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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 19:30

Le texte que nous venons d’entendre est une splendeur de vie ordinaire. Les apôtres travaillent, ils lavent leurs filets, ils ont passé la nuit à la pêche. Rien de plus commun et la seule question qui se pose alors à nous, c’est de savoir en quoi je suis concerné(e). C’était il y a deux mille ans et si la Parole est de Dieu, alors c’est de moi qu’il s’agit.

Jésus descend non pas dans la barque de Pierre il y a deux mille ans, il descend dans ma barque.

Je vous ai invité à mettre votre prénom à la place des prénoms bibliques. Il descend dans ma barque : la barque – nous le savons depuis l’Arche de Noé – c’est mon intériorité.

Quand Noé est descendu dans l’Arche et qu’il a emmené tous ces animaux ( vous vous en souvenez), ce sont les énergies puissantes qui sont en nous, quand nous sommes dépendants de toutes nos passions ; il a fallu les dompter, se purifier, et étant purs, le Messie peut alors descendre en personne. Il respecte nos dépendances. Tant que nous avons d’autres dieux et que nous sommes idolâtres, Il nous respecte totalement.

Mais il y a une chose qui est sûre, c’est qu’Il ne vient pas en nombre avec tous ces dieux là, que nous alimentons, dans lesquels nous cherchons nos plaisirs et dont nous devenons finalement les esclaves. Il respecte cela totalement du moment que cela est notre chemin et notre petite volonté propre.

Mais pour un homme qui a traçé son intention, qui a une direction, qui a un chemin et donc une profondeur, Il y descend.

Le Christ m’habite, c’est le mouvement même de l’incarnation. Il est descendu dans mon intériorité, dans ma barque et je suis un être habité.

C’est sa croix et sa résurrection qui m’ont libéré, définitivement. Je suis purifié de tous les faux dieux. Il ne tient qu’à moi de faire le choix.

Et qu’est ce qui se passe quand le Christ est dans cette barque, quand Il est dans ma profondeur intérieure ?

Le texte dit : « Il prend le large face à la terre et il enseigne. »

Dès que nous sommes conscients de cette présence inouïe au fond de nous et que nous avons avec elle une relation vivante, alors nous percevons l’enseignement.

Je ne fais pas de métaphore, c’est une réalité, c’est révélé dans la Bible elle-même :

Dieu me parle, mais qui écoute ?

Il s’agit de percevoir cette présence et d’accueillir l’enseignement pour peu qu’on prenne la distance vis à vis du rivage où il y a la turbulence de la vie extérieure.

Et quel est cet enseignement que je perçois au fond de moi ?

Le Christ dit à Pierre, c’est-à-dire à toi, à moi :

« Avance en eaux profondes »   c’est superbe !

Avancer, c’est quoi ? c’est quitter.

Cette parole qu’Il a déjà dite à Abraham

« Abraham , quitte la terre dans laquelle tu t’es installé indûment, qui est devenue ta propriété, ton dieu, quitte, avance (où ça ? ) en eaux profondes.

L’eau – nous le savons depuis toujours – elle est la matrice, c’est d’elle que toute vie est sortie. Elle a trois caractéristiques essentielles :

  • c’est d’être source de vie
  • moyen de purification (dans toutes les traditions)
  • enfin centre de régénérescence

Ce sont les grands attributs du Messie et dans la profondeur de ces eaux, Il est là.

C’est le lieu du poisson, on ne pêche pas à la surface.

Le lieu du poisson et le poisson sont le symbole du Christ – ictus – ce sont les syllabes de Jésus Christ. Il est le poisson. Il est la profondeur habitée de moi-même et si je prête écoute, alors je suis constamment vivifié par sa source, je suis constamment purifié.

Je n’ai pas à faire l’ascèse des Stoïciens ; c’est Lui, sa présence, qui me purifie et je suis constamment restauré, ici et maintenant.

Et les eaux profondes, c’est la haute mer, c’est-à-dire qu’on quitte la surface agitée des choses, celle où au quotidien – comme dit Saint Pierre  admirablement

« Seigneur, nous avons peiné toute la nuit et nous n’avons rien attrapé »

La surface extérieure, agitée, sans le Christ, c’est le vide. Il n’y a aucun fruit – on ne porte rien – c’est le néant et de surcroît, c’est la nuit.

On a beau peiner, il n’y a rien au bout et nous vivons cela souvent –

Combien nos travaux nous paraissent vides de sens parce que, hors de Lui (comme Il le dira ailleurs), « vous ne pouvez rien faire ».

Mais alors Pierre a une réponse de foi extraordinaire. Il dit :

« Sur Ta parole, je vais jeter les filets. »

Eux qui ont peiné toute la nuit, ce sont des hommes de métier, ils connaissent depuis des décennies le métier. Ils connaissent le lac par cœur. C’est leur milieu de vie et voilà que cet homme Jésus, qui est jeune, qui n’a jamais été pêcheur, qui ne connaît pas leur métier.

Il leur dit : «  malgré cette longue nuit, jetez les filets »

Et Pierre qui va jeter les filets, ça veut dire que au lieu de construire, comme nous le faisons si souvent, sur nos réflexions psychiques, techniques mêmes, sur nos émotions ( parce que nous vivons selon nos émotions ), nous sommes ballotés  par notre âme et ses états continuels – et bien, on peut construire sa vie sur la Parole – sur Ta parole, je vais jeter les filets – C’est inouï ! et ça c’est une trame de toute la Bible – depuis Abraham qui était un homme de la Parole jusqu’à Marie qui dira :

« Qu’il me soit fait, selon ta Parole » et je crois que la grande conversion de celui qui se dit chrétien et qui passe de la religion vide à la présence de Quelqu’un, c’est celui qui construit désormais sa vie sur la Parole.

Ca suppose qu’il la fréquente, qu’elle devienne sa nourriture quotidienne, qu’il en soit le familier pour qu’il puisse construire là dessus – ce dont notre esprit est habité et non plus les émotions de notre âme. Tout l’enjeu est là.

Et quand on construit sa vie sur la Parole de Dieu, on est en eaux profondes.

La haute mer ressemble au désert. C’est table rase de tout le reste. On ne voit plus que l’horizon, il n’y a plus rien d’autre. On ne peut s’attacher qu’à la profondeur et quand on a ses racines dans la profondeur, la surface porte ses fruits.

Les filets sont tellement remplis qu’ils n’arrivent même plus à sortire ; alors il faut faire appel aux autres, alors c’est la naissance de l’amour. C’est l’aide et le service de l’autre. C’est magnifique !

Donc cette attitude nous fait porter des fruits comme dira le Christ à cent pour un.

Et étant habités par cette réalité, nous serons comme Il dit « des pêcheurs d’hommes » c’est-à-dire « des vrais témoins », ces témoins vers lesquels le monde actuel en détresse crie, parce qu’ils manquent  tellement – ces hommes rayonnant de présence – ces porteurs de paix, de joie et d’amour et c’est pour cela que nous quittons tout.

C’est la dernière phrase de l’Evangile.

Pour faire cela, nous quittons tout pour le suivre.

Cette admirable finale « Ils quittèrent tout pour le suivre »

Sans quitter notre maison ou notre travail, nos meubles qui nous entourent, nous nous détachons, comme on détache la barque du rivage pour jeter l’ancre dans ses profondeurs et alors, pour ne vivre que par Lui, pour Lui et en Lui, à cause de la Parole.

C’est une merveille que chacun peut commencer ici et maintenant.

Au Seigneur soit la Gloire, la Puissance aux siècles des siècles.                 

Amen

P Alphonse Goettmann

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 19:30

28e conférence de Bertrand Vergely intitulée : « Le banquet » donnée dans le cadre de la huitième série de conférences consacrée à « Éthique de la vie divine ».

Cours de Théologie morale de l‘Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris.

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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 19:30
Catéchisme de l’Eglise orthodoxe
Catéchisme de l’Eglise orthodoxe

INTRODUCTION

Nous affirmons souvent qu’il suffit d’être bon et gentil qu’importe ce que l’on croit. « Je suis bon », disons-nous, « parce que je ne tue pas, ne vole pas, n’offense quasiment personne et gagne honnêtement ma vie ». De l’autre côté, le Paterikon égyptien nous conte l’histoire du saint abba (papa) Agathon qui a vécu au IVe siècle. On rapporte à son propos qu’un jour quelques moines vinrent le trouver, ayant entendu parler de son grand discernement. Voulant voir s’il perdrait son calme, ils l’apostrophèrent ainsi : « N’es-tu pas cet Agathon qu’on dit n’être qu’un fornicateur et un orgueilleux ? » « Hélas oui, c’est bien vrai », répondit-il. Ils reprirent : « N’es-tu pas cet Agathon qui n’arrête pas de dire des bêtises ? » « Oui, c’est moi. » Alors ils insistèrent : « N’es-tu pas Agathon l’hérétique ? » Mais à ça il répondit : « Je ne suis pas un hérétique. » Alors ils lui demandèrent : « Dis-nous pourquoi tu as accepté toutes nos invectives, mais que tu as rejeté cette dernière insulte. » Il répondit : « Les premières accusations, je les ai prises pour moi, car c’est bon pour mon âme. Mais l’hérésie, c’est être séparé de Dieu. Je n’ai aucune envie d’être séparé de Dieu. » Cette parole les surprit, ils comprirent son discernement, et ils s’en retournèrent édifiés.

Nous disons : « Je suis bon, qu’importe ce que je crois. » Le saint dit : « Je suis mauvais, mais ce en quoi je crois est vrai. » Nous sommes parfois sûrs d’être saints et qu’importe ce que nous croyons. Les saints étaient sûrs d’être pécheurs, mais ce en quoi ils croyaient leur était important.

Les chrétiens deviennent justes tout d’abord par la foi (Rm 5:1), ce qui tout de suite implique qu’elle doit être véritable, pure et gracieuse, privée de toute sorte de superstitions et d’altérations ; la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes (Jude 1:3) et non pas celle qui a été créée au cours de ces longs vingt siècles ; la foi transmise du Père au Fils, du Fils aux apôtres, des apôtres à leurs successeurs. Cette foi est la perle la plus précieuse pour laquelle, à notre époque, il faut se plonger à la fois dans les profondeurs de son cœur et dans l’océan des sources historiques, pour, une fois retrouvée, passer des profondeurs à la surface et émerger vers la lumière éternelle de la Vérité.

Étant adapté aux défis contemporains, ce catéchisme (du grec κατήχησις [katékèzis], « instruction ») se base principalement sur des livres symboliques autoritaires et confirmés par la plénitude de l’Église orthodoxe ou par l’Église orthodoxe russe :

  • « L’exposé précis de la foi orthodoxe », de saint Jean Damascène (VIIIe siècle), approuvée par toute l’Église orthodoxe ;
  • « La Confession orthodoxe de lÉglise catholique et apostolique d’Orient », de Pierre Moghila métropolite de Kiev (XVIIe siècle). Le livre est approuvé par toute l’Église orthodoxe ;
  • « Encyclique des patriarches de l’Église catholique de l’Orient », de 1723, approuvée par toute l’Église orthodoxe ;
  • « Le Catéchisme détaillé de l’Église orthodoxe catholique d’Orient », de saint Philarète de Moscou (1823), approuvée par le saint Synode de l’Église russe.

Cet ouvrage propose à son lecteur attentif une voie vers la pureté de la foi apostolique pour atteindre grâce à son aide le but le plus important dans la vie : être uni avec Dieu vivant et entrer dans le Royaume céleste de Son Fils.

Q 1 : Où la profession de foi orthodoxe est-elle exprimée ?

R : Les aspects fondamentaux de la foi chrétienne sont exprimés dans le Symbole de la foi (le Credo). Ils y sont exprimés de manière concise et précise en montrant ce en quoi les chrétiens croient.

Q 2 : Que veut dire « symbole » ?

R : Le mot symbole est issu du verbe grec σύμβολον [simbolon] signifiant « joindre », « se rencontrer ». Quand un fiancé partait dans un pays lointain, il laissait à sa bien-aimée un morceau de bâton cassé aléatoirement. De son côté, il gardait une moitié du bâton qui s’appelait le symbole. Afin de retrouver son amour des années plus tard, les deux morceaux du bâton devaient être remis ensemble de sorte qu’ils se joignent idéalement.

Dieu nous a laissé alors une moitié du bâton cassé qui est le Symbole de la foi pour que nous Le retrouvions dans Son royaume céleste en approchant notre profession de foi avec la Vérité. Le Symbole de la foi est un morceau terrestre du lien qui unit l’homme et Dieu, le visible et l’invisible, la temporalité et l’éternité.

Le mot symbole désigne également un mot de passe ou une clé qui doit parfaitement convenir à son cadenas pour l’ouvrir. Le Symbole de la foi est une clé du Royaume divin qui est figé pour tous, pour tous les siècles et pour tout l’univers. Il ne peut être changé ni en ajoutant ni en retirant des éléments.

Q 3 : De façon générale, de quoi parle-t-on dans le Symbole de la foi ?

R : Il développe la parole de Jésus-Christ : Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. (Mt 28:19) Le Symbole détaille le seul nom du Père qui a créé tout l’univers ; du Fils qui s’est fait homme, a été crucifié pour nous et est ressuscité ; du Saint Esprit qui donne la vie. Ce ne sont pas trois noms, mais le seul nom de Dieu qui est le Père, le Fils et le Saint Esprit, la Trinité consubstantielle et indivisible.

Q 4 : Comment se découpe exactement le Symbole de la foi ?

R : Il se découpe en 12 éléments :

  1. Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et de toutes choses visibles et invisibles ;
  2. et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait ;
  3. qui pour nous hommes, et pour notre salut, est descendu des cieux et s’est incarné du saint Esprit et de Marie la Vierge, et s’est fait Homme ;
  4. Il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, a souffert et a été enseveli ;
  5. et Il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ;
  6. Il est monté au ciel, et siège à la droite du Père ;
  7. et Il reviendra en gloire, juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin.
  8. Et en l’Esprit, Saint, Seigneur, qui donne la Vie, qui procède du Père, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils, qui a parlé par les prophètes.
  9. En l’Église, une, sainte, catholique et apostolique.
  10. Je confesse un seul baptême en rémission des péchés.
  11. J’attends la résurrection des morts
  12. et la vie du siècle à venir : Amen !

Q 5 : Qui l’a formulé ?

R : Le Symbole de la foi a été formulé par les Pères du Ier Concile Œcuménique à Nicée en 325 (les sept premiers éléments) et les Pères du IIe Concile Œcuménique à Constantinople en 381 (les cinq derniers éléments). C’est pourquoi on l’appelle souvent le Symbole de Nicée-Constantinople.

Q 6 : Qu’est-ce que le Concile Œcuménique ?

R : Le Concile Œcuménique est une assemblée universelle réunissant tous les évêques et autorités ecclésiastiques de toutes les Églises locales pour :

  • exprimer la foi apostolique ;
  • lutter contre les hérésies et les faux enseignements ;
  • manifester l’unité des chrétiens dans l’enseignement du Christ et de ses apôtres.

Q 7 : Combien de Conciles Œcuméniques ont eu lieu ?

R : Il y en a eu sept :

  1. 325, Nicée I
  2. 381, Constantinople I
  3. 431, Éphèse
  4. 451, Chalcédoine
  5. 553, Constantinople II
  6. 680-681, Constantinople III
  7. 787, Nicée II

Q 8 : D’où vient la tradition d’assembler les Conciles ?

R : Le premier Concile de l’Église était une assemblée des apôtres (Jacques, frère du Seigneur, Pierre, Paul, Barnabas, Silas…), des presbytères et des diacres. Il s’est déroulé à Jérusalem au milieu du Ier siècle. Son objectif était de définir les obligations pour les non-Juifs, c’est-à-dire les païens voulant devenir chrétiens. La question principale était : doivent-ils accomplir la loi de Moïse comme les Juifs (circoncision, respect du chabbat, accomplissement des règles rituelles) ou tous ces rites n’étaient-ils plus nécessaires ? L’assemblée des apôtres guidée par le Saint Esprit (Ac 15:28) a décidé de ne pas imposer d’autres charges que ce qui est nécessaire :

  • s’abstenir des viandes sacrifiées aux idoles ;
  • s’abstenir du sang et des animaux étouffés ;
  • s’abstenir de l’impudicité ;
  • ne pas faire aux autres ce qu’on ne veut pas ce qu’ils nous fassent (Ac 15:1-34).

Le symbole de la foi est expliqué dans les 299 questions qui suivent à lire et méditer dans le texte téléchargeable ci-dessous

http://foi-orthodoxe.fr/wp-content/uploads/2019/11/Cathechisme-de-lEglise-Orthodoxe.pdf

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