Vous trouverez ici des textes extraits de mes écoutes et lectures "spirituelles". Si un mot, une phrase, une
pensée, touche votre coeur c'est que Dieu vous a fait signe par les mots de ceux qu'Il inspire.
Chrétiens de Celtie, voyez ce que signifie avoir le sens du sacré, le sens de l’Absolu, le sens de l’Éternel que je ne me lasse pas de vous prêcher.
Quelle vénération ne devez-vous pas avoir pour toutes les créatures, les plus humbles, les plus viles à vos yeux, les plus dénuées semble-t-il de votre superbe intérêt !
Tout, absolument Tout a été créé par Lui et pour Lui. Voyez donc leur origine.
C’est Lui, au même titre que vous, créatures dites raisonnables mais dépourvues le plus souvent de la raison la plus essentielle.
Voyez donc leur fin, le But vers lequel elles attendent, ou aspirent, ou simplement s’acheminent.
C’est Lui au même titre que vous, créatures sensibles et compréhensibles, intelligentes, réfléchies et aimantes.
Alors, comment vous détournez-vous de certaines de ces créatures avec un suffisant mépris.
Comment n’en faites-vous nul cas ?
Relisez les chroniques des saints de Celtie et apprenez d’eux le respect qu’ils témoignaient aux êtres inférieurs.
Voyez comme les animaux sauvages venaient les visiter avec douceur.
Voyez avec quel amour et quelle reconnaissance au Créateur les ermites se penchaient sur l’herbe et sur la fleur, sur la pierre et sur l’eau et sur la terre !
Sachez regarder un arbre, connaissez chacune de ses branches et chacune de ses feuilles, et chacun de ses fruits.
Et puis connaissez chaque arbre, et chaque plante, et chaque herbe de la forêt.
Alors, alors seulement, vous aurez un cœur reconnaissant et plein d’amour pour entonner le cantique des Créatures qui sont de Lui et pour Lui, que vous dîtes être votre Seigneur !
On dit parfois que, dans les nations fidèles du passé, les grands-mères avaient l'habitude d'assister aux offices religieux régulièrement - même plusieurs fois par semaine - parce qu'elles étaient à la retraite, et s'inquiétaient de la proximité de la mort. Grand-mère priait pour les morts, parce qu'elle les connaissait, alors que les plus jeunes priaient pour ceux qui étaient encore en vie.
Dans les nations orthodoxes (à l'époque, comme aujourd'hui) les églises ont été et sont remplies le dimanche. En dépit de son caractère courant, l'idée de la religion en tant qu'activité féminine est beaucoup plus une réalité en Amérique du Nord protestante, puisque les hommes ont toujours participé plus que les femmes à la vie de l'Église orthodoxe.
Même les Soviétiques qui ont grandement voulu anéantir la vie spirituelle orthodoxe, eurent du mal à décourager la participation à l'Église par les jeunes, ayant pour cela recours à des menaces de perte d'emploi, ou aux limitations imposées à la poursuite des études pour maintenir les jeunes gens hors des lieux saints.
Avec la fin de l'empire communiste, les églises se sont rapidement remplies de jeunes gens, avides d'une nourriture spirituelle qu'ils connaissaient à peine, mais à laquelle ils aspiraient en tout cas.
Ce que le totalitarisme athée n'a pas réussi à faire, la démocratie matérialiste a réussi à l'accomplir. Alors que beaucoup se plaignent de l'impact d'une culture obsédée par les loisirs sur les jeunes, la multiplicité des possibilités de loisirs a eu un impact sur les grands-mères d'une manière qui ne pouvait guère être imaginée il y a une génération.
Juste au moment où la vie de famille nucléaire a déconnecté les grand-mères de leur influence traditionnelle sur l'éducation morale et spirituelle des petits-enfants, une foule de distractions allant des sports, aux voyages, aux médias électroniques, ont rattrapé leur retard dans l'ennui de ces porteuses de la Foi. Comme un prêtre canadien l'a déploré dans une discussion sur la perte des jeunes de l'Église, " La grand-mère, aussi est concernée."
En Russie, il est dit que les grands-mères ont préservé l'Eglise à travers sept décennies d'athéisme. L'influence aimante et fidèle d'un nombre sans cesse décroissant de grands-mères fidèles est nécessaire, aujourd'hui plus que jamais, non seulement dans leur propre famille, mais parmi ceux qui travaillent pour récupérer la foi orthodoxe qui a été beaucoup perdue sur les rivages de l'Amérique du Nord.
Pour les grands-mères fidèles, cela signifie la recherche de petits-enfants adoptifs, ceux qui ont le désir d'apprendre leur foi, mais qui n'ont personne pour leur enseigner la cuisson des prosphores, la préparation des collybes pour commémorer le départ des êtres chers, les pratiques de la prière à la maison, l'allumage d'un petit encensoir à anse devant une icône du Christ, et les prières tard dans la nuit pour de nombreuses âmes perdues.
Pour les jeunes, il faut entreprendre une tâche inattendue et inhabituelle: la recherche et la capture de l'affection des grands-mères fidèles. Bien sûr, cela prend du temps, pour partager ensemble la nourriture et les souvenirs, et apprendre une foi vécue par l'expérience, et non par les manuels scolaires. Cela peut vouloir dire repenser son horaire hebdomadaire pour avoir du temps avec un ou deux de ces vivants porteurs de la sainte Tradition, en coupant dans les heures de travail, et pour intégrer ces grands-mères adoptives dans l'emploi du temps de la famille.
Les années passent vite pour le reste des saintes grands-mères, et pour nous qui hériterons de leur héritage, et à moins que nous ne l'apprenions d'elles alors que nous en avons encore la chance, nous serons laissés avec la tâche ardue de le retrouver par nous-mêmes cet héritage, tâche qui ne peut être accomplie de notre vivant.
Version française Claude Lopez-Ginisty d'après
ORTHODOX CANADA Journal of Orthodox Christianity
Vol 4/Number 1/Pascha 2009