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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 23:43
Humour

Maux de gorge

Alain Rémond

Que tous ceux qui toussent, se raclent la gorge, et ont du mal à avaler, suite à ces longues journées de canicule et, conséquemment, de pollution dont nous sortons tout juste, se réjouissent : aujourd’hui est leur jour.

En ce 23 juin, nous fêtons en effet sainte Audrey, invoquée, précisément, pour les maux de gorge.

J’en profite pour révéler le dicton du jour : « à la sainte Audrey, mieux vaut suer que grelotter. »

Vu comme ça, évidemment… Certes, grelotter en juin n’est pas top.

Reste que trop suer commence à nous faire suer.

Cela dit, pour en revenir aux maux de gorge, il y a tout de même un léger problème : comment invoquer sainte Audrey ?

Audrey, en effet (morte en 679 à Ely, non loin de Cambridge) est connue sous de nombreux prénoms.

Accrochez-vous, c’est du brutal : Etheldrède, Ethelrede, Aethelthryth, Etheldreda, Ediltrudis, Aedeltrude, Audric, Audry, Awdrey.

D’où, finalement, Audrey.

Notez que ses sœurs (toutes saintes comme elle), s’appelaient Sexburge, Ethelburge, Wilburge et Sédride.

Quant à son frère, il s’appelait sobrement Erconwald.

Selon certains spécialistes, Audrey serait également connue en Bretagne sous le nom de Santez (qui veut dire « sainte » en breton) Gwentry.

Et même Santez Ventroc de Bréventec.

Personnellement, sans vouloir vous influencer, je me permets de vous conseiller de l’invoquer sous le nom de sainte Aethelthrtyh.

Vous verrez, rien qu’en essayant de le prononcer, ça vous dégagera les bronches.

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 23:59
Irénée de Lyon

Par Bernard Berthod
Historien et écrivain lyonnais

Saint Irénée (entre 120 et 140- vers 202), deuxième évêque de Lyon, est l’un des Pères de l’Église.

Héritier de saint Polycarpe, lui-même disciple de l’apôtre Jean, il passa sa vie à défendre la Tradition de l’Église contre les hérésies, en se fondant notamment sur la succession apostolique.
  
Repères biographiques.

La vie d’Irénée est principalement connue par les témoignages rapportés par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique, histoire reprise et embellie par saint Grégoire de Tours trois siècles plus tard, ainsi que par ce qu’il dit de lui-même dans ses œuvres.

Irénée naît en Asie Mineure (Turquie actuelle), sans doute à Smyrne entre 120 et 140, dans une communauté chrétienne déjà affermie et conduite par l’évêque Polycarpe de Smyrne (martyrisé en 155) qu’il côtoie et dont il devient le disciple.

Un fragment d’une lettre cité par Eusèbe atteste la présence d’Irénée à Rome en 177 ; il est alors prêtre, missionné par l’Église de Lyon auprès du pontife Eleuthère.

La communauté lyonnaise le charge de porter son avis sur le Montanisme (voir Compléments) en conseillant la conciliation.

Ce séjour à Rome a sans doute permis à Irénée d’échapper à la persécution qui se déroule à Lyon la même année.

À son retour, il est désigné pour succéder à Pothin, mort en prison.

Son activité pastorale demeure inconnue mais sa voix est écoutée dans l’Église.

Lorsque le pape Victor menace d’excommunier ceux qui célèbrent la Pâque selon le comput juif et non le dimanche suivant, Irénée intervient et tout en indiquant que la Pâque doit être célébrée un dimanche, il encourage l’évêque de Rome à ne pas procéder par voie disciplinaire.

Il se révèle ainsi être un artisan de paix et d’unité en honneur à son nom dérivé de « Eirènè » : « la paix ».

On parle d’ailleurs d’irénisme pour désigner un comportement qui recherche à tout prix la concorde entre plusieurs partis très différents (le mot a cependant pris un sens péjoratif).

Sa mort, vers l’an 202, demeure mystérieuse.

La tradition et la liturgie lyonnaise lui décernent la palme du martyre mais ce n’est pas sûr.

Ni Eusèbe, ni Tertullien n’en parlent ; le premier à le désigner comme martyr est saint Jérôme, dans son Commentaire sur Isaïe, vers 397.

Grégoire de Tours reprend cette tradition.

Un théologien pastoral.

Si son activité pastorale demeure méconnue, l’aspect littéraire de son activité a en revanche traversé les siècles.

Irénée a écrit des traités théologiques parce qu’il était avant tout pasteur.

On lui doit plusieurs écrits sur la Science, la prédication apostolique, mais son œuvre majeure est un traité réfutant la gnose et de nombreuses hérésies : l’Adversus hæreses (Contre les hérésies) dont le titre complet est Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur.

Ce long texte divisé en cinq livres représente la première synthèse théologique de grande ampleur où se trouve récapitulée la foi de l’Église et présente de nombreuses intuitions reprises dans les siècles suivants.

L’ouvrage est destiné à lutter contre l’hérésie gnostique de ceux qui pensent obtenir le salut par l’acquisition d’un savoir tenu secret au plus grand nombre et non pas par le sacrifice du Christ.

Il montre que le Christ par sa mort et sa résurrection « récapitule » toute l’œuvre créatrice de Dieu.

Cette vision de l’économie du Salut montre que : « Celui qui apporte la nouveauté, c’est Celui qui a été annoncé.

La nouveauté de l’Évangile n’est pas soudaine, elle a été désirée et entrevue et elle est réalisée en nous par une sorte d’anticipation pour nous accoutumer à ce qui sera notre bonheur » (Maurice Jourjon).   

La mise en valeur de la tradition apostolique.

Tout vient des Apôtres et tout converge vers eux : « La Tradition des Apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c’est en toute Église qu’elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. »

Afin d’asseoir avec autorité sa défense de la Tradition, Irénée recourt à la généalogie de « l’Église très grande, très ancienne et connue de tous », fondée par les Apôtres Pierre et Paul dans la capitale de l’empire romain.

Dans la succession des évêques se lit la vérité de l’Évangile conservée avec une fidélité absolue par ceux qui en sont les dépositaires.

Il assoit ainsi la catholicité de son Église sur l’Eucharistie, la Tradition, le siège apostolique de Rome et son importance dans la chrétienté primitive.  

Un des premiers théologiens marials.

Irénée est l’un des premiers à évoquer la Vierge et son rôle, faisant un parallèle entre Ève et Marie : « De même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d’obéir à Dieu, afin que, de la vierge Ève, la Vierge Marie devînt l’avocate ; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d’une vierge ayant été contrebalancée par l’obéissance d’une Vierge. »   

Culte.

La tradition lyonnaise veut que le corps du pontife ait été conservé dans une basilique funéraire dédiée à saint Jean, qui a plusieurs fois changé de nom avant de prendre celui de Saint-Irénée.

Lors de la prise de Lyon par les Huguenots du baron des Adrets en 1560, le cimetière est profané et les restes mortels du saint sont jetés dans la Saône.

Après la reconstruction de l’église, les fidèles continuent à y vénérer le saint et son tombeau, désormais vide.

Vers 1850, le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, obtient de Rome quelques reliques d’Irénée et les fait déposer dans un reliquaire dessiné par Pierre Bossan, futur architecte de Notre-Dame de Fourvière et réalisé par l’orfèvre lyonnais André Favier. Ce reliquaire, toujours en place, permet aux Lyonnais de perpétuer la dévotion à leur deuxième évêque.   

Saint Irénée est fêté dans l'Église romaine le 28 juin jusqu’en 1960, puis le 3 juillet, et le 23 août dans l'Église byzantine.

Après Augustin, il est le Père le plus cité par le Concile Vatican II.

L’héritage d’Irénée à travers Polycarpe de Smyrne qui a connu l’apôtre Jean a entraîné l’Église de Lyon à se dire d’origine apostolique.

Sources documntaires

-  Irénée de Lyon, Contre les hérésies, Éditions du Cerf, Collection Sources chrétiennes, 2001. 
- Irénée de Lyon, Démonstration de la prédication apostolique, Éditions du Cerf, Collection Sources chrétiennes - N° 406, 1995. 
- Jullian Camille, La Gaule dans l'Empire romain, Éditions du Trident, 2013. 
- Jourjon, Maurice, cours de Patrologie et de Théologie patristique, Université catholique, Lyon, 1976. 
- Sesboüé Bernard, Tout récapituler dans le Christ, Collection Jésus et Jésus Christ, n° 80, Éditions Desclée, 2000.

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Published by Marc-Elie - dans Saints
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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 23:53
Je vais prendre le temps

Je vais prendre le temps de laisser poser mon regard sur les choses de tous les jours et les voir autrement.

Ces choses que chaque matin je croise sans voir.

Toutes ces choses familières que je côtoie à longueur de jour, de mois, d’année…

Je vais prendre le temps de voir l’étrangeté des arbres, ceux de mon jardin, ceux du parc voisin qui, le crépuscule venu, bruissent de mystère…

Je vais prendre le temps de poser mon regard sur les êtres que j’aime, de regarder autrement les miens, celles et ceux qui me sont le plus proches et que, parfois, je ne vois même plus, je n’entends même plus, tant le souci de mes affaires, de mon travail parasite mon cœur et mon corps…

Oui, je vais prendre le temps de les découvrir de me laisser surprendre encore et toujours par ceux que j’aime…

Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer aussi,
toi mon Dieu, au-delà des mots, des formules et des habitudes.

Oui, je vais aller à ta rencontre comme au désert et tu me surprendras, mon Dieu.

Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer autrement.

Robert Riber, « Je vais prendre le temps », Fenêtres ouvertes, Les Presses d’Île-de-France, coll. Mille Textes, 1996.

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