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16 mars 2024 6 16 /03 /mars /2024 20:30
Les noces de Cana Jésus Christ lavant les pieds de ses disciples, icône copte

Les noces de Cana Jésus Christ lavant les pieds de ses disciples, icône copte

Chers amis,

 « Le ciel s'écroule sur la terre, et si l'Homme a pu vivre sa mort, alors les choses sont comme elles étaient à l'origine : remplies de lumière. »

Cette phrase, citée de nombreuses fois par Karlfried Graf Dürckheim, exprime une expérience humaine capitale.

Un jour ou l'autre, sur le chemin de la metanoïa, nous sommes ramenés à expérimenter un état d'incapacité totale : « Le ciel s'écroule sur la terre... »

Tout est mis sans dessus-dessous... Le soleil s'obscurcit, la lune perd son éclat, les étoiles tombent du ciel, notre confiance en la vie, basée sur les résultats du moi existentiel s'écroule.

Apparaît alors pour celui qui « demeure » avec Lui une forme de confiance totalement différente, dénuée de toute sensation de notre propre importance. La confiance de celui qui « sait faire » est toujours teintée de cette arrogance de l'ego.

La confiance de celui qui « reste assis » dans l'expérience de son désastre existentiel qu'il est invité à vivre, cette confiance est celle de l'innocence : c'est la confiance d'un enfant tellement vulnérable, qu'il n'a pas d'autres solutions que de s'abandonner dans les bras du Père : « Entre tes mains Père, Je remets mon souffle. » Luc 23,46

Dans cet abandon à notre vulnérabilité de créature en exil naît alors un sentiment de libération intérieure.

S'ouvre en nous la possibilité de « passer » au travers de notre prison existentielle (qui joue son rôle) et de nous ouvrir à une vie qui devient un perpétuel défi d'oser la nouveauté et de lâcher prise de l'ancien qui « stagne » et nous plombe constamment.

Retrouver cet extraordinaire confiance de l'innocence et cesser d'être absorbé par le collectif et noyé dans la « normose »...

En réalité nous avons tous peur ! Seuls les êtres humains qui cessent d'être conditionnés par leur mental, seuls ceux-là sont en mesure de faire éclore un monde nouveau.

Le retour à l'état d'innocence (Les choses sont comme elles étaient à l'origine) nous met face à face avec notre vulnérabilité fondamentale : je ne sais plus qui je suis ! Je croyais que j'étais ce que je pensais de moi !

Nous sommes invités à passer de la croyance à l'expérience : l'expérience de notre vulnérabilité, cette angoisse essentielle qui me resserre les entrailles (la peur au ventre), cette angoisse étant en réalité notre chance de nous reconnecter à notre énergie vitale, car cette angoisse, c'est d'abord de l'énergie vitale, avant d'être passée au crible de mon mental...

Nous sommes invités par le Christ à jeter nos filets en eaux profondes. Entrer plus profondément dans cet effondrement salutaire et découvrir au cœur de nos ténèbres la puissance du Souffle sacré.

Toutes les idées que nous avons sur nous-mêmes sont bien souvent des projections idéalisées ou morbides, dans les deux cas ce sont des illusions !

« Tout passe ! » dit sainte Thérèse d'Avila, « Buée de buée, tout est buée » nous dit la Bible.

La méditation nous aide à apprécier notre manque de solidité sur un certain plan et en même temps une présence puissante, « un été invincible » comme l'écrit Albert Camus, qui habite la profondeur de mon être.

Nous découvrons que rien d'autre ne compte que cette présence puissante qui habite notre souffle et qu'en dehors d'elle nous n'avons rien pour nous maintenir la tête hors de l'eau...

L'accueil de cette présence calme et silencieuse répond à la question de base de l'enseignement de Graf Dürckheim : « Quand Francis va-t-il percer la peau de Dekeyser ? »…

C'est là que tout se joue ! Quand ? Réponse : « je ne sais pas ! »

Dans le zen on dit que le chemin se fait à la vitesse de l'herbe qui pousse !

Peut-être est-ce une ascèse salutaire que de réapprendre à cultiver la patience.

Comme le dit si bien sainte Thérèse que nous avons déjà cité : « La patience finit par triompher de tout ! Solo Dios  basta ! »

Avec toute mon affection en Christ !

Père Francis

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15 mars 2024 5 15 /03 /mars /2024 20:37
Soeur Dulce, mère des pauvres brésilienne

Brésil 1914 – 1992

SŒUR DULCE, LE « BON ANGE DE BAHIA »

Née à Salvador de Bahia d’un père dentiste, Maria Rita de Souza Brito Lopes Pontes, connue sous le nom d’Irma Dulce, connaît une enfance heureuse.

Dès treize ans, l’adolescente se met au service des nécessiteux et manifeste son désir de devenir religieuse.

À force de prières et de travail, elle parvient à créer un réseau de solidarité exceptionnel, faisant d’elle un symbole de la charité.

La vie spirituelle de celle que l’on surnomme le « bon ange de Bahia », incroyable tant par sa densité que par la variété des grâces dont Dieu la gratifie, émerveille ses contemporains dans le monde entier.

Sœur Dulce rend l’âme le 13 mars 1992, à l’âge de soixante-dix-sept ans ; ses obsèques sont publiques et une procession de six kilomètres rassemble des milliers de personnes.

Son procès de canonisation, démarré en janvier 2000, est l’un des plus courts de l’histoire contemporaine : il est achevé seulementvingt-sept ans après sa mort.

Maria Rita Lopes Pontes vient au monde le 26 mai 1914 dans une famille de cinq enfants de Salvador de Bahia, au Brésil.

Son père, dentiste de son état, est un croyant engagé dans les œuvres caritatives.

Il exercera une influence remarquable sur sa fille. Rita perd sa mère lorsqu’elle a six ans.

C’est une enfant heureuse, au caractère volontaire, intelligente et attentive à tout et à tous.

Elle aime accompagner son père à la messe et prie dans sa chambre dès qu’elle le peut.

La douceur du foyer, la bienveillance de son père et l’accueil que lui réservent ses maîtres à l’école font que Rita grandit sans encombre. Cet équilibre psychologique lui permettra incontestablement de penser et de réaliser un travail caritatif hors du commun.

En 1927, l’adolescente qu’elle est devenue, à l’heure où beaucoup veulent poursuivre une scolarité normale, songe à devenir religieuse pour servir Jésus dans la personne des pauvres.

C’est de cette époque que date sa première initiative en faveur des démunis : accompagnant son père qui apporte son aide dans les quartiers défavorisés, elle a l’idée d’ouvrir la cuisine familiale aux plus désespérés.

Pendant deux ans, hommes, femmes, enfants venus des favelas s’y retrouvent à ses côtés.

Son quinzième anniversaire vient d’être célébré. Elle sent en elle que Dieu l’appelle à autre chose, quelque chose de plus grand.

Elle commence à manifester son désir de devenir religieuse.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus l’accompagne dès lors et ne la quittera plus jamais.

Avec l’accord paternel (elle est encore mineure), elle frappe à la porte du couvent de Desterro, mais elle n’est pas admise en raison de son jeune âge.

Ce n’est que partie remise.

Si le Seigneur en veut ainsi, il en sera ainsi.

Elle poursuit ses études avec brio et obtient des diplômes qui lui permettent de devenir institutrice.

Elle a mené de front son cursus scolaire, ses activités de charité et une vie de prière d’une rare densité.

Cette fois, elle est majeure et son projet a mûri. Elle demande son admission parmi les Sœurs missionnaires de l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu, congrégation apostolique fondée quelques années plus tôt au Brésil.

C’est gagné : elle entre au noviciat et prend, pour l’éternité, le nom de sœur Dulce (15 août 1934).

Entrée au couvent le 8 février 1933, elle fonde seulement trois ans plus tard le premier mouvement ouvrier de Salvador de Bahia, avec l’assentiment de ses supérieures et des autorités épiscopales : l’Union ouvrière de Saint-François, organisme prototype en quelque sorte, qui lui servira de modèle au fil des années pour étendre la charité à l’infini.

C’est une petite structure d’inspiration franciscaine qui aide les travailleurs les plus humbles sur le plan matériel, mais aussi à favoriser foi, prière et conversions parmi eux.

L’année suivante, elle fonde avec son confesseur, le père Hildebrando Kruthaup, un cercle ouvrier qui rassemble déjà plusieurs dizaines de nécessiteux, SDF, adolescents déscolarisés et femmes sans ressources.

En 1939, le collège Saint-Antoine ouvre ses portes dans un quartier désargenté de Bahia. Des religieuses viennent y faire la classe à des enfants sans le sou. Sœur Dulce ne possède rien elle-même, mais le matériel scolaire est offert de façon providentielle.

Parallèlement, la sainte continue de recueillir un nombre croissant d’indigents.

L’année 1949 marque la date du célèbre épisode du « poulailler » : avec l’autorisation de sa congrégation, elle regroupe une soixantaine de malades dans un ancien poulailler qui jouxte une communauté religieuse dans la ville.

C’est le point de départ de ce qui va devenir le plus grand hôpital de Bahia (aujourd’hui 40 000 mètres carrés de superficie !).

C’est réellement sans moyens humains et matériels qu’un projet d’une telle envergure a été mené : sans argent, sans réseau, sœur Dulce met sur pied en quelques années une structure hospitalière qui, aujourd’hui, coûterait des centaines de millions d’euros.

C’est avec une foi indestructible qu’elle réussit à convaincre médecins, infirmières, personnel administratif, éducateurs, à la rejoindre.

Devant elle, tous les obstacles semblent fondre comme neige au soleil.

Dans les années 60, c’est la consécration.

Bien qu’elle vive la pauvreté évangélique à un degré héroïque, pouvoirs publics et prélats catholiques l’honorent régulièrement. En 1979, elle rencontre Mère Teresa.

Les deux saintes échangent sous les regards émus des religieuses brésiliennes et de témoins venus de tout le continent.

Par deux fois, elle rencontre Jean-Paul II.

La seconde fois (le 20 octobre 1991), le pape bouscule son emploi du temps pour pouvoir demeurer plus longtemps à ses côtés.

Sœur Dulce, dont le corps est demeuré vierge de toute décomposition dix-huit ans après la mort, a été béatifiée le 22 mai 2011, puis le pape François a proclamé sa sainteté le 13 octobre 2019.

Patrick Sbalchiero

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14 mars 2024 4 14 /03 /mars /2024 20:30
Le martyre quotidien

Nous vivons dans un monde anarchique, toute la classe politique est ennemie du Christ et servante du mal, c'est pourquoi même vivre notre vie simple sans abdiquer nos principes chrétiens est une confession et un martyre quotidiens.

Parintele Iustin Parvu de Roumanie

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