effrite pas, il demeure intact et nous percevons que ce qui s’ouvre est infiniment plus haut que lui.

Nous pénétrons alors cette vision, le Saint Esprit s’empare de nous et nous transporte sur le plan spirituel. Il nous monte, nous monte, nous projette vers le haut ... non au-delà des toits de Paris, ni dans le ciel étoilé ou dans la stratosphère, il nous enlève vers une hauteur d’une autre dimension. L’univers à trois dimensions est crevé. [...]
 
Chapitre 7 - extrait
[...]Quel sera l'aspect de la persécution d’Ezéchiel ?

[...]Il est méprisé par ce que nous pourrions nommer : la sagesse moyenne que l'on qualifie de « bon sens », par ses propres et malheureux compatriotes, les gens quelconques de son entourage.

C’est souvent plus redoutable que des inquisitions ou des régimes totalitaires. L'opinion des petites gens, des tenants de petites habitudes, des craignants ce qui bouleverse, voilà ce qui empoisonna la vie d'Ezéchiel...

Mes amis, les tyrannies vous jettent en prison, vous pendent, vous salissent mais la persécution du « lieu commun » est le crime parfait, sans meurtre ni même grande méchanceté.

Elle se glisse dans l'opinion publique. Soudain un être dont le monde n'est pas digne n'a plus le droit de respirer ; il est un peu mal­traité, un peu écarté, on dit de lui : C'est un escroc, un peu démon.

Peut-être n'est-il pas tellement escroc — un criminel, certes, est plus intéressant — peut-être appuie-t-on sur « pas tellement » mais on pré­cise : Il est un peu « dingo », mais voyez-vous, j'ai des renseignements sur lui... il n'est pas tout à fait...

Demi-ton, demies phrases et, tout à coup, cet être disparaît ! Tel est le sort du prophète Ezéchiel. C'est pourquoi la Main du Seigneur est pesante, le fardeau pesant. [...]
Lire plus
 
Chapitre 7 - 2e extrait
Les prophètes authentiques sont plus aisément accueillis des peuples lointains. Les plus têtus sont ceux qui devraient comprendre, en principe, les « siens » ; « Nul n'est prophète en son pays ».

En général, les persécutions et les incompréhensions ne viennent pas tant des païens, des athées, des laïcs, des francs-maçons, des judéo-maçons, des théosophes... que des confrères ou des corréligionnaires. [...]
 
Homélie du 17 juillet 1955
[...] Le critère des prophètes, des doctrines, ce sont leurs fruits. Mais ne vous hâtez pas de juger, car les fruits ne viennent pas toujours immédiatement. Regardez l’histoire de l’humanité : beaucoup de doctrines sont venues avec l’aspect de renouveler le monde et puis le temps a passé, ces doctrines aussi.

Celles qui avaient l’apparence de porter des fruits et des feuilles ne portaient que des épines.

Il nous est très difficile de juger en nous et autour de nous ; en nous : combien d’idées se promènent en notre âme, combien de sentiments, de réactions!

Détachez-vous de ces pensées et écoutez, attendez le moment où les fruits se manifesteront ; vérifiez-vous ; laissez les idées prouver elles-mêmes ce qu’elles sont. Beaucoup qui paraissaient nobles, portent des fruits amers.

Ne vous pressez ni de voter pour, ni de repousser, ni de mépriser, ni de communier. Vous êtes les disciples du Verbe par qui tout a été fait, et rien n’a été fait sans Lui.

Tel est le commencement de la sagesse du Christ, du catéchisme du Christ. À Lui soit la gloire dans les siècles des siècles.
Amen.

Lire plus

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0
17 avril 2022 7 17 /04 /avril /2022 19:30

Si j’ai connu une conversion en Inde, c’est d’avoir appris à apprivoiser la mort comme évidence de l’existence humaine.

Fils de l’Occident, j’ai longtemps vécu le paradoxe d’une mort virtuellement omniprésente sur les écrans mais totalement absente dans sa réalité la plus crue.

Combien d’années m’a-t-il fallu avant d’approcher un cadavre qui était sûrement maquillé et apprêté ? À Bénarès, rien de cela ! La mort fait totalement partie de la vie car elle est au cœur de la ville sainte sur les deux ghat de crémation au bord du Gange.

Vers eux affluent les incessantes processions funéraires portant les corps enveloppés de linceuls blancs et safran et criant « Ram nam satya hai », « le nom de Dieu est la vérité ».

Les morts sont alors livrés aux flammes et, tandis qu’ils se consument, les enfants jouent au cerf-volant, les lavandiers battent leur linge et les proches du défunt devisent calmement.

En sanskrit, le terme kala sert à la fois à désigner le temps et la mort.

De fait, dès que l’homme naît, le compte à rebours de sa propre disparition est lancé. Après avoir pleinement mûri pour la mort, celle-ci l’enlève à la vie comme « on arrache un concombre à sa tige », selon une fameuse prière du Rig Veda.

Certes, la douleur de la séparation n’est pas gommée mais nul ne peut aller contre l’inexorable écoulement du temps, pas même les morts imprévues (a-kala) laissant pourtant un sentiment d’inachèvement.

Surtout, contrairement au chrétien, l’hindou est convaincu que tant d’existences viendront encore l’aider à traverser le grand fleuve du samsara : « Comme le grain de blé, l’homme mûrit et pourrit, comme le grain de blé, l’homme renaît encore » (Katha Upanishad).

Ce qui seul importe à l’hindouisme, c’est la moksha, la délivrance du cycle des naissances et des morts, l’entrée définitive dans la lumière divine.

En ce sens, la mort n’est pas la fin de la vie mais son point médian avant l’immortalité promise.

Ainsi, les bûchers de Bénarès, face à l’autre rive du Gange d’où monte à chaque aube le soleil rougeoyant, sont la plus belle métaphore de la glorieuse fragilité de l’existence humaine.

Fondée sur la pierre angulaire de Jésus mort et ressuscité, l’Église peut se prévaloir d’être la grande experte du mystère de la mort.

Depuis des siècles, sans ménager sa peine, elle a humblement accompagné tant de personnes dans leurs derniers instants.

Cependant, dans le dialogue existentiel que je vis avec l’hindouisme, je trouve inquiétant que la mort soit aujourd’hui absente de nombreuses prédications comme elle l’est précisément en Occident, jusqu’au jour où des événements tragiques nous rappellent brutalement à son incontournable réalité.

Marqué du signe de la croix, le christianisme a su, comme aucune autre religion, assumer le tragique et la douleur.

Mais, au même moment, le Christ du matin de Pâques, que saint Paul appelle somptueusement le « premier-né d’entre les morts », a ouvert à jamais les portes de la vie éternelle.

Ceci explique que, pétri de foi chrétienne, un François d’Assise ait pu ultimement louer son Seigneur en accueillant dans une douce confiance « notre sœur la mort corporelle à qui nul homme vivant ne peut échapper ».

Par Yann VagneuxPrêtre des Missions étrangères de Paris vivant en Inde (1)

(1) Il a raconté son expérience dans Prêtre à Bénarès, Lessius, 304 p., 27 €.

S'abonner au Blog Seraphim

Cliquer ICI

Partager cet article
Repost0